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LE SYNTHETISEUR CZ 5000 DE CASIO

Si comme le groupe Téléphone la marque Casio rêvait d’un autre monde, en 1985, elle y réussira plutôt bien avec le synthétiseur CZ-5000. Véritable outil de recherche sonore, ce clavier-là est arrivé à perturber la quiétude triomphante d’un autre synthé bien connu, le légendaire DX7 de Yamaha (dont nous avons évoqué ici même la version expandeur TX7). Nous invitant à découvrir sa synthèse à distorsion de phase, les sonorités du CZ-5000 possèdent de nombreux atouts pour nous éblouir…


CASIO CZ-5000

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DESCRIPTION DU CZ-5000 CASIO


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Les commandes générales ne souffrent pas de reproches. L'accord principal est dans une fourchette de 10 demi-tons, ce qui fait le bonheur de la touche de transposition. La mise en service du portamento et du glide se contrôle par la simple pression d'un bouton. Un effet de chorus, très efficace, règle, on s'en doutait, l'effet de chœur. Viennent ensuite des fonctions interactives. Parlons d'abord de la programmation. Il y a là 32 presets et 32 mémoires, soit un total de 64 sons premiers, comme l'on parle de nombres premiers.

A l'appel d'une des 32 présélections, l'affichage à cristaux liquides indique, par exemple : Preset. D1. Trumpet. En revanche, pour la mise en service d'une des 32 mémoires, il indique plus simplement : Memory. A4. Car l'on programme de A1 à D8 et les presets et les mémoires. On s'y fait mais ça n'aurait pas été beaucoup plus compliqué d'identifier les mémoires de E1 à H8 de façon à éviter toute confusion lorsqu'on est dans les transes de l'interprétation.

Grâce au sélecteur de modes, il est loisible d'utiliser ces 64 sons de 4 manières différentes. La première, de type Normal, signifie qu'une mémoire (présélectionnée ou non) est jouée et que les autres attendent leur tour. La seconde, Tone Mix, permet non seulement de mêler deux sons mais aussi de les mixer, ce qui offre pas mal d'effets et de dosages fins.

L'opération est simplissime. J'appuie sur Tone Mix. L'afficheur annonce Tone Mix et, en regard, Lev 1= 15/Lev 2= 15. Un curseur électronique se transporte, selon vos désirs et grâce à une touche spécifique, sous l'un ou l'autre Level. Ce qui permet :

  • 1) De régler le volume de chacun des « instruments ».
  • 2) De choisir lesquels de ces 64 sons font un duo.

Lors d'interprétation, il est régulier d'oublier l'identité des deux sons que l'on a mariés. Il suffit de déplacer le curseur pour que les « touches de banques », c'est-à-dire les boutons grâce à quoi on appelle un son (A,B/1, 2, etc.) se présentent au rapport illico presto avec leurs charmantes petites diodes électroluminescentes. Très pratique. Et ce qui ne l'est pas moins concerne la conservation en mémoire de ce mixage. Autrement dit, vous revenez le lendemain, en enclenchant Tone Mix, ce sont les mêmes instruments que la veille qui copulent.

La troisième fonction favorise une séparation du clavier (un split) flottante. Au lieu que les deux sonorités sortent réunies comme dans la version précédente, elles sont ici séparées selon la frontière qui vous sied. L'affichage et la programmation sont semblables à ceux de Tone Mix. Le quatrième mode met en marche le séquenceur, mais ça c'est comme le dessert, on garde le meilleur pour la fin.

Sous l'affichage à cristaux liquides sont disposées, d’une façon très lisible, les touches principales de modification de valeurs. A noter que certaines d'entre-elles mènent une double vie quand il s'agit d'interface.

  • 1 - Il y a le curseur, qui se déplace de gauche à droite.
  • 2 - Il y a les valeurs qui vont de 0 à 99 (ou moins) selon la teneur des paramètres à modifier.
  • 3 - Il y a les changements de phase pour intervenir sur les 6 doubles enveloppes des systèmes DCO, DCW, et DCA.
  • 4 - Il y a les points d'enveloppe pour spécifier la durée et la fin des trois même systèmes.

Mitoyennes, quatre touches Effet interviennent sur le portamento, le glide, le pitch bend et la modulation propre à chaque mémoire (preset ou non). Mais deux roulettes manuelles doublent les fonctions de pitch et de modulation à l'extrême gauche du clavier. Ces 4 touches favorisent surtout la mémorisation, pour un son donné ou pour le séquenceur, d'un effet partie intégrante d'une sonorité.


LA DISTORSION DE PHASE

Se présente enfin la section des paramètres. Selon ses composants, sa conceptualisation, le résultat de vos efforts tutoiera le grandiose ou la déliquescence. Le CZ-5000 utilise une source de son basée sur la distorsion de phase. Sans entrer dans les considérations proches de l'autopsie (où il est question de production de formes d'ondes variées par la distorsion des angles de phase à la lecture des ondes sinusoïdales et de fonctions cosinus écrites dans une mémoire morte), parlons un peu moins théorie et un peu plus pratique...

En gros, tout est ici fonction d'une base 8, comme l'Octopus des Beatles. L'antique ADSR répond à huit seuils, les formes d'ondes montrent huit visages principaux, etc. A l'arrivée, ça signifie 33 formes d'ondes (parce que la plupart sont « mélangeables ») avec des milliers d'enveloppes différentes, des suivis de touche, des timbres modulés ou totalement différenciés sur un même son, des dents de scie qui montent et qui descendent, qui « créneautent », qui « triangularisent » à tout va, des désaccordages fins ou épais, etc.

