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Portail sur la musique et les claviers modernes : piano, synthétiseur et orgue.

MATÉRIEL DE MUSIQUE



ACHETER UN ÉCHANTILLONNEUR (OU SAMPLEUR)

L'ÉCHANTILLONNEUR DU CANDIDE

"Un échantillonneur est un appareil qui permet d'enregistrer des sons pour ensuite les restituer généralement au moyen d'un clavier ; chaque son pouvant être édité pour de futures créations sonores"… ou dit autrement : "un échantillonneur est un magnétophone capable de numériser des sons et de s'en servir pour en créer d'autres."


Voilà définie en quelques mots la machine diabolique qui a modifié le paysage musical de ces 25 dernières années. L'échantillonneur n'est donc pas seulement un lecteur capable d'enregistrer et de lire des échantillons sonores, mais également un outil puissant capable d'ouvrir des horizons nouveaux dans le domaine de la création sonore.


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Sans en avoir l'apparence, l'échantillonneur a tout de l'ordinateur. Il est composé d'un mémoire vive (RAM) qui va servir à stocker les échantillons, et d'une mémoire morte (ROM) qui contient le système d'exploitation (Operating System). Autre élément important de l'échantillonneur, le convertisseur analogique/numérique. De sa qualité de conversion dépend en partie le résultat sonore que l'on obtient. Il a pour but de transformer un signal analogique en données numériques et inversement. Entre en jeu également le microprocesseur qui sert à traiter l'échantillon.

Chaque sampleur (autre nom donné à l'échantillonneur) est doté d'une partie édition dont l'intérêt est primordial, puisque c'est cette partie qui va vous permettre de transformer le chant de votre coq bien-aimé en un chant de canard d'opéra, ou presque ! Hélas, le commerce a ses lois… la puissance d'édition, en d'autres mots, les possibilités offertes par l'échantillonneur sont très souvent proportionnelles à son prix.


MÉMOIRE ET FRÉQUENCE D'ÉCHANTILLONNAGE

Comme déjà évoqué auparavant, le travail d'enregistrement et d'édition est sous le contrôle des possibilités de la mémoire vive, la RAM. La règle est simple : de sa capacité dépend la durée d'enregistrement dont vous disposez. Aussi simple ? Pas si simple ! Car la fréquence d'échantillonnage met également son grain de sel dans l'engrenage.

Fréquence d'échantillonnage ? Oui... Plus elle est élevée (32, 44,1, 48 kHz), plus elle est gourmande en mémoire. En dessous de 32 kHz, la qualité sonore s'en ressent. Le souffle peut apparaître et la courbe de fréquence devient plus réduite. Rapidement, à l'usage, une mémoire vive de plusieurs dizaines de mégas devient vite indispensable, surtout lorsqu'il s'agit d'échantillonner avec qualité un instrument tel qu'un piano.

Plusieurs points d'échantillonnage sont souvent nécessaires pour enregistrer des instruments quand la tessiture est importante. L'idéal est bien sûr de créer un échantillon par note… mais attention, à ce rythme-là, la capacité de stockage de la mémoire vive fondra très rapidement !


PARTIR À L'AVENTURE SONORE AVEC L'ÉDITION

JE BOUCLE, IL BOUCLE…

La partie 'édition' va servir de relais entre l'échantillon brut (celui de l'enregistrement) et l'échantillon édité (celui modifié en sortie). L'échantillon est un son généralement assez court. Si les capacités mémoires de votre échantillonneur sont limitées, il va falloir 'jongler' avec la durée de chaque sample (autre nom donné à l'échantillon), sinon au bout de quelques sons enregistrés, votre échantillonneur vous dira : J'ai la mémoir' qui flanche, j'me souviens plus très bien…

Alors comment faire ?... C'est là qu'intervient votre paire de ciseaux virtuel.

Prenons par exemple le son de tuyau d'un orgue. Entre le début (l'attaque du son - Attack) et la fin du morceau (la chute du son - Release), il y a tout ce qui se trouve au milieu (oublions le Decay, pour nous concentrer sur ce que l'on nomme le Sustain). C'est durant cette période (plus ou moins longue) que l'oscillation et l'amplitude du son sont généralement d'une relative stabilité. C'est dans cette partie médiane que l'on va couper l'échantillon pour écourter sa durée et ainsi gagner du 'temps mémoire'. Comprenez-vous ?

