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DÉMOS SYNTHÉTISEURS, CARTES SONS...



LE SYNTHÉTISEUR DX7 YAMAYA : DESCRIPTION, FONCTIONNEMENT ET DÉMO

Nous sommes en 1983 et les claviéristes vont découvrir cette année-là un synthétiseur qui va bousculer leurs habitudes et façons de travailler le son : le Yamaha DX7. La synthèse numérique à programmation algorithmique venait de débarquer en France et allait ouvrir une ère de raffinement sonore au royaume des synthétiseurs…


LE YAMAHA DX7, LE SYNTHETISEUR NUMÉRIQUE RÉVOLUTIONNAIRE

Lorsqu’on prononce le mot « synthétiseur », il est difficile de ne pas évoquer le monde de l’électronique et des associations qu’il fait naître, et ceci, pour une raison bien simple, il n’existait jusqu’en 1983, absolument rien qui pouvait, au niveau technologique, délivrer des sons possédant un caractère autre que synthétique.

Quelques années auparavant, le réalisme des premières ébauches sonores issues des claviers à synthèse numérique Yamaha GS1 et GS2 était suffisamment convaincant pour poursuivre la recherche. Peu de temps après, la gamme des CE obtenait un succès international foudroyant. En fait, les CE préfiguraient ce qui allait se passer avec la série des DX, dont la référence en terme de vente sera le DX7.


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Les premiers instruments numériques de vulgarisation venaient d’arriver, entièrement programmables par l’utilisateur en usant de schémas préréglés. C’est la gamme DX (Synthétiseurs Numériques à Programmation Algorithmique - S.N.P.A) qui va radicalement modifier la conception de ce que devait être un son de synthèse, tout en implantant en profondeur de nouvelles références côté identité sonore.


UN NOUVEAU CONCEPT SONORE ET DE NOUVELLES HABITUDES

Le musicien qui était habitué au synthétiseur analogique avec tous ses boutons rotatifs ou linaires comprenait dès le premier coup d’œil jeté sur un DX7, que cette machine-là proposait un maniement beaucoup moins intuitif. Aucun bouton. Seulement deux curseurs (dont l’un réservé au volume général), un afficheur minuscule à cristaux liquides et une série de touches sensibles extra-plates.

Aucun VCO, VCA, VCF ou de générateurs d’enveloppe, au sens conventionnel du terme. De quoi alors dérouter le moindre des claviéristes, même branché ! Il faut bien se rendre à l’évidence : un DX7 est aux antipodes d’un Polymoog ou d’un AKS. La méthode de production des sons est absolument nouvelle et très puissante. Elle autorise des timbres dont la richesse et l’intensité d’expression dépassent tout ce qui existe alors sur le marché en matière de claviers électroniques. Pour se convaincre qu’on ne rêvait pas, il suffisait de brancher un DX7 et de partir à la découverte des sons d’usine : piano électrique, vibraphone, basse, cloche, etc. Une pureté sonore inédite s’élevait alors des enceintes.

Passée l’écoute des démos et des sons contenus dans les cartouches, le plus important était à venir, celui de la découverte des menus d’édition. Le DX7 modifiait les habitudes de programmation et de jeu (live), mais la récompense était immense : le potentiel de création sonore semblait sans limite. Les musiciens d’avant-garde venaient de trouver grâce à cet instrument matière à travailler de nouvelles textures sonores.


À L’INTERIEUR DU DX

Au stade du prototype de la gamme DX, les ingénieurs de chez Yamaha furent confrontés à un problème de dimensions qui semblait insoluble : comment faire tenir le volume de deux énormes baies bourrées d’une électronique déjà miniaturisée dans un coffret compact portable ?

Les ingénieurs de Yamaha ont retroussé leurs manches et sont arrivés à réduire la presque totalité de l’électronique dans deux circuits à grande intégration (LSI) qui tiennent facilement dans la paume de la main. Sans ce potentiel qui représente quelques millions de transistors, un DX7 n’entrerait pas dans un fourgon… ni dans celui de votre budget. Finalement, à l’arrivée, le DX7 ne pèsera seulement que 14,2 kg. Une performance pour l’époque !


LE FONCTIONNEMENT DES OPÉRATEURS ET DES ALGORITHMES

Au lieu des générateurs commandés en tension (oscillateurs, amplificateurs et filtres), le DX7 utilise des « opérateurs » pour produire les sons. Un opérateur, à la base, produit une onde sinusoïdale pure qui peut être exploitée seule ou en combinaison avec d’autres.

La combinaison de plusieurs opérateurs s’appelle un « algorithme ». Chaque algorithme est représenté en façade et montre comment les opérateurs (les petits carrés) peuvent être groupés.

Au dessus des touches vertes sont disposés les différents algorithmes


Le DX7 (1re version) dispose de 6 opérateurs et de 32 algorithmes de combinaison. À l’intérieur de chaque algorithme, certains opérateurs peuvent être mis en ou hors service, ce qui aboutit à une infinité de possibilités. Les opérateurs peuvent être groupés ‘horizontalement’ ou ‘verticalement’. Dans le premier cas, chacun d’eux contribue au timbre final par juxtaposition de son propre timbre, un peu comme une registration d’orgue traditionnel. Dans le second cas, l’opérateur supérieur module celui qui lui est immédiatement inférieur avec un taux réglable.

