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HISTOIRE DE LA MUSIQUE : LA MUSIQUE ROCK



HISTOIRE DES BEATLES ET DES ROLLING STONES

Pendant presque plus de deux décennies, le fameux quatuor de Liverpool, The Beatles, était en rivalité avec un non moins célèbre groupe, également anglais, The Rolling Stones. Cette rivalité était essentiellement entretenue par les fans des deux groupes, trouvant dans cet affrontement une manière d'affirmer leurs goûts musicaux, mais également un certain idéal, un concept de mode de vie. Les protagonistes, quant à eux, se défendaient de toute implication dans cette rivalité adolescente. Après la séparation des Beatles, cette opposition enflammée continua et contribua à faire entrer le groupe de Liverpool dans la légende, au même titre qu'Elvis Presley. L'éventuelle reconstitution du groupe sera d'ailleurs un sujet souvent repris par de nombreux médias. Ces rumeurs cesseront avec l'assassinat de John Lennon en 1980.


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La force créative des Beatles et de leur influence dans l'histoire de la musique rock ne fait aujourd'hui plus aucun doute. Même des années après leur séparation et la disparition de John Lennon et de George Harrison, pour de nombreux artistes, les Beatles restent la référence à une certaine esthétique musicale pluridisciplinaire : chœurs, traitements sonores, mélodies, etc.


LES BEATLES ET LES ROLLING STONES... DEUX STYLES QUE TOUT OPPOSENT

Pour les fans, les Beatles sont avant tout les créateurs de chansons sensuelles, mélodiques et mémorisables avec un son porté par des arrangements taillés sur mesure ; arrangements qui à leur époque ont bousculé bien des habitudes chez de nombreux artistes. Leur histoire croisera celle des Rolling Stones lors de l'enregistrement, dans les studios d'Abbey Road, de l'album concept Sgt. Pepper's lonely Hearts Club Band (Mick Jagger passait de temps en temps pour voir travailler le groupe, alors plongé dans une synergie musicale hors du temps).

Les Beatles, pour affirmer leur différence à une époque où la rivalité entre les groupes était omniprésente (les Rolling Stones, mais également les Beach Boys) choisissent rapidement la diversité musicale plutôt que le rassemblement autour d'un style unique et définissable comme le rock'n'roll (la source musicale influente du début de leur carrière). De surcroît, les Beatles tissent progressivement une nouvelle façon de travailler la musique en utilisant les moyens techniques en pointe existant à l'époque, peaufinant à l'extrême les arrangements en compagnie de l'arrangeur George Martin.

Le rock'n'roll qui était la base des compositions du groupe s'évanouit progressivement pour laisser place à des œuvres de plus en plus sophistiquées, navigant souvent avec un certain bonheur entre naïveté et profondeur, légèreté et dureté : la chanson langoureuse (Yesterday), côtoie la gaieté (Ob-la-di, Ob-la-da) ou de temps en temps le rock musclé (Helter Skelter).

Dans la seconde partie de leur carrière, les Beatles vont sans cesse faire évoluer leur approche musicale, sur tous les plans, technique comme esthétique, sans se marginaliser, mais sans jamais réellement opter vers un style définissable par tous. Cette conception musicale évidemment ne convenait pas à tout le monde, et en premier lieu aux puristes du rock. Quelque peu égarés par autant de diversités sonores, ceux-ci se mettent alors à reprocher au groupe son manque de sincérité musicale en utilisant certaines facilités créatrices (notamment en produisant des chansons aux tonalités assez mièvres) ou de masquer quelques faiblesses instrumentales en ayant recours à tout un arsenal technique. Ceci explique en partie, à la fin des années 60, la naissance de deux clans : ceux qui restent au contact d'un rock pur et dur, et ceux qui se tournent vers des groupes sensibles au mélange des genres. Les Beatles, tout comme les Beach Boys, s'inscrivent parfaitement dans cette mouvance musicale et ils deviennent très rapidement le groupe de référence au sein d'un mouvement musical naissant et quelque peu péjoratif… le mouvement pop.

