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LE BALDWIN 88 KUSTOM, UN PIANO ÉLECTRONIQUE CONÇU POUR LA SCÈNE

Apparu sur le marché français en 1981, le piano électronique Baldwin 88 Kustom tentait de fournir une réponse alternative à l’utilisation des pianos électriques Fender Rhodes et Wurlitzer. Avec son flight case intégré, il était conçu pour accompagner fidèlement les pianistes professionnels lors des concerts.


LE K88, LE PREMIER CLAVIER ÉLECTRONIQUE DYNAMIQUE

Depuis l’apparition du premier piano électrique Wurlitzer, puis du RMI, les fabricants d’instruments avaient essayé de produire un clavier qui soit portable et amplifié, mais surtout proche du piano côté sonorité. Cet objectif, tout à fait louable, cherchait à répondre au désir d’un grand nombre de claviéristes.

Quand sont apparus pour la première fois le Wurlitzer et le Rhodes, ils avaient pour eux l'avantage d'être équipés d’un mécanisme avec marteaux, comme le piano. C'était parfait pour permettre aux pianistes d’exprimer leur jeu sans trop ressentir de changement en passant du piano traditionnel au piano électrique. Dans les années 70, l’arrivée du CP-70B de Yamaha semblait être une solution satisfaisante en utilisant de vraies cordes de piano. Néanmoins, outre son poids et son installation, le Yamaha engendrait quelques problèmes concernant la tenue de l’accord quand les pianistes l'utilisaient en tournée. Rapidement, l'instrument devait trouver sa place légitime dans les studios d’enregistrement, bien plus que sur scène.

© Baldwin (photo publicitaire)

À la même époque ou presque, la marque américaine Baldwin avait, elle aussi, tenté l’aventure du piano acoustique transportable. Son modèle s’apparentait à un petit piano droit - dont le poids avoisinait tout de même les 80/90 kg. Sa présence sur scène restera anecdotique.

Dix ans plus tard, la marque revenait en force avec le Baldwin 88 Kustom. Ce clavier électronique réunissait alors ce qu’exige l’utilisation scénique, à savoir : portabilité, robustesse, stabilité, le tout assorti d’un équipement le plus complet possible. En théorie, comme en pratique, l’ambition du constructeur était d'obtenir le son du piano, mais avec les avantages de l’électronique.

Même si de nos jours sa sonorité encourage plutôt les sourires que la stupéfaction ou l’étonnement, quand l’instrument débarqua dans les magasins de musique, son approximation à vouloir reproduire un son de piano acoustique n’était pas une gageure. Le constructeur avait la conviction que son instrument apportait une réelle avancée dans le domaine de l’imitation sonore du piano.


AUTOPSIE DU BALDWIN 88 KUSTOM

Le son qui jaillit du Baldwin est fortement coloré (“colorful electric” de l’aveu même du constructeur). Toutefois, il faut reconnaître que le Kustom 88 possèdait pour l'époque quelques spécificités avant-gardistes, dont un clavier standard avec les 21 notes supérieures non amorties, comme sur un piano conventionnel, et un système de génération sonore utilisant une technique de mise en forme d'onde combinant des ajouts d'harmoniques inharmoniques. Précisons également que le Kustom 88 “synthétise” jusqu’à la 17e harmonique, ce qui est un net avantage pour obtenir un grain sonore d’une grande finesse.

Ses différentes spécificités techniques accompagnent un clavier pondéré de 88 notes, de bonne facture pour l’époque, équipé d'un mécanisme de commutation à ressort unique qui est interfacé avec le circuit des touches. Sa sensibilité au toucher permet un amortissement et une réponse dynamique aussi sensibles qu'avec un piano acoustique.

Pour la première fois, il existait un piano totalement électronique qui reproduisait toutes les nuances et les colorations du jeu du pianiste ; une expressivité qui, jusqu’alors, était réservée au piano électrique (l’orgue électrique en étant dépourvu).

Avec le Baldwin, plus les touches sont frappées fort, plus le son est puissant et plus les harmoniques sont relevés, ce qui signifie qu’on obtient une couleur plus brillante pendant plus ou moins une demi-seconde comme avec un piano acoustique avant la chute du son. Le clavier du Kustom 88 introduit ainsi une duplication quasi parfaite du toucher et du principe sonore du piano conventionnel, bien qu’à dire vrai, il soit assez proche du Wurlitzer (la sensation d’enfoncement des touches est précise mais assez légère sur le modèle testé).

