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DÉMOS SYNTHÉTISEURS, CARTES SONS...



L’ARP ODYSSEY PAR KORG, DESCRIPTION ET DÉMOS

Qui aurait cru qu’un jour le synthétiseur monophonique ARP Odyssey allait renaître de ses cendres en 2015 grâce à la marque Korg ? Personne ou presque. Non pas que le synthétiseur ne méritait pas de figurer au palmarès des claviers vintages, bien au contraire, car dans les années 70, celui-ci s’illustrait déjà au-côté de son rival, le célèbre Minimoog. Pour l’amateur de sonorités analogiques, faire entrevoir la possibilité de rejouer sur un ARP Odyssey semblable à l’original, mais avec la fiabilité de l’électronique d’aujourd’hui, est un argument suffisamment recevable pour que le salon du NAMM 2017 se soit empressé de présenter trois nouvelles versions encore plus fidèles...


KORG SIGNE LE RETOUR DE L’ARP ODYSSEY

En 2015, Korg avait pris l’initiative de reproduire l’ARP Odyssey ; une drôle d’idée, mais qui venait en réponse à une clientèle passionnée de claviers vintages. En 2017, une nouvelle version est produite en édition limitée, conforme en tout point au modèle original. Baptisé "ARP Odyssey FS" (pour Fool Size), le synthétiseur est assemblé aux États-Unis, à la main, pourrait-on dire, en respectant scrupuleusement le cahier des charges, c’est-à-dire en restituant sa synthèse initiale et sa manipulation (circuits analogiques, longs potentiomètres rectilignes, etc.).

Pour l'utilisateur d'aujourd'hui, c'est renouer contact avec l'âme sonore d’autrefois et sa chaleur incomparable. Le plus incroyable dans ce projet, c’est qu’il propose à la clientèle les trois générations d’ARP Odyssey qui se sont succédé 40 ans plus tôt. Ainsi, l’utilisateur aura le choix entre le premier modèle (Rev1) avec sa façade blanche, le Rev2 à la couleur noire, et enfin le Rev3, dernière mouture produite de 1978 à 1981, reconnaissable grâce à sa sérigraphie orange.

La présence de l'ARP au NAMM nous interroge : mais qu’à donc ce clavier de si passionnant pour qu’aujourd’hui nous assistions à sa résurrection ? Pour le comprendre, revenons aux origines…

Cliquer sur l'image pour voir les détails de l'ARP Odyssey


L’ARP ODYSSEY DES ANNÉES 70

Dans les années 70, ce synthétiseur-là, comme de nombreux autres, coûtait cher. Une brique ! (env. 1 million d’anciens francs). Aussi fallait-il faire beaucoup d’économies pour transformer son rêve quelque peu chimérique en une concrète réalité. Pourtant, à le contempler, avec ses 58 cm de largeur et ses 47 cm de profondeur, l’ARP Odyssey est bien moins impressionnant que l’ARP 2600, son frère aîné. De plus, ses innombrables commandes de tailles réduites n’engagent par de gros doigts fébriles à s’y poser, sauf à avoir un tact inné pour ce qui concerne la manipulation d'objet.

Par ailleurs, et contrairement au Minimoog, l’ARP Odyssey est un clavier moins intuitif que son concurrent, et il demande un certain temps d’adaptation pour être dompté. Seules ses possibilités sonores sont en mesure de prendre sa défense. Une description s'impose...


DESCRIPTION SOMMAIRE DE L’ARP ODYSSEY

Au-dessus du clavier de 3 octaves se dresse le panneau de commande légèrement incliné. Celui-ci est compartimenté par une sérigraphie composée de 6 tableaux rectangulaires distinctifs. Chacun d’eux correspond à une fonction particulière de l’appareil et représente dans leur succession de gauche à droite le parcours supposé du son à l’intérieur de l’appareil (principe de base commun à la plupart des synthés analogiques de l’époque).

Si nous nous amusons à compter les commandes, nous trouvons 19 interrupteurs à deux positions et 34 potentiomètres à glissière. Chaque couleur des curseurs (vert, rose, bleu…) est affectée à l’un des différents modules (oscillateurs, filtres, enveloppes, etc.) Cette exploration visuelle et tactile terminée, il reste à faire fonctionner le synthé et à extirper de ses entrailles des sons qui ressemblent à quelque chose.

Si vous êtes débrouillard, comptez au moins une vingtaine d’heures pour manipuler correctement l’Odyssey. N’oubliez pas que la richesse des sonorités comme l’originalité et la variété du résultat final dépendra avant tout de votre connaissance des effets produits par chaque commande, mais aussi, dans une moindre mesure, par votre dextérité manuelle à jouer des boutons.

