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VIDÉOS PÉDAGOGIQUES



LE PHOTOPLAYER

LE PHOTOPLAYER
UN PIANO PAS COMME LES AUTRES

Dans cette vidéo, le présentateur américain Huell Howser nous présente un piano mécanique pas comme les autres, le photoplayer. Cet imposant instrument permettait de réaliser tout un assortiment sonore très rocambolesque, mais nécessaire pour rendre les scènes de films muets plus dramatiques ou plus drôles. L'instrument se voulait avant tout démonstratif. Chaque effet sonore avait sa destination : le regard appuyé d'un acteur, le bruit produit par un accident de voiture, l'arrivée d'une locomotive en gare ou le choc produit par la chute d'un objet.


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Si les premiers modèles se contentaient de quelques artifices sonores, par la suite, les possibilités de l'instrument se sont développées. Dans une armoire attenante au piano mécanique, un orgue à tuyaux et de nouveaux effets vinrent se connecter au clavier principal pour créer d'autres bruitages.

Le 'musicien touche à tout' - le mot pianiste s'accordant mal avec l'emploi de cet instrument - distillait les effets en fonction de la scène, tandis que le rouleau de papier perforé enclenchait les différentes notes du piano mécanique. Concurrent direct du pianiste accompagnateur ou de l'organiste, le photoplayer était capable de se substituer à un petit orchestre sans aucun problème. Le tout en un, en quelque sorte !

Il n'était pas indispensable d'être un 'académicien' de la musique pour se servir du photoplayer, il suffisait de posséder un sens du rythme, de l'improvisation, une certaine dextérité manuelle et comprendre le rôle tenu par les différents registres de l'orgue, des touches et des cordons. Après quelques heures passées sur l'instrument, le musicien manipulateur était fin prêt pour tenter l'expérience. Il lui suffisait de suivre l'action à l'écran et d'improviser le climat sonore en tirant sur les cordes, en appuyant sur les touches et les pédales.

Si l'on excepte, le piano, l'orgue et les tambours, la panoplie sonore dont jouissait l'instrumentiste tenait plus du bruiteur que de l'homme orchestre. L'orgue mécanique fonctionnait grâce à un moteur électrique tandis que le piano prenait vie grâce au rouleau. Les autres sonorités étaient déclenchées par les mains et les pieds du 'musicien'. D'astucieux systèmes mécaniques servaient à reproduire des bruits naturels comme le vent, le tonnerre ou les sifflets d'oiseaux, tandis que d'autres recréaient les bruits de la vie moderne comme le klaxon ou la sonnerie de téléphone.

Certains cordons servaient à déclencher des effets particuliers (comme le montre la vidéo). Pour recréer le 'tchou' 'tchou' d'une locomotive ou le bruit caractéristique du sifflement d'un bateau à vapeur, un petit soufflet était utilisé et imprimait une brève et puissante expulsion d'air. Le volume sonore était suffisant pour être entendu jusqu'au fond de la salle de cinéma. Le photoplayer était même capable de créer des roulements de tambours enclenchés par un système d'horlogerie. L'instrument était donc très inventif à une époque qui ne l'était pas moins !

Avec l'arrivée des premiers films sonores, l'illustration musicale proposée par le photoplayer arriva à son terme. L'instrument n'était pas devenu obsolète mais inutile, tout comme la présence du pianiste ou de l'orchestre. Il était plus simple et plus pratique de lancer un phonographe que d'implanter dans une salle de cinéma parfois réduite ou improvisée un imposant instrument, même génial. C'est ainsi que la production cessa en 1925, juste deux ans avant une autre révolution, celle du cinéma parlant.

Le photoplayer était entré dans la légende des instruments à tout faire. Machine géniale, mais coûteuse à construire, quelques millier d'exemplaires verront tout de même le jour (environ 8 000 modèles entre 1910 et 1925). Aujourd'hui, seul quelques modèles sont en mesure de fonctionner correctement. Oublié, le photoplayer est devenu un instrument pour collectionneur éclairé ou à défaut, un instrument silencieux blotti derrière la vitrine d'un musée.

  par PATRICK MARTIAL

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