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ANALYSE MUSICALE : LA MUSIQUE DE FILMS



GEORGES AURIC, PARCOURS D'UN MUSICIEN CLASSIQUE À L'ÉCRAN

Né en 1899, à Lodève (Hérault), Georges Auric éprouve très tôt le besoin de composer de la musique. Après des études au conservatoire de Montpellier où il apprend le piano, il devient l'élève de Georges Caussade à Paris en 1913. On le présente à la société musicale indépendante (S.M.I) où sont regroupés de jeunes musiciens de l'époque comme Maurice Ravel. A 14 ans, Georges Auric écrit des musiques de ballet et de petites mélodies (Giociqua). D'une maturité très précoce et d'une maîtrise technique rare, il est très affable et se lie d'amitié avec Arthur Honegger. La guerre de 1914 étant arrivée, il laisse la classe de contrepoint de Faussade et rentre dans la "Scola Cantorum". Il travaille avec Vincent d'Indy la composition pendant 3 ans avant d'être mobilisé.



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En 1919, Georges Auric se joint à Arthur Honegger, Darius Milhaud, Francis Poulenc, Louis Durey et Germaine Tailleferre pour fonder le célèbre "groupe des six" (cette appellation est due à Henry Collet, un critique du commedia), lequel plus qu'une nouvelle école est un groupe d'amis aux écritures et aux styles différents. Jean Cocteau lui dédie Le coq et l'arlequin. Le "groupe des six" donne des représentations dans un atelier de peinture occupé par Pablo Picasso et Matisse. L'année suivante, le "groupe des six" rencontre Jean Wiener. Celui-ci leur propose un local ; un bar appelé "le Gaïa" que gère Louis Moises. Ceux-ci acceptent d'être leur hôte et c'est à ce moment que "le Gaïa" devient "Le bœuf sur le toit" (ce surnom provient d'une auberge brésilienne découverte par Paul Claudel qui revient du Brésil avec Darius Milhaud).

En décembre 1923, Georges Auric écrit le ballet des "Fâcheux" de Molière, ensuite celui de "Phèdre". En 1924, il est admis à la société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SACEM) dont il deviendra le président 20 ans plus tard. Il écrit d'autres musiques de ballet : Les matelots (1925), Las pastorale (1926), Les enchantements d'Annecy et Don Juan. Georges Auric était un musicien ouvert à toutes les voies musicales.

C'est avec A nous la liberté, le troisième film de René Clair que commence sa production de compositeur de musique de films. Certaines scènes sont tournées en direct avec la musique. Le festival de Cannes lui décerne le prix de la meilleure musique en 1946, pour la partition de La belle et la bête de Cocteau. Orphée toujours de Cocteau et La putain respectueuse, film adapté de la pièce de Jean-Paul Sartre lui vaut également des distinctions dans ce domaine. Georges Auric compose par la suite la musique du film Lola Montes de Max Ophuls, un film précurseur (1955).

Cet homme, après avoir été marqué dans sa jeunesse par Stravinski fut toujours inspiré par un intérêt constant pour les formes musicales nouvelles et par des efforts non ménagés au service de la créativité. Parmi les hautes responsabilités du musicien, soulignons son activité à la tête des théâtres lyriques nationaux (en 1932).

  par ELIAN JOUGLA



FILMOGRAPHIE DE GEORGES AURIC

1969 - L' Arbre de Noël, de Terence Young
1966 - La Grande Vadrouille, de Gérard Oury
1965 - La Communale, de Jean L'Hôte
1964 - Thomas l'imposteur, de Georges Franju
1961 - Les Innocents, de Jack Clayton
1961 - La Princesse de Cleves, de Jean Delannoy
1961 - Aimez-vous Brahms ?, de Anatole Litvak
1959 - Le Testament d'Orphée, de Jean Cocteau
1958 - Bonjour tristesse, de Otto Preminger
1958 - Christine, de Pierre Gaspard-Huit
1957 - Dieu seul le sait, de John Huston
1957 - Les Espions, de Henri-Georges Clouzot
1956 - Gervaise, de René Clément
1956 - Notre-Dame-de-Paris, de Jean Delannoy
1956 - Les Sorcières de Salem, de Raymond Rouleau
1955 - Lola Montès, de Max Ophüls
1955 - Du rififi chez les hommes, de Jules Dassin
1955 - Les Hussards, de Alex Joffé
1954 - Chéri-bibi, de Marcello Pagliero
1953 - Moulin Rouge, de John Huston
1953 - Vacances romaines, de William Wyler
1953 - L'Esclave, de Yves Ciampi
1952 - Le Salaire de la peur, de Henri-Georges Clouzot
1952 - La Putain respectueuse, de Charles Brabant
1952 - La Fête à Henriette, de Julien Duvivier
1951 - De l'or en barres, de Charles Crichton
1951 - Nez de cuir, de Yves Allégret
1951 - Caroline chérie, de Richard Pottier
1949 - Suzanne et ses brigands, de Yves Ciampi
1948 - Il pleut toujours le dimanche, de Robert Hamer
1948 - L'Etrange rendez-vous, de Terence Young
1947 - Les jeux sont faits, de Jean Delannoy
1947 - A cor et à cri, de Charles Crichton
1946 - Torrents, de Serge de Poligny
1946 - La Symphonie pastorale, de Jean Delannoy
1945 - La Belle et la Bête, de Jean Cocteau
1945 - Au cœur de la nuit, de Robert Hamer
1945 - François Villon, de André Zwoboda
1943 - L'Eternel Retour, de Jean Delannoy
1942 - Macao, l'enfer du jeu, de Jean Delannoy
1938 - Orage, de Marc Allégret
1937 - Le Messager, de Raymond Rouleau
1934 - Lac aux Dames, de Marc Allégret
1931 - A nous la liberté, de René Clair
1930 - Le Sang d'un poète, de Jean Cocteau

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