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PÉDAGOGIE



UTILISATION DE LA PÉDALE FORTE AU PIANO

LA PÉDALE FORTE

La pédale forte (pédale de droite) est indissociable du piano. Dès que l'on commence à acquérir les premières bases pianistiques, l'interprète ressent le besoin d'utiliser l'outil magique, celui qui libère le son de l'instrument. La frustration d'un son sec, sans résonance, pousse le pianiste à utiliser la pédale forte pour enrober son interprétation d'une âme bienveillante ("je passe sous silence l'utilisation de la pédale de gauche, rarement utilisée en musique moderne").


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La pédale forte est essentielle dans l'œuvre pianistique, mais son utilisation est d'autant plus bénéfique que son usage immodéré la rend diabolique à bien des égards. Le piano contrairement à d'autres instruments ne jouit pas d'un terrain d'expression démesuré. Seule sa capacité polyphonique lui permet de décupler ses possibilités musicales. Bien sûr, il est possible de jouer des nuances dans l'attaque du son, allant d'un pianissimo à un forte, mais la déclinaison naturelle de son enveloppe condamne celui-ci à une mort certaine, à brève échéance… une vingtaine de secondes pour les meilleurs pianos. L'utilisation de la pédale ne change rien au problème, puisque celle-ci ne permet pas le prolongement du son de façon artificielle.

Mais alors pourquoi évoquer la pédale comme étant l'outil indispensable du pianiste ?

LE RÔLE DE LA PÉDALE

Le rôle essentiel de la pédale est de remédier à la brièveté sonore des notes jouées sur le piano. Grâce à son mécanisme, la pédale permet aux étouffoirs de ne plus venir appuyer sur les cordes au moment où le pianiste relâche les touches. Les cordes résonnent ainsi de façon naturelle. La table d'harmonie laisse éclater, sans contrainte, toute la richesse sonore de l'instrument. Ainsi, sur une mélodie jouée à une main, son utilisation unifie la résonance de la première note à la suivante et ainsi de suite. Au lieu d'entendre la mélodie avec des sons détachés, celle-ci prendra un caractère "chantant" et plus chaleureux où chaque note ne s'éteindra pas dès qu'une autre surgira.

Sur un piano, la résonance de chaque corde est proportionnelle à sa longueur. Il convient donc d'apporter une attention toute particulière à l'utilisation de la pédale quand le jeu pianistique devient polyphonique et qu'il utilise les timbres graves de l'instrument. Un pianiste maîtrisant le jeu avec pédale est capable sur un piano correctement réglé, en jouant sur sa course d'enfoncement, d'obtenir les mêmes résultats que la troisième pédale inventée par Steinway où seuls les sons graves raisonnent.

Ne pas du tout utiliser la pédale dans un morceau de piano est exceptionnel. Même en musique classique où son intervention est mesurée, la pédale reste le moyen incontournable d'expression musicale du pianiste. Toutefois une utilisation raisonnable s'impose. Le pianiste a trois moyens d'utiliser la pédale : par le jeu direct, en même temps que le son de la note est émis ; par le jeu en retard, après l'émission du son (par exemple, quand le pianiste déplace sa main gauche pour aller chercher une note grave (jeu 'stride') ou quand le jeu lié des doigts seuls est impossible, et enfin le jeu par anticipation (bien qu'utilisé par certains pianistes, il est rarement employé).

La maîtrise du jeu direct et en retard permet de résoudre la plupart des interprétations pianistiques. C'est surtout lors des déplacements des mains que la pédale prend tout son intérêt. Grâce à elle le lien sonore entre des notes éloignées va pouvoir exister. Dans le registre grave, les basses vont apporter toute leurs puissances en laissant échapper leurs longues résonances, tandis qu'à l'aigu, la pédale va enjoliver l'envolée des gammes et des traits techniques. Certaines œuvres seraient impossible à jouer de façon crédible sans l'utilisation de la pédale.


UTILISATION BASIQUE DE LA PÉDALE FORTE AU PIANO

Il n'existe pas une, mais plusieurs façons d'utiliser la pédale forte, car celle-ci est toujours esclave de la musique qui la subodore. L'interprète doit être toujours attentif au discours qu'il veut atteindre et connaître les tenants et aboutissants de la musique qu'il joue, pour que son utilisation de la pédale forte soit toujours employée à bon escient.

La règle essentielle que je préconise dans l'utilisation de la pédale, en répertoire contemporain, où rien n'est noté concernant son utilisation (musique jazz, variété, rock, etc.), est de devenir l'esclave du changement des accords. Si du point de vue interprétation pianistique ce n'est pas la meilleure solution... ce n'est pas la pire ! En effet, tant que vous ne changez pas d'harmonie, les sons qui se mélangent sont, en théorie, en accord entre eux. Vous ne devez relâcher la pédale qu'au moment du changement d'accord (accord de C vers accord de G, par exemple. Attention… pas si vous rejouez quatre fois de suite le même accord !). Ce conseil est valable pour le pianiste débutant qui ne sait pas quand il faut appuyer et relâcher la pédale ou pour celui dont les problèmes d'indépendance mains/pieds sont loin d'être résolus.

