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DOSSIERS DIVERS



L’AUTOPRODUCTION OU COMMENT S’AUTOPRODUIRE EFFICACEMENT



Aujourd’hui, il est de plus en plus difficile de voir aboutir son projet avec une maison de disques. Nombreux sont ceux qui tentent l’aventure Internet et qui trouve dans l’autoproduction une hypothétique solution répondant à leur ambition. Pour d’autres, l’autoproduction sera une solution visant à se démarquer et à affirmer une position indépendante.


L'AUTOPRODUCTION... UNE MISSION FACILE ?

Depuis l’arrivée du tout numérique, un musicien ou à un groupe, monnayant quelques apports financiers, est en mesure de concrétiser l’enregistrement d’un ou de plusieurs titres avec une qualité sonore acceptable en home-studio. Si la création et l'enregistrement est surtout une affaire d'oreille, une fois ce cap franchi, d’autres étapes plus délicates attendent l’autoproducteur : connaître l’aspect administratif et judiciaire, avoir l’autorisation de pressage, investir dans ce dernier, devenir un vendeur et un homme d'affaire avisé quand la promotion et la distribution s'impose.

L’autoproduction ne doit pas se concevoir comme une facilité. Vous devez oublier un instant que s’autoproduire rime toujours avec liberté d’action, car derrière la réalisation d’un disque se cache d’autres éléments indissociables qui demandent des connaissances et du savoir-faire. A ce stade, il est impératif de se poser clairement la question de l’engagement dans la voie de l’autoproduction.

Celle-ci peut bien sûr se résumer à la simple distribution de votre CD de la main à la main comme une ‘carte de visite’ pour effectuer, par exemple, des recherches de contrats au niveau régional ; mais si votre ambition est d’avoir une place médiatique plus affirmée, préparez-vous à subir des dépenses financières supplémentaires. Ceci, pour dire que la quantité d’exemplaires et les moyens mis en jeu pour satisfaire une distribution à plus grande échelle doivent être planifier par avance. Pour l’artiste, il est important de ne pas se retrouver avec des cartons de CD invendus. Une promotion et une distribution négligées feront envoler les rêves les plus téméraires. Un calcul prévisionnel s’impose toujours !


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Bien souvent, le musicien fonce la tête en avant dans le parcours créatif, dans l’enregistrement, dans la performance, en oubliant les aspects administratifs et juridiques. Habituellement prise en charge par la maison de disques, ces tâches incombent désormais à l’autoproducteur. Des lois et des règlements existent, que votre envergure soit locale ou nationale. Si vous faites partie des gens besogneux, attentif au moindre détail, et désireux de se mettre à l’abri de mauvaises surprises, l’immersion dans l’autoproduction sera un bon moyen pour connaître toutes les finesses de l’univers musical.

Aujourd’hui, la K7 n’étant plus de ce monde, les options CD et DVD sont faces à vous. Dans tous les cas, vous devez faire preuve de prudence et ne graver/copier que le strict nécessaire en fonction de la destination et du rôle joué par votre CD ou DVD. Une simple distribution locale, vous permettra d’évaluer au bout de quelques temps la réaction du public et des personnes concernées. Par la suite, il sera toujours temps de relancer le pressage et/ou les copies. Si vous faites appel à une entreprise spécialisée, le réapprovisionnement est rapide, parfois moins d’une semaine. Généralement, un minimum de pressage est demandé lors de la première commande, entre 500 et 1000 pièces.

Dans un premier temps, l’enregistrement de trois ou quatre titres suffit amplement. Le CD obtenu deviendra un excellent support promotionnel à différentes occasions : lors des concerts, pour une distribution auprès des médias (presse, radio, télé) et bien sûr pour les maisons de disques, au cas ou. La réalisation d’un CD 2 ou 4 titres reviendra moins onéreux que de se lancer dans l’aventure d’un album, et sera suffisant pour juger de l’impact sur le public et les professionnels. En contrepartie, il sera difficile de le proposer à la distribution. En effet, mis à part quelques artistes de notoriété, la distribution de ce genre de produit est très restreinte. Il est à noter que le disque vinyle peut devenir dans certains cas un produit à ne pas négliger, surtout si votre production s’oriente vers des courants musicaux comme la techno, la dance ou le rap. Le disque vinyle a encore bonne presse auprès des DJ.



LE CÔTÉ ADMINISTRATIF

Si votre désir d’autoproduction se limite à la « carte de visite » et à la distribution gratuite, il n’est pas nécessaire d’opter pour une structure commerciale ou associative. En revanche, si vous comptez vendre vos CD ou DVD, vous vous heurterez à des problèmes fiscaux et juridiques, dont ceux de la TVA et des impôts.

Pour resoudre ce genre de difficultés, vous avez le choix entre trois solutions : la structure associative, la structure commerciale ou aucune structure. Le sujet est vaste, contrasté, avec des côtés positifs et négatifs pour chaque solution. Dans la plupart des cas, pensez que votre CD ou DVD est une marchandise et que, si vous vous occupez de tout, vous serez amené à tenir le rôle de plusieurs personnages en même temps : un vendeur, un investisseur et un chef d’entreprise, avec les connaissances que cela suppose. Mais ne vous inquiétez pas, il existe des associations, des organismes (la Chambre de Commerce et d’Industrie, le Centre des Impôts...) qui sont prêts à vous aider, voire à vous remettre les pendules à l’heure, si cela s'avère nécessaire !

