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TECHNIQUE ET MAO



RÉVERBÉRATION ET DELAI (DELAY)

Les effets réalisés en studio ne sont que la reproduction de phénomènes naturels. Lorsqu’on entend un son, c’est qu’il s’est propagé dans l’air ambiant. Pas d’air, pas de son, pourrait-on dire ! La nature même du son est étroitement liée à son cadre. Un son est ainsi plus ou moins réfléchi…



LA RÉVERBÉRATION



La réverbération existe partout et toujours, que vous soyez dans un appartement, dans le métro ou dans une forêt lorsque le bruit rencontre un obstacle. Une voix normale dans un environnement normal subit, bien que l’on n’en n’ait que rarement la perception, un certain degré de réflexion, communément appelé réverbération. D’un extrême à l’autre existent la chambre sourde et la cathédrale.


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A l’intérieur d’une chambre sourde, un individu ne s’entend pas parler, car il n’y a quasiment aucune réverbération. A l’inverse, dans une cathédrale, la voix, même chuchoté, prend des proportions étonnantes en se prolongeant dans le temps. Ces différentes réverbérations et tous les intermédiaires peuvent être reproduits artificiellement.

Entre le moment où un son est émis et ses premières réflexions, un certain temps s’écoule : c’est le délai. Entre le moment où le son est émis et sa disparition totale, il se déroule également un certain temps : c’est la réverbération.. Donc, toute réverbération est composée d’un temps de délai et d’un temps de résonance.

La réverbération est certainement l’effet de studio le plus répandu. Incontournable pour apporter de la profondeur, tout équipement de home-studio se doit d’en posséder au moins une.

Une bonne chambre de réverbération doit être en mesure de reproduire à peu près tout ce qui définit naturellement la réverbération d’un son. Ses principaux paramètres sont le délai et la résonance (constituée de première réflexion, seconde réflexion et diffusion). Il existe sur certaines chambres de réverbération, une fonction qui précède la première réflexion ; le prédélai. Concrètement, entre l’émission du son et son contact avec une surface réfléchissante, comme un mur, il est possible de régler un microtemps calculé en millisecondes. Ce n’est pas, à proprement parler, compris dans la réverbération pure, mais ‘entendu’ comme une fonction qui la précède immédiatement.



LA PREMIERE RÉFLEXION

Lorsque je parle face à un mur entièrement tapissé de papier peint, le son que j’émets frappe d’abord le mur en transmission directe, dite aérienne, puis revient à moi. C’est la première réflexion.

Sur certaines boîtes d’effets, il est possible d’accéder à des réglages qui déterminent un laps de temps entre l’émission et le retour à l’envoyeur. De même, les dimensions de la pièce où est censé se produire le phénomène acoustique sont également définis. Pour ce faire, on détermine longueur, largeur et hauteur de la pièce. Attention, car ce réglage de volume définit, une fois pour toutes, le reste des opérations à venir. Il n’est pas question d’avoir une première réflexion dans 1000 mille mètres cube et une seconde réflexion dans 65 mètres cube !



LA SECONDE RÉFLEXION

Le son, revenu une première fois jusqu’à son émetteur, poursuit sa course dans l’espace. Il rencontre les parois une seconde fois puis revient vers l’auditeur/émetteur d’une façon différente de la première réflexion. Et ainsi de suite. La somme de ces réflexions constitue la réverbération.

Le volume de la pièce influe logiquement sur le temps de réflexion. Un son met plus de temps à parcourir, en aller-retour, cent mètres qu’un mètre. Or, les matériaux qui composent les parois réfléchissantes jouent également un rôle primordial.



LA CAPACITÉ DE DIFFUSION

Selon les marques et les constructeurs, ce paramètre se voit défini sous différentes appellations : coefficient multiplicateur, diffuseur, etc. Néanmoins, quel que soit le terme employé, il intervient sur les mêmes fonctions.

Chaque matériau possède un coefficient d’absorption propre. Autrement dit, il réfléchira ou absorbera plus ou moins une vibration acoustique. Certains ne réfléchissent pratiquement pas (comme quoi se vérifie l’axiome : plus on absorbe, moins on réfléchit).

A partir de cette règle, les fréquences – ce qui définit grossièrement aigus, médiums et graves – sont, elles aussi, soumises à des réflexions différentes. On dit d’une pièce qu’elle est brillante quand elle ‘avale’ plus vite les graves que les aigus… et qu’elle est sourde quand elle absorbe plus rapidement les aigus que les graves.