Le problème engendré par cette approche est de donner à la mélodie un rôle d'harmonie qu'elle n'a pas… la mélodie se noie dans les accords de la main gauche et perd souvent son identité. De même, si le passage musical est constituée uniquement d'accords, ceux-ci perdent de leur énergie. Nous sommes là, à la limite majeure d'une utilisation outrancière de la pédale forte.

Voici un exercice d'indépendance que je conseille à mes élèves, lorsque ceux-ci débutent avec la pédale. Travaillez la pédale à vide sans jouer du clavier. Par exemple, sur une mesure à 4 temps, tandis que le pied gauche marque tous les temps sur le sol (la noire), vous appuyez sur la pédale juste avant le premier temps de la mesure et vous relâchez celle-ci au début du quatrième temps. Dans cet exercice, la pédale est jouée par anticipation, avant que le son d'un hypothétique accord soit émis. Le mouvement du pied doit être rapide et précis. Si vous jouez par exemple deux accords différents sur le premier temps de chaque mesure et durant chacun une noire, ceux-ci vont résonner grâce à l'action de la pédale, mais leurs sonorités respectives ne se mélangeront pas. Vous pouvez tenter le même exercice, mais chaque deux temps au lieu de quatre (2 accords par mesure).

N'oubliez pas que le jeu sur la pédale doit être délicat, il faut sentir la pédale sous le pied. Il faut agir avec légèreté, sans nécessairement appuyé comme un "sauvage" jusqu'à la fin de la course d'enfoncement.

Pour le pianiste plus expérimenté, sur une partition écrite avec les deux clés (clé de sol et fa, sans notation d'accords), je conseille, par avance, de noter par des repères personnels les changements d'harmonie (accords) ainsi que les variations opérant à l'intérieur d'une même harmonie (contre-chant, par exemple). Cette pré-lecture de la partition, grâce aux repères visuels écrits par le pianiste, permet une meilleure compréhension des écritures et facilite l'utilisation de la pédale.


PÉDALE ET PARAMÈTRE ACOUSTIQUE

L'utilisation de la pédale est donc étroitement liée au sons dont elle dépend, mais pas seulement… le tempo est également à prendre en compte. Ainsi, dans les tempos lents, et à cause de la diminution de la résonance des sons, le pianiste aura tendance à utiliser plus souvent la pédale pour donner à son discours musical plus de relief et une plus grande cohésion sonore.

Un autre élément important intervenant dans l'utilisation de la pédale est la résonance naturelle propre à chaque instrument. Tous les pianos n'ont pas la même résonance. En théorie, un piano à queue résonnera plus longtemps qu'un piano droit, notamment à cause de la longueur de ses cordes. Les paramètres acoustiques de l'instrument sont donc importants, sans oublier ceux de la salle où celui-ci est installé.

Ainsi, à cause de raisons purement acoustiques, l'écriture de la pédale sur partition ne peut être notée de façon précise et ne doit pas être suivie au pied de la lettre. Tout comme le doigté qui est absent chez certains auteurs classiques (Bach, Debussy), une partition avec comme seule indication : "utilisation de la pédale recommandée" oblige le musicien à prendre partie, à décider par lui-même et à expérimenter. La pédale, comme la musique se dirige par l'oreille, qui elle seule peut corriger les erreurs. L'absence d'indication sur de nombreuses partitions "modernes" n'est donc pas un mal si l'on souhaite progresser et mieux appréhender les phénomènes acoustiques qu'engendre l'instrument. Face à son élève, l'enseignant doit garder un œil bienveillant et prodiguer les conseils nécessaires, mais sans être trop dirigiste.

La pédale par son pouvoir de mélanger les sons, doit être utilisée de façon rationnelle et ne doit jamais ternir l'interprétation en aucune manière. Par défaut, il est préférable de ne pas l'utiliser pour éviter toute cacophonie. La hantise du pianiste serait de rendre son discours musical moins intelligible par une utilisation abondante et malvenue de la pédale.

  par ELIAN JOUGLA

À CONSULTER

L’USAGE DE LA PÉDALE FORTE ET SES CONSÉQUENCES


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L'AVIS DES INTERNAUTES

nom : Juju
message : Merci pour votre article très intéressant. (posté le 25/04/2018)

nom : Dib
message : Merci pour la précision de vos éclairages. (posté le 09/06/2015)

nom : Danielle Rigal
message : Vous dédramatisez la question de l'utilisation de la pédale, et cela contribue sûrement à mettre vos élèves, et ceux qui vous lisent, en confiance ! Merci pour ces conseils ... (posté le 18/05/2015)