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Portail sur la musique et les claviers modernes : piano, synthétiseur et orgue.

INFO



LE PIANO ROMANTIQUE DE CHOPIN ET LISZT

NAISSANCE DU PIANO

Au cours du 19e siècle, l’œuvre du piano est dominée par deux noms : Chopin et Liszt.

Lorsque Beethoven compose son premier concerto pour piano, nous sommes en 1800 et le piano n’a pas encore 50 ans d’âge… L’arrivée du piano éclipse très rapidement le clavecin, non pas à cause de sa sonorité, mais parce que l’instrument peut traduire l’impulsion dynamique du musicien.


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Un siècle plus tard, le piano devient l’instrument populaire par excellence et s’installe très souvent comme instrument dominant lors des concerts. Il prend place dans les grandes salles comme dans les cafés-concerts pour des concerts parfois ‘improvisés’. De plus, la bourgeoisie s’en empare pour un faire l’instrument de référence dans l’éducation musicale (avec le violon). Enfin, le piano devient l’instrument idéal pour la majorité des compositeurs.

Si à ses débuts, les œuvres pour piano héritent du langage et du style du clavecin, rapidement, dès la fin du 18e siècle, grâce à des compositeurs comme Mozart et Haydn, l’instrument va imposer sa personnalité. Habillé de ses atouts sonores, il va séduire de nombreux compositeurs qui vont voir en lui de nouvelles possibilités créatrices. Ainsi, quand les compositeurs romantiques vont imposer leur style, ils mettront en avant les possibilités de nuances apportées par l’instrument.

On peut jouer ‘piano’, comme on peut jouer ‘forte’. Cette seule éventualité, qui peut sembler évidente aujourd’hui, ne l’était pas à l’époque. L’orgue classique apportait ses nuances grâce à ses registres, mais l’instrument était imposant et restait à demeure. Quant à l’harmonium, plus petit et transportable, il n’offrait pas assez de possibilités sonores pour concurrencer le piano quand celui-ci est apparu.

Grâce aux nuances, le piano devient l’ami intime, le confident capable de transmettre l’émotion de l’interprète. De plus, sa polyphonie totale ne limite pas les visions orchestrales des compositeurs, bien au contraire ! L’instrument s’impose au cours du 19e siècle auprès des écoles et des conservatoires comme l’instrument de référence pour apprendre et appliquer les études d’harmonie et de contrepoint.

Les autres atouts majeurs mis en avant par 'Les Romantiques' sont sa puissance sonore, qui est suffisante pour jouer avec d’autres instruments ou pour se produire dans les salles de concert, et sa facilité d’emploi, qui ne demande pas de connaissance particulière… sauf celle de sa maintenance qui va donner au métier d’accordeur de piano une place prépondérante.



LES FORMES DE COMPOSITION POUR PIANO

La forme du concerto pour piano prolonge naturellement celui du clavecin, alors que la sonate prend beaucoup plus d’importance. Beethoven écrira beaucoup d’œuvres pour piano en forme de sonate. Le piano va aussi donner naissance à une nouvelle littérature pianistique composée de pièces courtes, telles les Ballades ou les Fantaisies. D’autres formes comme la Mazurka et la Valse vont rencontrer auprès de nombreux interprètes un vif intérêt, alors que la Variation va occuper une place de choix chez des compositeurs comme Beethoven, Brahms ou Schumann.

CHOPIN… L’ARDENT PATRIOTE

Pologne qui chante et qui pleure, pauvre pays, mon cœur est à toi… il reposera sur ta poitrine” tel était l’un des derniers vœux de ce créateur ardemment patriotique. Frédéric Chopin vouera ainsi ses différentes créations pianistiques à l’intention de sa Pologne natale. Né en 1810 près de Varsovie, c’est à l’âge de 21 ans qu’il s’établit à Paris, au hasard d’un voyage qui aurait dû le mener à Londres. Entouré d’amis qui cherchent à le consoler de sa Pologne perdue et malgré une santé fragile et délicate, Chopin n’aura de cesse de se battre avec une ardeur sans faille… Epuisé par la maladie, il meurt en 1849, à l’âge de 39 ans.



UNE ŒUVRE ENTIÈREMENT DÉDIÉE AU PIANO

Quand on écoute certaines pièces de Claude Debussy, on perçoit parfois des résonances de Chopin… Pourtant, quand le compositeur polonais arrive à Paris en 1831 et qu’il séduit les habitués des salons, son langage tout en étant nouveau va disparaître avec sa mort en 1849. Ce musicien, qui a consacré son existence au piano, aurait peut-être été oublié sans le concours de compositeurs qui ont vu en lui bien plus qu’un brillant virtuose, mais un véritable auteur de pièces pour piano aussi belles qu’originales.