Ensuite, la complexité des formes d’onde augmente grâce à la présence de la modulation de fréquences (d’où le terme F.M.) qui sont synthétisées numériquement. Il est aussi tout à fait possible de raccorder ‘verticalement’ plus d’un opérateur de façon à ce qu’un opérateur lui-même modulé en module un autre. L’opérateur qui module est dit « modulateur », l’autre est le « porteur ».

Les possibilités offertes par les algorithmes sont immenses. Sur un DX7, on peut créer des milliers de sons très différents les uns des autres. C’est le musicien qui dispose de la complète maîtrise du choix des opérateurs (enveloppes, rapport de modulation entre fréquences) à moins qu'il choisisse d’utiliser les timbres préprogrammés d’origine et d’éditer à partir de là.

Quel que soit le niveau de sa programmation, le musicien bénéficie d’une qualité sonore grandement améliorée du fait que les timbres (aux structures harmoniques complexes), au départ, sont construits selon des modèles mathématiques mélangeant des fréquences pures stockées de façon numérique et restituées sous forme de signaux audio. L’utilisateur dispose donc d’une grande possibilité d’intervention et d’une qualité de reproduction sonore d’une grande pureté.


DES FONCTIONS AVANT-GARDISTES ET TRÈS ABOUTIES

Dans un DX7, l’enveloppe est bien plus complexe que la traditionnelle A.D.S.R. présente sur la plupart des synthétiseurs analogiques. Celle du DX7 contrôle 4 niveaux et 4 phases, ce qui multiplie les possibilités, d’autant plus que chaque paramètre peut être réglé au centième près de son excursion maximum reproductible. Le DX7 dispose aussi de générateurs d’enveloppe faisant évoluer la hauteur sonore d’une note dans une plage de 8 octaves !

De telles caractéristiques étaient alors absolument impossible à obtenir auparavant. C’est aussi la raison pour la quelle les instruments acoustiques sont bien mieux imités. Cette fidélité sonore s’accompagne également d’un volume sonore relatif entre différentes parties du clavier pour simuler les caractéristiques de certains instruments. Le DX7 offre un choix de 4 courbes de correction dont la profondeur peut là aussi s’ajuster de façon précise.

Il en est de même avec la fonction qui permet d’ajuster la profondeur des générateurs d’enveloppes du registre aigu par rapport au grave, comme c’est le cas avec un piano acoustique, quand la durée des notes graves se prolonge plus longtemps que les notes aiguës.

Ces différentes possibilités permettent au DX7 de créer des timbres absolument naturels mais aussi des timbres follement originaux et imprévus.


LA COMPARAISON FM ET SYNTHÈSE ANALOGIQUE

Mais qu’apporte la synthèse numérique FM du DX7 par rapport à la classique synthèse analogique ? Son apport tient aux immenses possibilités de contrôle laissées au musicien. Avec la FM, tout est calculé mathématiquement. Les opérateurs produisent des sons qui sont codés et sont ensuite restitués sous forme de signaux analogiques.

Plus besoin, non plus, d’oscillateurs ou d’amplificateurs spéciaux commandés en tension qui sont à la base de la synthèse analogique. Les générateurs d’enveloppe intégrés à chaque opérateur réagissent à des codes numériques de commande.

En éliminant les divers étages nécessaires à la création d’un son analogique donné, on diminue aussi les bruits de fond parasites et les distorsions propres aux instruments conventionnels. Un convertisseur numérique-analogique délivre alors des signaux audio purs, exempts de distorsion. Cette richesse et cette pureté ne sont pas là les moindres avantages d’une création sonore FM numérique. Obtenir un même résultat sur un synthétiseur analogique nécessiterait d’énormes efforts, sans être sûr, au final, de pouvoir vraiment y aboutir.


LA PROGRAMMATION

On peut aborder un DX7 à la façon d’un micro-ordinateur, mais sans avoir besoin d’être un expert en programmation pour en comprendre le principe et saisir tout ce dont, en fait, il peut se charger à votre place.

Les paramètres utiles relèvent généralement de deux grandes catégories : les caractéristiques de timbre et celles du jeu lui-même, de l’expression. Les premiers comprennent tout ce qui touche la structure harmonique, la hauteur sonore et les enveloppes. Les seconds peuvent être illustrés, par exemple, par la façon dont le volant moleté agit sur le son lorsque vous le manœuvrez d’un coup de pouce.

La meilleure méthode pour apprendre est de s’asseoir aux commandes du DX7 et de commencer par explorer les timbres présélectionnés. Une simple pression du doigt suffit. Dès lors, il est possible de modifier un son immédiatement. Sinon, l’autre voie consiste de partir de zéro et de créer un timbre personnel - qu’il sera toujours possible de retravailler plus tard en l’appelant via son stockage dans la mémoire interne (celle-ci est protégée même si l’instrument est débranché).


