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Portail sur la musique et les claviers modernes : piano, synthétiseur et orgue.

LES QUESTIONS DU CANDIDE



COMMENT TRAVAILLER LE PIANO CHEZ SOI, À LA MAISON

Vous ou votre enfant suivez des cours de piano consciencieusement et vous devez mettre à profit tout le travail donné par le professeur dans les jours qui suivent. Vous savez que pour progresser, une pratique quotidienne de l’instrument s’impose. Pour autant, le temps que vous y accordez est-il toujours efficace et correspond-t-il à vos attentes ? Des doutes se seraient-ils installés ? Il est temps de faire le point et, peut-être, de tout revoir !


TRAVAILLER LE PIANO QUAND ON EST UN ADULTE

Chez la personne adulte, l’apprentissage de la musique doit provoquer une rupture avec le quotidien, les responsabilités, les obligations professionnelles et familiales. La pratique doit effacer au quart de tour les soucis de la journée. Dans cette quête, le travail à la maison ne doit pas être trop prenant. Comprenez par-là trop exigeant et demandant une somme d’effort trop contraignant.

Un enseignant doit faire le distinguo entre le cours destiné à un enfant et celui visant un adulte. Il doit appliquer un programme plus récréatif, plus permissif que scolaire. Durant le cours, la participation active du professeur de piano contribue aux efforts de l’élève adulte de façon plus efficace : jouer du piano à quatre mains ou utiliser deux claviers pour des échanges sonores entre l’enseignant et l’élève seront les bienvenus.


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Si un adulte est en mesure d’évaluer l’importance et la portée des connaissances théoriques dans la pratique, il est alors conseiller de les intégrer directement dans le jeu instrumental plutôt que de les étudier à part. Le travail est certes plus empirique et le résultat un peu plus hasardeux, mais il a l’avantage d’être immédiat. En cas de fautes, le professeur explique et corrige alors les défauts au fur et à mesure qu’ils apparaissent. C’est ce que recherche un bon nombre de pianistes adultes débutants : un jeu actif porté par un travail dynamique et convivial.

En conséquence, le travail à la maison sera plus allégé et reposera essentiellement sur l’étude d’une œuvre, voire autour d’une improvisation basée sur quelques accords ou d’une création créée étape par étape quand l’environnement matériel de l’élève le permet.


CHEZ L’ENFANT…

Pour un enfant, le problème est sensiblement différent de l’adulte. Globalement, la part « scolaire » tient une place plus importante que chez l’adulte. On peut très bien imaginer scinder une demi-heure de travail à la maison en deux fois un quart d’heure. Le premier consacré à l’aspect théorique (leçon, solfège) et le second au travail du morceau. Il est possible également de dresser un emploi du temps hebdomadaire quand le travail demandé fluctue d’une semaine à l’autre.

Généralement, ce qui est difficile à obtenir, c’est d’arriver à ce que l’enfant soit autant "conditionner" par le rendez-vous hebdomadaire chez le professeur de piano qu’il le sera chez lui pour travailler son instrument. Pour qu’un tel vœu réussisse, le plus important ne réside peut-être pas dans la façon d’organiser le travail à la maison, mais plutôt dans la façon de l’attaquer…

En France, le système scolaire est lourd. Rien ne scandalise (ou si peu) quand on demande à un enfant d’avoir autant d’attention, si ce n’est plus, qu’un adulte durant les heures de cours. Le programme de la journée qui est fort long est largement handicapant et pousse tôt ou tard les enfants à sortir de leur réserve en chahutant dans la classe dès que le professeur tourne le dos ou en criant dès que la sonnerie retentit.

Généralement vers 17 heures, c’est la fin de l’école et la plupart des enfants rentrent chez eux partiellement épuisés. Dès lors un « sas de décompression » est indispensable avant d’attaquer une autre activité. Un goûter sera le bienvenu pour redonner l’énergie indispensable pour repartir à l’assaut.

De nos jours, filles et garçons ont de multiples activités extra-scolaires : artistique, culturelle et sportive. Cela est commode pour les parents qui font ainsi « garder leurs enfants ». Si ces activités exercent sur eux des valeurs positives, constructives, on ne peut que les encourager. Mais attention, gare à l’épuisement qui rejaillit en cours d’année et qui peut tout remettre en question. Pour la confiance en soi, pour rebondir, il n’y a rien de pire que de commencer une discipline artistique ou sportive pour l’arrêter ensuite pour des raisons qui n’ont souvent rien à voir avec elle !


DEVOIRS SCOLAIRES OU TRAVAIL DE L’INSTRUMENT ?

Comme la pratique instrumentale demande de la concentration, une question se pose immédiatement : vaut-il mieux commencer par le piano ou attendre d’avoir fini les devoirs de l’école ? La question divise.

Aux yeux de la majorité des parents, les devoirs scolaires sont prioritaires. La musique représente généralement une activité annexe, secondaire ; une activité certes d’une grande richesse, mais où la portée des valeurs (éveil, travail sur soi, imagination, concentration, etc.) est sous-estimée ou mal perçue. La musique est donc sacrifiée et l’enfant a toutes les chances d’avoir perdu une bonne partie de son énergie (ou à l'inverse d'avoir acquis une trop grande tension) pour travailler le piano dans de bonnes conditions.

