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HISTOIRE DE LA MUSIQUE : LES PIANISTES DE JAZZ



JOANNE BRACKEEN, BIOGRAPHIE DE LA PIANISTE DE JAZZ

Complexe mais toujours lyrique, la musique de Joanne Brackeen est puissante et percutante. Cette pianiste aux talents multiples est aussi à l’aise dans le jazz d’après-guerre que dans le free et le jazz modal.


LES DATES IMPORTANTES DE LA VIE DE JOANNE BRACKEEN

  • 1938. Joanne Brackeen est née le 26 juillet 1938, à Ventura, en Californie. Elle débute le piano en autodidacte. À la fin des années 50, elle commence à jouer avec Teddy Edwards, Dexter Gordon, Charles Lloyd et son futur mari, Charles Brackeen. Elle aura avec lui quatre enfants et se retire momentanément de la scène.

  • 1964. Elle joue du piano et de l’orgue avec Freddie McCoy et Woody Shaw.

  • 1965. Elle s’installe à New York.

  • 1969. Joanne Brackeen se produit avec Dave Liebman en 1969, puis de nouveau en 1974. Elle joue également avec Art Blakey pendant trois ans, devenant la première femme à jouer dans son ensemble, les Jazz Messengers.

  • 1972/1977. Depuis 1972, elle se produit auprès du saxophoniste Joe Henderson. Elle poursuit ensuite sa carrière avec Joe Farrell, Sonny Stitt et Stan Getz.

  • 1979. À la fin des années 70, elle se produit sous son nom. Elle forme des duos avec Clint Houston puis avec Red Mitchell.

  • 1986. Elle enregistre à la tête d’un quintette, le 'Fi-Fi Goes to Heaven' avec Terence Blanchard, Brandford Marsalis, Al Foster et Cecil McBee.

  • 1989. Elle enregistre pour Concord un récital dans la série 'Live at Maybeck Hall'.

  • 1993. Elle s’intéresse à la musique brésilienne et enregistre un album chez Concord intitulé Take A Chance.

JOANNE BRACKEEN, UNE PIANISTE AUX TALENTS MULTIPLES

Le jazz est pour elle un « monde intrigant et fascinant ». Que la pianiste s’exprime au sein d’un trio, d’un quintette ou toute seule, le jeu qu’elle développe retient l’attention. Capable de s’adapter à de nombreux styles, elle n’est est pas moins une excellente compositrice et improvisatrice qui jongle avec les rythmes les plus audacieux.

Passionnée par le jazz durant son enfance, elle aborde le piano en relevant à 11 ans des solos d’un pianiste et chef d’orchestre populaire des années 40, Frankie Carle. Visiblement douée, en 1950, elle réalise ses premières expériences professionnelles avec une amie accordéoniste, Joanne Zerwig. « Les gens m'appelaient toujours pour des concerts. Ils pensaient que j’avais 21 ans. Quand j’avais 16 ans, j’ai obtenu mon permis de conduire, mais je l’ai modifié pour avoir plus de 21 ans. Je travaillais partout et ils pensaient tous que j’étais majeur. »

Le Conservatoire de Los Angeles, qui a entendu parler d’elle et de ses prédispositions pour la musique, lui offre une bourse pour parfaire ses connaissances, mais Joanne n’y reste pas, préférant aux études le chemin qui conduit à la scène. La vie artistique ce sera, alors qu’elle n’a pas encore 20 ans, la rencontre avec les saxophonistes Teddy Edwards, Harold Land et Dexter Gordon mais aussi avec les futures icônes du free jazz que seront Ornette Coleman et Don Cherry.

Après avoir jouée avec Dexter Gordon et Teddy Edwards, Joanne et son mari, le saxophoniste Charles Brackeen, partent s’installer avec leurs enfants à New York en 1965. Dans la grande ville, Joanne partage la scène avec quelques sommités comme le guitariste George Benson, le contrebassiste Paul Chambers, le trompettiste Woody Shaw et les saxophonistes Lee Konitz et Sonny Stitt.

