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LES PIANISTES DE ROCK, BIOGRAPHIES ET PORTRAITS


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L'HISTOIRE DU PIANO ROCK À TRAVERS SES PIANISTES LES PLUS CÉLÈBRES

Certaines personnes ont tendance à penser que le musicien qui officie dans la musique rock est un artiste dont la fougue est souvent plus importante que la technique instrumentale qu'il déploie. De même, ceux-ci sont également capables de définir la musique rock comme l'assouvissement d'une énergie physique mal contrôlée et la pratique du jazz comme un acte "cérébral" pour musicien en quête d'identité. Or, rien n'est plus faux que ces idées-là !

Certes, le musicien de rock est souvent un artiste de scène qui place le spectacle, le jeu de scène plus en avant que l'artiste jazz ou classique, quitte à provoquer l'émoi du spectateur dans un face à face sans compromission. C'est ainsi que l'histoire du rock a distribué, ici ou là, quelques mots dithyrambiques pas toujours de bon aloi, des tenues vestimentaires provocantes ou des attitudes scéniques plus que suggestives.

Le rock, ce mouvement musical, porteur tout comme le jazz d'une identité culturelle et sociale très forte, est beaucoup moins restrictif que ces clichés aujourd'hui éculés. Toujours d'avant-garde, il est la source d'inspiration de nombreux auteurs de spectacles "grands publics" qui utilisent sans vergogne son "catalogue scénique", en piochant par ici ou par-là quelques trouvailles de génies.

Dans le rock, l'artiste est porteur d'un message qui va bien au-delà de la musique qu'il produit. Chaque musicien se fabrique un personnage, se construit une attitude qui fédère tout autour de lui la notion de groupe et par extension celle de "groupie". Le musicien de rock ne doit pas laisser indifférent celui qui assiste à son spectacle. Il désire être aimé, c'est sa nourriture spirituelle qui l'aide à donner le meilleur de lui-même quand il est sur scène. Si parfois, il déclenche des phénomènes d'hystérie, c'est parfois malgré lui. D'ailleurs, les phénomènes de "mode", personne n'en a le secret ! Il sera d'une aventure peut-être sans lendemain, mais la musique rock se vit comme une foi, comme le prêcheur en communion avec son sermon.

LE MÉLANGE DES STYLES

Si le musicien de jazz élabore, invente des techniques aux contrastes saisissants, partant de rythmes structurés et simplistes comme la "marche" jusqu'aux acrobaties d'un langage harmonique et rythmique "free" pas toujours maîtrisé ; le musicien de rock s'appuie le plus souvent sur des recettes musicales déjà préexistantes et ayant fait leurs preuves : le blues, le jazz, le classique ou les musiques traditionnelles. Contrairement au jazzman, l'utilisation de ces styles musicaux n'a pas enfermé le musicien de rock dans un couloir sans issue, mais au contraire lui a servi de tremplin d'envol, de terrain d'expérimentation tout azimut en mélangeant les genres.

Le blues et le rock ont créé un blues aux accents appuyés tandis que le mélange rock sous influence classique a fait naître un rock évolutif sous le nom de rock symphonique. Le jazz et le rock sont à la base d'une musique technique appelée jazz-rock ou jazz fusion, rebaptisée aujourd'hui acid-jazz. Le mariage country et rock a crée une musique américaine sudiste populaire appelé country-rock alors que l'assemblage folk et rock a stimulé les auteurs de chansons à texte. N'oublions pas non plus les intonations latines mélangées au rock qui ont relancé la musique afro-cubaine en perte de vitesse.

Les exemples de ces différents mélanges de style sont donc nombreux et la musique rock a répondu comme par anticipation à ce qui naîtra quelques années plus tard sous le nom de world music.

Au début des années 1960, la musique rock voit naître en peu de temps une multitude de groupes plus ou moins éphémères. Pourtant, malgré cette inconstance, le rock s'installe de façon durable en prenant de l'ambition. La musique au départ héritée du blues se structure progressivement, s'enrichit harmoniquement. Les expériences sonores menées à la fin des années 1960 par certains groupes (mouvement rock progressif, jazz-rock, rock symphonique...) et l'arrivée de la technologie (enregistrements multipistes), voient l'émergence de musiciens au niveau technique de plus en plus élevé.

Le musicien de rock ne se contente plus de jouer sur trois accords, mais part à l'aventure en tentant des expériences sonores à une époque où encore de nombreux jazzmen n'osent pas aller… pour le musicien rock, c'est son atout majeur : il ose aller là où les autres ne vont pas !

Ce n'est pas sur sa qualité d'improvisateur que le musicien de rock travaille, bien que certains d'entre eux n'aient pas à en rougir, non, la différence se situe sur le travail de la texture sonore grâce à des combinaisons d'instruments et sur la structure des compositions, en écrivant des morceaux évolutifs. Les Beatles vers la fin de leur carrière tracent les premiers sillons de cette nouvelle voie… d'autres groupes suivront.

Le rock and roll n'est plus la base d'inspiration, même si certains groupes persistent et signent. Le rock se diversifie en créant une multitude de courants musicaux, rassemblant un public de plus en plus vaste. Si pour certains, l'âme du rock pur et dur s'est diluée peu à peu, il renaît sous d'autres formes musicales aussi inventives qu'éphémères.