Dans le cas où les parents seraient eux-mêmes baignés dans la musique, le regard porté sur son apprentissage est bien évidemment tout autre. Pour autant, la priorité donnée au travail de l’instrument ne se traduit pas obligatoirement par une réussite exemplaire. Trop d’aléas balisent le chemin qui conduit à la maîtrise d’un instrument pour que l’expérience des parents, leur autorité et encadrement, suffisent. Cependant la question demeure. Elle navigue si bien dans l’inconscient de nombreuses personnes, que la question est souvent posée aux artistes quand ils ont réussi dans leur carrière : « Vous aviez des parents musiciens ? »


LE RITUEL DU TRAVAIL À LA MAISON

Un rituel doit s’installer au quotidien. C’est la phase la plus délicate, car sa mise en œuvre peut être fluctuante d’un jour à l’autre suivant ses dispositions ou en fonction de ses humeurs. Les premières séances sont capitales car elles déterminent l’accomplissement des premiers progrès. Il est important que rien ne viennent les entacher. Pour cela, il faut être détendu, réceptif, presque détaché de l’environnement pour absorber du mieux possible le travail qui se présente.

Pour gérer efficacement au quotidien le laps de temps imparti, la pratique instrumentale doit se dérouler dans un espace calme. La concentration doit être totale. En conséquence, un piano installé dans une « source de vie » comme un salon est à proscrire. Une chambre ou un local à l’écart seront nettement préférables. Normalement, quand l’activité musicale est prenante, c’est que la personne est bien concentrée et qu’elle travaille dans un lieu qui lui convient.

Les premiers mois sont donc décisifs, car ils vont constituer la ligne directrice, la charpente d’une bonne pratique qui doit s’installer durablement. La répétition d’un exercice, d’un morceau de musique… tout doit concourir pour que le travail effectué à la maison apporte des réponses satisfaisantes. Relever des défis, progresser, comme croire en ses capacités personnelles, découlent directement d’une pratique quotidienne et optimisée.

Le travail doit être conscient, avec des objectifs à atteindre très précis. La régularité de l’horaire a également son importance en enclenchant une habitude. Cette habitude ne doit pas être synonyme de corvée mais devenir petit à petit un plaisir nécessaire. Ce « plaisir » du travail bien fait doit justifier le temps accordé à l’étude de l’instrument et flatter son ego. Quand un musicien arrive à ce stade d’appréciation de sa personne et qu’il a (presque) oublié les efforts passés, alors, il a toutes les chances de poursuivre son aventure musicale.


LA DEMI-HEURE DU DÉBUTANT

Une demi-heure d’entraînement quotidien est souvent ce que l’on préconise quand on débute l’apprentissage du piano. Si cette demi-heure est le maximum que vous puissiez y consacrer par jour, il faut dans ce cas apprendre à gérer ce temps de façon très organisé, tout en conservant une certaine souplesse pour éviter de stresser.

Pour un débutant qui n’a pas encore « codifié » son travail pianistique, il est important d’apprendre à hiérarchiser le programme demandé par le professeur. Face au travail qui doit être conduit à la maison, il existe quelques pièges qu’il est bon d’éviter…

Dans le cas où vous seriez confronté à des exercices techniques, ceux-ci doivent être assimilés à la façon d’une séance de gymnastique, c’est-à-dire à des échauffements. Ils seront prioritaires et précéderont le morceau à travailler. N’oublions pas qu’une œuvre est une combinaison plus ou moins complexe de différents aspects du jeu de l’instrument.

Les exercices participent à la maîtrise de la technique instrumentale. Le piano, comme tout autre instrument, à ses propres règles qu’il faut assimiler jusqu’à que celles-ci deviennent comme naturelles. Malheureusement, les exercices sont souvent perçus comme rébarbatifs, ennuyeux, au point de les négliger (ou de les oublier). C’est un tort, car comme toute chose, la réussite technique passe par certains filtres qu’il faut apprendre à doser dans la pratique quotidienne, sous peine de ne jamais maîtriser l’instrument correctement. Sous son apparente facilitée des premiers jours, le piano cache en réalité de nombreux écueils qui ne manqueront pas de s’enchaîner tout au long de l’apprentissage, du débutant jusqu’au pianiste confirmé.

Concernant le solfège (lecture de notes, rythmes), si celui-ci est dans le programme, il peut être pratiqué à tout moment de la séance sans priorité d’aucune sorte. Tout dépend du « cérémonial » qui permet à chacun de se concentrer ; mais il ne faut surtout pas commencer par le solfège dans l’intention de s’en débarrasser au plus vite. Dans ce cas, il est préférable d’en discuter avec le professeur pour trouver une solution avant que cette matière ne devienne un poids. Mal conduit ou trop centralisé, le solfège est souvent la matière qui précipite les échecs dans les écoles de musique.

C’est de la responsabilité du professeur de présenter la meilleure façon d’aborder le travail du piano à la maison. Les conseils doivent être clairs, intelligibles, concrets et adaptés à l’âge et au niveau de la personne. Le professeur doit rassurer. Il doit démontrer que la technique proposée est accessible, qu’elle permettra d’avoir des gestes de plus en plus adroits et rapides si le travail à la maison est correctement exécuté.

L’ambition doit devenir le maître-mot. Le résultat doit être là, mais « se surpasser » ne doit pas en être la règle d’or. Préparer correctement son apprentissage, c’est gagner en temps et efficacité. Il ne faut surtout pas qu’une routine désintéressée s’installe car, dans ce cas, c’est mauvais signe. Tout n’est pas perdu, mais il y a urgence de revoir sa façon d’aborder la musique. N’hésitez pas à en parler avec votre professeur avant que la flamme ne soit éteinte.

  par ELIAN JOUGLA