PIANOWEB.fr    " Espace Média "
Portail sur la musique et les claviers modernes : piano, synthétiseur et orgue.

VIDÉOS PÉDAGOGIQUES



LA LETTRE A ELISE

LA LETTRE A ELISE EN QUESTION

ANALYSE PEDAGOGIQUE : si elle fut habilement détournée par une Anne Sylvestre inspirée dans sa chanson 'Lettre ouverte à Elise', la véritable Lettre à Elise composée par Beethoven demeure avec La marche turque de Mozart une référence dans l'apprentissage du piano classique. Il suffit d'écouter les premières notes pour qu'on la reconnaisse aussitôt. Ni redoutée, ni diabolisée, la petite pièce pour piano continue d'être jouée par de nombreux 'pianistes en herbe' sans que rien ne semble vouloir la détrôner de son piédestal.



UNE FACILITE TROMPEUSE

Trop souvent, des œuvres comme Le Beau Danube Bleu de Strauss ou Rêve D'amour de Liszt sont détournées en étant simplifiées ou alors massacrées par manque de technique ou de recul. La marche turque de Mozart n'y échappe pas non plus. Cette courte pièce pour piano, gaie et entraînante, brillante et enflammée, est bel et bien une pièce difficile à maîtriser. Son tempo enlevé et son écriture jalonnée d'appoggiatures et de gruppettos de toutes sortes produisent au final un assortiment de techniques demandant des doigts avant tout agiles et robustes.


Ad Block

Il semblerait que vous ayez installé un bloqueur publicitaire sur votre ordinateur. Celui-ci vous empêche de consulter cette page dans sa totalité et dans des conditions visuelles optimisées. La mise en ligne d'encarts publicitaires non intrusifs permet à ce service d'exister durablement.

Pour ne plus subir cette restriction sur d'autres pages du site, nous vous conseillons de désactiver votre bloqueur publicitaire pour l'ensemble du site "www.pianoweb.fr". Merci de votre compréhension.

Procédure pour autoriser "pianoweb.fr"


Sous son apparence romantique, La lettre à Elise recèle également de nombreux pièges qu'il est bon d'éviter. Contrairement à une idée trop répandue l'œuvre n'est pas facile. Le début et la fin du morceau, malgré sa technique abordable, ne doivent pas faire oublier l'importance des nuances et des respirations rythmiques. Pour un(e) pianiste débutant(e) ce sont ces subtilités de jeu qui pourraient rendre l'interprétation trop mécanique et finalement lassante. Quant à la partie centrale, un peu plus technique, elle présente une rupture avec le ton général du début et doit être jouée avec plus de détermination et de précision rythmique. N'oublions pas non plus le retour à la mélodie principale qui peut devenir sous son apparente facilité un écueil, surtout si elle est abordée avec trop de précipitation. La lettre à Elise demande beaucoup de retenue.

Appartenant au Panthéon de la littérature pianistique, il arrive parfois de l'entendre lors d'un concert. De jeunes pianistes la mettent à leur programme à l'occasion d'un concours ou lors d'un examen en fin d'année scolaire. Quant à Internet, il n'est pas en reste. Il existe de nombreuses versions à l'interprétation inégale ou parfois fantaisiste. Celle que nous vous présentons démontre l'omniprésence d'un jeu pianistique maîtrisé. Les touches du clavier sont caressées, effleurées du bout des doigts par la pianiste Valentina Lesista.

Dans la vidéo, dès les premières notes, des rires résonnent dans la salle de concert. Ce qui est en cause c'est avant tout l'image enfantine renvoyée par l'œuvre, mais également la situation : celle d'une pianiste concertiste qui la joue lors d'un rappel. Pourtant, comme pour tant d'autres œuvres classiques, La lettre à Elise n'échappe pas à la règle et demande une certaine maturité musicale si l'on souhaite que son interprétation soit correcte. Généralement abordée chez les enfants au bout de deux à trois années de piano, elle mériterait certainement un recul plus important. De plus, même si l'œuvre de Beethoven a une aura auprès des professeurs de piano, et au-delà en s'insinuant dans un parcours pianistique calibré, son apprentissage n'est ni justifié, ni obligatoire.


LA LETTRE A ELISE - PIANO, VALENTINA LESITSA

LA LETTRE A ELISE, UNE ŒUVRE POPULAIRE

La destinée de La lettre à Elise semble sans faille. Malgré le déferlement des musiques contemporaines aux beats compressés et les chansons à succès, l'œuvre semble suspendue dans le temps en conservant toutes ses lettres de noblesses. La littérature pianistique l'a intégrée en parsemant la partition de notes légères comme une plume, juste pour se jouer de nous, nous les pianistes qui osons l'aborder, juste pour conserver une place royale à défaut d'être une œuvre ambitieuse.

Ce qui retient l'attention, c'est cette mélodie naïve, d'une fraîcheur quasi enfantine, cet enrobage de délicatesse et de retenue jamais érodé par les assauts du temps. Sa ritournelle mélodique, au lieu de devenir terne, ennuyeuse, égratignée par des mains parfois innocentes, a trouvé refuge dans le cœur de ses interprètes, fussent-ils maladroits. La mélodie intemporelle est juste passée de mains en mains, comme un testament éternel.

Il en est souvent ainsi des œuvres populaires : avec le temps, les défauts s'effacent et la rêverie s'installe. En écoutant La lettre à Elise on imagine cette jeune fille d'autrefois, de bonne famille, sagement installée devant son piano et jouant pour ses parents ou pour ses amis, suivant à la lettre comme à la note près les préceptes d'une éducation musicale bien établie. Chez les pianistes d'aujourd'hui, il n'en est rien, l'éducation musicale a bien changée. La lettre à Elise côtoie aussi bien la musique d'Amélie Poulain, sa proche cousine, que la dernière chanson à la mode.

Au départ, rien ne prédestinait La lettre à Elise à devenir aussi célèbre ; l'œuvre pianistique du compositeur allemand baignant le plus souvent dans la gravité d'une romance éternelle, dans une sorte de nostalgie qu'un cœur enflammé par de nombreuses conquêtes féminines n'a su retenir… L'histoire raconte que le séducteur Ludwig Van Beethoven apaisa pour un temps son éternelle soif d'amour dans les bras d'une de ses élèves, Theresa Malfatti, et que c'est elle qui fut l'inspiratrice de la célèbre mélodie.

La lettre à Elise serait-elle alors l'aboutissement d'une alchimie sonore mêlant inspiration et sentiments amoureux ? Cette dédicace enflammée d'un autre temps posséderait-elle un secret que seul son auteur connaît ? Peut-être bien. La musique a toujours vécu de cohabitation parfois heureuse ou parfois malheureuse. La délicatesse des phrases, leurs répétitions, sont peut-être les marques d'une certaine pudeur, d'une certaine retenue qui ne dévoile jamais tous ses secrets comme pour mieux garder sa part de mystère.

  par ELIAN JOUGLA



Vous avez aimé cette page ? Partagez-la ou bien suivez-nous !

L'AVIS DES INTERNAUTES

SOMMAIRE "ESPACE MEDIA"
ACCUEIL