Par opposition à cette conception musicale toute nouvelle et aux tonalités parfois trop légères, certaines oreilles trouvèrent avec les Rolling Stones une simplicité et une authenticité musicale de bon aloi, héritées avant tout du blues et d'un rock pur et dur. Pour les fans d'un rock authentique, la musique des Rolling Stones était sans surprise… par contre avec les Beatles, la route n'était pas aussi droite et chaque nouvel album entraînait dans son sillage de nombreux détracteurs !

Chez les Beatles, ce choix musicalement très ouvert est propice à consolider l'individualisme. Progressivement, des directions artistiques et musicales différentes s'imposent d'elles-mêmes, surtout après la disparition de leur manager Brian Epstein. Sous la coupe de Paul McCartney, la dissolution du groupe ne se fait pas attendre et intervient en 1970. Cet individualisme, bien que légitime, est porté essentiellement par la forte personnalité de John Lennon et d'une façon moindre par Paul McCartney. Ce ne sera qu'une des raisons de la séparation du groupe. La suite de leurs carrières démontre de façon parfaite leurs différences, tant au point de vue musical, qu'en ce qui concerne les choix artistiques.

Les Rolling Stones, quant à eux, ont fidélisé un public. Leur carrière a eu bien sûr des hauts et des bas, avec des éclats et des travers que la presse s'est empressée de reprendre à bon compte et souvent de façon négative. Malgré ça, les Rolling Stones ont toujours su préserver un semblant d'unité, un style et un son bien à eux basés sur du simple et de l'efficace ! Les riffs de guitare de Keith Richard et la voix au punch inimitable de Mick Jagger sont dans toutes les mémoires !

Oui, les papys du rock se portent bien… et ils le font savoir ! De temps en temps le groupe revient soit pour présenter un disque que personne n'attendait, soit pour une énième tournée mondiale. Une façon déguisée pour dire à leurs fans qu'ils sont toujours bien là des années après, qu'ils peuvent compter sur eux... une fois de plus !



THE BEATLES.... LES 4 DE LIVERPOOL



Allons à l'essentiel… Les Beatles sont associés à la Pop-Music qu'ils popularisent d'abord en Angleterre, ensuite en Amérique avant de conquérir le monde entier. Les Beatles c'est également la notion de groupe, le port des cheveux longs et des boots.

Leur carrière commence le 15 juin 1956 à Liverpool lorsque l'un des musiciens du John Lennon Group présente à son leader un certain Paul McCartney. Impressionné par son aisance musicale, John Lennon l'engage dans son groupe de skiffle qui devient les Quarry-Men ('Quarry' était le nom de l'école de John). John a 16 ans et Paul à peine 14 ans. C'est le début d'une longue collaboration qui durera jusqu'à la dissolution du groupe en 1970. Le troisième "larron", George Harrison, ne rejoint les Quarry-Men qu'en 1958, délaissant The R. Rebels.

John et Paul subissent alors l'influence de George qui porte des pantalons étroits et dont les idoles sont Bill Haley et Elvis Presley. En cette année 1958, les engagements sont rares. Pourtant le groupe joue une musique à la mode… le rock'n'roll. Ils décident de changer de nom pour s'appeler Johnny and The Moondogs.


THE SILVER BEATLES

Paul McCartney : "Nous participâmes à l'époque, à un concours de groupe et chacun d'entre nous décida de changer son nom. C'est ainsi que John devient Johnny Silver ; George, Carl Harrison, Stu Stucclife notre autre guitariste, Stu de Staël et moi Paul Ramon, mais après un nouvel échec, le nom de Johnny and the Moondogs fut remplacé par The Silver Beatles".

En août 1960, les Silver Beatles partent pour Hambourg où ils décrochent quelques contrats dans de petits clubs et accompagnent un chanteur de rock'n'roll, Tony Sheridan. En sa compagnie, les Silver Beatles enregistrent leur premier disque, My Bonnie. Fort de leurs succès, le retour à Liverpool est triomphant. Le groupe décide de s'installer définitivement en Angleterre. Amie, l'amie de Stu Sutcliffe donne l'idée aux Beatles (le mot 'Silver' a disparu) de se coiffer avec des cheveux longs plaqués en avant.