L’ARP Odyssey possède des interconnexions assez puissantes pour offrir une grande palette de sons originaux même si, contrairement à l’AKS de chez E.M.S, il n’offre pas la même extravagance des envisageables. En effet, l’ARP Odyssey comme le Minimoog ne mettent à notre disposition qu’un certain nombre limité de connexions préparées à l’avance. Autrement dit, il suffit de pousser le curseur idoine pour rendre opératoire telle ou telle liaison préétablie, et si l’ARP Odyssey n’est pas un pur instrument de recherche, il peut néanmoins répondre à de nombreuses situations comme celles de produire de belles sonorités solistes ou quelques effets sonores assez inattendus.

Comme tout synthétiseur analogique, pour produire un son, l’ARP Odyssey associe trois dispositifs majeurs : la source de tension, les organes de traitement et de modification, et les dispositifs de contrôle.


LES SOURCES

Elles sont au nombre de trois : un générateur de bruit (noise) permutable en bruit blanc ou bruit rose, et deux oscillateurs (générateurs de tension audio) de caractéristiques globalement identiques (20 à 2 000Hz) avec la possibilité d’accorder finement les deux oscillateurs entre eux, voire en utilisant des intervalles musicaux précis comme la tierce ou la quinte (ce qui est fort utile pour obtenir des timbres puissants et harmoniquement accordés). Les deux oscillateurs délivrent des ondes en dent de scie, carrées et à impulsion (onde variable), seulement quand on modifie l’onde carrée grâce au moyen d’un curseur qui provoque alors la dissymétrie de l’onde ; ce qui se traduit par un sensible enrichissement des harmoniques.

LES TRAITEMENTS SONORES

Sur l’ARP Odyssey, ils sont peu nombreux. D’abord un modulateur en anneau précâblé, utile pour délivrer des sons complexes, souvent proche du bruit. Ensuite un filtre (contrôle de tension), organe de traitement essentiel qui constitue le centre de circulation de l’édition sonore. À ce stade, il est important de signaler que le signal issu des sources (modulateur en anneau compris) transite obligatoirement par le filtre, qu’il soit en usage ou non. Le filtre en question est de type passe-bas dont la fréquence de coupure est réglable par curseur ; un second curseur permet d’introduire plus ou moins de résonance à la fréquence de coupure. Ce dispositif est complété par un filtre de sortie de type passe-haut, qui, au-delà de 200 Hz, agira pour éliminer des sons indésirables de basse fréquence. Bien évidemment, ne comptez pas sur des traitements sonores internes (type réverb ou chorus), pour finaliser la sonorité. À l'époque, cela n'existait pas dans les synthés analogiques !

LES CONTRÔLEURS

La richesse et la variété du son final d’un synthétiseur dépendent beaucoup du nombre, de la variété et de la polyvalence des organes dévolus au contrôle par tension des signaux produits par les sources. L’ARP Odyssey procure un oscillateur basse fréquence (O.B.F.) qui délivre une onde sinusoïdale ou carrée couvrant une plage de fréquence comprise entre 0,2 et 20 Hz. L’O.B.F produit des variations de fréquences dont la périodicité se règle entre 5 secondes et 5 centièmes de seconde. Son rôle est de contrôler la fréquence des oscillateurs audio et la dissymétrie de leur onde-impulsion, mais aussi la fréquence du filtre-oscillateur.

L’effet recherché est de fournir au son produit un profil dynamique comparable à celui des sons d’origine instrumentale. Pour cela, les enveloppes (type ADSR), qui sont des générateurs de tension, contrôlent électivement l’ampli de sortie : 8 secondes maximum sont affectées au delay et au sustain et 10 secondes maximum au release. À noter la présence d’une seconde enveloppe (type AR) qui n’intervient que sur l’attaque et le relâchement de la note.

L’ARP Odyssey dispose enfin d’un organe de contrôle "Sample/Hold" qui a pour fonction d’effectuer sur les signaux des prélèvements périodiques. En règle générale, son usage permet d’obtenir un son répétitif et à la hauteur aléatoire. Quant au clavier, ultime dispositif de commande, son étendue de trois octaves, certes limité, peut néanmoins être élargie d’un seul coup de deux octaves vers les graves ou les aigus grâce à un sélecteur de transposition. À sa gauche, le pitch bend indispensable pour moduler le son est la seule commande rotative présente sur le synthé (NB : dans certains cas de programmation, le clavier peut se transformer en synthétiseur duophonique : la touche la plus basse alimente alors l’oscillateur I, tandis que la plus haute contrôle l’oscillateur II).


PRÉSENTATION DE L'ARP ODYSSEY 2015