En fait, si ce n'est pas de la FM, ça y ressemble drôlement à l'arrivée, c'est-à-dire à l'écoute du son créé. De plus, une sélection de voie répercute la polyphonie à 16 voies (8 enveloppes doubles) selon les formats suivants :

  • Voie 1 : 16 notes pour un son « simple ».
  • Voie 2: 16 notes pour un son « simple » (utile pour écouter la voie 2 pendant la création sur la voie 3)
  • Voie 3 : 8 notes sur 1 et 8 notes sur 2.
  • Voie 4 : voie 1 + voie 1 '.

Ces quatre voies ont des destinations différentes selon que l'on est en train de programmer ou en train d'écouter un son. Dans le premier cas, elle sert de miroir sonore en temps réel« ; dans le second, elle favorise la recherche du meilleur grain d'un réglage. Enfin, s'ajoutent à ces quatre voies un modulateur en anneaux pour créer la résonance des voies entre elles, plus un sélecteur de bruits.

Comme de bien entendu, tous les paramètres se règlent, se pétrissent, s'interfèrent et la fenêtre d'affichage offre une vision chiffrée des réglages apportés. Tout ça se met en mémoire, se sauvegarde, se balance dans les prises Midi sans aucune difficulté. Aussi simple qu'un magnéto-cassettes.


LE SEQUENCEUR, L’OUTIL MAGIQUE

En pas à pas, il est aussi rébarbatif que tous les séquenceurs du monde. C'est longuet, mais c'est hyper sûr. On résout en triple croche maximum, les triolets ne sont pas interdits. Les paramètres des sons en mémoire sont pris en compte par le séquenceur.

CASIO CZ-5000

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En temps réel, on n'écrit pas, on joue. Et sur 8 pistes ! Par exemple, des violons sur la piste 1, des trompettes glorieuses sur la 2, une grosse caisse sur la 3, une bonne basse slappée sur la 4, etc. Un vrai magnéto multipistes dans le synthé. Toutefois attention, car il existe tout de même des limites…

On ne peut pas dépasser 8 notes polyphoniques. Autrement dit, si vous avez décidé que 3 notes (un accord) suffisaient à votre tapis de violons, il n'en reste plus que 5 de disponibles. Donc, en ne jouant par la suite qu'en monophonie, une note par une note, vous ne pourrez dépasser la piste 6.

Oui, mais comme il est facile de créer des sons monophoniques gras comme des polyphoniques (distorsion de phase + double enveloppe), les limites sont repoussées. Le fonctionnement est simple. J'enregistre en direct la piste 1, je l'écoute ensuite et j'enregistre en play back la piste 2, et ainsi de suite. Je mélange, parce que c'est trop difficile à exécuter en temps réel, une piste en pas à pas avec un trait à faire pâlir Oscar Peterson. Et le tour est joué.

En temps réel, j'ai droit jusqu'à 3 400 notes, mais en pas à pas la capacité est doublée. De plus, en utilisant la voie Midi, je fais les neuf symphonies de Beethoven dans la journée. Evidemment, ce séquenceur ne peut pas s'inféoder au clavier, c'est-à-dire que pendant le déroulement de la séquence, il est impossible de la faire changer de ton. De plus, malgré la fonction Repeat, il ne fonctionne pas en boucle directe car une mesure à vide sépare la fin d'une séquence et sa ré-exécution. Ce point n'est pas très ennuyeux car avec un peu d'habitude, il devient aisé de squeezer cette mesure vide en appuyant, à la dernière mesure, et quasiment simultanément, sur Reset (on revient à 0) et sur Play.

En revanche, dès que l'on est en enregistrement, le métronome est audible et-on-ne-peut-pas-lui-fermer-son-clapet ! De sorte que dès qu'on élabore un tantinet soit peu l'écriture, ce tic-tic vous prend bien la tête.

Si, en pas à pas, toute modification ou altération d'une mesure quelle qu'elle soit est réalisable, en temps réel en revanche, les mesures suivantes sur une même piste sont obligatoirement effacées. Alors, attention au pain en début de morceau, sinon il faut tout refaire. Les données du séquenceur sont bien entendues sauvegardables sur cassette (comme quoi il n’est pas toujours utile de tout jeter), via Midi ou dans la mémoire interne (une seule séquence à la fois).


EN CONCLUSION…

Est-il plus beau, plus puissant, plus complet, plus fantastique que le DX7 ? Oui si on estime d’utilité publique son séquenceur haute-fidélité et ses sonorités purement synthétiques. Un peu déroutant, voir complexe pour un non initié, le CZ-5000 est capable de produire des sonorités alléchantes idéales pour de la musique électro. Pour ces raisons, si l’année 1985 a été celle de l'échantillonneur, elle a été aussi celle de Casio en ce qui concerne les synthétiseurs numériques. Avant-gardiste Casio ? Certainement !


DEMOS CASIO CZ-5000

Quelques courtes illustrations sonores utilisées conjointement avec le séquenceur incorporé au CZ-5000.


Séquence 1
Séquence 2
Séquence 3

Séquence 4
Séquence 5
Séquence 6

SPECIFICATIONS TECHNIQUES

  • Clavier 61 touches.
  • Polyphonie : 16 notes.
  • Oscillateurs : 2 par voie.
  • 32 patches preset.
  • 32 patches utilisateur.
  • Séquenceur 8 pistes - 3 400 notes en temps reel« ; 6 400 notes en pas à pas.
  • Effects chorus stéréo.
  • MIDI In, Ou, Thru.
  • Année de sortie : 1985.
  • Prix d’origine converti en euro et tenant compte de l’inflation : 3 100 €
  • Prix marché d’occasion : de 200 à 350 €

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