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Portail sur la musique et les claviers modernes : piano, synthétiseur et orgue.

APPRENDRE LE PIANO ET LE SOLFÈGE EN MÊME TEMPS


LE COURRIER DES INTERNAUTES



Mme Gaspard (Paris)

Ayant apprit le piano il y a fort longtemps, je suis régulièrement les progrès de ma petite-fille qui est âgé de 12 ans. Elle utilise des méthodes d’apprentissage qui ne sont pas du tout les mêmes que celles que j’ai connues quand j’avais son âge. Elle travaille le piano et le solfège en même temps, ce qui n’était pas mon cas. Son professeur dit d’elle que c’est une enfant douée. J’aurai aimé savoir si l’étude du piano et du solfège pratiquée en même temps facilite vraiment la connaissance de l’instrument ou bien est-ce une façon de dédramatiser l’enseignement de la musique ?


LE SOLFÈGE D’ABORD

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Il est certain que l'enseignement de la musique a besoin d'être dédramatisé, d'autant plus que certains établissements continuent d’imposer une à deux années de formation musicale avant de débuter l’instrument. Cette façon de conduire les premiers pas dans la musique recueille rarement l’aval des parents et encore moins celui de l'enseignant réformateur.

Pour les « conservateurs » de l’ancien système, l’argument fondamental serait qu’un enfant (ou un adulte) sache lire un peu les notes, qu’il ait toutes les connaissances nécessaires avant d’aborder le déchiffrage de sa première partition. Priorité est ainsi donnée au solfège et dans une moindre mesure à la théorie. L’idée est tenace, et si elle a construit de merveilleux musiciens, elle a aussi provoqué de la souffrance et conduit à de nombreux échecs.

Aujourd’hui, le prétexte du « solfège d’abord » est jugé fallacieux, corrompu, dans le sens où il interdirait l’étude sérieuse d’un instrument sans avoir absorbé de nombreuses connaissances. Les faits sont bien là et contredisent cette idée reçue. L'histoire, qui est toujours riche d'enseignement, nous indique que c’est toujours la pratique instrumentale qui construit le musicien et qui lui dicte sa façon de conduire les évènements. La connaissance théorique, le solfège, le musicien les absorbe ou les rejette selon ses besoins. C’est certainement cette prise de conscience qui a conduit de nombreux profs à se remettre en question et à vouloir enseigner conjointement le solfège et la pratique instrumentale plutôt que de voir leurs élèves abandonner au bout de quelques semaines.

Aujourd’hui encore, quand on jette un coup d’œil au contenu du solfège et à son enseignement, on constate qu’il est le même pour tout le monde. Que l’élève se destine au piano, à la guitare ou aux percussions, il n’existe guère de différences dans l’approche. Pourtant, chaque instrument a besoin de connaissances spécifiques, connaissances qui devraient préparer le musicien à affronter la pratique instrumentale avec un maximum de sérénités. La lecture de notes illustre parfaitement cela…

Tandis que le déchiffrage de partitions pour piano réclame une lecture simultanée des clés de sol et de fa, le violon alto a une attirance toute particulière pour la clé d’ut 3e ligne. Quant à la guitare et à la batterie, si la « six cordes » s’accommode parfaitement des tablatures, le jongleur de baguettes se passerait bien volontiers des clés de la portée, puisqu’il n’en a pas fondamentalement besoin !


SOLFÈGE ET INSTRUMENT, UN DUO COMPLÉMENTAIRE

En amont de tout apprentissage qui se respecte existe l’éveil musical. Celui-ci est souvent le parent pauvre de l’éducation musicale. Pourtant un enfant – et même un adulte – qui a été sensibilisé aux sons et aux rythmes peut démarrer un instrument en même temps que le solfège, d’autant que la plupart des méthodes instrumentales incluent parfois des notions de solfège spécifiques. Depuis déjà de nombreuses années, certains pays de la Communauté européenne ont franchi le pas. Angleterre, Allemagne, Danemark, Suède appliquent les rudiments du solfège durant les cours d’instruments, avec parfois une mise en pratique collective.

J’attire votre attention sur le fait que mon discours n’est pas de remettre en cause le solfège et son utilité, mais la façon dont on l’intègre au commencement des études musicales en France. Même si des progrès ont été réalisés, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour que cette notion ne soit plus vécue comme un obstacle à la réalisation artistique de chacun.

Bien souvent, le solfège est détesté ou redouté car, en plus d’être obligatoire dans bien des écoles, la manière de le présenter laisse à désirer. C’est un dressage purement intellectuel qui casse la curiosité naturelle, l’envie d’aller de l’avant et de découvrir. Du moment où vous utilisez le solfège, vous pénétrez dans un système bien rodé qui impose ses codes.

Quand on débute l’étude d’un instrument, il n'est pas toujours indispensable de se jeter à corps perdu dans le solfège, d'autant plus qu'il est pas toujours aisé de faire la liaison entre les notions apprises et leurs liens direct avec l'instrument. Le pianiste débutant est d’abord capté par la technique de son instrument qu'il doit surmonté et comprendre pour simplement avoir un aperçu sonore de l'action de ses doigts sur le clavier. Travailler en même temps la position face à l’instrument, le doigté, la lecture des notes et le rythme est quelque chose de difficile. Les enseignants qui ont absorbé cela depuis très longtemps ont tendance à l’oublier, et c’est regrettable !

  par ELIAN JOUGLA

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