PIANOWEB.fr    " Espace Cours "
Portail sur la musique et les claviers modernes : piano, synthétiseur et orgue.

LES GAMMES AU PIANO, C’EST FACILE… PUISQUE C'EST LOGIQUE !

Si la gamme est utile pour délier les doigts, elle est également la substance idoine de l’improvisateur et du compositeur. Avoir un aperçu technique des principales gammes à connaître, c’est déjà se mettre en condition psychologique pour affronter sereinement le musicien que vous serez demain.


UNE GAMME ET UN DOIGTÉ SPECIFIQUE

La gamme est le genre d’exercice qui se présente généralement en musique dès que les bases sont acquises. Sur le papier, tout laisse à croire qu’apprendre une gamme est aisé : peu de notes à lire et un doigté qui conduit chacun de vos doigts.

Au piano, c’est la disposition des touches qui oblige l’utilisation d’un doigté spécifique pour chaque gamme et qui situe par là même l'emplacement précis des passages de pouce, moyen indispensable à l’exécution de toute gamme.(1)


Ad Block

Il semblerait que vous ayez installé un bloqueur publicitaire sur votre ordinateur. Celui-ci vous empêche de consulter cette page dans sa totalité et dans des conditions visuelles optimisées. La mise en ligne d'encarts publicitaires non intrusifs permet à ce service d'exister durablement.

Pour ne plus subir cette restriction sur d'autres pages du site, nous vous conseillons de désactiver votre bloqueur publicitaire pour l'ensemble du site "www.pianoweb.fr". Merci de votre compréhension.

Procédure pour autoriser "pianoweb.fr"


Quand on commence l’étude des gammes au piano, on se rend vite compte que le pouce pour la main droite et l’auriculaire pour la main gauche ne sont pas toujours les doigts par lesquels démarre une gamme. L'apprentissage des gammes reposant sur la morphologique de nos mains, on constate dès lors que l'utilisation de ces doigts-là ne peuvent conduirent qu'à une impasse, sauf à vouloir jouer aux acrobates ! Par exemple, il semble évident que monter la gamme de Si bémol avec le pouce à la main droite ne permettra pas d'aller bien loin ; de même en descendant celle de Mi bémol avec la main gauche.

De ces observations, on peut vite conclure que chaque gamme aura « son doigté »… et que plus il y aura de gammes à étudier, plus la tâche deviendra lourde et complexe. Toutefois je tiens à vous rassurer, techniquement, avec un peu de volonté et d'assiduité, un pianiste arrivera à surmonter les écueils d'une gamme assez rapidement. La seule condition est de respecter toujours le même doigté en utilisant, autant que possible, celui que l’on trouve dans les ouvrages pédagogiques (Piano Web propose à cet effet dans le cours : les gammes majeures, le doigté « standard » à connaître).

1 - Le passage de pouce est la partie délicate de l’exécution d’une gamme. Le pouce, qui ne travaille pas dans le même axe que les autres doigts, est également le moins agile, ce qui conduit tout pianiste bien formé à suivre un travail spécifique le concernant : Travailler la technique des gammes au piano


DU TEMPS ET DE LA PATIENCE

Pour bien faire et pour avoir parfaitement en main une gamme, comptez une semaine. C’est un bon timing. En tenant compte simplement des quinze gammes majeures, il vous faudra un peu moins de quatre mois.

A la simple vue de cette explication purement mathématique, peut-être vous direz-vous : « Il exagère ! C’est vraiment très long. Je suis sûr qu’en deux mois, voire moins, je suis capable de les connaître toutes ! »

A ceci, je répondrais : « L'intérêt primordial d'un bon apprentissage de la musique ne repose pas sur la vitesse à obtenir des connaissances, mais sur les réflexions, les observations et les résultats que l’on en retire ! ».

Là où nous pourrions être d’accord, c’est que tout le monde n’est pas sur un même pied d’égalité quand il s’agit de surmonter une difficulté technique ou quand il faut acquérir des doigts souples et agiles.

Vous devez d’abord savoir que les quinze gammes majeures ne sont que le point de départ de la découverte de votre clavier. Des gammes, il en existe bien d’autres !

