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HISTOIRE DE LA MUSIQUE : LA MUSIQUE ROCK



MUSIQUE ROCK ET ÉVOLUTION : L'ÉCLATEMENT DES STYLES ET L'AVÈNEMENT DE L'IMAGE

En regard de la créativité des années 60, les années 70 semblent démarrer avec un allant assez morne. Les stars s'installent dans un certain confort. Les shows de ceux qu'on appellera bientôt "les dinosaures" s'alourdissent en termes de mise en scène, de matériel sonore et d'éclairage (Rolling Stones, Led Zeppelin, Pink Floyd, Genesis, Yes, etc.). Pour contrebalancer toute cette hégémonie de moyens, d'autres artistes utilisent des moyens plus sages pour se produire. Ainsi, la chanson revient en force avec de grands auteurs-compositeurs comme Carole King ou Elton John et de superbes interprètes : Joe Cocker, Rod Stewart… Certains artistes jouent la carte de la décadence, les paillettes et le glam rock, comme T. Rex, David Bowie ou Roxy Music. Les carrières se mènent sur les deux rives de l'Atlantique, dans un marché où la langue anglaise est de mise.


LA MISE EN SCÈNE SONORE DE LA MUSIQUE ROCK

Aux Etats-Unis, le hard rock s'installe durablement. Des groupes et artistes comme Aerosmith, Mountain ou Alice Cooper sont relayés par Ted Nugent, Van Halen et bien d'autres, tandis qu'au Sud, le rock développe un son bien à lui, hérité du folk-song et des racines séculaires propre aux traditions américaines. Cette musique est illustrée par des groupes comme The Allman Brothers Band, Lynyrd Skynyrd ou ZZ Top avec une influence blues non dissimulée. Ainsi, le country-rock poursuit la voie qu'ont tracé les Creedence Clearwater Revival et The Band, éclairée par le visionnaire Neil Young.


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La musique jazz a elle aussi influencé les artistes rocks. De grosses formations avec cuivres font les beaux jours des années 70. Blood Sweat and Tears et Chicago en sont les plus dignes représentants. D'autres artistes ne peuvent résister au mélange des genres en créant un jazz-fusion, comme la chanteuse Joni Mitchell ou en utilisant les influences cubaines, comme le guitariste Carlos Santana.

Sur la côte Ouest, Steely Dan et les Doobie Brothers font déjà école avec un style de musique rock très sophistiqué.

L'ÉCLATEMENT DE LA MUSIQUE ROCK

Tout va pour le mieux, les années 70 voient le tiroir-caisse ronronner… quand surgit en 1977 la déferlante punk. Fustigeant les stars surpayées, le punk valorise une certaine révolte, construite sur la spontanéité et l'énergie brute. Rien dans le rock embourgeoisé n'est à l'abri de leur irrespect et de leurs sarcasmes. A Londres, alors que la crise économique générée par le premier choc pétrolier de 1973 tétanise les milieux de la bourse, les Sex Pistols, Clash, Strangers, s'en donnent à cœur joie, shootant dans la fourmilière de l'establishment show-biz. Aux Etats-Unis, la new wave new-yorkaise de Blondie, Télévision et Talking Heads est plus "arty", mais non moins déstructurante et innovante.

Si la musique punk a ébranlé le show-biz par ses affronts, le système économique est toujours capable de s'adapter, sans état d'âme, aux nouveaux courants. La revendication sociale revient à l'avant-scène à travers l'engagement politique. Le groupe Police intègre ses convictions antiracistes au cœur même de ses compositions, inventant le rock-reggae. Les Pretenders, quant à eux, offre une vision de détresse et de rage plus individuelle, se heurtant à la mollesse d'une société de consensus.

LE ROCK MADE IN FRANCE

La France, jusque-là partagée entre Magma, Gong et une variété plus ou moins électrifiée, trouve enfin une forme d'identité rock avec Téléphone, Trust, Bashung et les Rita Mitsouko.

Cette mouvance va s'amplifier au milieu des années 80 à travers le rock alternatif, porté par les Bérurier Noir, les Garçons Bouchers et la Mano Negra. Ainsi, grâce à ses nombreuses initiatives originales, le rock français parvient à s'imposer au niveau de la culture "officielle" et des quotas de diffusion sont instaurés.

POLICE... LES INVENTEURS DU ROCK-REGGAE

Ce groupe de rock britannique a fait les beaux jours des night-clubs durant la fin des années 70. The Police est un trio composé de Stewart Copeland (batterie), Andy Summers (guitare, chant, en remplacement de Henry Padovani en 1977) et de Sting (basse, chant) qui aura un ascendant non négligeable sur l'évolution du groupe.

Issu de la génération punk, The Police doit avant tout sa carrière à une profonde originalité en inventant un style situé à la croisée des chemins du rock et du reggae. Le groupe a produit de nombreux tubes, notamment : Roxanne, Message in a bottle et Every breath you take. Riche d'une carrière à succès, The Police n'a pourtant produit que 5 albums "studio", entre 1978 et 1983.

Lorsqu'en 1977, en pleine effervescence punk, Henry Padovani (un jeune guitariste français) et Stewart Copeland décide de constituer le groupe The Police, ils sont à la recherche d'un bassiste et c'est à Sting (Gordon Matthew Summer) qu'ils font appel. Ce dernier, alors bassiste et chanteur d'un groupe de jazz fusion appelé Last Exit, accepte la proposition de Copeland. Très rapidement, au bout de quelques répétitions, le groupe se produit dans quelques clubs londoniens et enregistre dans la foulée leurs premiers titres, dans un petit studio 8 pistes.