L'ARRIVÉE DE RINGO

1961/1962 - En cette fin d'année 61, Brian Epstein, alors disquaire, d'abord par curiosité et ensuite par intérêt, devient le manager des Beatles. Brian Epstein sera l'un des grands artisans de leur succès. A la fin de 1961, les Beatles sont le groupe numéro 1 de Liverpool. De retour à Hambourg où ils jouent en vedette au Star Club, ils apprennent la mort de Stu atteint d'une hémorragie cérébrale.

En juin 1962, les Beatles font une audition pour la marque de disques E.M.I. Ils jouent alors déjà leurs propres compositions signées conjointement John Lennon/Paul McCartney, notamment : Love Me Do et P.S. I Love You. Leur audition chez E.M.I se révèle payante et, pour renforcer son groupe avant l'enregistrement probable d'un premier disque, Brian Epstein remplace le 15 août 1962 le batteur Pete Best par Ringo Starr (de son véritable nom Richard Starkey).

Le 11 septembre 1962, ils enregistrent à Londres sous la direction du chef d'orchestre-arrangeur George Martin (qui sera appelé par la suite le 5e Beatles), leur premier simple contenant les deux titres précités. Ringo Starr, pas encore au point, est remplacé par un batteur de studio. Le disque s'inscrit rapidement au hit-parade. De retour en studio en novembre, ils enregistrent Please, Please, Me et sont classés numéro un au hit-parade, en février 1963.


LA BEATLEMANIA

1963 - L'année débute avec la seconde tournée britannique en vedette (la première tournée était en compagnie de Helen Shapiro). Cette tournée fut appelée The Liverpool Sound (le son de Liverpool). Les Beatles enregistrent et sortent leur premier album, Please, Please, Me, qui va rester dans le hit-parade des 33 tours pendant plus de 6 mois ! Les Beatles prennent alors quelques jours de vacances aux Canaries et entament une troisième tournée avec, en première partie, Roy Orbison. En août, ils produisent leur quatrième simple… She Loves You. Ce simple devient le premier véritable tube des Beatles. Cinq cent mille disques sont vendus instantanément. C'est le début de la Beatlemania. Le 13 octobre 1963, pour leur premier show télévisé, l'ambiance est surchauffée, au point que les fans déchaînés empêchent pratiquement les Beatlesde s'exprimer. Les journaux n'ont qu'un seul sujet : The Beatles !

La Beatlemania s'exporte en Suède où les jeunes suédois commencent à s'habiller et à se coiffer à la façon du groupe. Le 4 novembre de la même année, le groupe se produit à la soirée royale (Royal Variety Performance), devant la Reine mère et la princesse Margaret. La soirée, télévisée, est vue par 26 millions de téléspectateurs ! On voit dès lors le nom des Beatles partout, sur les badges, les T-shirts, etc. Fin novembre, le groupe sort son cinquième disque I want to hold your hand. Aussitôt numéro un, il se vend en quelques jours à un million d'exemplaires.

1964 - Brian Epstein organise en ce début d'année une seconde tournée en Europe, qui réclame à cor et à cri le groupe de Liverpool. C'est ainsi que les Beatles se produisent en France à l'Olympia avec Sylvie Vartan et Trini Lopez.


LES BEATLES EN ROUTE POUR L'AMÉRIQUE

L'accueil aux Etats-Unis dépasse tout ce que l'on a vu jusqu'ici. Le groupe est la vedette des plus grands shows, comme l'Ed Sullivan Show devant 73 millions de téléspectateurs ! La Beatlemania ouvre la voie de l'Amérique à tous les autres groupes anglais, les Animals et les Rolling Stones.

Le réalisateur Richard Lester, bluffé par le succès phénoménal du groupe, propose à celui-ci d'être la vedette d'un film. Ce premier film (musical), ce sera A Hard Day's Night et fera l'objet d'un 30 cm sorti en juin 1964. Ce film est une étape importante dans la carrière des Beatles car il permet à tous ceux qui n'ont pu encore assister à leur spectacle de les voir sur grand écran. La Beatlemania s'étend et les Beatles deviennent le plus grand groupe rock du moment en une seule année !

