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Portail sur la musique et les claviers modernes : piano, synthétiseur et orgue.

ANALYSE MUSICALE



SAMPLE ET ÉCHANTILLONNAGE, CAPTURE ET UTILISATION

Sample est un mot aujourd'hui très répandu dans le monde du home-studio ou des DJ. Il est à la base de la révolution numérique des années 1980. Avant l'arrivée de l'échantillonnage, la production musicale était liée à l'analogique. Le musicien devait batailler pour obtenir un son convenable. Ses ennemis principaux étaient le bruit de fond et la dynamique. Il devait "faire" le son… ou plutôt fabriquer "son son". C'est à dire qu'il devait, avant tout, bien connaître les possibilités de son matériel.


LE SAMPLE : L'ART DE CAPTURER ET DE TRAITER DES SONS

Si le preneur de son testait les magnétophones ou les tables de mixage au maximum de leurs possibilités, jusqu'à saturation, à un stade ou la sonorité s'altère ; pour le musicien, chaque nouveau synthétiseur analogique était perçu comme un outil à découvrir, le nez penché dans la "doc" avec des tas de questions en suspens… Que valait-t-il ? Les filtres étaient-ils efficaces ? Et le "grain", à quoi fait-il penser ?


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Le musicien écoutait le son et le son lui renvoyait des images dans la tête. L'imaginaire était mis à contribution, puisque rien n'était donné à la base. Le son, il devait être construit en partant de rien. Le maniement de l'appareil, sa technologie, il devait l'apprendre, de façon instinctive ou rationnelle... il n'avait pas le choix !

Programmer un son original avec du matériel conventionnel n'était pas à la portée de tout le monde. Seule une élite de musiciens a été capable de trouver un son ou un mixage de sons unique, devenant pour eux une marque de fabrique et pour les autres une signature reconnaissable à la moindre note. Cette recherche nouvelle, prenant racine dans l'imaginaire et la création a fait naître le métier de "programmeur".



LE SAMPLE ET LA RÉVOLUTION NUMÉRIQUE

L'arrivée de l'échantillonnage a eu une influence considérable sur le métier de musicien. À ses débuts, ce procédé révolutionnaire a provoqué une grande peur dans les studios d'enregistrement. À cause de l'abaissement des coûts de production générés par cette technologie envahissante, les musiciens ont vite imaginé une "mise à la retraite" anticipée… et en premier lieu, celles des batteurs.

Les boîtes à rythmes pratiques et aux qualités sonores réalistes étaient leurs concurrents directs. La tendance musicale et esthétique de l'époque (la house, la techno naissante, etc.) misaient sur ce genre de matériel : un son "propre" (trop disaient certains), rapidement exploitable et d'un encombrement minime. La suite des événements a démontré, comme pour l'arrivée de toute nouvelle technologie novatrice, que l'exploitation du sample a trouvé un écho bien différent de celui que l'on redoutait.

Délaissant les voies de la musique acoustique au profit de celles du tout électronique, l'échantillonnage a, au fil du temps, trouvé sa place de façon significative dans les mouvances de la musique techno, mais également dans le rap par l'utilisation de boucles musicales. Si sa place dans la chanson reste anecdotique, l'utilisation du sample dans la musique classique électro-acoustique n'est pas passé inaperçu (Pierre Boulez, Varèse).


LE SAMPLE ET LE DROIT

L'idée d'utiliser des morceaux préexistant ne va pas sans problèmes. Dès les premières boites à rythmes équipées d'une section échantillonnage, l'exploitation commerciale du cri de James Brown n'a pas été sans remous médiatique (en mémoire ROM dans une boite à rythme Yamaha). De même, l'utilisation des lignes de basse de Stevie Wonder a fait couler beaucoup d'encre. Par la suite, la juridiction est allée entre procès d'intention et procès arbitraire. À ses débuts, la musique rap qui empruntait les musiques préexistantes, notamment provenant de la "black music" n'a pas été à l'abri d'une certaine discrimination pas toujours justifiées.

En effet, la question se pose entre le désir d'une véritable création sonore et celle d'un emprunt libre, dénoué de scrupule et qui repose sur une certaine facilité créatrice. L'apanage de la musique rap et dans une moindre mesure celle de la techno se situent d'avantage dans une manifestation contestataire ou de provocation sociale que dans une démarche d'emprunt musical, même si celle-ci est volontaire. L'échantillonnage est considéré avant-tout par de nombreux musiciens comme un moyen d'expression artistique créatif, au même titre que le "collage" l'est en art décoratif.


LE PROGRAMMEUR

Ce métier est né à une époque où le synthétiseur devenait omniprésent dans la musique populaire (disco, funk, rock et de temps en temps en variété). Ses qualités intuitives, sa connaissance du matériel faisait de lui une personne très recherchée par les studios et les maisons de production. Si l'on observe les pochettes de disque de l'époque, vous trouverez souvent leurs noms inscrits au même titre que les musiciens ou que le compositeur. Le "programmeur synthé" travaillait en étroite collaboration avec l'arrangeur pour améliorer le son d'un morceau, que ce soit pour une intervention minime, un bruitage, un effet sonore ou un solo endiablé. Sa responsabilité était importante dans la production sonore finale.

Par la suite, les programmeurs sont devenus une "race" de musicien incontournable avec l'arrivée des "démos" de matériel. Très habile et souvent très démonstratif, leurs prestations dans les salons ou les magasins de musique ont attiré et attirent toujours bon nombre de musiciens amateurs ou professionnels. En jouant sur les layers ou les splits quand le matériel l'autorise), les démonstrateurs peuvent réaliser des effets sonores à couper le souffle… et aujourd'hui encore plus qu'hier. Les démos présentent sur le site témoignent de l'habileté de ces musiciens, capables de concevoir des morceaux dédiés spécifiquement à un synthé et pas à un autre. Tout est mis en place pour séduire, sans montrer les faiblesses de l'appareil. C'est le top d'une démarche commerciale liée à une technologique innovante.

Toutefois, au regard de la loi, il est toujours bon de rappeler qu'il est tout à fait interdit d'utiliser et de reproduire un morceau contenant le moindre quoi que ce soit provenant d'une œuvre commercialisée. Bien sûr, l'utilisation d'un sample repiqué dans votre cercle familial a peu de chance de vous faire remarquer par les instances judiciaires. Donc, les tubes écrits à partir de succès anciens est avant tout une affaire d'avocats, de négociations et de royalties… évidemment !


LE COMPOSITEUR ET LE SAMPLE

La composition musicale, reposant sur une utilisation exclusive de l'échantillonnage, n'est pas constituée de bouts de ficelles noués ensembles. Bien plus ouvert au monde sonore que le synthétiseur et ses ondes définies par avance, donc limité dans la recherche, l'échantillonnage n'a pas de frontière. Il n'a pas de limite, puisque sa source prend racine dans les sons aussi bien acoustiques, donc naturels, qu'électroniques, donc artificiels. Il n'appartient qu'au musicien de faire preuve d'une réelle volonté créatrice et d'intelligence musicale, les moyens mis à sa disposition pour exploiter, modifier les sons samplés étant nombreux et variés.


SUITE : LE GLOSSAIRE DE L'ÉCHANTILLONNAGE