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Portail sur la musique et les claviers modernes : piano, synthétiseur et orgue.

TECHNIQUE ET MAO



L’ÉCHANTILLONNAGE, DE L'ÉDITION AU STOCKAGE

Cette page fait suite à ÉCHANTILLONNER, SAMPLER UN PREMIER SON


Dans le volet précédent, nous avions mentionné les changements de volumes. En pratique, puisque l’échantillon est une séquence de nombres représentée sur un écran par une courbe, on peut, en principe, lui faire subir tous les calculs numériques disponibles et le manipuler à travers son image avec toutes les fonctions graphiques éventuelles...


GAGNER DU TEMPS EN BOUCLANT

Dans la première catégorie, nous trouverons les effets, filtres, inversions ; dans la seconde, nous aurons les couper-coller, les effacements, les décalages, les duplications, le tracé à la main levée, etc. Tout ceci n’est pas automatiquement ravissant ou intéressant du point de vue acoustique ou musical, et ce sera à vous de choisir. Contentons-nous donc de signaler quelques applications originales ou spécifiques.


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Le fait d’avoir un filtrage numérique permet par exemple de supprimer une ronflette ou un sifflement. Avec un soft adapté, on peut avoir un graphe de l’analyse harmonique de l’échantillon qui permet d’identifier la fréquence fautive. On définit alors un filtre qui encadre la fréquence en question sur quelques hertz et on la rejette 90 dB en dessous.

Par rapport à l’enregistrement numérique en direct-to-disk, le sampling se caractérise surtout par l’utilisation de boucles. L’idée est la suivante : quelqu’un joue une note au piano en laissant la pédale forte enfoncée. L’instrument va résonner un long moment, et si on échantillonne tel quel, on va « manger » une quantité de mémoire énorme. Or, pendant que le son du piano s’étend avec une lenteur désespérante, son timbre ne change pratiquement pas. Si on pouvait isoler une période de ce sustain et la faire boucler en lui appliquant une enveloppe lentement décroissante, on refabriquerait probablement un son assez proche du son de départ, tout en ayant remplacé un échantillon de quelques secondes par un autre de quelques centièmes de secondes ! Tentant, n’est-ce pas ? Mais pas si simple.

Tout le problème consiste à trouver le morceau que l’on va faire boucler. Une difficulté que les échantillonneurs ont résolue en plaçant, en leur cœur, des fonctions de recherches de points de looping. Les boucles en question sont de plusieurs types car on peut répéter l’échantillon dans le même sens et un coup dans l’autre. L’intérêt du résultat est encore affaire de goût personnel.

L’autre paramètre contre la durée : on peut boucler 'n' fois, boucler jusqu’au lâcher de la note ou jusqu’à un événement déterminé. Dans les cas « luxueux », on nous offre même plusieurs boucles. C’est l’existence de ces boucles, conjointement à la disponibilité de mémoires plus importantes, qui a lancé l’idée de faire boucler des grooves. Dans ce cas, ce qui boucle, c’est l’échantillon complet. Evidemment, on ne peut pas transposer l’échantillon car sa durée serait modifiée, ce qui en changerait le tempo, ce qui réduit en fait cette approche à l’utilisation des percussions.

Toutefois, c’est une mauvaise approche : il est beaucoup plus simple de ne pas boucler et de synchroniser l’échantillon avec une note jouée au début de chaque mesure. C’est dans les triches au niveau de ces impossibilités que les sampleurs du type E-mu, Ensoniq se sont montrés inventifs.


STOCKAGE ET COMPAGNIE

Et le micro-ordinateur, me direz-vous ? C’est vrai. Les caractéristiques présentées comme révolutionnaires sur les échantillonneurs, comme lire des sons sur le disque pendant que l’on joue ou rééchantillonner de façon autonome, sont désormais disponibles sur les micro-ordinateurs. Quel que soit le matériel retenu, il faudra tôt ou tard se mettre à investir dans le stockage de masse. À ce titre, les échantillonneurs évolués possèdent une interface SCSI (ou peuvent en avoir une en option). L’ajout d’un lecteur de CD-Rom ne pose donc pas de problèmes.

