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PÉDAGOGIE



ÊTRE À LA BONNE HAUTEUR ET DISTANCE DU PIANO

« Comment jouer du piano en évitant si possible certaines erreurs ? » Pour répondre à une telle question, les seules armes dont dispose tout bon professeur se résument généralement à sa propre éducation musicale, son sens analytique et à ses observations recueillies par son expérience professionnelle. Le plus difficile est peut-être de séparer les principes physiques et techniques qui entourent la pratique du piano de son héritage classique, puissant et encore trop arbitraire.

Parce que fondamentales, il est toujours bon d’approfondir correctement les notions essentielles, de celles qui justifient chez un pianiste la recherche de la position physique idéale vis-à-vis de l’instrument. Divisé en plusieurs volets, cet article aborde les points suivants :

  • 1 - S’asseoir à la bonne hauteur et distance
  • 2 - Le clavier et l'enfoncement des touches
  • 3 - Musculature et articulation

1 - S’ASSEOIR À LA BONNE DISTANCE ET HAUTEUR DU PIANO


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La position face au piano mais aussi la gestuelle, la souplesse ou encore la musculation ne manquent pas de susciter des controverses et des avis divergents chez de nombreux enseignants et pédagogues. Cela paraît banal, pourtant s’asseoir face à un piano et trouver la bonne hauteur comme la bonne distance n’a rien d’anodin. En effet, une hauteur inadaptée entraîne à sa suite des douleurs physiques et influe directement sur la qualité du jeu pianistique. De même, l’ancrage au sol doit être stable pour ne pas soulever d’autres problèmes physiques (consulter Acheter un tabouret ou une banquette pour piano).

La bonne hauteur comme la bonne distance doivent assurer l’aisance et la mobilité en toutes circonstances, mais à cause de la morphologie si différentes d’une personne à l’autre, il n’existe pas de position prédéterminée qui fasse école ; un constat d’autant plus réaliste que l’instrument, lui, ne s’adapte jamais au pianiste !

L’autre gros soucis est que le piano, depuis l’époque de Mozart, n’a jamais fait un pas en direction des enfants pour s’adapter à leur morphologie. Alors, dans la recherche d’un compromis, l’enseignement du piano adopte tant bien que mal une hauteur standard avec les avant-bras placés à l’horizontale du clavier, tout en glissant sous les pieds de l’enfant un petit tabouret afin de lui assurer une certaine stabilité. Quant à atteindre les extrémités du clavier, sans se tordre le dos, cela est impossible, d’où une pratique instrumentale qui se concentre sur le milieu du clavier dans un premier temps.

Du point de vue du jeu, la principale conséquence de la hauteur est de modifier la sensation de résistance du clavier. Ainsi, si une position basse donne l’impression que les touches sont plus lourdes, elle a pour avantage d’apporter un meilleur contrôle du phrasé. Par contre, une position plus élevée permet d’avoir un meilleur ajustement du déplacement des mains aux extrémités et plus de puissance à l’attaque (ce qui incite certains pianistes lors d’un passage en ‘fff’ de se soulever du tabouret momentanément). Quant à la distance du buste vis-à-vis du clavier, elle est souvent dictée par la position des mains au centre du clavier. Il ne faut surtout pas que les avants-bras appuient sur le buste pour ne pas gêner la mobilité des mains. Si c'est le cas, c'est que vous êtes trop près du clavier. De même, la bonne distance ne doit pas se référer aux extrêmes du clavier, quand les bras sont tendus, d’autant que tout le monde n’est pas en capacité de les atteindre tous les deux en même temps.

Position assise. Avant-bras légèrement fléchis vers le bas pour un meilleur contrôle du jeu

À LA RECHERCHE DE LA POSITION IDÉALE

Pour un adulte (ou adolescent) la position idéale doit tenir compte de la longueur du buste et des bras. Ce sont généralement ces deux paramètres qui déterminent la hauteur qui convient. Le plus souvent, un pianiste sans contrainte morphologique avec de longs bras et un buste allongé aura tendance à abaisser l’assise, tandis qu’à l’opposé, une personne petite ou de taille moyenne la remontera.

À ce stade des explications, il est utile de bien comprendre qu’une position ne deviendra idéale qu’au bout d’un certain temps de pratique (plusieurs mois) ; ce qui signifie qu’en fonction des progrès techniques et des difficultés rencontrées, la hauteur devra être réétudiée en conséquence. Une période de rodage est donc nécessaire, et c’est en interprétant divers répertoires que l’on trouve généralement la position idéale, celle qui donne la meilleure sensation d’aisance et de mobilité.

Position debout (jeu de scène oblige !). Une telle position, avec les avant-bras surélevés, suramplifie la difficulté de jouer avec précision.

Tester la bonne hauteur et distance, c’est aussi approfondir sa relation au clavier. Plus « on sent les touches » sous les doigts, plus on a tendance mécaniquement à abaisser l’assise pour contrôler davantage le jeu. Cette relation entre la technique et l’instrument est comme un face à face, et pour que chaque mouvement du corps s’accorde, il faut toujours laisser agir le temps et les expériences.

La meilleure école serait d’adopter une certaine position (hauteur) et de s’y tenir pendant un laps de temps, pour ensuite analyser ce que l’on ressent physiquement en fonction du temps passé au piano journellement et du répertoire travaillé. Ensuite, à vous d’adopter une autre hauteur, également sur une longue période. Cela permet, par comparaison, d’enrichir ses réflexions personnelles.

Il ne faut surtout pas oublier, qu’en fonction du style musical pratiqué, le piano nécessite un engagement physique plus ou moins intense et que c’est au bout de quelques heures - et non de quelques minutes - que les bonnes sensations, de celles qui ne soulèvent aucunes contestations comme l’apparition de douleurs ou d’engourdissements, se révèlent à soi. Vous pouvez comparer les sensations liées à la pratique du piano à un sport d’endurance régulièrement pratiqué qui vise l’effort physique mais certainement pas la douleur physique !

La conséquence directe d’une bonne position face au piano est de permettre une meilleure conduction de l’énergie à travers le corps et une meilleure respiration : « Mieux je respire et mieux mon énergie circule. Meilleurs seront alors mes réflexes et ma qualité de jeu. » La relation entre le pianiste et l’instrument ne doit faire qu’un. Le corps, les épaules, les bras, les mains constituent un prolongement physique qui fait lien avec la touche, la mécanique, jusqu’au marteau qui frappe la corde. C’est d’ailleurs au moment où l’on ne se soucie plus de sa position face au piano, que l’on oublie par la même occasion la position de ses mains et de ses doigts, que toute étrangeté relationnelle avec l’instrument disparaît comme par magie.

par ELIAN JOUGLA

À suivre : L’enfoncement des touches et les mouvements


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