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Portail sur la musique et les claviers modernes : piano, synthétiseur et orgue.

HISTOIRE DE LA MUSIQUE ET DES INSTRUMENTS



LES PIANOS ÉLECTRIQUES COMPACTS, DES CLAVIERS D'APPOINT

Aujourd’hui oubliés, effacés de la mémoire collective, les premiers pianos électriques compacts eurent au début des années 70 leurs utilités. Le plus souvent, ils étaient employés par les claviéristes pour seconder l’orgue. Légers et ergonomiques, ils servaient d’alternance à la palette sonore de ce dernier en proposant des sonorités de clavecin et de piano électronique.


LE POURQUOI DES PIANOS ÉLECTRIQUES COMPACTS

Dans les années 60/70, de nombreux groupes de rock et de jazz préféraient l’orgue au piano parce qu’il jouait plusieurs rôles. L’organiste pouvait remplaçer tout aussi bien les parties de cordes que les parties de cuivres ou de piano. Venant en complément de la guitare, de la basse et de la batterie, les petites formations avaient trouvé la formule idéale avec cet instrument caméléon.


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Pour enrichir le vocabulaire musical, il était courant de voir l'organiste d’un groupe jouer de plusieurs claviers. Certaines formations avaient même deux claviéristes pour augmenter la palette des combinaisons sonores. Souvent pianiste de formation, le claviériste devait savoir jouer de l’orgue et du synthétiseur avec autant d’habileté. Autant l’avouer, ce genre de musicien était plutôt rare et recherché.

En France, l’emploi de clavier d’appoint s’est fait progressivement, bien plus tard qu’en Angleterre ou aux États-Unis. Les instruments électroniques inspirés beaucoup de méfiance. Pour les constructeurs, avant même d’imaginer le moindre des petits claviers, fallait-il encore que le besoin se fasse sentir auprès des musiciens professionnels. Ils devaient être faciles d’emploi et avoir vraiment leur utilité. Les groupes de musique « pop » seront les premiers à expérimenter ces petits instruments aux allures proches du gadget.

Sur scène, plus l’orgue était important par sa taille, moins l’organiste avait de difficultés pour poser un piano électrique dessus. C’était donc pratique pour l’utiliser. Pas besoin de se mettre debout pour en jouer. La génération des pianos électriques compacts trouvait avec l’imposant instrument la possibilité de s’accorder parfaitement, tout en devenant complémentaire.


LES PIANOS ÉLECTRIQUES COMPACTS


PRINCIPE DE FONCTIONNEMENT

Le système électronique employé est très simple. Le clavier est muni de douze oscillateurs, un pour chaque note de la gamme chromatique, complété d’un diviseur de fréquence par octave. La sonorité diffère selon la qualité des composants utilisés. Le marteau du piano est remplacé par un contact électrique identique à celui d’un orgue électronique.

Contrairement à l’orgue qui garde le son aussi longtemps que la touche est enfoncée, l’oscillateur est réglé de façon à obtenir un son très percutant et s’atténuant progressivement. Evidemment, dès que la touche est relâchée, le son s’arrête. Pour obtenir l’effet de piano forte (ou sustain), une petite pédale est généralement fournie avec l’appareil. Certains modèles un peu plus onéreux possède un effet dynamique. L’intensité de la note est proportionnelle à la frappe comme avec un piano acoustique.


UTILISATION

Il faut reconnaître que les puristes apprécient très peu ce genre de clavier. Cependant, lorsqu’il est utilisé avec une bonne amplification, certains défauts ont tendance à s’effacer. On peut par exemple corriger l’équilibre des basses et des aigus et apporter de la profondeur avec de la réverbération. Par contre, côté touches, l’absence d’échappement et d’effet mécanique gêne le pianiste dès que celui-ci cherche à nuancer finement son interprétation. La solution est d’adapter l’exécution et la musique à ce style de clavier, ce qui rend parfois la tache bien difficile. Il fallait faire preuve d'imagination dans leur utilisation pour qu'ils trouvent leur place : une petite phrase en contrechant ici, un solo par là.

Certains modèles s’ornent d’une partie « basse » sur les deux octaves inférieures, débrayable et réglable en volume. La plupart possèdent un registre clavecin mixable avec le piano. Il est à noter que ces appareils sont facilement transportables (les pieds étaient souvent en option).

Les modèles les plus répandus seront : le « Band Piano » Welson, le Piano Elex « K1 », le « Pianotone Jen J.600 », le « Compact Piano » Crumar, le Mercury « GBT », le Piano « Elka », le « Snoopy » Elgam et le « Professional Piano » Farfisa, le plus riche en sonorités, et le seul possédant un réglage séparé pour la main droite et la main gauche.


R.M.I. LE CAS À PART

Le piano électronique made in U-S-A-, fabriqués par R.M.I., se classe aussi dans la catégorie des pianos électriques compacts, bien qu’il emploie une technologie très particulière, dont la différence essentielle est d’utiliser un oscillateur par note au lieu de douze oscillateurs sur toute l’étendue du clavier. Cette particularité confère à l’instrument une sonorité supérieure. Les harmoniques sont beaucoup plus claires.

Malgré son absence de dynamique et son prix élevé pour l’époque (env. 15.000 F, lors de sa sortie), ce piano connaîtra un certain succès auprès des pianistes qui ne voulaient jouer ni sur le Fender Rhodes, ni sur le Wurlitzer, si cher à Ray Charles. Deux modèles représentent ce type de clavier : le « 368 X Electric Piano and Harpsichord », avec sept registres, dont « clavecin » et « orgue », et le « 668 X Electric Pianos and Rock Sichord », avec dix-sept registres.

  par PATRICK MARTIAL