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Portail sur la musique et les claviers modernes : piano, synthétiseur et orgue.

LES QUESTIONS DU CANDIDE



CHOISIR ET ACHETER UNE PARTITION DE MUSIQUE SANS SE TROMPER

Pour un pianiste qui manque de pratique dans le déchiffrage de partition, il n’est jamais aisé d’appréhender sa difficulté au moindre coup d’œil, c’est-à-dire sans avoir posé ses doigts sur le clavier. On peut très bien imaginer qu’avant toute acquisition, il est préférable de déceler les pièges subtils qu’elle renferme. C’est une question de bon sens. Encore faut-il savoir survoler les quelques « règles » d’écritures et les conventions éditoriales qui les façonnent. Le but de cette page est de vous apporter un peu plus de clarté sur les différents types de partition proposés dans le commerce avec leurs avantages et inconvénients.


LA RÉDUCTION POUR PIANO

L’activité fleurissante des forums consacrés aux partitions dévoile au grand jour le développement d’un commerce parallèle, mais révèle également la difficulté pour se procurer telle ou telle partition. Déjà, l’achat d’un song book pour obtenir simplement le score d'une seule chanson est déjà un frein en soi. Ceci n’est pas nouveau.


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D’autre part, les pianistes qui ont en leur possession des partitions qu’ils n’ont jamais jouées sont légions. La faute à qui ? La faute à personne… enfin presque ! La plupart du temps, suite à l'écoute d'une chanson, d'une musique de film ou d'une mélodie classique qui séduit, le pianiste désire ardemment se confronter avec la partition. Hélas, si la difficulté technique a été mal évaluée, après quelques tentatives malheureuses, il existe de fortes probabilités pour que la partition aille rejoindre au fond d’un tiroir les autres « mélodies perdues ».

Que s’est-il passé pour en arriver là ?

Evitez avant tout l'achat compulsif, celui qui conduit à la désillusion. Une observation préliminaire de la partition vous évitera bien des désagréments ; la première règle étant de ne pas se fier à ce que l’on entend sur le disque.

Vous devez savoir – hormis les partitions de musique classique - qu’il n’existe pas de règles strictes dans l’écriture des partitions vendues dans le commerce. La réduction pour piano est le plus souvent un reflet approximatif de l’enregistrement. Les chansons, la musique jazz ou le rock n’y échappent pas. De plus, il est courant de trouver différentes versions d’une même œuvre, surtout quand elles sont populaires. Suivant le cas, les transcriptions proviennent soit des dépôts SACEM - ou d'autres organismes liés au droit d’auteur – soit à des adaptations plus ou moins fantaisistes dont la source émane généralement des maisons d’éditions.

Dans le domaine de la réduction pour piano, il existe des obstacles à surmonter. Sauf à posséder la totalité de l’orchestration (piano, guitare, basse, violons, etc.), la réduction orchestrale est un savant équilibre, généralement un mixe des points forts de l’arrangement. Une ligne de basse, un riff et quelques contre-chants importants seront là pour enrober au plus près de l'original la rythmique de base, la mélodie et les principales harmonies.

Suite à ces quelques lignes, vous comprendrez aisément que cet exercice de voltige ne convient pas à toutes les musiques. Retrouvez l’atmosphère musicale de la « French Touch » au piano relève de l’impossible. Ce n’est pas tant la réduction pianistique qui pose problème (quoique !), mais plutôt le son qui participe activement à la construction de cette musique, à son élaboration comme à sa séduction. Sauf à tout vouloir accepter, le piano a tout de même des limites ! Ce genre d’incompatibilité se présente généralement quand le piano est absent de l’enregistrement. De fait, la personne chargée de la réduction est obligée d’adapter l’œuvre en conséquence.

Toutefois, il existe des partitions qui, au piano, flatteront très bien les oreilles du musicien. Notamment celles écrites par des pianistes qui, la plupart du temps, axeront un grand nombre de leurs œuvres en composant sur cet instrument. Elton John ou Véronique Sanson, pour ne citer qu’eux, seront plus à même de délivrer des réponses satisfaisantes pour un pianiste qui souhaite retrouver l’esprit sonore du disque.


PARTITION CONDUCTRICE OU PAS ?

Dans le commerce, il existe deux types de partitions. La partition dite d’accompagnement et la partition conductrice.

Quelle est la différence entre ces deux types de présentation ?


LA PARTITION D’ACCOMPAGNEMENT

Elle n’insère pas la partie mélodique. La partition se compose de trois portées : deux pour le piano et une troisième consacrée à la mélodie.

Avec ce type de partition, vous devenez pianiste accompagnateur et vous devrez chanter la mélodie ou la faire interpréter par quelqu’un d’autre.

Examinons une partition construite sur ce modèle. L’exemple ci-dessous est extrait du titre Money des Pink Floyd.

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Qu’observons-nous ?

On retrouve dans la partie piano la transcription exacte de la ligne de basse qui tourne sur 7 temps (m.g) et les accords rythmiques joués au Fender Rhodes (m.dr). Le chant écrit en clé de sol surmonte classiquement les deux portées du piano.