Les deux années suivantes seront extraordinairement chargées pour le groupe : ils enregistrent six 45 tours, tournent un nouveau film (Help) et entreprennent six grandes tournées (Amérique, Asie, Europe, Australie). En juillet 1965, ils sont faits membres de l'Ordre de l'Empire Britannique, haute distinction nationale, récompensant ceux qui ont particulièrement bien "servi la Couronne".


MORT DE BRIAN EPSTEIN

1965 - Les Beatles retrouvent la France (pour deux concerts au Palais des Sports qui resteront dans les annales), ensuite l'Italie, l'Allemagne, l'Espagne, la Hollande et le Japon accueilleront à leur tour les quatre de Liverpool. Ils ont tellement de succès que John déclare : "Les Beatles sont maintenant plus populaires que le Christ.". En décembre, Day Tripper devient le dixième numéro un successif du groupe.

1966 - Ils produisent l'un de leurs plus grands succès : Yesterday. Personne ne le pressant encore, mais les Beatles en date du 29 août 1966 se produisent pour la dernière fois sur scène. Fatigués par le rythme des tournées, travaillant trop, John, Paul, George et Ringo ont besoin de ralentir leur activité pour pouvoir se consacrer pleinement et sans précipitation à la création de leurs futurs disques. La disparition de leur imprésario Brian Epstein en août 1967, dont le service funèbre a lieu à quelques mètres du studio où les Beatles enregistrent habituellement, est une perte importante pour le groupe qui, sans manager au moment où il aborde un nouveau tournant de sa carrière, ne sera plus jamais le même.


L'ORCHESTRE DU 'CLUB DES ÂMES ESSEULÉES DU SERGENT POIVRE'

1967 - Les Beatles, qui, jusqu'ici avaient toujours vécu ensemble, décident de vivre chacun leur vie séparément. Ils veulent devenir plus indépendants. George part pour l'Inde avec sa femme Pattie, rencontrer un guru, Maharishi. John part pour l'Espagne tourner avec Richard Lester, How I won the War.

Après avoir produit deux 33 tours importants : Rubber Soul, dans lequel on peut entendre Norvegian Wood, Michelle et Girl) et Revolver (avec Good Day Sunshine et Eleonor Rigby), la musique des Beatles devient de plus en plus fouillée. Ils s'attaquent alors à l'enregistrement de ce qui sera leur chef-d'œuvre, l'album Sgt. Pepper's lonely Hearts Club Band. Ce disque restera pendant près d'un an dans les hit-parades anglais et américains. Dans ce disque, les Beatles, au sommet de leurs art, abordent la musique indienne (Within You, Without You) et psychédélique (Lucy in the sky with Diamonds, A Day in the Life). All You need is Love est enregistré avec l'aide de certains membres des Rolling Stones. Hello Goodbye symbolise la période indienne des Beatles en prêchant l'amour et la paix.

En décembre, sur une idée de Paul est tourné un film pour la télévision anglaise par les Beatles eux-mêmes aux commandes de la caméra. Le tournage de cette histoire burlesque intitulée Magical Mystery Tour ne rencontrera pas le succès escompté. Si c'est la seule fois que dans la carrière des Beatles un tel fait se produit, les six chansons inédites enregistrées pour le film (dont The Fool on the Hill, I am the Walrus) sont de solides succès.


BEATLES, RIEN N'EST PLUS PAREIL !

1967 a été sans qu'ils le sentent vraiment, la véritable dernière année du groupe en tant que tel. Après la mort de Brian, les caractères ont de plus en plus de mal à s'accorder et le désordre règne au sein du groupe.

1968 - Ce sera l'année de trois autres productions marquantes des Beatles : Lady Madonna, Hey Jude et surtout le double album The Beatles (surnommé "l'album blanc") qui contient de formidable compositions de tout le groupe : Yer Blues, Back in URSS, Martha, etc. C'est le dernier disque conçu par le groupe. Ce qui suivra sera en majorité l'œuvre de Paul McCartney.

