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Portail sur la musique et les claviers modernes : piano, synthétiseur et orgue.

HISTOIRE DE LA MUSIQUE ET DES INSTRUMENTS



HISTOIRE DE L’ORGUE À TUYAUX (OU ORGUE CLASSIQUE)

Dénommé improprement orgue d’église, l’orgue à tuyaux rassemble à lui seul tout ce que l’on peut faire avec les instruments à vent. Il est le résultat de tout ce que la science empirique et l’ingéniosité artisanale ont pu ensemble combiner de plus raffiné. La flûte de Pan a ouvert la voix, puis ce sera l’arrivée de l’orgue portatif au Moyen Âge jusqu’à l’imposant orgue classique du 17e siècle.


L’ORGUE, UN INSTRUMENT EN AVANCE SUR SON TEMPS


L'ORGUE AU MOYEN ÂGE

On est stupéfait de constater qu’à la fin du Moyen Âge, alors que la « mécanique » n’existe pas, que la charrue est encore primitive, que le papier n’est pas encore utilisé, que l’imprimerie n’a pas été imaginée, et que tous les autres instruments de musique sont encore dans l’enfance, l’orgue possède déjà toutes ces caractéristiques, des caractéristiques qu’il va affiner et améliorer au prix d’une imposante complexité.


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La flûte de Pan (syrinx) des Grecs ou d’Amérique du Sud indique que l’on a pensé de toute antiquité à l’alignement des tuyaux permettant d’émettre successivement différents sons. Mais l’orgue à bouche des montagnes du Cambodge et du Laos (calebasse munie de plusieurs tuyaux) les fait fonctionner simultanément. Par l’intermédiaire de la Chine, est-il à l’origine de l’orgue occidental ?

L’orgue est le plus ancien instrument mentionné dans la Bible. Le premier instrument connu vient d’Egypte et date du 3e siècle av. J.-C. Sa soufflerie était hydraulique. Byzance et l’Orient méditerranéen pratiquèrent longtemps seuls l’orgue, inconnu en Occident. Un instrument fut offert à Pépin le Bref par l’empereur Constantin V au 8e siècle ; Charlemagne en fit construire un, qui pourrait être le premier orgue occidental.

Au Moyen Âge, on utilise de petits orgues "positifs" ou portatifs. L’évolution se fait dans le sens de l’enrichissement de la sonorité, en faisant chanter plusieurs rangs de tuyaux simultanément pour chaque note : apparition du plein-jeu. Avec l’ampleur des cathédrales, l’élargissement de l’instrument s’impose de lui-même avec 32 pieds dès le 14e siècle.

À la Renaissance, évolution inverse : recherche de jeu de détail ; invention du sommier à registres permettant d’isoler tel ou tel jeu ; invention des jeux bouchés, développement des anches.

Le 17e siècle est le premier grand siècle de l’orgue, qui parvient à son équilibre. Perfectionnement des pleins jeux, affinement des mixtures solistes (cornet). Différentes tendances se font jour. En France, l’orgue est riche en couleurs, opposant des jeux solistes très fins à de grands pleins jeux brillants, dont l’apogée se situe vers 1670-1700. L’Angleterre suit la France dans cette voie. En Allemagne, l’instrument est moins coloré, plus homogène, plus apte à la polyphonie et développant le pédalier. L’Italie reste plus timide avec son orgue « ripieno » à un ou deux claviers sans pédalier indépendant, tandis que l’Espagne aime les anches éclatantes.

Le 18e siècle perfectionne l’orgue classique sans innover. Au 19e siècle, l’avènement du romantisme opère une transformation profonde. Aux registres clairs et bien timbrés, on préfère une conception « orchestrale » et plus fondue, et, dans certains cas, le « colossal ». C’est l’époque du grand facteur Cavaillé-Coll (Notre-Dame de Paris, Saint-Sulpice, Sheffield, Amsterdam), mais aussi, ce qui est moins heureux, de la remise « au goût du jour » d’orgues classiques qui sont parfois défigurés.

Le 20e siècle voit de nombreux perfectionnements techniques, dont la transmission électro-pneumatique, mais également une tendance néo-classique très nette et la remise en état des orgues anciens sans transformation.

Face à ces différentes transformations, il faut toujours avoir à l’esprit que chaque orgue est d’une conception particulière, artisanale, et qu’il n’est pas deux instruments exactement semblables, même s’ils ont été conçus par le même facteur. Leurs particularités sont fonction de l’ampleur de l’édifice où ils sont installés, des techniques mises en œuvre, du nombre de jeux et de leur équilibre. Ainsi un organiste doit sans cesse s’adapter à l’instrument qu’il « touche », même pour l’exécution de la même œuvre.

  par PATRICK MARTIAL (Piano Web - 06/2014)

(Source : Histoire de la musique occidentale - P. Beaussant)

SUITE : L'ORGUE CLASSIQUE À TUYAUX : DESCRIPTION ET FONCTIONNEMENT