Les points forts de ce tube planétaire sont respectés dans ses grandes lignes, et si on n’a pas le son des Pink Floyd, on aura avec un peu d’imagination l’illusion de s’immerger dans leur univers. C’est déjà ça !

Allons plus loin…

Envisageons à présent qu’au lieu de chanter la mélodie, nous décidions d’incorporer la mélodie à la partie piano…

Patatras ! Ce qui était abordable techniquement pour un pianiste débutant devient un tour de force d’indépendance rythmique même pour un pianiste confirmé. La superposition de la ligne de basse et de la mélodie est difficile à jouer. Il n’est même pas question de corser cela en rajoutant les deux accords qui charpentent la partition. Or, à l’écoute du disque, tout coule naturellement et ne donne pas l’impression d’être très difficile. Ce qui reste également vrai pour la partition tant que l’on ne joue pas à l’apprenti sorcier !


LA PARTITION CONDUCTRICE

Elle insère dans la partie piano la mélodie.

Dans ce genre de partition, le pianiste y trouve son compte car il aura en quelque sorte la synthèse de l’enregistrement sonore sous ses doigts. Bien évidemment, l’adaptation ne se fait pas sans quelques arrangements. L'enjeu est de taille car la transcription doit respecter la mélodie tout en y associant les principaux ressorts rythmiques et harmoniques de l’œuvre.

Prenons l'exemple suivant extrait de la partition Bad de Michael Jackson…

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Qu’observons-nous ?

La partie piano démarre par le riff reproduisant le jeu syncopé des synthétiseurs à l’identique du disque. Les accords sont joués à l’unisson avec les deux mains pour avoir un maximum de puissance et d’impact sonore. Juste après, la célèbre ligne de basse démarre.

Tiens donc ! Mais ne sommes-nous pas en présence de trois portés comme pour la partition d’accompagnement de Money des Pink Floyd ? Oui, bien sûr ! Mais observez attentivement la partition, quand démarre le chant… La mélodie ne se retrouve-t-elle pas retranscrit à l’identique sur la partie piano ? Certes, pour une question d’homogénéité sonore, celle-ci est écrite une octave en dessous, mais ce sont bien les mêmes notes et le même rythme qui sont utilisés. Le choix des trois portés ne s’imposait donc pas, sauf à vouloir chanter du Michael Jackson.

Allons plus loin…

Envisageons à présent qu’au lieu d’interpréter la mélodie au piano, nous souhaitions qu’elle soit uniquement chantée. Dans ce contexte, le pianiste se transforme alors en accompagnateur. Toutefois, ce désir soulève le problème de la mélodie présente dans la partie piano qui devient dès lors inutile, et sauf à posséder les compétences requises en harmonie et en écriture, la partition livrée telle quelle vous conduit directement dans une impasse.


RÉSUMONS…

A travers ces deux exemples révélateurs, il est donc important de bien choisir la destination de la partition : accompagnatrice ou soliste.

La partition piano d’accompagnement :

  • Le + : Son écriture préserve davantage la source originale. La transcription est moins contraignante.
  • Le - : Son exécution doit faire appel à un chanteur ou à un autre musicien pour interpréter la mélodie.

La partition piano conductrice :

  • Le + : Elle intègre la mélodie au piano.
  • Le - : La partition s’accommode de quelques « arrangements » pour insérer la mélodie aux rythmes et aux harmonies.

DES NOTES ET DES NOTES…

Généralement, une partition chargée de notes a tendance à effrayer le pianiste débutant. Cette crainte bien compréhensible est à relativiser, car dans les faits il arrive bien souvent qu’une partition plus « aérée » soit aussi difficile à interpréter, si ce n'est plus. Prenons deux extraits de partition classique aux difficultés voisines, mais dont l’approche technique est différente…

Mozart (extrait de l’Andante de la première sonate)

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Qu’observons-nous ?

Beaucoup de notes, peu de silences, mais un rythme régulier sur un tempo lent et doté d’un accompagnement assez répétitif et serré. La mélodie à la main droite possède un jeu de notes plutôt conjoint ce qui facilite l’exécution. En fait, la seule vraie difficulté provient des altérations accidentelles.


Bach (extrait du Second prélude en Do)

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Qu’observons-nous ?

Une écriture plus aérée, mais qui ne possède pas la même régularité de jeu ni sur la main droite ni sur la main gauche. Le tempo est également assez vif, et Bach incorpore de temps en temps de l'écriture verticale (accord), absente chez Mozart.


RÉSUMONS

Si vous êtes débutant, il vaut faut être attentif…

  • au tempo. Un tempo vif exige des doigts agiles.
  • aux variations rythmiques (surtout dans l’accompagnement main gauche)
  • aux écarts (déplacement des mains).
  • à la présence d’altérations accidentelles.
  • à la présence plus ou moins abondante d'écriture verticale (présence d'accords - généralement plus difficile à déchiffrer)

Si vous vous destinez à déchiffrer des partitions avec accords, vous trouverez quelques conseils sur cette page : Evaluer une partition écrite avec des accords.


  par ELIAN JOUGLA

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