Cette opération technique, parfois ardue, consiste à fabriquer une boucle sonore très courte et qui se reproduira sur elle-même tant que vous laisserez votre doigt appuyé sur la touche. Grâce à ce qui est appelé le 'point de bouclage', votre échantillon sonore ressemblera à l'original ou presque.

Le menu d'édition vous assiste généralement pour fabriquer ce point de bouclage délicat. Quand celui-ci est optimisé, théoriquement, il ne doit pas s'entendre. Dans le cas contraire, en laissant votre doigt appuyé sur la touche du clavier, vous entendrez l'accroche du début de la boucle revenir sans cesse (on peut entendre ce genre de défaut sur les premiers pianos numériques échantillonnés en laissant 'mourir' les notes).

Evidemment, si réaliser une boucle offre un réel intérêt pour économiser de la mémoire, son application n'est aisée que sur des sons dont la tenue en puissance est constante pendant un court instant, car, dès que le son 'meurt' progressivement, comme sur un piano, réaliser une boucle propre devient plus difficile (mais pas impossible, sinon le sample n'aurait certainement pas eu un tel succès !). Il va sans dire que la voix parlée ou le chant d'oiseaux ne pourront être bouclés, sauf à vouloir créer des effets comiques, en inversant le déroulement du sample, par exemple.


IL FAUT STOCKER

Une fois l'échantillon finalisé, il faut le stocker. Si hier, une disquette 3,5 pouces suffisait, aujourd'hui comparativement aux qualités et aux possibilités techniques offertes par les échantillonneurs modernes, le stockage des samples impose l'utilisation d'un disque dur (bien plus fiable et plus confortable en matière d'utilisation que la disquette).


LA MAGIE SCSI

L'interface SCSI est très pratique. Elle autorise l'accès aux disques durs externes, mais également aux lecteurs de CD-ROM et à travers eux, à leur imposante bibliothèque sonore ! (certains échantillonneurs sont équipés de lecteur intégré ce qui peut se révéler pratique à l'usage).

Etant donné qu'un CD-ROM contient déjà en moyenne 650 Mo (sans parler des DVD encore plus imposant dans leur capacité à stocker), 2 ou 3 de ces galettes sonores peuvent vous permettre de composer un orchestre au grand complet. Les samples vendus dans le commerce en CD-ROM sont généralement d'excellente qualité. Réalisés par des professionnels, ils offrent parfois des points de bouclages en prime. Il suffit alors de suivre les recommandations et vous obtenez alors une boucle parfaite, sans aucun défaut. Le gain de temps apporté est alors considérable, surtout quand la reproduction sonore d'un instrument nécessite de recommencer plusieurs fois la même opération à différentes hauteurs de la tessiture.


L'ÉCHANTILLONNEUR MODERNE

Un échantillonneur moderne se doit d'être multitimbral. Il doit être dans la capacité de lire plusieurs échantillons simultanément en utilisant des canaux différents. De plus, il doit disposer de filtres et d'enveloppes (type ADSR ou plus évoluée) comme sur les synthétiseurs, sans oublier le time stretching qui permet l'expansion/compression temporelle. Plus simplement, le 'time stretching' permet de modifier la durée des échantillons sans modifier la hauteur de l'original. Les DJ en sont très friands !


LES SORTIES

Sans les entrées/sorties analogiques, le sampleur ne serait plus un sampleur, donc elles sont indispensables ! Tout aussi utile est l'interface numérique SP-DIF. Elle permet d'enregistrer le signal en ligne directe entre deux appareils numériques équipés de l'interface. C'est le cas de la majorité de lecteurs de CD et des DAT professionnels. Parfois les synthétiseurs sont de la partie en offrant ce genre d'interface. L'intérêt du format S/PDIF est de se passer du convertisseur analogique/numérique pour enregistrer directement les données. Ainsi, pas de pertes : la copie reste conforme à l'original.


