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ANALYSE MUSICALE : LA MUSIQUE DE FILMS



BERNARD PARMEGIANI, CINÉMA ET MUSIQUE ÉLECTRO-ACOUSTIQUE

En 1960, Bernard Parmegiani travaille au sein d'un groupe de recherche musicale avec Luc Ferrari, Xénakis et François Bernaback sous la direction de Pierre Schaeffer. Ils sont tous tentés par une campagne de musique sur les films d'animation mais Bernard Parmegiani décide de suivre pendant deux années un long stage de musique électro-acoustique et c'est en 1964 qu'il aborde sa première pièce Violostries qui fera l'objet d'une chorégraphie parmi les plus importantes du Ballet-Théâtre Contemporain d'Amiens. Aussitôt après, Pierre Schaeffer lui confie la responsabilité du secteur 'Musique-Image'. Il entre alors en relation avec des cinéastes et compose la musique de courts et longs métrages. Les grands noms de l'animation sont réunis : La Poujade, Foldès et des peintres comme Kamler. On le remarque et quelques temps plus tard il réalise Le jeu des anges, un film d'animation à caractère assez pictural.


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Un certain nombre de compositeurs ont abordé la bande sonore dans l'optique d'en faire un tout structuré où le texte peut venir à certains moments de la musique pour s'y insérer (ex : Hiroshima. Mon amour d'Alain Resnais - 1959). Bernard Parmegiani conçoit la composition comme une sorte d'enflure naturelle à la musique. Lorsque le texte se termine, de façon à ne pas être obligé de toujours baisser ou remonter le potentiomètre au moment du mixage, il écrit la partition en fonction, justement, du texte (Plus vite de Foldès).

La vocation de Parmegiani est davantage de réaliser de la musique électro-acoustique plutôt que de la musique purement instrumentale. La conception en est assez différente en ce sens que pour la musique instrumentale l'écriture doit se faire (avoir une partition préexistante posée sur une table et prévoir ce qui va se passer sur le plan sonore) tandis que pour la musique électro-acoustique il n'y a pas en général de partition, juste un certain nombre d'idées dans la tête du compositeur, des schémas très généraux, la composition s'établie avec les ciseaux (quand il s'agit de bande magnétique) et les appareils.

L'image commande avec bien entendu de la part du compositeur une forme d'assujettissement (ceci n'est pas péjoratif) ; ainsi il arrive que certains réalisateurs souhaitent une musique électro-acoustique sur des images qui ont vaguement un caractère de science-fiction, sauf pour quelques films, comme La guerre des étoiles sur une musique de John Williams (spécialiste des films catastrophes des années 60/70) ou comme dans le film 2001 odyssée de l'espace avec l'utilisation par Stanley Kubrick du Requiem pour cœur et orchestre de Georgy Ligeti.

Pour le film Drôle de jeux de Pierre Castre, Bernard Parmegiani réalise la plus grande partie de ses séquences en instrumental, sauf pour deux qui sont électro-acoustique. Pierre Castre lui demande alors de composer une musique qui rappelle le Concerto pour clavecin de Manuel de Falla.
Bernard Parmégiani : il arrive que l'on n'ait pas une idée précise, alors il faut essayer d'interpréter l'image du réalisateur et comme cette image n'est pas la vôtre, cela reste toujours une chose délicate à exploiter… ou vous l'immergez ou vous l'écrasez."

Pour le film Socrate de La Poujade, Bernard Parmegiani est couronné d'expériences nouvelles. Ainsi, on lui demande à partir d'une scène où l'on voit des vaches dans un pré, de réaliser une petite mélodie à partir de leurs beuglements. Dans une autre séquence du même film, on voit un philosophe et un policier en retraite qui courent dans une cage métallique installée dans un champ. Ils sont censés parler entre-eux sans que l'on puisse comprendre. Bernard Parmegiani accuse l'idée et il compose toute une fausse litanie qu'il appelle "bonomalopé" en faux français, en faux langage.

"Heureusement qu'il y a le néant", cette phrase doit être dite par le philosophe une bonne dizaine de fois. Parmegiani, tout comme Maurice Jaubert l'avait fait plus de vingt ans auparavant, enregistre cette fameuse phrase normalement pour la passer ensuite à l'envers. Il demande alors au doubleur d'apprendre et de réciter par cœur la phrase à l'envers. Il l'enregistre pour ensuite remettre la phrase dans le bon sens, ce qui donne des sortes d'intonations bizarres. Puis comme cette phrase doit revenir en cycle, Bernard Parmegiani a l'idée de transformer petit à petit la phrase en enlevant une syllabe, mais en ajoutant une trame harmonique en plus, réalisant ainsi une sorte d'envahissement de la parole par la musique.

Il arrive que la musique électro-acoustique de film soit assez dure à écouter toute seule à cause des effets de chocs dût à l'apparition de certaines images. Pour Je, tu, elle, Parmegiani construira une musique qui tient de la "pop" avec un caractère lyrique évident comme pour donner plus d'unité à sa composition. En musique électro-acoustique, les métamorphoses sonores se font un peu comme dans la plupart des films d'animation ; ce sont des jeux de géométrie abstraite, de formes très complexes qui se veulent belles et esthétisantes.

  par ELIAN JOUGLA



FILMOGRAPHIE et PRINCIPALES ŒUVRES DE
BERNARD PARMEGIANI

2005 - Gloria mundi, de Nico Papatakis
1992 - Entre-temps
1991 - Le Présent composé
1985 - Exercismes 1 - 2 - 3
1984 - La Création du monde
1980 - L'Echo du miroir
1975 - De Natura Sonorum
1972 - Pour en finir avec le pouvoir d'Orphée
1971 - Les Soleils de l'ile de Paques, de Pierre Kast
1971 - L'Enfer (d'après La Divine Comédie)
1970 - L'oeil écoute
1967 - L'Instant mobile, Capture éphémère
1964 - Violostries

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