Sur les chambres de réverbération artificielle, tous ces réglages sont théoriquement réalisables. Rien n’empêche, par exemple, de multiplier par 2 le temps de réflexion des aigus et de diviser par 0,5 le temps de réflexion des graves. Ainsi, on définit la couleur de la réverbération, c’est-à-dire sa brillance.

On peut rendre antinomique et le volume et la couleur. Avoir un temps de réflexion long dans une pièce normale ou avoir un temps de réflexion court dans un volume brillant. Tout est permis. D’autres réglages sont disponibles sur des chambres de réverbération, comme…

LA GATE REVERB : Cette ‘porte de réverbération’ met un terme brutal à la décroissance de réverbération.

LA RÉVERBÉRATION INVERSÉE : ici, la réverbération est mise en mémoire puis inversée (pour les chambres possédant une mémoire). Résultat : on inverse le déroulement du son réverbéré. Pour un coup de caisse claire ainsi traitée, on entend d’abord la résonance de la caisse pour finir par le coup de baguette. Cet effet a souvent été associé au coup de cymbale.

NB : Sans utiliser une chambre de réverbération, avec seulement un micro et un haut-parleur placé dans une pièce relativement vide, comme une salle de bains, il est possible d’obtenir une réverbération naturelle. Avec peu de moyens et beaucoup d’imagination, on réussit toujours à réaliser des effets intéressants et singuliers.




ÉCHO ET DELAI (DELAY)



Second effet des plus utiles en home-studio : le délai (delay).

Entre l’audition de l’émission d’un son, sa première réflexion et donc sa seconde audition, il se passe un certain temps appelé "délai" (delay). Ce laps de temps s’avère plus ou moins long et reste fonction de l’environnement. L’exemple le plus représentatif étant l’effet d’écho qui correspond à un délai multiplié et que l’on entend dans les montagnes : un délai très long à cause de la distance parcourue par le son, un délai très net/sensible à cause de la surface réfléchissante (une paroi lisse). A contrario, dans une salle de bains à murs carrelés, si le délai montre la même netteté, il est extrêmement court (quelques millisecondes).

Les machines et les techniques qui les régissent permettent de restituer artificiellement ces effets.

LA DURÉE

Le premier réglage que possède toute ligne à retard (le délai) concerne la durée. Autrement dit : entre la source sonore et sa répétition, on détermine un temps plus ou moins long, généralement compris entre quelques millisecondes et quelques secondes. Selon les constructeurs, ce paramètre se définit par bond plus ou moins grand.

LA BALANCE

C’est le second réglage indispensable. Il concerne la puissance de chacun des deux sons, le direct et le retardé.

LE FEEDBACK

Egalement appelé régénération, ce paramètre permet de réinjecter le signal retardé à l’entrée de la boîte à effet. Il favorise donc la répétition du phénomène de délai. Plus simplement, il permet de délivrer plusieurs répétitions à partir d’une seule source directe. A cet effet, entrent en ligne de compte : la vitesse de répétition (qui sera nécessairement la même que celle du premier délai), la profondeur qui dose le niveau de réinjection du feedback.

Un délai peut être stéréophonique (une entrée/deux sorties). Quelquefois intervient la possibilité de définir un retard différent sur chaque sortie, ce qui favorise, grâce au feedback, des effets stéréos de ping-pong.



POUR CONCLURE…

Quelle que soit la quantité de réglages disponibles sur un délai, seule la quantité de restitution entre la source directe et le signal retardé doit être exemplaire, d’une fidélité à toute épreuve. Evidemment, les mémoires et le MIDI sont tout à fait utiles sur un délai, d’autant qu’il peut être utilisé comme un échantillonneur.

par Mick Lanaro

À propos de l'auteur : Mick Lanaro est un ancien ingénieur du son qui a travaillé dans les studios Barclay. Il a enregistré de nombreux artistes français dont Jacques Brel, Léo Ferré, Jean Ferrat, Charles Aznavour, Barbara, Johnny Hallyday... avant de devenir producteur de disques à partir des années 80. On lui doit donc de nombreux succès comme Un homme Heureux, Casser la voix, Nougayork, et d'avoir contribuer à relancer et à promouvoir la carrière de quelques artistes dont Patrick Bruel, Claude Nougaro et William Sheller.