Alors que Frédéric Chopin pense en pianiste, Beethoven voyait le piano sous une forme plus orchestrale et Schubert seulement à travers la voix. Chacun à sa manière a façonné une façon de dialoguer avec l’instrument. Sans abandonner complètement les concertos et autres sonates, Chopin consacre ses talents de compositeur vers des formes plus libres, plus conformes à sa façon de percevoir et de ressentir ses idées créatrices.

C’est ainsi que ses Nocturnes, Valses, Mazurkas, Polonaises, Ballades et Impromptus deviendront des œuvres de choix pour le plus grand nombre. Ses pièces pianistiques constituent un sommet du genre. Poèmes musicaux dédiés entièrement au piano, les Valses, Mazurkas ou Nocturnes constituent de véritables études ; chacune de ces pièces représentant la charnière d’une difficulté pianistique précise.

L’œuvre de Chopin résume à elle seule toutes les émotions humaines, allant du bonheur jusqu’à la souffrance… Sa célèbre Marche Funèbre, propice aux enterrements, côtoie la Valse de l’Adieu dédiée à Marie Wodzinska, l’un de ses amours malheureux, ou encore le patriotisme outragé quand résonne la Grande Polonaise.

Toute cette joie, cette souffrance, cette résignation ou cette tendresse est le fruit d’une inspiration spontanée précédée d’un travail acharné. Frédéric Chopin était un gros travailleur. Chez lui, les mélodies qui jaillissaient, prenaient rarement leur source dans l’improvisation. Tout comme Schubert, la discipline était là pour maîtriser la mélodie dans une forme marquée du sceau du classicisme.

La technique apporté au langage du piano par Chopin n’est plus à démontrer. Cependant, c’est davantage le climat qu’il a développé le long de son œuvre qui a retenu l’attention de ses successeurs. Sa part romantique ne s’inscrit pas dans la fougue d’un Beethoven ou dans l’inquiétude d’un Schumann, non, elle prend racine dans l’exaltation patriotique, quand ses Polonaises ou ses Mazurkas entonnent leur chant d’amour.

Ses compositions aux harmonies délicates, souvent chromatiques, réservent toujours une place très importante pour la mélodie. Pour le mélomane, Chopin restera un compositeur capable de servir le piano par des envolées souples et rapides, capables d’occuper, chemin faisant, toute la large tessiture du clavier.



FRANZ LISZT, LE VICTORIEUX

La musique de piano de Liszt s’oppose à celle de Chopin tout en la complétant. Entre les deux on note “La différence qui existe entre la plainte de l’exilé qui pleure sa patrie perdue et le chant du conquérant cosmopolite qui va de victoire en victoire” (Roland Manuel, Plaisir de la Musique).

L’un séduit les salons, l’autre gagne les foules… "Je ne suis point propre à donner des concerts", disais Chopin à Liszt, mais toi tu y es destiné car, quand tu ne gagnes pas ton public, tu as de quoi l’assommer…

Chez Liszt, la virtuosité est indissociable de son talent de compositeur. Liszt est un pianiste virtuose. Il a donné à ce mot un poids que bien des pianistes des générations suivantes vont maudire. Toutefois, la virtuosité de Liszt n’est pas gratuite, car ses pages musicales sont d’une grande profondeur. Sa virtuosité est au service de l’émotion. Elle n’est pas là pour satisfaire une vanité déplacée, même si un jugement hâtif porté par son écriture technique pourrait prêcher par le faux.

Le piano de Liszt est tout à la fois ardent et généreux, comme exalté et enflammé. La plupart de ses compositions sont difficiles à interpréter de par leur grande virtuosité. Le célèbre ‘Rêve d’amour‘ est l’un des rares morceaux à ne pas sombrer dans la surenchère de notes. Sa réserve, pour ne pas dire sa pudeur musicale, garde toutefois le romantisme nostalgique si représentatif et si cher au personnage.

Blandine Ollivier écrira à propos de Liszt : “Longtemps encore, toutes les foules de toutes les salles du monde se laisseront emporter par l’enchantement d’un art éternellement jeune, où s’épandent dans une extraordinaire domination de la matière sonore toutes les ondes de l’héroïsme, du noble amour, des passions exaltées dans le sacrifice, des pures tendresses, de la spiritualité et du mysticisme” (Liszt, le musicien passionné – Blandine Ollivier).

Franz Liszt n’était pas seulement un pianiste virtuose, il était également un chef d’orchestre qui contribua à faire connaître de nombreuses œuvres d’autres compositeurs, notamment de Richard Wagner avec qui il mena des combats parallèles et d’Hector Berlioz.

Un autre versant du compositeur était son goût prononcé pour la musique hongroise. Pour ses fameuses Rhapsodies, Liszt, bien avant Béla Bartók, recueillit de nombreux airs tziganes. “Les Magyars ont adopté les Bohémiens comme leurs musiciens nationaux“, disait Liszt. Les airs tziganes étaient transcrits pour piano, puis mis en forme pour devenir ensuite des Rhapsodies dites hongroises.

  par PATRICK MARTIAL (10-2011)