La vie du groupe ne tient qu'à un fil, tant les divergences se font jour. John vient de divorcer de Cynthia et épouse un metteur en scène surréaliste japonais : Yoko Ono, alors que Paul rencontre Linda Eastman, une photographe qu'il ne va pas tarder à épouser. George devient de plus en plus solitaire et Ringo tente des expériences cinématographiques en dehors du groupe, avec Peter Sellers et Britt Ekland.

Les Beatles décident alors de se lancer dans les affaires en créant leur propre marque de disques, Apple et produisent des artistes, comme Jackie Lomax, Mary Hopkin, Yoko Ono et le Plastic Ono Band.

LA FIN DU RÊVE

1969 - L'année commence par la sortie d'un dessin animé complètement fou sur les Beatles et qui reprend le thème du Sous-marin jaune, chanté trois ans plus tôt par Ringo. C'est Yellow Submarine qui donne lieu, en février, à la sortie d'un album où l'on retrouve notamment All You Need is Love. En avril, sort un nouveau simple : Get Back, très vite numéro un. A la même période, les médias apprennent le tournage d'un film sur la firme Apple avec de nombreuses séquences sur les enregistrements du groupe. Ce film, qui devait s'appeler Get Back, ne sortira finalement qu'en mars 1970, sous le titre de Let It Be.

Ce moyen métrage démontrera de façon claire à de nombreux fans, le climat désastreux qui régnait au sein du groupe. Paul tend à devenir le patron d'un groupe qui, depuis la mort de Brian Epstein, n'est plus dirigé par personne. Malheureusement, les personnalités des autres membres, surtout John et George, acceptent mal de devenir les accompagnateurs de Paul, même si encore des titres sont signés par John (Ballad of John and Yoko) et George (Something). L'enregistrement des deux derniers disques (Abbey Road et Let It Be) a lieu dans des conditions difficiles. You no Name sort en mars 1970 et sera le dernier morceau enregistré par les Beatles ensemble.

Au début de l'été 1970, on apprend que le plus grand groupe n'est plus. La séparation est définitive. Quelques mois plus tard, John écrira le mot de la fin de l'histoire prodigieuse des Beatles... "The Dream is over" : le rêve est fini. Dès lors, chacun poursuit sa carrière seul et il n'est pas question, comme l'annoncent alors périodiquement les journaux du monde entier, de reformer l'association : John, Paul, George et Ringo.

Paul forme The Wings avec sa femme Linda et Denny Laine (ex Moody Blues), George poursuit une carrière inégale, malgré le succès retentissant My Sweet Lord, Ringo, sans illusion, tente sa chance dans le cinéma et enregistre de temps en temps des simples. Quant à John, il réalise avec sa femme Yoko des albums profonds, qui se souviennent à l'occasion du musicien de rock'n'roll qu'il était autrefois.


À CONSULTER :

- THE BEATLES : LET IT BE… QU’IL EN SOIT AINSI !


- JOHN LENNON, DE LIVERPOOL À LONDRES



THE ROLLING STONES...
LE RHYTHM'N'BLUES BLANC



Un fan : "J'ai entendu "I can't get no, satisfaction" par un groupe qui s'appelle les Rolling Stones. C'était en août 1965 et je sais que je ne pourrai jamais plus être comme avant."…


NAISSANCE DES ROLLING STONES

1961 - Il était une fois un jeune homme du nom de Keith Richard, qui se promenait à Richmond, avec des disques de Chuck Berry sous le bras. En montant dans le bus, il fait la connaissance d'un autre amateur de Chuck nommé Michael Philip Jagger (Mick Jagger). Tous deux passionnés de blues et de rock'n'roll se lient d'amitié et décident de former un orchestre avec un ami commun, Richard Taylor. Les trois grattent un peu de guitare et enregistrent une bande composée de quelques titres blues. Ils sont pauvres et n'ont qu'un vulgaire magnétophone, mais par chance pour eux, la bande parvient aux oreilles d'Alexis Corner, l'un des pionniers du blues anglais. Korner, qui possède un club, les invite à se produire. Ils y rencontrent un tout jeune homme blond au sourire charmant, ami d'Alexis, Brian Jones. Il joue de différents instruments ce qui n'est pas sans déplaire à Mick et à Keith. Un nom est choisi, Rolling Stones, du titre d'un blues de Muddy Waters, leur idole.