Votre lecteur de CD-Rom, par définition, ne sait que lire des échantillons achetés dans le commerce (ou des CD audio). Qu’allez-vous donc faire des échantillons que vous avec concoctés avec soins ? La réponse la plus immédiate passe par l’utilisation d’un classique disque dur. La capacité ne risque jamais d’être trop grande : réalisez que chacun de vos CD contient en moyenne la bagatelle de 650 Mo de données. Le problème est donc technico-économique. C’est-à-dire qu’il faut jouer avec les prix autant qu’avec la technologie.

Aujourd’hui, un disque dur d’une centaine de giga ne coûte que quelques dizaines d’euros, bien moins que par le passé. Dans les années 80, on utilisait les DAT à moindres frais, mais sans garantir la pérennité des enregistrements à cause du support magnétique. De fait, les constructeurs ont compris tout l’énorme avantage commercial du support CD-Rom. Le produit grand public verra son prix dégringoler en l'espace de quelques années… au point de rejoindre celui du CD audio… sans oublier sa vitesse de lecture se multiplier « x » fois en quelques mois. Les graveurs de CD suivront cette même logique commerciale.


ÉCHANTILLONNER, LE PARADIS DU MUSICIEN

Une fois organisé le stockage de vos précieux échantillons, vous vous retrouvez donc avec des capacités d’enregistrements considérables, exactement du genre de celles qu’il vous faudrait pour enregistrer en numérique. Et c’est là que le choix devient cruel : allez-vous acheter un échantillonneur, un synthé, un rack d’effet, une boîte à rythmes et un enregistreur sur disque numérique ? Il est bien fini le temps du mini-studio 4 ou 8 pistes. De nos jours, les pistes ont explosé et effacé ainsi tous les soucis de drop.

Pourtant, tous les problèmes liés au son ne sont pas résolus. Par exemple, chaque synthé ayant son bruit propre, si vous l’échantillonnez, vous n’aurez tout de même pas le son équivalent, ne serait-ce que parce que les modes d’expression ne sont pas les mêmes sur le synthé d’origine et sur le sampleur qui essaye de l’imiter. D’autre part, le débarquement de l’acoustique virtuelle nous a ouvert une nouvelle palette pour nuancer nos sonorités. Seulement, tous ce bric-à-brac n’est plus du logiciel, servi par des calculateurs de plus en plus puissants, mais dont les moins chers sont les plus répandus : Pentium, par exemple.

Ainsi, les luthiers vont avoir de plus en plus de mal à garder une technologie d’avance, sans compter sur les stratégies à court et moyen terme des multinationales. À notre époque, on devient vite un diplodocus : si quelqu’un avait pronostiqué dans les années 1970 qu’IBM aurait un jour des difficultés, on l’aurait interné. Et pourtant IBM a complètement loupé le train de la micro, même s’il a inventé le PC, payé « MS-DOS », raté le lancement d’OS/2, et a passé quelques années dans le rouge.

Depuis, la relève est prise par les machines multimédia à partir desquelles des gens échantillonnent à tour de bras, pour des résultats très inégaux. À l’ergonomie, à la mobilité de l’échantillonneur version rack, le large écran de l’ordinateur de bureau est nettement plus appétissant qu’un afficheur vaguement graphique de quelques centimètres carrés. Pour ceux qui seraient tentés d’objecter que les ordinateurs ne sont pas encore les maîtres dans les tournées ou dans les studios, on rappellera aux plus jeunes d’entre vous que les « professionnels » du son se sont satisfaits pendant des années des Atari ST qui sont à l’informatique ce qu’une Triumph est à une BMW… Simplement parce qu’ils ignoraient ce qui se passait sur PC, et même, dans une moindre mesure, sur Mac.

Enfin, puisque à l’ère du multimédia le sampling n’est plus qu’une fonction logicielle parmi les autres, souvenez-vous simplement qu’avec un simple PC à peine amélioré, on peut faire de l’image de synthèse animée en temps réel. Les peintres qui se sont tapés les cellulos des dessins animés de Disney doivent en rester rêveurs !

Jusqu’ici la micro a toujours développé ses propres moyens en se préoccupant fort peu de ce qui existait avant elle. Clairement, on s’est engagé dans une course en forme de fuite en avant, et le seul pronostic que je vous éviterai est celui qui vous donnerait un ordre de grandeur du timing des événements qui viennent à notre rencontre.

Par Jean Poncet