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TECHNIQUE ET MAO



MICROS ET PRISE DE SON : DES PISTES POUR « ENREGISTRER UTILE »

S’il est facile d’utiliser un micro pour chanter, il est bien plus difficile d’en faire un bon usage quand il s’agit de s’enregistrer. C’est un fait avéré… Et si capturer une voix à ses règles, l’enregistrement d’un piano, d’un violon ou d’une guitare également. Comme longuement détaillé dans la page 'Acheter un micro… du home studio à la scène’, il existe presque autant de microphones que de situations techniques à résoudre. Une bonne raison pour poursuivre le sujet sur la prise de son...


LES OREILLES D’ABORD

Avant tout, ce que l’on recherche dans la prise de son d’un instrument acoustique ou d’une voix, c’est qu’elle soit fidèle à ce que nous avons entendu. Or, j’attire votre attention sur le fait que le mot « fidèle » doit être employé avec discernement. La « fidélité » d’un enregistrement acoustique dépend d’abord de la qualité d’audition de nos oreilles. C’est le premier maillon et le plus indispensable. Les différentes étapes qui conduisent au résultat final (emplacement des micros, mixage, restitution sonore) dépendent certes d'une technique, mais également de la façon que l'on a de discerner les aigus des graves, de jauger la dynamique d’un son par rapport à un autre ou d’appréhender sa spatialisation. En fait, le véritable danger dans les problèmes d’audition, c’est que l’on s’en rend compte souvent quand il est déjà trop tard !


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Ensuite, un enregistrement sonore est toujours subjectif. Il dépend de ce que vous cherchez à obtenir : un son présent, un son distant, un son rond, spacial ou étroit. En fonction de tel ou tel objectif, un certain type de matériel s’impose, et comme l’acoustique d’une pièce n’est jamais parfaite (redondance sonore, réverbération, écho), une connaissance poussée de votre équipement (aux contours toutefois limités) s’impose afin de palier aux plus gros défauts. Dans le domaine de la prise de son, sachez que c’est souvent l’expérience et la pratique qui occupe la plus grande place et qui apporte le meilleur résultat. Il faut donc pratiquer et encore pratiquer. Diagnostiquer ses erreurs, les corriger et recommencer.

Dans la page 'Enregistrer un piano', vous trouverez quelques solutions inhérentes à la prise de son du piano en solo ou en duo.


LE CHOIX DU MICRO

D'une relative robustesse, le micro dynamique est le plus répandu, malgré le fait que son utilisation soit limitée. Face à un choc ou à des écarts de températures, le dynamique convient à bien des situations, notamment lors d'une prise de son en extérieur. D’autre part, comme ce type de micro est en mesure d’encaisser de fortes pressions sonores, il conviendra mieux à l’enregistrement d’une batterie, à des cuivres ou à des instruments amplifiés qu’à un piano. Toutefois, son prix relativement bas à fait de lui un micro populaire et idéal pour enregistrer les répétitions qui se présentent.

Les électrostatiques pourraient également convenir à une prise de son « sauvage », mais attention ! Sans compter leur prix élevé, leur sensibilité et leur large réponse en fréquence s’accompagnent aussi d’une fragilité au choc et à la pression. Par contre, les modèles à électret (doté d'une pile) sont moins onéreux, tout en conservant les défauts du pur électrostatique.

Il existe bien sûr d’autres types de micro pour des utilisations plus spécifiques, comme par exemple le micro-cravate (utilisé par les commentateurs de la télévision), le micro-canon, idéal pour capturer des sons précis à distance (chant d’oiseaux, scène de cinéma) ou encore le micro-contact piezzo (qui se colle sur l'instrument) et le système HF (pour la scène - micro sans fil).

Dans le cadre du home-studio, s’il fallait en choisir un, se serait un électrostatique. Idéal pour l’enregistrement d’un piano, il l’est encore plus pour la voix. Evitez absolument le micro omnidirectionnel qui enregistre tout et même ce que l’on n’a pas besoin d’entendre. Un cardioïde, voire un hyper-cardioïde conviendra bien mieux pour l’enregistrement d’un piano et évitera d’autant plus les réflexions « indigestes ».