N’oubliez pas également qu’il existe des ouvrages dédiés à l’autoproduction, comme celui de Ludovic Gombert et Aymeric Pichevin, intitulé Autoproduire son disque (prix env. 20 €), où vous trouverez les informations relatives au cadre légal et juridique (structures), à la réalisation de films pour les livrets, à l’édition, au budget, à la protection des œuvres, à la promotion et distribution, etc. Le livre Musicien, producteur, je monte mon label, peut également vous apporter quelques réflexions supplémentaires sous un angle différent, puisque l’ouvrage aborde également les problèmes liés au spectacle.

Si vous désirez monter une structure associative, qui demeure le choix le plus répandu parmi l’autoproduction, celle-ci aura l’avantage de vous familiariser avec la gestion d’une entreprise, sans avoir à subir de lourds impératifs inhérents à la structure commerciale d’une SARL (la possibilité de la micro-entreprise peut être envisagée).


L'IMPORTANCE DU BUDGET PRÉVISIONNEL

Définir le budget est essentiel. Celui-ci doit comporter aussi bien les éventuelles recettes que les dépenses. Il est possible d’obtenir des aides à la création en provenance de quelques organismes : ADAMI (Société Civile pour l’Administration des Droits des Artistes et Musiciens Interprètes), le FCM (Fonds pour la Création Musicale), ainsi que les collectivités territoriales, comme les Conseils Généraux et Régionaux.

Dans ce budget devront figurer toutes les dépenses propres à l’enregistrement et à la réalisation du CD ou DVD, les frais annexes (par exemple les salaires des musiciens, ingénieurs, infographistes, etc.) et les droits de reproduction mécanique. Toutes ces dépenses sont contrebalancées par les recettes : la vente des disques, les subventions obtenues, etc. Une comptabilité rigoureuse doit être impérativement tenue. Il faudra conserver tout justificatif de paiement et de vente.

Quelques autres organismes qui vous seront utiles :

  • SNAC (Syndicat National des Auteurs et des Compositeurs).
  • SPEDIDAM (Société de Perception et de Distribution des Droits des Artistes Interprètes de la Musique et de la Danse).

L’AUTORISATION DE PRESSAGE

Avant de partir à la recherche d’une société prenant en charge le pressage ou les copies, il est obligatoire d’établir une demande d’autorisation auprès de la SDRM (Société pour l’Administration du Droit de Reproduction Mécanique) et ce, quelque soit le support phonographique utilisé : CD, k7, CD-ROM, vinyle… Vous devrez obtenir un formulaire, le compléter et le retourner.

Cette société, fondé en 1935, gère le droit de reproduction des œuvres présentes au catalogue de la SACEM (Société des Auteurs, Compositeurs et Editeurs de Musique), de la SACD (Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques) et de la SCAM (Société Civile des Auteurs Multimédia). La SDRM vérifiera si les œuvres appartiennent ou non au répertoire protégé par ses sociétés, et vous renverra un des feuillets de la déclaration.

Deux hypothèses sont alors envisageables. Soit, les œuvres ne sont pas à leur catalogue et vous n’aurez rien à payer. Soit, une ou plusieurs y figurent, et dans ce cas vous devrez vous acquitter d’une redevance calculée à partir de plusieurs critères : nombre d’exemplaires pressés, prix de vente HT, etc. Aucune société de pressage n’acceptera de travailler sans cette demande d’autorisation validée.

Une fois la bande master réalisée par le studio de mastering (*), il ne reste plus qu’à trouver une société de pressage en vous aidant, par exemple, de l’Officiel de la musique, qui est mis à jour chaque année. Il est vivement conseillé de demander un devis aux différentes sociétés présentes pour évaluer les tarifs et les conditions d’exercice.

(*) Le mastering consiste à traiter numériquement votre enregistrement, avec la possibilité de compresser et d’égaliser les quelques imperfections qui subsistent quand le support est sur bande magnétique. S’il s’agit d’un CD, d’un CD-R ou d’un DAT, l’opération n’a pas lieu d’être. Les titres doivent être présentés dans l’ordre souhaité avec un ‘blanc sonore’ de séparation. Le mastering est un passage obligatoire avant de passer à l'étape suivante : le pressage.


RÉALISER LE PRESSAGE

A partir du support réalisé lors de l’opération du mastering, la société de pressage va fabriquer un Glass Master, sorte de moule servant à la fabrication en série du CD. Cette étape est obligatoire. Généralement, le minimum de commande est de 500 exemplaires. Le prix de chaque unité diminue si la commande est plus importante. En plus du CD, chaque unité comprend le boîtier, la jaquette, le livret et le film protecteur en cellophane.