J'ai l'estime de penser que la musique rock a semé bien plus de petits cailloux que d'autres courants musicaux bien plus élitistes. La musique rock qui se veut organique, voire dans certains cas spirituelle, est plus près du rationnel que bon nombre de musiques dites "savantes". Elle va à l'essentiel et c'est peut être ça le plus important !

Aujourd'hui, les grands groupes de rock des années 1960/70 sont rentrés dans la légende. Ils restent LA référence pour tous ceux qui évoquent cette musique : The Beatles, The Rolling Stones, Pink Floyd et The Who en tête.


QUAND GUITARE ET PIANO RIVALISENT

Dans la musique rock deux instruments harmoniques prédominent : guitare, omniprésente dans de nombreux styles rocks, et piano, clavier qui parfois se décline sous d'autres couleurs sonores avec l'utilisation des synthétiseurs.

Le mariage "guitare électrique/piano acoustique" a été pour de nombreux groupes rocks la base d'un dilemme, celui de la justification d'un piano au sein d'une formation où prédominent souvent deux guitares électriques. L'intérêt du pianiste n'est pas de se substituer au guitariste en doublant sa "partie" musicale, ni de se sentir mis de côté en faisant de la figuration (tels Stevie Wonder et Billy Preston chez les Rolling Stones, par exemple). Il n'est pas aisé de trouver un équilibre sonore entre guitare et clavier. Le plus souvent, un arrangement est nécessaire pour que le rôle des deux instruments soit justifié.

Autant dans une ballade rock avec guitare acoustique, le piano acoustique ou électrique s'insère facilement, autant dans un rock plus "dur", il n'y a pas sa place... c'est une question d'intensité sonore. Le jeu déployé par le pianiste n'est pas en cause. Dans de nombreuses formations, l'orgue électrique (Hammond ou Farfisa), grâce à son intensité sonore, s'est imposé de lui-même et a remplacé le piano acoustique, s'intégrant plus facilement dans les formations très électriques, surtout dans le style "heavy" ou "hard" (Deep Purple, par exemple).

L'arrivée des synthétiseurs à la fin des années 1960 a changé la donne. La créativité sonore étant l'apanage de cet instrument, de nombreux groupes ont compris rapidement tout l'intérêt d'avoir à leur disposition un tel instrument, idéal pour partir à l'assaut de nouvelles recherches musicales. Grâce à la diversité de ses sons, les pianistes les plus "aventureux" ont vu là un moyen de s'intégrer en prenant une place de plus en plus importante au sein des formations rocks, jusqu'à imposer leurs propres arrangements.

A cette époque, le synthétiseur est encore considéré comme un outil expérimental et pour d'autres comme un gadget. Autant dire que le pianiste qui osait s'approcher d'un synthétiseur soulevait de la part des autres pianistes (de formation classique ou jazz) une sorte de désapprobation qui confinait souvent à la sottise par la méconnaissance de ce type de matériel. Il est vrai que le matériel n'était pas fiable comme aujourd'hui et qu'il fallait recourir parfois à un tournevis pour accorder les oscillateurs quand ceux-ci devenaient instables, faute de quoi, l'instrument sonnait faux et devenait inutile. Cela mis à part, la plupart des pianistes d'aujourd'hui reconnaissent tout l'intérêt et l'importance du synthétiseur dans l'histoire de la musique contemporaine ; mais il a fallu beaucoup de persévérance de la part des pianistes de l'époque pour braver les idées reçues en imposant cet outil magique qu'est le synthétiseur.

LE PIANISTE DE ROCK

L'histoire du rock est semée de pianistes virtuoses, inventifs qui ont préféré briller sous les "feux des projecteurs" du star système plutôt que de partir à la recherche d'une technique irréprochable, absolue, comme celle que l'on rencontre chez certains artistes classiques.

Le pianiste de rock est souvent un musicien démonstratif. Contrairement à ses confrères jazz, il privilégie le faste plutôt que la sobriété. Il démontre plus qu'il ne suggère. C'est souvent une technique "tape à l'œil" qui demande habileté et sens du spectacle. Le choix des morceaux est important et doivent valoriser cet aspect.

Le pianiste creuse sa personnalité au sein même de la formation. Sa popularité grimpe, tel un baromètre, quand le groupe dans lequel il joue a le vent en poupe. En cas d'échec, il n'hésite pas à changer de formation ou à former celle à laquelle il croit. Le tempérament du pianiste de rock est celle d'un battant, mais pas forcément celle d'un héros. Il existe là aussi, dans la musique rock comme ailleurs, des artistes qui considèrent que l'unité est plus importante que l'individualisme. Quand un pianiste ou un guitariste est le "leader" d'un groupe… cela s'entend !

La mise en valeur d'un instrument par rapport aux autres doit être en accord avec la philosophie du groupe, sinon le risque d'un déséquilibre interne, d'une rivalité peut surgir à tout moment et aller jusqu'à la dissolution de la formation. La musique en groupe demande toujours une certaine sagesse et une bonne entente, qu'elle soit rock ou d'un autre genre.

Par Elian Jougla