COMPATIBILITE

Aujourd'hui, de nombreux échantillonneurs de marque différente sont compatibles entre eux. Cette disponibilité "commerciale", qui était impossible quand les premiers sampleurs sont apparus, autorise la lecture d'un plus grand nombre d'échantillons sonores en provenance des grandes marques (Akaï, Roland, etc.).

L'ordinateur peut également être d'une aide précieuse… Des logiciels, tels Avalon ou Pro Tools, permettent la conversion d'échantillons de façon simple et rapide, alors que ceux dédiés à l'édition se révèlent souvent plus pratique dans leur utilisation que la version incorporée au sampleur.

En dehors de ses formes conventionnelles, comme le clavier ou l'expandeur, l'échantillonneur peut se transformer en une carte informatique insérable dans un ordinateur. Sous cette forme, l'échantillonneur prend alors parfois des allures de direct-to-disk (le direct-to-disk étant comme un gros magnétophone capable de lire et de traiter des échantillons numériques de plusieurs minutes sur plusieurs pistes.)


UN ÉCHANTILLONNEUR POURQUOI FAIRE ?

Si votre seul désir est de reproduire le piano Steinway de votre voisin (quel veinard !) ou le son de la Takamine de votre collègue guitariste, pas la peine d'investir dans un sampleur. Il existe des lecteurs d'échantillons (appelé communément 'boîte à sons') qui offriront des résultats sonores satisfaisants. Ces lecteurs ne se contentent pas uniquement de lire les sons échantillonnés, ils peuvent les éditer et les sauvegarder également. Le choix est vaste, car toutes les grandes marques investissent dans ce genre de matériel grand public. Maintenant, si vous insistez pour prendre en main votre destinée en échantillonnant vous-même, vous trouverez peut-être satisfaction auprès des collections de CD-ROM. Il en existe une quantité incroyable... au point de s'y perdre : Spectrasonics, Soundscan, Advanced Orchestra, etc. Mieux vaut alors être bien conseillé avant achat.

N'oubliez pas que si l'enregistrement d'un sample est relativement simple, construire un échantillonnage à plusieurs points, et de qualité, se révèle beaucoup plus difficile. La reproduction crédible d'un instrument repose sur un nombre important de paramètres : équilibre sonore dans l'ensemble de la tessiture, dynamique proportionnelle en fonction de la hauteur des notes et de l'instrument choisi, timbre qui se doit d'être homogène, etc.

Si cela ne vous effraie pas, alors, laissez-vous tenter par l'aventure sonore avec un grand A. Avec un sampleur de qualité, seule votre imagination risque de faire défaut ! Aujourd'hui les possibilités techniques des échantillonneurs permettent toutes les audaces. Si vous le souhaitez, votre production musicale peut ne ressembler à aucune autre (c'est un paramètre non négligeable), car en matière d'échantillonnage, la personnalité de l'utilisateur est aussi importante, sinon plus, que l'appareil avec lequel il fait 'joujou'.

Dans ce but, vous devez alors vous constituer une banque de sons originale. Cela peut prendre beaucoup de temps, mais étant donné qu'aujourd'hui la diversité et l'originalité des sons rentrent en ligne de compte dans l'appréciation des compositions, le sacrifice 'temps' ne sera pas vain !

Dernier conseil, faites attention aux droits d'auteur ! Le sample n'y échappe pas. Dans un monde informatique qui a bouleversé la donne, le temps des procès, allant du cri de James Brown à la phrase musicale samplée des héros de la soul music, existe toujours... surtout si votre nom n'est plus l'anonyme 'M. Dupond' mais 'M. Sample', bien connu de tous. Même quand l'actualité fait œuvre de silence, ce n'est pas que la loi ne fasse plus sa loi. Quand les majors et leurs cohortes d'avocats attitrés prennent le taureau par les cornes ce n'est pas dans le but de ne rien obtenir. Ce n'est certainement pas par philanthropie qu'ils agissent. Si le musicien qui sample dans un cadre familial n'a rien à redouter, celui qui s'expose médiatiquement sur Internet ou ailleurs au mépris des droits se sentira bien fragile quand la sanction lui tombera dessus !

CONSULTER : LE SAMPLE OU L'ART DE L'ECHANTILLONNAGE