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TECHNIQUE ET MAO



LE B.A.-BA DE L’ÉCHANTILLONNAGE (part. 2) : RÉALISER UN PREMIER ÉCHANTILLON

Cette page fait suite à Le B.A.-BA de L’échantillonnage (part. 1) : comment échantillonner proprement

Le plus confortable, avec un échantillonneur moderne, c’est lorsqu’on dispose d’une fonction d’autocalibration. On la met en service, on joue ce que l’on veut échantillonner, le sampleur note le son le plus fort, règle le gain d’entrée pour que ce son passe à 0 dB et il n’y a plus qu’à revenir en arrière et à enregistrer pour de vrai. Mais est-ce toujours aussi simple ?


APPRENDRE À JONGLER AVEC LE "CLIPPING"

Avec un vieux sampleur ou une carte multimédia, on n’aura pas le plus souvent de fonction de calibrage, et on devra recourir à des tâtonnements. Comme on peut sans difficulté effacer un échantillon pas satisfaisant, le mieux est d’enregistrer à chaque lecture et de garder le dernier résultat qui devrait être le bon.


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On lit donc le bruit à capter avec un réglage de niveau quelconque. Si on a du clipping, il suffit de recommencer en baissant le niveau. Si on n’a pas de clipping, on augmente le niveau jusqu’à ce qu’on en ait.

Lorsqu’on a réussi à trouver deux réglages voisins dont l’un provoque du clipping et l’autre pas, il suffit d’enregistrer avec le gain qui ne provoque pas de clipping, c’est tout !

L’autre paramètre qui intervient pendant l’échantillonnage, c’est de savoir quand le lancer et quand l’arrêter. Sur les appareils sophistiqués, vous avez droit à un réglage de seuil (threshold) qui résoudra la question pour la plupart des débutants. Pour que ça ait une chance de fonctionner, il faut que le son qui vous intéresse suive un silence et qu’il ait une attaque franche.

Sur un échantillonneur récent, il est facile d’avoir une mémoire permettant d’enregistrer plusieurs secondes. Sur un micro-ordinateur, vous pouvez travailler sans difficulté en direct-to-disk, donc enregistrer plusieurs minutes d’affilée, même en stéréo. Un sampleur traditionnel vous permet de visualiser la forme d’onde et de l’éditer, opération encore plus simple et plus confortable sur un ordinateur. Donc, enregistrez en prenant des marges, avant et après, puis sélectionnez, au curseur ou à la souris, la partie que vous voulez garder, compte tenu que tous les éditeurs vous permettent justement d’écouter la portion sélectionnée. Ensuite, il ne vous reste plus qu’à le sauver sur un disque quelconque.


LE CHOIX DES ÉCHANTILLONS

Tous les bruits ne sont pas toujours fructueux à sampler : un son modulé par un vibrato donnera des résultats discutables si on le transpose. On aura la même chose avec les éléments qui dépendent du temps : reverb, délais, écho, etc. Autrement dit, la plupart du temps, un son « sec » sera préférable si l’on souhaite obtenir un résultat le plus « propre » rapidement.

Toutefois, ces précautions n’évitent pas tout, surtout lorsqu’on s’éloigne trop de la note d’origine. Un des cas démonstratifs est le piano, puisque chaque note est jouée par des cordes différentes et qu’il n’y a donc pas vraiment de raison pour qu’elles aient toutes un timbre constant. Autrement dit, vous enregistrez un Do grave, et votre sampler vous laisse monter bien évidemment toutes les notes que vous voulez. Pourtant, si vous comparez le bruit fourni par le sampler pour le C3 du milieu du clavier avec le Do du départ, vous aurez comme une nuance !

Cela signifie que si vous souhaitez un piano convainquant, il faudra enregistrer plusieurs échantillons à plusieurs hauteurs de la tessiture de l’instrument. Déjà, le Bosendorfer du Synclavier avait pris les devants avec un échantillons toutes les trois notes !

