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TECHNIQUE ET MAO



LA SYNCHRONISATION MAGNÉTOPHONE/SÉQUENCEUR

Si vous êtes encore parmi ceux qui utilisent un magnétophone multipiste à bande (cela devient rare, mais certains musiciens s'en servent encore), nous allons aborder dans ce dossier les bases des différents modes de synchronisation entre un magnétophone et un séquenceur.


JE SUIS LE MAITRE, TU ES MON ESCLAVE !

Nous ne sommes pas en face d'une situation équivoque ou prêtant à confusion, mais bel et bien dans une relation fusionnelle sans état d’âme. Celle de deux machines que tout sépare : un magnétophone et un séquenceur. Je ne vais pas vous obliger à suivre un cours théorique traitant dans le détail les différents modes de synchronisation utilisés dans l’Audio-Vidéo. Mon propos va se limiter à ce qu’il est possible de faire pour qu’un 4 ou un 8 pistes veuille bien tourner en même temps qu'un séquenceur.


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La première chose à se rappeler est la suivante : on asservit le séquenceur à partir du magnétophone et non l’inverse. Si vous souhaitez réaliser l’opération inverse, c’est bien sûr possible, mais au prix d’un investissement qui vous coûtera plus cher. Cela relève de la synchronisation entre machines tournantes et cela vous plongera dans une bonne prise de tête ; la procédure n’étant pas destinée à un débutant.

Pour en revenir à la première solution qui consiste à enregistrer votre piano, votre guitare ou votre voix sur votre magnétophone et en synchro parfaite avec votre séquence rythmée au trip hip-hop ou new-age, plusieurs choix s’offrent à vous, qui se résume en un labyrinthe de technologie éprouvée mais qui ne sera pas forcément approuvée par vous. Vous me suivez toujours ? Oui ! Alors à vous la joie de découvrir les techniques FSK, FSK-SPP, MTC, DTL et SMPTE qui mélangent, suivant le cas, une synchro externe, interne ou dédiée. Facile, non ?


LE CODE FSK

Pour que le discours ne devienne pas rapidement in... compréhensible, nous allons aborder la première technique citée : le FSK… Une technique qui est, malheureusement, loin d’être la plus performante ! Et pourquoi donc, me direz-vous ? Parce que le FSK ne permet pas de se repositionner automatiquement dans le morceau. Pour faire simple, si vous arrêtez votre magnétophone (le maître) en cours de morceau, le séquenceur (l’esclave) ne sera plus où il en est. Vous devrez tout reprendre du début. Cela est dû au fait que le code FSK n’indique pas de référence temporelle absolue dans ses informations.


VIVE LE MIDI !

Fort heureusement, le « Zorro » de l’informatique musicale est arrivé à temps pour remettre tout ce beau monde d’accord. Le MIDI était là avec ses nombreuses fonctions qui touchent au domaine du « relationnel ». C’est une chance, car grâce à lui, un code particulier a été implanté, incluant des repères de position dans le déroulement du morceau.

Ces repères s’appellent Song Position Pointers. Ils ont apporté au FSK un prolongement momentané à son existence en permettant au séquenceur de se caler en phase avec le magnétophone, même après un rembobinage. Ainsi est né le FSK-SPP.

Le principe de base des Song Position Pointers consiste à « marquer » la bande d’un repère tous les six horloges MIDI. La première des précautions à prendre pour ne pas avoir de mauvaises surprises est de prévoir le bon tempo avant l’enregistrement du code sur la bande, car tout changement de tempo survenant après cette opération provoque un plantage assuré !

Cette formule est la plus simple et la plus économique à utiliser, mais pensez bien à réserver une piste libre au préalable sur votre magnétophone (si celui-ci n'a rien prévu à cet effet). Lors de l'enregistrement, vous entendrez alors un bruit continu, un « crachement sonore » (genre "brrr") très particulier et qui est tout à fait normal. Pour que tout fonctionne correctement, il faut « striper » la bande en respectant les instructions du constructeur (le niveau, par exemple).


