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Portail sur la musique et les claviers modernes : piano, synthétiseur et orgue.

POURQUOI LA MUSIQUE CLASSIQUE NOUS FAIT-ELLE DU BIEN ?


LE COURRIER DES INTERNAUTES



Farah

Je suis une élève de 1ere S et je travaille sur mon sujet de TPE qui est : « En quoi la musique classique nous procure-t-elle du bien être ? », et il me manque des informations concernant la particularité de « l'onde » de la musique classique et ma question est la suivante : Quelle est la particularité dans l'onde de la musique classique qui fait que nous nous sentons bien alors que lors que nous écoutons du métal ou du hard rock nous ne nous sentons pas bien ? J'attends votre réponse avec impatience.


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Votre question appelle en réalité plusieurs réponses. Déjà, en soi, celle-ci est plutôt d’ordre subjective, étant donné que même si généralement on conçoit la musique classique comme apaisante, certaines personnes lui trouveront parfois des contours ennuyeux, pour ne pas dire « barbants », voire énervants. Ceci étant dit, voyons à présent les différentes raisons pour lesquelles la musique classique est généralement considérée comme apaisante.


SON ACOUSTIQUE ET SON ÉLECTRIQUE

Concernant le son diffusé, la musique classique repose sur des instruments acoustiques. Ce paramètre est le premier paramètre à prendre en compte.

Depuis l’apparition des instruments électriques (guitares, pianos, orgues, basse, etc), l’une des premières obligations des constructeurs a été de relever un défi : celui d’humaniser le son produit artificiellement. Contrairement au son acoustique, le son électrique utilise un ou plusieurs éléments intermédiaires entre le moment où la note est jouée et le moment de sa restitution. L’amplification est le premier de ces éléments. C’est la base principale du son électrifiée, mais il reste insuffisant pour satisfaire le goût des musiciens et des auditeurs.

En effet, les constructeurs se sont aperçus, dès l’éclosion de l’amplification (surtout celle utilisée en studio), qu’elle n’était pas capable d’apporter une « âme » au son généré. L’une des premières recherches a été de vouloir lui apporter plus de profondeur. La réverbération venait de naître. Elle avait pour ambition de donner au son électrique des allures de cathédrales… enfin presque !

Quand on est musicien et que l’on branche par exemple sa guitare électrique à un amplificateur sans ajouter aucune correction, on remarque que le son est plat, terne, sans relief, quel que soit le modèle de guitare électrique utilisée. Seule, et sous certaines conditions d’utilisations, la guitare électrique à caisse creuse, qui combine tout à la fois le son électrique de la guitare à corps plein (comme la Statocaster, par exemple) et celui de la guitare classique (instrument acoustique), est capable d’apporter une certaine chaleur sonore.

Depuis ce constat, d’autres effets beaucoup moins essentiels ont vu le jour : l’écho (ou delay), le phasing, le flanger, la compression et la distorsion, si présente au cœur des musiques rock.

Musique classique et musique rock s’opposent donc déjà du point de vue de la conception de la fabrication des instruments et des sons qui en résultent. De ce constat découle une autre question : « Le bien être produit par la musique classique serait-il dû à la pure utilisation d’instruments acoustiques ? » Non, car il existe par exemple des musiques de relaxation uniquement constitués de son électriques où le synthétiseur est souvent l’épicentre (j’entends par synthétiseur l’instrument fabricant des sons de toutes pièces).


RYTHME ET TEMPO

Le rythme est le second maillon de l’explication.

Pour se placer en position de détente, il faut que certaines conditions puissent s’accorder. Il paraît difficile à notre cerveau de se trouver dans une « phase de repos » si un trop grand nombre d’informations arrivent en même temps dans un temps très bref, ce qui est le cas de toutes les musiques prévues pour être danser (rock, dance, techno…), même quand celles-ci sont classiques (polka, valse…). De là à évoquer le tempo, il n’y a qu’un pas. Par exemple, la musique disco avait été sujette, en son temps, de quelques observations sur le rapport entre battement cardiaque et vitesse du « beat », des observations qui furent de nouveau prises en compte quelques années plus tard avec la techno.

Mais la vitesse du tempo ne fait pas tout, car on peut jouer une musique enlevée sans pour autant avoir l’impression qu’il faut se lever pour aller danser. La façon de marquer le tempo est aussi d’une grande importance.

Si dans la musique classique, le marquage rythmique est tributaire du rendement acoustique des instruments (c’est la masse instrumentale qui apporte la puissance : orchestre symphonique, par exemple), dans la musique électrifiée on peut alléger ou alourdir à sa guise le son artificiellement – en live ou en studio - pour qu’il devienne plus ou moins percutant et agressif. À ce titre, la mise en avant des sons de la basse et des percussions (dont surtout la batterie) ont influencé globalement le discours musical de pratiquement toutes les musiques actuelles.

Donc, la façon d’habiller le rythme, de le marquer et de conduire son tempo place déjà l’auditeur dans une certaine condition de réceptivité.


L’ASPECT THÉRAPEUTIQUE ET HARMONIQUE

Sur un aspect thérapeutique (relaxation, musicothérapie…), il faut déjà se placer dans une position où on accepte l’écoute d’une certaine musique (généralement classique ou assimilée comme tel) dans une position physique qui favorisera la détente du corps et de l’esprit : assis ou allongé. Dans ce cadre, la musique classique conviendra toujours mieux qu’une musique où l’accent rythmique est fortement prononcé comme justement les musiques métal ou hard-rock que vous évoquez (bien qu’il existe des ballades, des slows dans ce genre de musique que l’on peut trouver apaisantes).

Des expériences ont été conduites sur l’efficacité de la musicothérapie sous le contrôle de spécialiste. Mozart vient souvent en tête. Si vous voulez en savoir + lisez cet article : Musique et émotions sur notre site partenaire "Cadence Info".

Pour être complet, on ne peut passer sous silence deux aspects essentiels auxquels tout compositeur est soumis : la mélodie et l’harmonie.

La mélodie n’est pas aussi essentielle que l’on croit, surtout quand on aborde l’aspect émotionnel. Une mélodie gaie ou joyeuse peut se transformer suivant l’habillage orchestral utilisé et le rythme qui l’accompagnera en mélodie plus grave et plus majestueuse. On peut même atteindre la parodie, celle-ci existant déjà depuis longtemps dans des spectacles de musiciens.

Quant à l’harmonie, jusqu’au 19e siècle (pour faire simple), la musique classique a navigué sur des harmonies, des suites d’accords, des cadences relativement simples qui nous parlent directement. On pourrait dire qu’avec l’arrivée du 20e siècle sont nées des musiques harmoniquement plus « torturées », et que, dans ce domaine, les musiques rocks en ont été le parent pauvre. Une contradiction qui ne nous conduira certainement pas à la musique jazz et à toutes ses dissonances harmoniques et ses syncopes rythmiques qui, pourtant, ne l’ont jamais empêché – parfois à tord – d’être catalogué de musique d’ambiance et d’évasion !


CONCLUSION

J’ai tenté de vous apporter quelques jalons à votre question (pas si simple), en argumentant autour de ces différentes pistes qui existent bel et bien, des pistes qui peuvent se joindre ou se rejeter en fonction de l’état où vous vous trouver au moment où vous écoutez de la musique. D’ailleurs, il arrive à la plupart d’entre nous d’être parfois confronté à un désaccord sur une musique que nous aimions la veille et que nous ne supportons plus aujourd’hui pour d’autres raisons. N’est-il pas vrai ?

  par ELIAN JOUGLA

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