Charlie Watts, alors batteur d'Alexis, se joint aux quatre hommes. La musique est choisie… ce sera du blues et plus exactement du rhythm'n'blues, tel qu'il vient des "States". Quand un piano est disponible, un ami de Brian, Ian Stewart, vient se joindre au groupe.

Les Rolling Stones viennent s'installer à Chelsea, un quartier de Londres, dans un appartement où ils connaissent la misère et la faim. Sans contrats, Mick et Keith devant continuer leurs études, sans argent, c'est la mère de Keith qui prend soin d'eux.

1962 - Malgré un matériel précaire, ils accompagnent le chanteur John Baldry et c'est le coup de foudre pour la scène et le public : jouer sur scène toute leur vie, c'est cela leur but !
Cependant, Mick Taylor s'en va et un nouveau bassiste du nom de William Wyman le remplace. Giorgio Gomelsky, qui devient leur manager, les fait jouer à l'hôtel de la Gare de Richmond. Les Rolling Stones font leurs premières armes. Ils connaissent leur premier succès face à un public vierge, ne demandant qu'à se faire violer par cette musique sauvage et dure, jouée par cinq voyous !


L'IMAGE DES ROLLING STONES

1963 / 1964 - Quelque temps plus tard, un publicitaire de 19 ans, Andrew Loog Oldham, remarque leur prestation scénique au stade municipal de Richmond. Il leur fait enregistrer grâce à un ami, Eric Easton, leur premier disque : Come On de Chuck Berry. Faute d'être un chef-d'œuvre, la spontanéité et l'enthousiasme sont présent. Cependant, la chance leur sourit lorsqu'un soir de l'hiver 1963, quatre gars de Liverpool, qui ne sont autres que les Beatles, leur rendent visite au Crawdaddy, attirés par leur réputation. John Lennon et Paul McCartney leur proposent d'enregistrer une de leurs compositions, I wanna be your man… c'est le premier succès du groupe. Aussitôt après sort un 45 tours en janvier 1964, comprenant Poison Ivy et Bye Bye Johnny.

En mai 1964 sort leur premier album, The Rolling Stones, composé de standards du rock et de rhythm'n'blues. C'est le départ d'une carrière prodigieuse, une succession de titres qui figurent parmi les meilleures ventes de l'histoire du disque, mais également des scandales et une vie privée connue de tous. Tout cela contribuera à donner une certaine idée des Stones, à créer une image de marque.

Quand ils apparaissent à la télévision, aussitôt la grande presse commence sa campagne de dénigrement… les Stones dérangent l'Anglais moyen. Ils apparaissent sales ; leurs cheveux trop longs sont mal peignés ; les vêtements qu'ils portent débraillés, sont vulgaires et voyants ; leur attitude est celle des voyous. Les Beatles, par opposition, sont alors considérés mignons, malgré leurs cheveux longs et les Stones deviennent haïs par les adultes. Mais le fan est à l'image de ses idoles ; il se reconnaît dans ces cinq "zonards" qui hurlent, se déhanchent, grimacent, avec ce besoin physique de s'extérioriser, de se défouler dans le son et l'image.

Leur scandaleuse réputation les devance aux Etats-Unis, lors de leur première tournée en juin 1964, les maires interdisant à leurs administrés d'aller voir le spectacle. Dean Martin, avant de les introduire sur scène au Hollywood Palace, prie le public "de ne pas le laisser seul avec ces singes". Bref, on les boycotte systématiquement. Mais la force des Rolling Stones est de faire entendre la musique des Noirs jouée par des Blancs dans un pays où la ségrégation est encore de mise.

