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Portail sur la musique et les claviers modernes : piano, synthétiseur et orgue.

TECHNIQUE ET MAO



1 - LE SYSTEME MIDI EXPLIQUÉ AU DÉBUTANT... LES RAISONS D'UN SUCCÈS MERITÉ

Au début des années 80 est apparu le système MIDI. Cette petite interface composée de deux ou trois prises anodines va révolutionner bien des habitudes chez les claviéristes. Dès lors, tous les nouveaux synthétiseurs et autres pianos numériques vont pouvoir entrer en communication…


NAISSANCE DU MIDI

CV GATE

Avant la naissance du MIDI, les constructeurs avaient une totale liberté pour choisir la façon avec laquelle les instruments de musique devaient communiquer. Aucune règle précise n’était nécessaire pour contrôler le fonctionnement de leurs appareils. Cette anarchie avait un revers pour le musicien : il lui était impossible de créer une interconnexion entre des claviers et autres joujoux de différentes marques. Et comme l’époque voulait déjà que le claviériste utilise un séquenceur ou une boîte à rythme, instruments essentiels pour produire de la musique en home-studio, il n’avait d’autre choix que de se plier aux injonctions du constructeur. Dans le cas contraire, le séquenceur refusait tout net de démarrer ou devenait incontrôlable. La boîte à rythme refusait de devenir l’esclave du tempo imposé et l’arpégiateur de même.

Face à l’évolution spectaculaire de la technologie, mais aussi face à la demande des claviéristes professionnels et amateurs, les grandes marques devaient réagir. L’idée d’utiliser des signaux standards en commun germa et conduisit rapidement à la naissance du protocole de communication nommée MIDI. La plupart des constructeurs américains et japonais adoptèrent rapidement le système MIDI, tout en ayant conscience qu’il fallait s’astreindre à suivre des règles très strictes, tant en ce qui concerne l’organisation des messages que le matériel lui-même. Les synthétiseurs Yamaha (DX7), Roland (Jupiter 6) et Sequential Circuit (Prophet 600) seront les premiers à imposer une connectique MIDI.


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Grâce à ce génial procédé, il devenait possible pour les derniers modèles de synthétiseurs qui en étaient équipés, de s’interconnecter entre eux : séquenceur, synthétiseur, boîte à rythme, jusqu’au micro-ordinateur.

Aujourd’hui, tout les musiciens ou presque connaissent l’intérêt de telles associations. Elles multiplient par mille les possibilités créatrices du compositeur. Mais au-delà de l’aspect purement personnel, le MIDI a aussi permis aux musiciens de pouvoir échanger entre eux des idées, des créations. Grâce au Midi file, un petit fichier extrêmement léger (quelques kilooctets), il devenait très facile d’exporter sa musique pour qu'elle soit maniée et arrangée par d’autres mains expertes. Un marché fleurissant naîtra grâce au Midi file et produira l'éclosion du karaoké.

Une telle interface rend la musique plus facile, dans le sens où elle peut évoluer sans fin. Toutefois, l’utilisation du MIDI impose quelques règles que les premiers utilisateurs apprirent à goûter à leur dépens, notamment quand le maillage d’un matériel conséquent entraînait des retards sur l’émission des sons.


LE MIDI, QU’EST-CE QUE C’EST ?

C’est un circuit ou un module qui est spécialisé dans l’échange d’informations entre différentes sources. Le MIDI est chargé d’adapter les spécifications d’un appareil à un autre. Dans le cas du synthétiseur, l’interface est chargée de recevoir des messages ou de les transmettre. Un clavier peut faire office de récepteur et d’émetteur, cependant il existe des instruments qui ne peuvent que recevoir ou émettre des messages, dans ce cas ils ne comprendront que l’un ou l’autre de ces éléments. C'est le cas du clavier de commande (ou clavier maître) qui ne sert qu’à diriger et à piloter des expandeurs à distance, sans qu’il puisse produire la moindre sonorité.

Tout un tas d’informations peuvent transiter via les messages MIDI : notes, timbre, bender, vibrato, etc. sans oublier ce qui fait le bonheur du home-studiste : la possibilité de synchroniser tous les signaux à la même cadence.

Si avant le MIDI la part belle revenait aux « Clock in/out » et aux tensions CV et gate, avec l’arrivée de la nouvelle interface le matériel obéit à une même norme, regroupant un maximum de signaux utiles et compatibles. Pour le musicien, c’était la fin d’un bricolage hasardeux. Le MIDI a conduit l’analogique vers la sortie pour finalement donner du crédit au Digital.