Pour Baldwin, l'argument majeur était surtout de proposer aux pianistes un clavier qui ne se désaccorde jamais grâce à l’implantation de circuit CMOS numérique (le Kustom 88 n'est pas affecté par les changements de température et d'humidité). Par ailleurs, le système de génération de fréquence numérique élimine en partie certains problèmes de "casse" spécifiques aux mécanismes à cordes du piano.


INSTALLATION

Lors du transport, le Baldwin 88 se présente comme une volumineuse valise avec des coins renforcés et des poignées de transport remarquablement robustes. Lorsqu’on entrouvre le couvercle, on est en présence de deux entretoises en forme de L fixées à l'intérieur. En dévissant six gros boutons moletés (très facile et très pratique à tourner manuellement et sans tournevis), on les libère. Ensuite, il suffit de les repositionner perpendiculairement au couvercle. Le couvercle et les entretoises deviennent alors une solide base sur laquelle repose le clavier. Une fois installé, le Baldwin ressemble étrangement au suitcase du Fender Rhodes, sauf qu’ici, il n'y a pas de haut-parleurs, mais juste un couvercle.

Si l'assemblage est rapide et pratique, il nécessite cependant deux personnes pour soulever le clavier et le placer sur le couvercle (l’ensemble pèse environ 85 kg). Une fois installée, le “portable” et robuste Baldwin 88 forme une unité parfaitement stable au sol, avec sur le dessus un capot plat d’une surface suffisamment confortable pour accueillir un clavier supplémentaire.

© Baldwin (photos publicitaires)


PARMI LES CARACTÉRISTIQUES

Le Baldwin 88 est convenablement équipé. Côté connectique, il possède une entrée pour la pédale de sustain, une prise casque (en façade), ainsi qu’une sortie XLR ¼ basse impédance. Un tuning (accord +/- un ton) et un fusible de sécurité sont également présents.

Concernant le contrôle du son, l’instrument comprend un interrupteur marche/arrêt (led rouge) et plusieurs curseurs : volume, accentuation/atténuation des aigus et des basses, intensité et rapidité du trémolo. À ceci, s’ajoute un interrupteur lumineux de sélection des fonctions équaliseur (EQ) et trémolo, plus deux boutons-poussoir “marche/arrêt” pour couper séparément le contrôle des aigus et des graves ainsi que la section du trémolo.

Comme pour le Fender Rhodes, pour faciliter l'accès des contrôles, ceux-ci sont placés juste au-dessus de la partie gauche du clavier.


DÉMOS BALDWIN KUSTOM 88

BALDWIN KUSTOM 88 STAGE ELECTRONIC PIANO (source vidéo : merlin07756)
Le clavier 88 touches sonne comme un mélange intéressant d'un Wurlitzer 200A, d'un Rhodes et d'un CP-80. La sonorité brille vraiment lorsqu'il est égalisé et soumis à certains effets comme un Phaser ou un Chorus. Le trémolo interne sonne très bien et l'égaliseur intégré aide vraiment pour améliorer le son. Le clavier bénéficie de touches en bois lestées de taille réelle, comme sur un vrai piano.

EN CONCLUSION

Ce clavier a plus de quarante ans. Cela signifie qu'il est apparu à une époque où l’échantillonnage était à ses balbutiements. Alors que le synthétiseur Yamaha DX7 n’allait pas tarder à produire une véritable révolution sonore, le désir de jouer avec un vrai piano acoustique sur scène demeurait encore un éternel problème pour le musicien. Diverses raisons expliquent cela, la principale étant que toutes les scènes et les petites structures ne disposaient pas d’un piano acoustique sur place.

Toutefois, la véritable question à se poser ici est le son obtenu par le traitement électronique et à quoi il ressemble. Pour l’époque, le Baldwin 88 Kustom parvient à une approche convenable face aux caractéristiques techniques d'un piano acoustique (attaque, dynamique, sustain), car côté son, même avec les yeux fermés, il ne trompe personne. Pour autant, il ne faut pas condamner l’instrument trop rapidement, car chaque nouveau modèle apporte son lot d’améliorations et d'orientations à même de servir les musiques de demain. Citons ici la protection du clavier, son installation astucieuse et pratique, la possibilité d'installer un second clavier sur son capot plat, ainsi qu'une pédale de sustain qui reste bien en place en étant fixée sur une barre de traverse entre les deux entretoises en forme de L. Des idées toutes simples, mais qui ont fait leur chemin dans le milieu professionnel.

Piano Web (10/2022)

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