CLAVIER ET POLYPHONIE

Le clavier du DX7 est de qualité, ni trop mou ni trop dur. Il est apte à retransmettre fidèlement le jeu des doigts, surtout l’attaque. Plus vous appuyez rapidement sur une touche plus l’attaque initiale sera forte, tout comme sur un piano. Mais contrairement au piano, l’amplitude de cette réponse peut se programmer numériquement.

Une fois qu’une touche est enfoncée, les possibilités d’expression ne sont pas encore épuisées. Chaque touche est capable de répondre, dans une deuxième phase, à une modification de la pression exercée après l’enfoncement initial pour contrôler le degré des variations de timbre ou le vibrato, plus connu aujourd’hui sous la dénomination d’aftertouch.

La polyphonie du DX7 initial est de 16 notes (le DX7 II porte la polyphonie à 32 notes), avec effet de portamento et de glissando sur les 16 notes simultanément.


UNE NOUVELLE FAÇON DE JOUER ET DE RESSENTIR

Avec l’arrivée du DX7 s’est ouvert une profonde division, entre les musiciens qui l'encensent et ceux qui le redoutent quand il s'agit de mettre les doigts dans les menus d'éditions (on ne peut accéder qu'à un seul menu à la fois). L’instrument était si novateur et déroutant, qu’une grande majorité d’utilisateurs se contenteront de suivre les yeux fermés les schémas de programmation proposés dans les revues et ouvrages spécialisés.

L’arrivée de la technologie numérique a impliqué d’avoir une oreille neuve, c’est-à-dire en fonction d’une image mentale qui échappe aux cadres traditionnels. Lorsque l’on parle musique, le jugement final revient à l’oreille et non aux mots et encore moins au regard d'une technologie, même avant-gardiste !

La meilleure façon d’apprécier le DX7 est de l’écouter et ensuite d'apprendre à le décoder. Derrière sa façade se tapit un univers sonore illimité n’attendant que des doigts pour se poser dessus. Le DX7 concrétise une expérience anticipée par de nombreux musiciens venus d’horizons divers. L’instrument à fait date aussi bien sur scène qu’en studio. Tout au long des années 80, le son FM a imposé sa signature dans un nombre incalculable de disques et continue de vivre encore aujourd'hui malgré les modes et l'arrivée de l'échantillonnage.


PRINCIPALES CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES

  • Clavier : 61 touches de DO-1 à Do-6 (sensitif, à double action).
  • Sources sonores : Générateur de timbre FM, 6 opérateurs, 32 algorithmes.
  • Polyphonie : 16 notes.
  • Mémoire interne RAM : 32 présélections.
  • Mémoire externe ROM : 2x32 présélections.
  • Mémoire externe RAM : 32 présélections.
  • Sélecteur de mode : stockage, édition/comparaison, mémoire, jeu, protection mémoire (par pile).
  • Commandes : volume, entrée des données (curseur, sélecteur Oui/Non), volant d’accord, volant de modulation, opérateur E.S/H.S., copie d’enveloppe.
  • Paramètres (timbres) notamment : algorithme, réinjection, Oscillateur basse fréquence, oscillateur (mode/synchro, fréquence, désaccord), sensibilité de l’équilibrage clavier, niveau de sortie, sensibilité à la vitesse d’enfoncement de la touche, enveloppe hauteur sonore, transposition clavier.
  • Paramètres (fonctions) notamment : accord général, poly./mono, portamento, vérification pile, cartouche mémoire, commande au pied (plage, accord, amplitude, enveloppe).
  • Prises de sortie : 1 sortie mono, une prise casque.
  • Prise de raccordement : contacteur au pied (maintien, portamento), pédale (volume, modulation), commande voix (breath control).
  • Midi : In, Out, Thru.
  • Afficheur à cristaux liquide.
  • Interface pour cartouches mémoires externes.
  • Poids : 14,1 kg.
  • Accessoires : pupitre, 2 cartouches ROM (64 timbres x 2).

DX7 SOUND SENSATION (A) - Démo constructeur

Successivement : 1. Bell, female voice. 2. Bagpipe, snare drum, footsteps. 3. Stardust. 4. Harp, cello. 5. Electric guitar. 6. Church organ. 7 Violin. 8. Train, banjo, fiddle, honky-tonk piano. 9. Volcano. 10 Pan-flute, timpani, shimmer, chinese organ.

DX7 SOUND SENSATION (B) - Démo constructeur

Successivement : 1. Vibe, wood bass, sax, snare drum, bass drum. 2. Strings, female voice. 3. Steel drum I, steel drum II. 4. Accordion I, accordion II. 5. Marimba. 6. Strings, glitter. 7. Grand prix. 8. Harpischord, strings, soft piano, female voice, baroque trumpet.


DÉMO SONS COSMIQUES (source Digital Screams)


DÉMO TUBES ANNÉES 80 (source Power DX7)

Cette démo est accès sur quelques succès des années 80 : A-HA, Europe, Madonna, Top Gun… et place en évidence la polyvalence du synthétiseur en allant au-delà des patchs d'usine. Pour sa réalisation les sons du DX7 sont accompagnés d’une boîte à rythmes et de réverbération.


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