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LA MUSIQUE TONALE ET SON ÉVOLUTION


LE COURRIER DES INTERNAUTES



Vincent - Paris

J’aurai aimé savoir ce que représente le système tonal et sous quelle forme le rencontre-t-on ? Merci.


Piano Web

Le système tonal est un langage utilisé aussi bien par les compositeurs que par les interprètes. En Occident, c’est ce langage musical qui nous est le plus familier. Par exemple, tonal = tonalité majeure ou tonalité mineure. Celui-ci est basé sur une hiérarchie de ton et de demi-ton. Cependant, au cours des siècles passés, ces « escaliers sonores » ne sont pas restés intangibles, mais au contraire ont évolué.



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ÉVOLUTION DU SYSTÈME TONAL

Globalement, vous devez retenir qu’à partir de la fin du 19e siècle, les « compositeurs classiques » ont été tentés par une plus grande liberté d’expression. Ils voulaient rompre avec le système tonal en proposant à la place des tensions sonores permanentes très marquées. C’est Wagner qui sera le premier à ouvrir les hostilités.

Au fil du temps, les auditeurs vont devoir oublier les sonorités des valses de Strauss en étant confrontés à une succession de révolutions sonores toujours plus dérangeantes. Il deviendra de plus en plus difficile de percevoir la séparation entre consonance et dissonance, repos et tension. Les jeunes compositeurs voulaient faire mourir le système tonal, celui hérité de Mozart ou de Beethoven.

Au début du 20e siècle, tout s’accélère. Le compositeur Schönberg est l’un des premiers à introduire le mot dodécaphonique dans le langage musical. Le système tonal est alors si complexe que les rapports de hiérarchie entre les notes deviennent pratiquement indéchiffrables. Ensuite naîtra la musique sérielle, encore plus contraignante pour les compositeurs qui l’utiliseront. Pour vous faire une idée, écoutez ci-dessous O King de Luciano Berio.


O KING - LUCIANO BERIO (1967)


Aujourd’hui encore, des musiciens chercheurs continuent de remettre en question les sacro-saintes bases de la musique tonale. À côté du sérialisme initié par Schönberg, Berg et Webern (qui ont projeté au-devant de la scène des compositeurs comme Stockhausen ou Boulez), d’autres esthétiques sonores ont vu le jour. C’est le cas de la musique répétitive de Steve Reich, de la musique spectrale de Gérard Grisay ou de la musique microtonale aléatoire. Au cours du 20e siècle tout a été bon pour sortir du cadre tonal, quitte à provoquer, mais quitte aussi à rentrer dans les rangs ensuite.

Pour l’instant, ces différentes formes d’expressions musicales n’ont jamais permis à un large public de se familiariser avec leurs sonorités. Encore difficile d’accès pour nos chastes oreilles, peut-être verront-elles un jour un vaste auditoire acquis à leur cause. Après tout, en leur temps, Jean-Sébastien Bach et Beethoven écrivait bel et bien une musique qui paraissait trop compliquée ou trop inaudible pour leurs contemporains !


PROSPÉRITÉ DU SYSTÈME TONAL

Au-delà des aspects révolutionnaires et marginaux de la « musique savante », le système tonal a imprimé toutes les strates des musiques populaires que nous écoutons. Pratiquement tous les musiciens utilisent la musique tonale consciemment ou inconsciemment, qu’elle soit rock, jazz, pop, électro, etc.

Depuis la période "Musique Classique", celle de Beethoven, la quantité de musique tonale à avoir été produite est impressionnante. C’est surtout au 20e siècle que des télescopages sonores sont nés, mélangeant les époques et les styles. L’exemple le plus frappant est celui des emprunts hérités du 18e et 19e siècle et que révèle la musique de films. Presque toute son histoire repose sur ce constat : Prokofiev, Dvorak, Brahms, Stravinsky, Debussy, Ravel ou Satie ont été capturé, transformé et mis en boîte pour vivre une seconde jeunesse à travers la plume des compositeurs pour l'image. Même la chanson française n’y a pas échappé ; Gainsbourg étant l’un des meilleurs exemples de ce « piratage » légal.

par ELIAN JOUGLA

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