Si votre objectif premier est de connaître toutes les gammes majeures rubis sur l’ongle aujourd’hui, mais aussi demain, après-demain, dans un mois ou dans un an, et cela comme au premier jour, alors il faut du temps et de la persévérance.


LA GAMME DE DO MISE EN OBSERVATION

En se basant seulement sur l’étude des gammes majeures, vous vous rendrez vite compte qu’un tri naturel s’opère. Certaines gammes majeures « couleront » dans vos doigts avec une facilité déconcertante, tandis que d’autres, pour une raison inconnue, vous pousseront à la faute.

Pour un pianiste, le visuel compte autant que la « mécanique » des doigts. Les deux éléments sont liés. Souvent, à tord, on commence l’étude des gammes par celle de Do majeur. On se dit : « Elle est facile, puisque au piano il suffit de jouer que sur les touches blanches. » Effectivement, quand on a le doigté en main, il est difficile de s’écarter du bon chemin, sauf que…

Imaginez à présent que vous vous trouviez dans le contexte d’un morceau écrit en Do majeur (sans aucune altération à la clé). Il est fort possible que la note de départ ne soit pas un do, mais une autre note qui fera suite à une autre note pas toujours dans la logique que vous espériez. Votre codification du doigté volera dès lors en éclat et vos repères que vous aurez sagement appris aussi.

Dans le cadre d’une improvisation, c’est encore plus difficile, car les tonalités sont moins stables. Ça module ! On peut passer d’une tonalité à une autre avant même d’avoir dit ouf ! Le jeu des gammes qui « valsent » n’est pas une idée en l’air. Dans la pratique, vous devrez alors apprendre à retomber sur vos pattes avec la souplesse d’un chat, mais en n’ayant jamais le scénario (celui des notes) préalablement écrit devant vos yeux ! Il vous faudra trouver ou retrouver en un temps record le doigté « standard » que vous aurez sagement appris, car dans le cas contraire vous irez tout droit dans le mur en commettant la faute technique irréparable ; c’est-à-dire en jouant la note qui fait « mal aux oreilles ».

L’image gentille de la gamme de Do majeur n’aura dès lors plus la même apparence pour vous. Et vous vous direz que l’accession à la connaissance des gammes du point de vue doigté n’est vraiment qu’une première étape... Mais quelle étape !


DES TOUCHES NOIRES ET BLANCHES

En pénétrant plus en avant dans l’apprentissage des gammes, vous constaterez que les touches noires peuvent être très utiles dans le cheminement des doigts.

Sur de nombreuses gammes, le passage de pouce s’effectue tout de suite après la touche noire sur la touche blanche suivante pour la main droite (gammes de Sol, Ré, La...) et à l'inverse pour la main gauche (gammes de Bb, Eb, Lab…). C’est donc pratique pour mémoriser le doigté. La configuration « esthétique » du clavier n’a pas que des inconvénients, sauf que là aussi…

Ce constat « technique » n’est pas valable tout le temps, et le plus étonnant c’est que la difficulté provient des touches blanches. Les responsables sont le SI et DO, et le MI et FA. Deux groupes de deux notes espacés par un demi-ton.

Si vous avez mal conduit votre travail, c’est-à-dire dans la précipitation, il arrive que les gammes Do #, Fa # ou Si b à la main droite ou Rè b, Sol b ou Mi b à la main gauche vous poussent à la faute en jouant le SI à la place du DO ou le MI à la place du FA.

Dans ces gammes-là, ce n’est pas la touche blanche qui suit immédiatement la touche noire qui est jouée. Je tiens d’ailleurs à préciser que ce n’est pas le doigté qui est en cause, car il ne comporte pas de « pièges » particuliers, mais simplement la configuration des touches du clavier qui ne peut pas répondre à tous les cas de figure de façon éminemment logique. Malheureusement, ce constat existe aussi pour d’autres gammes : mineures, blues… avec de surcroît des doigtés encore plus difficiles à « domestiquer » !


