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LA MAIN GAUCHE DU PIANISTE DE JAZZ

De nos jours, la musique jazz revêt tellement de visages que nous avons tendance à oublier l’importance qu’elle a eu des années 20 aux années 40 dans l’univers de la danse. C’est souvent à l’occasion de la naissance d’une comédie musicale style Broadway ou à travers des rééditions « anniversaires » que ce passé enfoui resurgit. Dès lors, le hot, le stomp et le boogie-woogie font trembler le piano grâce au jeu débordant d'énergie du pianiste et de sa main gauche !


LE ROLE DE LA MAIN GAUCHE

Quand un pianiste « étudie » le jazz (ou le rock), il s’aperçoit rapidement que le rôle joué par sa main gauche possède des caractéristiques de jeu qui lui sont propres. Le contretemps, la syncope et l’accentuation - déjà abordés dans le cours Les ‘mots clés’ du rythme vivant - apportent déjà une partie de la réponse. Il est d’ailleurs difficile de donner une bonne exécution d’un morceau de musique de danse si la main gauche ne remplit pas parfaitement son rôle rythmique et harmonique. Si elle n’est pas précise, le flottement qu’elle produira réduira sensiblement la portée mélodique exécutée avec la main opposée. Tout pianiste doit être attentif à sa main gauche, car c'est elle qui aide et entraîne le discours musical de la main opposée. Son rôle est donc essentiel.


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Ci-dessous deux présentations faciles pour accompagner une phrase mélodique
(les petites notes correspondent à la mélodie et ne sont pas jouées par le pianiste)

Lorsque le pianiste de jazz, au départ accompagnateur dans un orchestre, devient un soliste, il doit remplacer l’orchestre à lui seul. Dès lors, on imagine un soutien rythmique de la main gauche beaucoup moins sobre. Son travail ne consiste plus à seulement répandre quelques rares accords sur le clavier à une main, rythmiquement cadencés ou syncopés, mais d’avoir un jeu suffisamment solide pour faire ressortir en même temps la richesse de l’harmonie et le balancement rythmique du style imité ; l'essentiel de cet art étant de contrebalancer harmonieusement l'ensemble autour d'une mélodie parfois rebelle !


LE PIANO CONDUCTEUR

Pour habituer votre main gauche à son rôle de régulateur rythmique et de soutien harmonique, vous aurez tout intérêt à vous appuyer sur des partitions de piano conducteur, plutôt que d’après des éditions piano/chant.

Comme ce genre de partition n’est pas toujours disponible dans le commerce, vous devrez peut-être apprendre à réduire et à adapter la partition piano/chant en piano conducteur (partition qui intègre en même temps l’accompagnement et la mélodie).

Pratiquer ce genre d’exercice sur le tas est une bonne façon de connaître les possibilités sonores et techniques de son instrument. L’utilisation des accords, la façon de les exploiter (renversement, présentation, enrichissement) et d’apprendre à les marier avec différents rythmes, se fera toujours avec l’aval de la mélodie, qui sera toujours là pour freiner vos ardeurs ou vos erreurs.

Cette école est formatrice et je vous conseille vivement de vous prendre en main plutôt que de vous en remettre à des manuels (ou à des enseignants) qui, de toute façon, vous appendront une technique, la leur, mais pas la vôtre. Et comme dans ce domaine il n’existe pas une technique mais des techniques, chacun devra apprendre à les exploiter avec ses connaissances, son expérience et ses goûts.

Pour parfaire ce genre de « formation autodidacte », les exercices devront être fréquents. Un bon pianiste de jazz qui fait face à une mélodie accompagnée d’accords chiffrés doit savoir produire, lors de la première lecture à vue, une première esquisse sonore acceptable ; une présentation qui « sonne », comme le jargon musical m’autorise à le dire. Après, il sera toujours temps de peaufiner les détails et d’utiliser les écritures si nécessaire.

Pour corroborer mes propos, les deux exemples ci-dessous laissent entrevoir une même mélodie écrite rythmiquement et harmonisé de deux façons différentes.

Concernant la main gauche, le premier exemple s’appuie essentiellement sur une basse marchante qui ouvre l’harmonie (la walking bass est abordée pour les débutants dans le cours Réaliser une walking bass dans le style blues)


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Le second exemple, plus technique, est enrichi harmoniquement. Les accords très étendus peuvent être brisés ou allégés à la convenance de chacun. Je vous conseille de retenir le tempo à la dernière mesure.


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A PROPOS DE L’ACCORD DECOMPOSE

Lors de la présentation des accords à la main gauche, il est parfois utile de dissocier les notes qui le composent, plutôt que d’avoir à jouer le « magma sonore » et brut de l’accord plaqué. Sans être systématique dans la façon d’aborder le procédé, il faut apprendre à jouer sur de légers retards (une croche, une noire...) afin de produire l’esquisse d’une série de contre-chants. La main gauche pourra ainsi répondre à la façon d'un jeu, à certaines notes de la mélodie.

Le plus efficace est d’utiliser les notes les plus aiguës de l’accord. Le plus souvent, ce sera le pouce qui se chargera de cette besogne. Par exemple, avec un accord de Do majeur 7 (do, mi, sol, si), vous pourriez jouer les notes voisines, à savoir le do supérieur et le la. Sur ce principe facile à mettre en place, pour peu qu’on le travaille, la main gauche pourra ainsi rythmer un même accord sans que celui-ci ne devienne trop mécanique et lassant. Des standards de jazz, mais aussi des bossas et des sambas utilisent ce principe de variation harmonique.

Certaines personnes se diront peut-être… Et le boogie-woogie alors ? L’a-t-il oublié ? Non, mais cela fera partie d’un autre cours !

ELIAN JOUGLA   par ELIAN JOUGLA

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