LE MTC : MON ESCLAVE ME SUIT COMME UNE IMAGE

Dans le paragraphe précédent, je vous ai indiqué la première des bases de la synchro qui se résume ainsi : "la notion d’horloge temporelle est indissociable d’une synchronisation performante". Cette petite phrase nous conduit indirectement à évoquer les métiers de la vidéo et du cinéma où l’on parle couramment en images/seconde. C'est ce rapport qui sert de référence pour comprendre le format SMPTE (développé à l’origine par la NASA dans les années soixante). A titre d'exemple, en Europe, le standard vidéo est généralement de 25 images secondes, ce qui nous donne un repère tous les 40 millisecondes…

Mais pourquoi évoquer le SMPTE ? A cause du MTC qui converti le 'Time Code' en information MIDI tout en l’exprimant comme le SMPTE en heures/minutes/secondes. Normal puisque le MTC n’est qu’une version MIDI du SMPTE.

Contrairement à certaines idées reçues, l’avantage du format MTC est évident pour nous lorsqu’on sait qu’outre les informations temporelles, il délivre des messages de mise en/hors fonction concernant des petites choses utiles comme les mutes, punch in/out, cue point, présents sur les séquenceurs.

Par ailleurs, d’autres formats cohabitent en plus ou moins bons termes avec leur voisinage, comme le DTL et le DTLe (Direct Time Lock enhanced). Ces formats sont proches du MTC, mais employés sur MacIntosh.


L’ENREGISTREMENT DE LA PISTE CONDUCTRICE

L’opération qui consiste à enregistrer un code (FSK, MTC ou autre) sur la bande magnétique ne doit pas poser de problèmes insurmontables ; le plus important étant le réglage du niveau. Globalement, et suivant les appareils, cela va de –15 dB à 0 dB. L’expérience prouve que l’on peut affiner dans une fourchette de – 7 dB à –3 dB pour obtenir les résultats les plus probants. Le niveau maximum ne devant jamais dépasser le 0 dB.

Inversement, si vous êtes en dessous du niveau maximum recommandé, la synchro risque de décrocher et il ne vous reste plus alors qu’à recommencer ! Dans la pratique, il est préférable de désenclencher tous les réducteurs de bruit sur la piste qui va servir à coucher le code (Dolby, DBX, limiteur…), car ils induisent des erreurs lors de la lecture.

Afin d’éviter le problème de diaphonie, utilisez une piste externe, la 1 ou la 4 pour un magnétophone 4 pistes. Cependant, il est possible que votre magnétophone dispose d’une piste dédiée, comme une 3e piste sur certains DAT ou une 5e piste sur un 'portastudio' 4 pistes.

Alors que certains magnétophones proposent un code synchro incorporé, d’autres modèles offrent une déconnexion automatique (ou manuelle) du réducteur de bruit sur la piste dédiée lorsqu’on branche une interface de synchro. Enfin, il y a ceux qui, comme certains modèles de magnéto Tascam, possèdent directement un générateur de synchro (dans leur cas de type FSK avec Song Position Pointers) incorporé dans leurs entrailles, ce qui facilite énormément la tâche.


ET LE SÉQUENCEUR ? ALORS !

Des logiciels séquenceurs (Notebase, Cutator...) proposent eux aussi des générateurs de code en hardware dans leurs packages. Ici, le grand avantage des séquenceurs tournants sur ordinateurs est la gestion du générateur de code et de tout ce qui s’y rapporte, avec en prime le traitement direct visible sur écran.

A ce niveau, mon commentaire ne peut faire l’impasse des problèmes liés à l’offset. « L’offset ? » Il permet de gérer les légers décalages qui peuvent se produire entre la séquence « séquencée » par le séquenceur et la bande magnétique « magnétisée » par le magnétophone. Seul le séquenceur/générateur de code est habilité à résoudre ce genre de problème. A l'inverse, et pour avoir déjà travaillé à plusieurs reprises avec un magnétophone « maître » correctement réglé, le problème est plutôt rare.

Côté matos, il est possible d’acquérir des boîtiers externes fonctionnant en FSK-SPP et MTC chez MIDIMan et JL Cooper. Evidemment, si vous utilisez un séquenceur-logiciel, privilégiez une extension prévue par le constructeur car c’est, à priori, la solution la plus confortable.