Lorsque votre produit sera livré, vous devrez en faire un dépôt légal à la Phonothèque Nationale. Pour cela, il suffit de remplir un formulaire et de le renvoyer, accompagné de deux exemplaires de votre produit. En retour, vous recevrez un numéro de dépôt sous lequel votre support sera enregistré.



FAIRE LA PROMOTION

Faire la promotion, c’est agir avec un esprit de marketing. Il faut se transformer en vendeur. Dans la mesure du possible, pour éviter un trop grand nombre de contraintes, il est préférable qu’une personne en dehors de vous (ou du groupe ) s’y consacre totalement. L’investissement en temps est souvent important et demande une bonne organisation pour que les démarches soient efficaces. Cela peut être une personne qui se passionne pour votre projet et qui connaît bien ses tenants et les aboutissants. Bref, une personne apte à s’investir sans compter.

La présentation du produit doit être claire, explicite et courte. Elle doit développer ses arguments autour de trois axes : l’artiste (ou le groupe), les photos (ou press-book), et le produit. Ces trois points doivent revenir fréquemment sur tout le matériel professionnel que vous communiquerait : carte de visite, en-tête de lettre, dossier de presse… Cela agira comme des repères, des traces mémorisables de votre passage.

L’établissement d’un dossier de presse (press-book) est vivement conseillé. Il devra regrouper les points importants de l’activité passée et présente de l’artiste (ou du groupe). Cela peut être des références, des dates de concerts, une discographie, des photos. Une mise à jour régulière du press-book est nécessaire, sans oublier de faire figurer au bas (ou en haut) de chaque page, votre nom (ou celui du groupe) avec le téléphone suivi de vos adresses : postale et courriel. La présence d’un site à votre nom ou à celui du groupe est un plus. Il ne faut surtout pas le négliger à une époque où le courrier classique et le press-book deviennent des outsiders.

Toutes ces démarches sont nécessaires si le but est de déboucher sur une distribution pour vendre vos œuvres. Si vous choisissez la vente par correspondance, des frais postaux importants peuvent survenir. La solution économique sera celle de s’adresser à une société de routage. Elle a pour but de centraliser les envois en provenance de diverses entreprises pour obtenir des tarifs d’affranchissement bien en dessous de ceux proposés par la poste. Il faut bien sûr que les envois soient en nombre pour devenir rentable. Si vous ne faites pas appel à une société de routage, vous pouvez envoyer votre CD en faisant figurer lisiblement le mot ‘lettre’ sur l’enveloppe ; l’envoi du colis sera moins onéreux.


TROUVER UN DISTRIBUTEUR

Il vous faudra créer une liste de distributeur émanant d’ouvrages spécialisés (Officiel de la musique, par exemple), les contacter, pour savoir si votre produit peut les intéresser, et ensuite leur adresser un exemplaire, accompagné du dossier de presse. Au bout de quelques temps, vous devrez les relancer pour connaître leur avis. Les propositions n’étant pas rares, une réponse peut être longue à venir ! Il ne faut alors pas renoncer, et faire preuve de persévérance ; l’important dans le produit à distribuer est sa présentation qui doit être professionnelle. A ce niveau, le doute ne doit pas s’installer. C’est primordial.


LES AUTRES OPTIONS


VENDRE EN UTILISANT LA CORRESPONDANCE

Elle repose sur les fichiers d’adresses. A l’heure d’Internet et du rôle de plus en plus important joué par les réseaux communautaires, il est possible de dresser une liste de contact toute personnelle avec un peu de bon sens et de perspicacité. Vous pouvez également utiliser la fin des concerts (ou de toute autre prestation scénique) pour demander aux spectateurs qui viennent à votre rencontre un petit geste, celui de laisser leur nom et adresse sur votre carnet de correspondance ou sur votre ordinateur portable. Petit à petit, les contacts qui vous établirez construiront une liste d’adresse plus solide et moins hasardeuse. Les amis ’Facebook’ et autres réseaux ne reposent pas, dans la grande majorité, sur du sérieux, mais sur des intentions dictées par des coups de cœur éphémères.

UTILISER LE DÉPÔT VENTE

Vous devenez le distributeur et vous viserez une exploitation régionale pour être en mesure d’effectuer un suivi rapide de votre stock et, le cas échéant, assurer une livraison diligente. Ne comptez pas sur les grandes surfaces, et orientez-vous vers les disquaires indépendants et éventuellement vers des spécialistes comme la Fnac ou Virgin. Cependant, au rythme où vont les événements causés par un marché du disque en perte de vitesse, en raison d’un piratage incontrôlable et autres broutilles du même genre, le dépôt vente sera très limité.

Quand vous obtiendrez un accord de dépôt vente, il faudra établir un bon de dépôt en double exemplaire. Il devra indiquer le nombre d’exemplaires, son prix de vente à l’unité, et le mode de paiement du fournisseur. Ensuite, lorsque votre distributeur vous fera parvenir votre bilan des ventes mensuel, vous lui enverrez en retour une facture correspondant aux nombres d’exemplaires vendus en fonction du chiffre indiqué sur le bilan.

Source : cet article a été réalisé grâce aux aimables informations produites par Christian Salès, Michel Geiss et Alex Furlong.

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