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TECHNIQUE ET MAO



LE SON NUMÉRIQUE ET L'ÉCHANTILLONNAGE

Cette page est la suite de : LE SON NUMÉRIQUE ET LA DYNAMIQUE

Si en d’autres temps, lors des séances de studio, le son et le feeling reposaient avant tout sur le talent du musicien et du preneur de son, l’arrivée de la technologie numérique bouleversa bien des habitudes. Un monde virtuel avait pénétré les studios d’enregistrement et venait jouer les trouble-fêtes, faisant entrevoir certaines craintes comme la lente disparition des batteurs au profit des premières boîtes à rythmes programmables ; craintes qui devaient se justifier un peu plus tard avec l’arrivée des échantillonneurs…


LE TOUT NUMÉRIQUE

L'ÉCHANTILLONNEUR AKAI S1000, UNE RÉFÉRENCE D'HIER

C’est durant la période techno des années 80/90 que l’utilisation de l’échantillonnage prend vraiment son envol. C’est aussi durant cette époque que conjointement à l’essor de l’informatique les sampleurs deviennent abordables financièrement, offrant la possibilité à un nombre important de musiciens (et de DJ) de partir à l’aventure d’un son totalement numérisé de A jusqu’à Z.


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La qualité sonore étant de plus en plus irréprochable, les principaux outils du home-studio numérique – échantillonneurs, console de mixage, effets - sont devenus rapidement le symbole de la créativité sonore et de l’automatisme sous contrôle. Il n'en fallait pas plus pour qu'une course aux sons échantillonnés naisse, s’insinuant parfaitement dans le cheminement de quelques musiques électroniques aux beats surcompressés.

LA RÉCUPERATION DES SONS

Pour de nombreux utilisateurs, la mission prioritaire du son numérique en home-studio est d’imposer autant que possible des sons de qualité. Cela consiste à récupérer un maximum de sonorités préexistantes (CD-ROM d'échantillons, par exemple) ou pas (enregistrement de sons avec micro, par exemple) qui viendront alimenter des sampleurs toujours plus généreux côté mémoire vive.

En échantillonnage, toutes les sources préenregistrées sont susceptibles d’alimenter la créativité. Ce sera une aubaine pour les premiers utilisateurs en quête d'expérience sonore tout azimut.

L’utilisation des CD ou des cassettes DAT et ADAT offre l’avantage d’être déjà dans le format numérique. Généralement, en micro-informatique, les cartes sons sont livrées avec la possibilité d’enregistrer des CD audio en direct depuis le lecteur de CD-ROM implanté dans l’ordinateur. On trouve aussi des lecteurs de DAT qui s’intègrent parfaitement dans une configuration pilotée par ordinateur. A noter que l’ADAT est un bon moyen pour stocker et sauvegarder ses données, même si à long terme, il est moins fiable que le CD enregistrable.

Evidemment, partir d’une source digitale en étant forcé de passer à travers un convertisseur digital/analogique puis un autre analogique/digital, ce n’est pas ce qui se fait de mieux en matière d’échantillonnage. Pour contourner ce problème, la meilleure solution est d’équiper son ordinateur d’une carte son équipée d’entrées numériques et de sorties également numériques sur le lecteur qu’on utilise.


LES ÉCHANTILLONS

Si vous êtes pressés ou si vous ne cherchez pas à constituer une bibliothèque sonore absolument unique, il existe la solution des CD de sons échantillonnés (avec parfois des points de bouclages pour le multi-échantillonnage). Les CD sont pour la plupart peu onéreux, et le choix est très vaste. On peut trouver presque tout ce que l’on veut, aussi bien les instruments de musique anciens et contemporains, avec ou sans effets, que des voix, des rythmiques, des effets ou des bruits naturels. Des collections spécialisées existent (exemples : Advanced Orchestra, Soundscan Collection).

D’autre part, si vous choisissez intelligemment votre carte son, vous pouvez vous retrouver avec un échantillonneur/synthé plutôt complet. SoundBlaster fut un des premiers fabricants à proposer ce genre de carte avec ses chips E-mu travaillant sur du 20 bits.

Les cartes récentes sur lesquelles on peut mettre de la RAM peuvent, grâce à des logiciels spécifiques, formater des échantillons pour qu’ils puissent servir de base à de la synthèse. Depuis des années, vous aurez certainement remarqué que les synthés ne sont en fait que des « exécuteurs » d’échantillons préenregistrés. La grosse différence entre votre micro multimédia (ou votre sampleur) et un synthé acheté avec son clavier, c’est que sur le micro vous pouvez changer de son comme vous le voulez ou presque, alors que sur le synthé, sauf exception coûteuse (Kurzweil, par exemple), vous devrez vous contenter des sons d’origine.

Si d’un côté je suis en train de vous dire que vous avez un super synthé sans le payer, il faut tout de même avouer que l’inconvénient majeur consistera à rendre ‘super’ vos sons et qu’un minimum/maximum de pratique deviendra vite indispensable ! En plus, pour autant qu’on le sache, comme l’expressivité disponible en standard n’est pas étourdissante, le synthétiseur conserve encore quelques longueurs d’avance.


LE DÉTOURNEMENT SONORE

L’arrivée de l’échantillonnage n’a pas fait peur qu’aux vieux routards des studios d’enregistrement, son essor et ses dérives ont provoqué un véritable séisme dans le domaine de la législation aux droits d’auteur. Du simple cri de James Brown, qui fit couler beaucoup d'encre dans les années 80, jusqu’à l’échantillonnage de tout un chœur de plusieurs minutes, il n’y a qu’un pas à franchir… et que certains ont franchi sans ambages en enrobant les précieux sésames d’effets, de loops inversés et autres ‘merveilles’ technologiques sensés apporter la touche soit disant créative.

A l’origine, la ‘philosophie’ de l'échantillonnage était d’être au service de la création en produisant des sons totalement neuf et sans frontières. Malheureusement, ce qui était synonyme de révolution sonore, et qui aurait pu ouvrir certainement d’autres horizons pour la musique, s’est rapidement transformé pour des raisons plus ou moins avouables (souvent économiques) en une gigantesque armada de sons préparés, calibrés, répondant sans soucis aux exigences des modes qui se succèdent. Indirectement, l’échantillonnage est devenu un moyen pour vulgariser et banaliser le son. C'est le « magnétophone » des temps modernes ; un outil diabolique récoltant sur son passage ce que d’autres ont intelligemment créé par le passé.

Le pillage de sons préexistants et de boucles rythmiques continu, et rien ne semble vouloir arrêter cette pratique. Parfois, on célèbre même en terme élogieux ce qui, en réalité, n’est qu’un détournement habile. On oublie trop rapidement que pour se fabriquer une image de marque, le plus efficace est de tout créer de A jusqu’à Z. Evidemment, si l’objectif du musicien est de pomper la musique des autres, un simple lecteur de CD sera amplement suffisant !

A suivre... SON NUMÉRIQUE ET CARTE SON