En 1969, elle rejoint les Jazz Messengers du batteur Art Blakey et devient la première et la seule femme membre du groupe. Elle y restera jusqu'en 1972. Sa popularité dans le milieu jazz ne fait alors que croître. Elle devient l’accompagnatrice des saxophonistes Joe Henderson (1972-75) et Stan Getz (1975-77) ; et c’est durant les années passées auprès de Getz qu’elle décide de faire cavalier seul.

Après avoir quitté le saxophoniste, Joanne prend alors sa destinée artistique en main et devient le leader d’un quintette baptisé ‘Fi-Fi Goes to Heaven’ qui, au fil des enregistrements, comprendra dans ses rangs le trompettiste Terence Blanchard, les saxophonistes Michael Brecker, Ravi Coltrane, Branford Marsalis, Chris Potter et Greg Osby, les contrebassistes Eddie Gomez, Cecil McBee et John Patitucci, les batteurs Jack DeJohnette et Horace "El Negro" Hernandez, et le percussionniste Billy Hart.

Sous son nom, elle gravera plus de 20 albums, ce qui lui permettra également de vulgariser une centaine de ses compositions. Voyager et jouer avec son propre groupe sera pour la pianiste une délicieuse expérience dont l’enrichissement rejaillira dans les sessions qu’elle produira en tant que sideman pour d’autres artistes.


JOANNE BRACKEEN : 'BEWITCHED, BOTHERED AND BEWILDERED'
Joanne Brackeen, piano (Live au 'Jazz Ost-West Festival' de Nürnburg - Allemagne 1988)

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S’INVESTIR DANS L’ENSEIGNEMENT

Parallèlement à sa carrière scénique, Joanne Brackeen consacrera beaucoup de temps et d’énergie à enseigner. Partager ses connaissances musicales et les transmettre sont pour elle une façon de se ressourcer. En plus d'enseigner à la 'Berklee College of Music' de Boston et à la 'New School' de New York, Joanne Brackeen a dirigé des master class et des résidences artistiques à travers les États-Unis mais aussi en Europe.

Cet attachement à l’éducation musicale lui a permis de recevoir en retour de la part du ‘Berklee College of Music’ de Boston plusieurs distinctions : ‘Distinguished Professor Award’, ‘Outstanding Achievement in Education Award’ et ‘Berklee Global Jazz Institute Award’. Pour son travail, elle a reçu également le prix ‘Living Legend’ de l'International Women in Jazz et le prix ‘BNY Mellon Jazz 2014 Living Legacy’.

Joanne Brackeen s'est imposée comme une pianiste et compositrice de pointe grâce à ses apparitions scéniques dans plus de 40 pays. Ses performances en solo ont également consolidé sa réputation comme l'une des pianistes les plus innovantes de sa génération. En 2018, elle a reçu le ‘NEA Jazz Masters Fellowship’ qui est une récompense remise chaque année à des musiciens de jazz en reconnaissance de leur œuvre.

À ce jour, Joanne Brackeen continue d’enseigner et de se produire à travers des tournées internationales.


JOANNE BRACKEEN : 'SAMBA DO SOHO' (album 'Breath Of Brazil' - 1991)
Joanne Brackeen, piano - Eddie Gomez, basse - Duduka Da Fonseca, batterie - Walthino Anastacio, percussion

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DISCOGRAPHIE SÉLECTIVE

  • 1979 : Keyed in (Tappan zee)
  • 1981 : Special identity (Artist direct)
  • 1990 : Fi-fi goes to heaven (Concord Records)
  • 1990 : Live at Maybeck recital hall (Concord Records)
  • 1990 : Having fun (Concord Records)
  • 1991 : Where legend dwell (Direct artist)
  • 1991 : Breath of Brazil (Concord Records)
  • 1994 : Take a chance (Concord Records)
  • 1995 : Turn around (Evidence)
  • 1995 : Power talk (Turnipseed)
  • 1996 : Six ate (Candid Records)
  • 1996 : Invitation (Black lion)
  • 1999 : Pink elephant magic (Arkadia jazz)
  • 2000 : Popsicle illusion (Arkadia jazz)
  • 2000 : Aft (Timeless Holland)
  • 2000 : New true illusion (Timeless Holland)

par ELIAN JOUGLA (Piano Web - 03/2021)


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