LES INFOS TECHNIQUES

Je ne reviendrai pas sur le sujet, celui-ci ayant déjà fait l’objet de deux pages sur le site. Retenons simplement que l’attention doit être portée sur ces quatre caractéristiques : la courbe de réponse, la directivité, la sensibilité et l’indépendance. Ces infos sont généralement fournies par le constructeur.

En savoir + : Acheter un micro… du home studio à la scène


CORRIGER LES DÉFAUTS OU EN PRODUIRE

Dans l’idéal, le micro doit restituer une courbe de réponse uniforme à l’ensemble du spectre, mais dans la pratique, il s’avère parfois judicieux de créer artificiellement des corrections en fonction de l’acoustique du lieu via une console de mixage. De petites accentuations ou diminutions sur certaines fréquences gommeront ou modifieront le timbre de l’instrument tout en lui apportant un peu de personnalité.

Les « grands micros » des « grands studios » sont les micros à tube. Ce sont ceux qui enregistrent les grandes stars de la chanson. Contrairement à ce que l’on pourrait penser et malgré leurs prix exorbitants, le succès de ces micros repose sur des faiblesses. En effet, cette technologie s’accompagne de plusieurs défauts dont un taux de distorsion important. Cette forme de saturation et la mise en valeur de certaines harmoniques « embellissent » le son en le rendant plus chaleureux, plus « musical » (Notez que la génération de transistor à effet de champ (mosfet) permet d’obtenir des résultats auditifs proches du tube).

D’autres facteurs sont en prendre en compte comme la sensibilité – facteur de transmission à vide – dont le « secret » est le suivant : plus la sensibilité est élevée, plus le rapport entre le signal utile et le bruit ambiant est favorable.

Côté câble, prévoyez court. Une longueur excessive (plus de 10 mètres) amenuise la qualité du signal et par voie de conséquence celui de la prise de son.


UNE QUESTION D’HARMONIQUES

Généralement, les instruments acoustiques ne dépassent pas une gamme de fréquences fondamentales de 5 000 Hz, bien que certains d’entre eux font ressortir des harmoniques pouvant atteindre les 20 000 Hz. Or, bien que l’oreille ne perçoive pas distinctement ces fréquences élevées, ce serait une erreur de penser qu’il n’est pas utile de les reproduire fidèlement. Ces harmoniques contribuent à la qualité du son ; et cette « finesse » sonore correctement restitué, l’oreille la ressent.


LA DISPOSITION DES INSTRUMENTS

Un enregistrement de qualité ne repose pas uniquement sur le matériel et sur vos dispositions à savoir l'utiliser, le lieu participe activement au résultat. Par exemple, une salle de concert traitée acoustiquement, silencieuse, permettra un équilibre et un rayonnement sonore de meilleure qualité pour distinguer, par exemple, les différents éléments d’un grand orchestre. Bien évidemment, ces conditions-là sont rarement au rendez-vous, chez soi, dans son home studio !

Toutefois, comprendre la disposition des musiciens d’un grand orchestre est riche d’enseignement. Avant même que la prise de son n’existe, l’acoustique des salles de spectacle imposait certaines règles. En effet, l’équilibre sonore d’un grand orchestre classique repose sur la répartition des instruments en fonction de leur puissance sonore. C’est pour cette raison que l’on trouve en premier plan, proche du public, les instruments qui génèrent de faibles volumes sonores, les violons, puis au deuxième plan des instruments un peu plus puissants : les flûtes ou les clarinettes, et pour finir les percussions et les cuivres (voir : L’orchestre classique et ses évolutions sonores)

Cette organisation dictée par la puissance des instruments varie aussi suivant la taille de l’orchestre et la musique qu’il produit. La disposition des combos jazz ou des groupes de rock est beaucoup moins stricte. Les critères acoustiques naturels sont détournés du moment que l’amplification intervient, ce qui permet à ces types d’orchestres de s’agencer, sur scène, en fonction de critères esthétiques ou d’écriture musicale.

  par ELIAN JOUGLA


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