Une conclusion s’impose déjà : Pour pouvoir vous servir du multisampling, il faudra que vous sachiez « mapper » un clavier, c’est-à-dire assigner un ou des sons à des touches (zone de split), et sur le même canal MIDI.

En gardant l’exemple du piano, il existe aussi un autre paramètre qui vient se greffer au multisampling : l’expression. Il est facile de constater que le timbre d’une corde caressée n’a pas grand chose à voir avec celui de la même corde attaquée par un marteau à trois fois la vitesse du son ! Autrement dit, vous venez d’échantillonner une note, disons moyenne, et vous connectez le volume ou l’enveloppe de volume à la vélocité…

Surprise ! Si vous jouez la note doucement, elle se prend un air hargneux, et si vous la jouez fort, elle sonne comme un piano jouet. Le remède est d’échantillonner un échantillon faible, un autre de niveau intermédiaire et un dernier fort. En enregistrant trois échantillons par note comme sur le multisample Synclavier dont on parlait, vous aurez certainement quelque chose d’assez réaliste, mais en ayant consommé des dizaines de Mo de mémoire !

Parfois, deux échantillons par note peuvent suffire en étant « mappés » sur la même zone de clavier et on les programmera pour les mettre en layer (en couche) avec un cross-fade de vélocité (toutes ces techniques d’exploitation de la multitimbralité n’étant pas spécifiques des échantillonneurs puisque n’importe quel synthé multitimbral en bénéficie).

En revanche, il est facile de deviner tous les pièges et écueils qui attendent l’échantillonneur brouillon : lorsque vous monterez la gamme, il y a des moments où vous allez passer d’un échantillon à un autre en passant d’une note à la suivante, et vous avez intérêt à ce que la transition soit douce… Il y a bien sûr la solution de tricher en ne faisant pas de splits secs mais des cross-fades entre zones ; et si ça fonctionne bien, considérez que vous avez eu de la chance…

Autrement dit, dans notre exemple de piano, il faudrait presque disposer d’un montage mécanique qui tape d’une façon mesurable sur les touches de façon à ce que tous les enregistrements d’un layer soient réalisés avec la même vélocité sur le clavier du piano. La prudence (ou la sagesse si vous préférez) recommande donc de ne pas commencer par l’échantillonnage d’un piano. Préférez à cela une flûte ou une clarinette comme exercice.

Une remarque en valant une autre… Vu la richesse des bibliothèques d’échantillons disponibles dans le commerce, c’est un peu dommage de vouloir réinventer la roue et de s’enquiquiner à enregistrer, certainement en plus mal, le 2 543e sax ténor. Je vous rappelle que le sampleur est un outil de création sonore et qu’il est possible de développer des sons d’instruments uniques, comme un orgue perdu sur fond de ressac.


DES PHRASES À INSÉRER

Les bruitages et les sons d’instruments ne sont pas les seuls concernés par votre sampleur. Tant que la mémoire le permet, vous pouvez enregistrer des phrases entières que vous stockerez sous la forme d’un fichier WAV pour qu’un séquenceur l'incorpore dans une séquence quelconque ; la difficulté, dans ce cas, étant de synchroniser votre phrase samplée avec le tempo des autres pistes. Vous pouvez bien sûr utiliser les possibilités du time-strech, Cependant, la qualité du résultat dépend beaucoup de la qualité du logiciel.

Si vous changez la tonalité, vous pouvez également transposer l’échantillon, mais alors il ne durera pas le temps correct. Faire du time-stretch dans ce genre de schéma n’a rien de simple si on se souvient qu’un demi-ton correspond à une modification de temps de 1,0594630944… La meilleure solution serait d’enregistrer l’échantillon par courte phrases, ce qui implique autant de traitements, malgré tout.

Une autre tentation, qui vient des possibilités de bouclage, consiste à enregistrer des mesures complètes de groove de batterie. Pour que la durée de votre groove tombe pile sur la durée d’une mesure, il va encore vous falloir un sacré pot !

Par Jean Poncet


LE B.A.-BA DE L’ÉCHANTILLONNAGE (part. 3) : DE L'ÉDITION AU STOCKAGE