MIDI et données numériques riment ensemble. Chaque information est constituée d’une suite de 0 et/ou de 1 appelés bits. C’est la base. L’interface MIDI sert à transmettre à une très grande vitesse - 31 250 informations élémentaires par secondes - dans un câble unique, des informations digitales contenues dans une suite de bits.


LES MESSAGES MIDI

Comme le MIDI doit être en mesure de transmettre différents types de signaux, l’appareil asservi doit toujours savoir à quoi correspondent les informations qu’il reçoit. Il est donc nécessaire de les coder. Le plus élémentaire des messages, émis d’un instrument vers un autre, sera donc constitué de plusieurs informations successives. Ces informations sont regroupées en Statut et Données Numériques ou Data, et donnent naissance à plusieurs sous-groupes.

Les messages de Statut servent à avertir l’instrument récepteur de la nature des informations qui lui arrive. Le message de Statut ne change pas tant que le travail à effectuer est de même nature.

Les informations Data véhiculent des données quantitatives. Par exemple : la hauteur d’une note, l’intensité ou le numéro de programme d’un son mis en mémoire. Les informations Data suivent le message de Statut indiquant leur nature ou le module auquel elles sont destinées.

Aux messages de Statut et des informations Data existent également d’autres données comme les messages « canal » et les messages « système ». L’interface MIDI devant permettre le contrôle de plusieurs instruments simultanément, il est important de pouvoir dispatcher les messages émis par l’appareil sur lequel on joue, d’où la naissance des canaux MIDI (qui seront au nombre de 16 à l'origine). Grâce à l’utilisation de différents canaux, il devient dès lors possible d’exploiter la multitimbralité, c’est-à-dire d’utiliser en même temps des sonorités différentes issues d’un même appareil via un séquenceur.


L’INTERFACE MIDI CÔTÉ TECHNIQUE

UN CABLE MIDI IN OUT DOTÉ D'UNE PRISE USB


LES CONNECTEURS

La liaison basique est toujours constituée d’un émetteur et d’un récepteur. Les signaux transitent à travers un câble audio classique (type DIN à cinq broches), comprenant deux conducteurs entourés d’un blindage pour assurer la mise à la terre (précaution supplémentaire qui fait double emploi lorsqu’il existe déjà une mise à la terre assurée par le conducteur vert-jaune des cordons d’alimentations).

Pour éviter des retards de signaux, on n'utilise jamais de câbles excédant les 15 mètres. Le connecteur DIN peut être remplacé par des prises XLR, plus robustes à l’emploi, mais à condition que le constructeur s’engage à fournir avec l’appareil les adaptateurs XLR/DIN.


L’ÉMETTEUR MIDI OUT

LES CLASSIQUES PRISES
MIDI IN OUT ET THRU

Il permet l’envoi de signaux électriques aptes à voyager dans un câble pour déclencher à l’autre extrémité la réception des données. L’émetteur n’est autre qu’un amplificateur qui délivre un courant continu ou nul, selon la donnée à transmettre. Ce courant, de quelques milliampères, effectue une boucle, c’est-à-dire un aller/retour en passant par le récepteur.


LE RECEPTEUR MIDI IN

Le récepteur comprend un photocoupleur (1) qui transforme en lumière le courant de la boucle et reconvertit ensuite cette lumière en signaux électrique avec un temps de montée de l’ordre de la microseconde, côté récepteur.

1 – A l’origine, des conventions ont obligé les constructeurs à utiliser pour leur récepteur un système optoélectronique qui assure entre les appareils maître et esclave une isolation électrique optimale.


LE RECEPTEUR MIDI THRU

La prise Thru a toute son utilité, malgré que son usage soit souvent mal compris. En plus du récepteur 'In' et de l’émetteur 'Out', certains instruments possèdent cette troisième prise. Le Thru permet le contrôle simultané de plusieurs appareils. Il assure une seconde copie du signal MIDI reçu par le récepteur. C’est un étage émetteur qui envoie vers un troisième appareil le signal que reçoit l’instrument asservi. Il est en mesure de contrôler plusieurs instruments à partir d’un seul.

SUITE : 2 - COMPRENDRE LE MIDI : TRANSMISSION ET PRISES


  par ELIAN JOUGLA