Parallèlement au début de la carrière du groupe The Police, Sting et Stewart Copeland rejoignirent deux anciens musiciens du groupe Gong, Andy Summers et Mike Howlett pour former Stronium 90. De cette aventure, seul reste un album qui sortira en 1977 sous le nom de Strontium 90 : Police Academy (deux des titres présents sur cet album seront exploités ensuite par The Police). C'est à cette période que Andy Summers rejoint le trio, mais Henry Padovani plus impliqué dans le mouvement punk ne s'entend guère avec Andy Summers. Lors de l'enregistrement du premier album en 1978, c'est la rupture entre les deux guitaristes. Henry Padovani décide alors de quitter le groupe pour rejoindre Wayne County and the Electric Chairs.

Constitué à présent du trio Copeland/Summers/Sting, le groupe The Police sort son premier album Outlandos d'Amour où l'on peut entendre Roxanne et Can't Stand Losing You. L'album suivant, Reggatta de Blanc (1979), confirme l'originalité du trio avec deux autres titres phare : Walking on the Moon et Message in a Bottle.

Après une tournée mondiale effectuée en 1979, l'année suivante est enregistré le troisième album, Zenyattà Mondatta. Malgré le titre De Do Do Do, De Da Da Da que l'on pourrait comparer à un certain Ob la di, Ob la da des Beatles, pour son ton très léger, ce disque ne démérite pas et s'inscrit parfaitement dans la lignée des deux albums précédents.

C'est l'année suivante, en 1981, que l'équilibre du groupe commence à se fissurer. Des tensions entre Sting et Stewart Copeland se font jour. La personnalité grandissante de Sting (il est remarqué pour ses apparitions au cinéma) et ses influences jazz ont du mal à s'accorder avec les désirs de Copeland, dont le penchant naturel pour la musique rock ne peut être discuté. L'album Ghost in the Machine souligne cette approche jazz désirée par Sting. L'album trouvera tout de même l'adhésion du public avec des titres comme Spirits in the Material World ou Invisible Sun.

En 1982, alors que Sting poursuit sa carrière d'acteur, de son côté Andy Summers enregistre son premier album, I Advance Masked. A leur apogée, The Police sort son dernier album, Synchronicity (1983). Le trio est rejoint sur certains titres par une section de cordes, ce qui donne une couleur plus sophistiquée à l'ensemble. De cet album, on retiendra Every Breath You Take qui remportera un vif succès. L'album nominé aux Etats-Unis comme meilleur album de l'année devra s'incliner face à l'écrasant Thriller de Michael Jackson.

En 1984, quand la tournée Synchronicity s'achève, le groupe est face à des tensions intérieures de plus en plus tenace. Atteignant comme un point de non-retour, le trio décide de se séparer. Contre toute attente, deux ans plus tard, ils se retrouvent pour une ultime tentative de réconciliation. A la base, l'enregistrement d'un nouvel album. Seule trois chansons seront enregistrées (dont deux anciens morceaux réarrangés : Don't stand so close to me et De Do Do Do, De Da Da Da).

Depuis, chaque musicien poursuit une carrière en solo, mais sans jamais avoir officialisé la séparation du groupe. Et ce n'est qu'en 2007, bien des années plus tard, que Sting annonça le retour du groupe The Police pour une ultime tournée mondiale intitulée The Police Reunion Tour. Pour éviter toute rumeur naissante, Sting s'empressa de préciser que cette tournée serait la dernière et qu'aucun autre album n'était prévu à ce jour par le groupe.

L'AVÈNEMENT DE L'IMAGE ET DU NUMÉRIQUE

On ne peut passer sous silence l'influence considérable de l'arrivée du clip dans les années 80. Le clip devient la panacée incontournable, bonifiant la vente du disque et l'image de l'artiste. Les cheveux autrefois très longs sont raccourcis et le style minet propret gagne du terrain dans la new wave (Depeche Mode, Indochine, Wham,…), seul les Cure s'en tiennent au look corbeau, sombre et provocateur, se référant à la génération post-punk. La musique s'habille d'une beauté froide entre les mains d'une Annie Lennox alors qu'elle rentre en outrance quand Boy George s'en mêle.

Deux facteurs influent de manière décisive sur la création rock : le son numérique et le métissage. Avec l'arrivée de la technologie numérique, la manipulation du son est facilitée dans ses moindres détails. Appliquée à l'ensemble de la chaîne de production musicale, de l'instrument au disque compact, elle porte en germe une véritable révolution des techniques d'enregistrement et de création.

Alors que les groupes rock pullulent à l'Est, notamment en Russie et en Chine, le métissage vient au secours d'une inspiration occidentale qui, si elle se perpétue sur certains créneaux balisés, se trouve souvent en mal de renouvellement. Brian Eno, Peter Gabriel se feront les champions du rapprochement avec les musiques du tiers monde, autrement désignées sous le terme générique de world music. L'autre effet du métissage est la rencontre entre les énergies du rock dur et du funk-rap, donnant naissance à un style énergétique dans les années 90 (Fishbone, Living Colour).

Si l'on manque de recul pour analyser les tendances de ces dernières années, force est de constater l'impact du grunge avec le symbolique Nirvana et la place très importante que prend, en marge du rock, si ce n'est en réaction contre lui, le rap. Pendant que l'Angleterre explore techno dance et trip-hop ; qu'Oasis et Blur réinventent les années 60, l'Amérique semble reprendre l'initiative.