En France, lors de leur passage à l'Olympia, c'est l'émeute. Des centaines de fans enthousiastes cassent les sièges à la fin du show, brisent des dizaines de vitres sur le boulevard. Constat : 150 arrestations et 2 millions d'anciens francs de dégâts sont constatés. Cela n'empêchera pas les Stones de revenir en France régulièrement et même de s'installer en famille sur la côte d'Azur pendant l'année 1971.

1965 - Parallèlement à leur spectacle, ils ont des démêlés avec la justice pour usage de drogue. Si cela ne nuit pas à leur production discographique, cela usera les nerfs ! Satisfaction, qui sort en août 1965, répond à cela et devient le titre de référence pour le groupe.

En matière de son, les Rolling Stones, ne connaissaient pas grand chose à leurs débuts, mais ils seront considérablement aidés par leurs différents producteurs successifs et ingénieurs du son : Oldham, Phil Spector, Glyn Johns, Jimmy Miller, mais également Brian Jones.

Au fil du temps, les reprises laissent place à des compositions personnelles, signées au début par Nanker/Phelge, patronymes de Jagger/Richard. On leur doit quelques chef-d'œuvres de la Rock-Music : Get off my cloud (1965), As tears go by (1965), Paint it black (1965), Lady Jane (1966), Jumpin' Jack Flash (1968), Honky tonk woman (1969), Angie (1973), la liste pourrait s'allonger encore.

1969 - Brian Jones après un séjour dans un hôpital, usé par la vie, les femmes, la musique, les excitants et las de jouer les inutilités, quitte le groupe en juin 1969 et se retire dans sa maison du Sussex. Peu de temps après, Brian est trouvé mort dans sa piscine. Il est remplacé par le guitariste Mick Taylor.

Le 6 décembre 1967 a lieu le plus effroyable concert pop jamais vécu. Les Stones jouent à Altamont en Californie devant un public houleux et où quelques "Hells Angels" (payés par les Rolling Stones pour faire régner l'ordre) rouent de coups des spectateurs et tuent un jeune noir qui voulait s'attaquer à Jagger. Un film (Gimme Shelter), où l'on voit la scène, est tourné et commercialisé un an après le drame.

1970 - Les Rolling Stones créent leur propre marque, Rolling Stones Records.

1972 - Cette année-là, les Rolling Stones, pour leur tournée aux Etats-Unis, font appel à la star de la musique noire, Stevie Wonder. Huit cent mille demandes de billets ont été tirées au sort pour emplir quatre-vingt mille places… un record d'affluence ! Un album pirate témoigne de cet événement, mais n'est distribué qu'au USA.


LE JEU DES ROLLING STONES

Les Rolling Stones sur scène, c'est avant tout Mick Jagger. Outrancier, il est l'archétype des chanteurs de rock, même si sa voix par ailleurs unique n'est pas toujours parfaitement juste. Son jeu de scène, le "jagger jive", a ses adeptes. Jagger est devenu également polyinstrumentiste pour l'enregistrement en studio (guitare, harmonica, piano, saxophone).

Keith Richard, quant à lui, est un rythmicien hors pair. Quand il tient un riff de guitare, il ne le lâche plus jusqu'à ce que les trois petites notes atteignent une dimension colossale !

Charlie Watts est un batteur complet qui va à l'essentiel. Il n'est pas très expansif, mais forme avec le bassiste Bill Wyman une base rythmique très efficace. Mick Taylor, le dernier venu, n'est jamais devenu un Stones à part entière, intégré dans la "famille". Il quittera le groupe en 1975 mais pas de façon officielle. Son remplaçant, Ron Wood des Faces, sera là pour les tournées, imitant à la perfection le jeu de Mick Taylor.

Les Rolling Stones, tout comme les Beatles ont influencé, mais dans un registre différent, de nombreux groupes rocks dans les années 70. Ils ont contribué, d'une certaine façon, à faire découvrir la musique noire américaine au monde entier. Les Rolling Stones restent encore aujourd'hui la référence, tant au niveau du jeu de scène, imprimé dès les débuts par un Mick Jagger survolté, qu'au niveau des compositions mises en avant par les riffs efficaces et ravageurs de Keith Richards.

À CONSULTER : COMMENT LES ROLLING STONES SE SONT RENCONTRÉS