LA GAMME AUTREMENT TECHNIQUE

La principale erreur quand on aborde les gammes est de les voir uniquement sur un plan technique ; plan technique qui conduit tôt ou tard à une bonne ou mauvaise prise de conscience concernant le rôle joué par la vélocité et la virtuosité. L’étude empirique de nombreuses musiques : classique, jazz… participe à cette vision réductrice et déformée.

En effet, l’étude des gammes est aussi très utile sur d’autres plans : composer, improviser et pour découvrir de nouvelles couleurs sonores qui vous sembleront peut-être étranges (voir le cours sur les gammes symétriques). Les gammes sont le vivier de nombreuses cultures à travers le monde. C'est souvent sur elles que se construisent les idées les plus sages comme les plus farfelues.

Comme déjà expliqué précédemment, travailler une gamme à la façon d’un exercice n’est qu’une première étape. S’arrêter à ce stade, son rôle musical est des plus réduits. Elle ne sera alors, ni plus ni moins, qu’un exercice parmi d’autres. Mais si on aborde l’improvisation et la relation qu’il existe entre les gammes et les accords (les modes) alors, tout de suite, on pose un tout autre regard sur ce que peut être une gamme. L’improvisation est d'ailleurs la meilleure école pour tester son niveau de connaissance du clavier et de ses rouages techniques.

Prenons un exemple tout simple…

Considérons deux gammes majeures : Ré (2 #) et Mi b (3 b) que nous accompagnerons respectivement et alternativement d’un accord sur le premier temps de chaque mesure : Ré (maj 7) avec la gamme de Ré et Mi b (maj 7) avec la gamme de Mi b, sur un tempo lent en 4/4.

Essayez à présent cette configuration sans précipitation...

Assez rapidement, vous vous rendrez compte que le passage d’une gamme à l’autre engendre des hésitations, voire des erreurs. Surtout, cela vous donnera une idée précise de ce que signifie « anticiper le doigté » par la pensée.

Il n’est pas question ici de développer ce qu’est une improvisation avec ses subtilités et ses développements, mais simplement de vous placer durant un bref moment à la place d’un pianiste qui tente d’improviser ou plutôt qui tente de passer d’une gamme à l’autre sans s’embrouiller les doigts.

Contrairement à une partition où l’on prend le temps de surmonter des pièges techniques immuables, dans une improvisation où rien n’est écrit, le discours émane uniquement de soi. Cette différence qui, là aussi, sur le papier ne veut pas dire grand chose, prend un tout autre relief dès qu’il s’agit de se prendre en main.


EN CONCLUSION

Dans ce cours, à travers quelques observations de bon sens, j'ai abordé ce qu'implique le respect d'un doigté "clé en main" à l'intérieur d'une gamme. De toute évidence, l'utilisation du "doigté standard" que l'on rencontre dans les ouvrages d'apprentissage pianistique ne sera jamais en mesure de répondre à tous les pièges tendus par les écritures ou en face d'une improvisation. Le doigté est là pour rassurer le pianiste débutant. Quand on joue une œuvre, le regard que l'on pose sur l'utilité des gammes et de ses doigtés devient tout de suite secondaire. C'est dans ces moments suspendus dans le temps, quand il faut suivre en temps réel la cadence, respecter le rythme, la signature, jouer les bonnes notes tout en dégageant ses idées personnelles, que l'on se dit qu'il existe un monde entre l’inné, l’acquis et un appris sans autres horizons.

ELIAN JOUGLA   par ELIAN JOUGLA

Vous avez aimé cette page ? Partagez-la ou bien suivez-nous !

L'AVIS DES INTERNAUTES

nom : Olivier bolcato
message : Merci pour ce cours. Nous pouvons nous poser la question de savoir si le fait de retenir un doigté spécifique à chaque gamme est réellement utile compte tenu du fait que dans la vraie vie il vole en éclat. Cordialement. (posté le 10/12/2015)

nom : Elian Jougla
message : C'est exact. La pratique du "doigté standard" de la gamme est utile dans un premier temps comme exercice. Dans un second temps, il permet de retrouver ses repères, sachant que chaque trait musical conduit très souvent à un doigté spécifique. (posté le 10/12/2015)

PARTICIPER/PUBLIER : EN SAVOIR PLUS
haut
haut