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EVEIL MUSICAL : LA SONATE POUR PIANO, ESQUISSE ET STYLE

Composée de plusieurs mouvements, la sonate est une œuvre instrumentale chère au répertoire classique, notamment chez les pianistes pour qui elle est un terrain d’exploration idéal pour illustrer leur talent artistique.


EVOLUTION DE LA SONATE

La sonate est composée de plusieurs mouvements écrits en fonction d’un schéma défini par l’époque et les instruments pour qui elle est destinée. A son origine, la sonate est une composition instrumentale seule, distincte de la cantate qui est écrite pour la voix. Au 18e siècle, elle se présente généralement en 3 mouvements (vif, lent, vif) ou 4 mouvements (allegro, adagio, menuet et finale). Beethoven sera le premier à bouleverser la forme au point de la rendre méconnaissable. La sonate perd ainsi la structure que les classiques avaient établie.


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A partir de cette époque, le mot sonate continue d’être utilisé pour des œuvres à un ou plusieurs instruments, alors que la terminologie « moderne » le réserve à un seul instrument (sonate pour piano), voire deux instruments (sonate pour piano et violon, sonate pour piano et violoncelle…), mais utilise la dénomination de trio, quartette, quintette, etc. quand elle se destine à un plus grand nombre d’instruments. Avant Beethoven, et contrairement à la symphonie, la sonate classique n'a eu que très rarement quatre mouvements. Celles de Mozart en ont presque toutes trois et s’articulent autour de deux mouvements vifs encadrant un mouvement lent, tandis que chez Beethoven, le menuet est remplacé par un scherzo.


Les premières mesures de la Sonate en si mineur de Liszt

Quand arrive l’époque romantique, les sonates de Schubert, Schumann, Chopin ou Liszt reprennent à des titres divers l’héritage de la période classique tout en reflétant les préoccupations nouvelles de l’époque. C’est le cas avec la Sonate en si mineur de Liszt qui est le sujet de cet éveil musical.

La Sonate en si mineur de Liszt arrive par sa structure en un seul mouvement à inclure et à synthétiser les divers mouvements traditionnels, une voie qui ne devait être poursuivie qu’au 20e siècle par des compositeurs comme Sibelius ou Schonberg. Les trois sonates de Claude Debussy, puis plus tard, celles pour piano de Pierre Boulez briseront également la forme sonate tout en conservant l’esprit du genre. En fait, les sonates que certains compositeurs romantiques et contemporains écriront n’ont de sonate que le nom.


LA STRUCTURE D’UNE SONATE CLASSIQUE

  • 1. ALLEGRO : le mouvement est assez rapide. Ecrit dans la forme sonate, l’exposition compote trois parties.
  • 2. ADAGIO : le mouvement est assez lent. Il est écrit également en trois parties, de type A – B- A A : thème initial ; B : section centrale ; A : reprise du A avec parfois quelques modifications.
  • 3. MENUET OU SCHERZO : mouvement au caractère vif, plutôt gai et généralement court. Sa forme, comme son rythme est ternaire.
  • 4. FINALE : Ce mouvement vif et brillant s’écrit dans la forme du premier ou parfois dans celle du rondo, avec alternance refrain/couplets.

Remarque : la sonate ne doit pas être confondue avec « la forme sonate » qui porte la caractéristique du premier mouvement d’une symphonie, d’un quatuor, etc.


Franz Liszt

Franz Liszt

LA SONATE POUR PIANO EN SI MINEUR DE LISZT

La Sonate en si mineur sera une œuvre controversée que Liszt achèvera en 1853. A travers cette unique sonate qu'il écrira dans sa carrière, le compositeur démontre à travers son étendue sa maîtrise technique et son souci de porter à postérité son travail.

Pourquoi cette œuvre, à l’allure de sonate, a t-elle créé une telle révolution à son époque ?

La principale observation que nous pouvons établir provient de sa structure qui ne répond pas à la conception traditionnelle. Au lieu d’être construite en trois ou quatre mouvements et de respecter les schémas habituels, elle se déroule en un seul mouvement dans lequel le thème principal réapparaît au cours de l’évolution. La sensation de cycle, que les premiers romantiques avaient donnée à leurs œuvres, est déjà dépassée. Pourtant, bien qu’elle soit construite en un seul mouvement, il est possible de déceler quatre parties.


La Sonate en si mineur avec lecture synchronisé de la partition

  • 1. La première partie s’ouvre sur une introduction lente énonçant un premier thème (A), avec une intensité à la limite de l’audible. Le rôle de ce thème est davantage un rôle de ponctuation que de structuration.

    Ensuite sont exposés les deux premiers thèmes principaux (B et C) qui se confrontent en un allegro energico, partie de virtuosité prodigieuse dont Liszt était un des maîtres. Vient ensuite un épisode grandioso bâti sur le troisième thème (D), puis la partie se poursuit par entrelacement des thèmes B, C, D, jusqu’à une reprise de l’ensemble.

  • 2. La deuxième partie comporte deux mouvements, une forme lied et un scherzando. La forme lied énonce un andante avec un nouveau thème (E) très mélodique qui rappelle quelques-uns des thèmes précédents (D et A). Quant au scherzando, il correspond à un allegro en forme de fugue qui utilise les thèmes B et C.

  • 3. Dans la troisième partie, les thèmes B et C sont de nouveau développés, ainsi que le thème D.

  • 4. La dernière partie de la Sonate en si mineur s’achève par une coda rappelant une dernière fois tous les thèmes. Cette sonate cyclique revient à son point de départ et se termine sur une reprise de l’introduction lente.

Pour profiter avantageusement de l’œuvre, plusieurs écoutes seront nécessaires. Procédez par étape. La grande force de la Sonate en si mineur est dans son écriture. Liszt a réussi à fondre dans un tout cohérent les parties différentes de la sonate traditionnelle.

PATRICK MARTIAL   par PATRICK MARTIAL
(Source : La musique – Bernardeau/Pineau)

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