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TECHNIQUE ET MAO



LE STUDIO VIRTUEL : AVANTAGES ET LIMITES

Aujourd'hui, il est possible techniquement pour un musicien de concevoir tout seul une composition jusqu'à son aboutissement : de l'enregistrement au mixage, en passant par l'édition et le mastering.
Grâce à la puissance des ordinateurs actuels, monter un studio virtuel n'est plus une utopie. Très répandu dans les studios professionnels et chez certains musiciens, ces systèmes peuvent paraître bien mystérieux à de nombreux candides dans la MAO (musique assistée par ordinateur). Le DtD (direct-to-disk) ou si vous préférez le logiciel qui intègre le MIDI + l'audio, s'apparente aux outils dont il s'inspire et il dépasse aujourd'hui l'analogique dans bien des domaines : un meilleur rapport qualité/prix, une fiabilité accrue et de meilleures performances techniques. Un système qui, au fil du temps, est devenu irremplaçable.



1) LE PRINCIPE DE L'ENREGISTREMENT NUMERIQUE




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Le direct-to-disk est basé sur le studio d'enregistrement traditionnel. Vous trouverez représentés de façon virtuelle : le magnétophone, la console de mixage et les processeurs d'effets. Toutefois, il ne faut pas que vous imaginiez que le direct-to-disk se contente d'émuler un de ces éléments ; en réalité, le logiciel les regroupe tous. La première volonté des informaticiens a été de remplacer le magnétophone analogique multipistes et le magnétophone à 2 pistes servant à réaliser le mixage par un système entièrement piloté et incorporé au cœur même de l'ordinateur. Les séquenceurs MIDI, Cubase et Notator chez Atari puis chez Apple ont été parmi les premiers modèles à être utilisés par de nombreux musiciens. Une table de mixage virtuelle était présente, mais pas les effets (sauf à faire du bidouillage) ni les pistes audio. Il faudra attendre la fin des années 1980 pour voir apparaître les premières machines DtD dans les studios professionnels. Tout le montage, la programmation utilisait exclusivement le MIDI.

Aujourd'hui, même si la norme MIDI est désormais rentrée dans les mœurs, les habitudes de nombreux musiciens, il est bon de rappeler qu'elle sert toujours de façon efficace à la programmation et à la communication entre les machines. L'ordinateur transmet ses données à travers une interface MIDI au synthétiseur et aux effets connectés (voir la page : Comprendre le MIDI).

La particularité importante du MIDI est de travailler avec des informations peu gourmandes en mémoire, contrairement aux données nécessaires pour travailler en audio et vidéo. L'utilisation du DtD n'empêche aucunement l'utilisation de matériel traditionnel, bien au contraire et c'est là tout son intérêt. Vous pouvez ainsi continuer à travailler avec votre table de mixage analogique, voire votre magnétophone à bande si vous le souhaitez.



2) LA CONFIGURATION DE BASE



Que faut-il avoir en sa possession pour construire un studio virtuel ?

  • Un ordinateur plutôt puissant.
  • Un logiciel audionumérique efficace (mais pas complexe … il en existe !).
  • Une carte d'entrées-sorties audio.
  • Un disque dur conséquent dédié à l'enregistrement audio (à partir de 40Go).
  • Un système de sauvegarde : disque dur, graveur de CD-ROM…


3) LES AVANTAGES DU STUDIO VIRTUEL



ILS SONT NOMBREUX !


Vous désirez présenter un document propre, vous commettez une faute de frappe sur une machine à écrire et vous voilà obligé de tout reprendre à zéro ! Avec un traitement de texte, vous effacez et recommencer autant de fois que nécessaire. Pour le DtD, c'est exactement la même chose, il n'est pas limité aux fonctions des systèmes traditionnels dont il est inspiré. Comme pour le traitement de texte, l'arrivée du direct-to-disk a grandement facilité le travail de beaucoup de musiciens et à part quelques personnes nostalgiques de l'analogique, bien peu serait prêts aujourd'hui à revenir en arrière.

La différence peut se résumer à deux méthodes de travail : la première qui est destructive (obligation de tout reprendre) et la seconde non-destructive (il est possible de tout reprendre de n'importe quel endroit et à tout moment).

LA MÉTHODE DESTRUCTIVE

Elle consiste à utiliser un magnétophone à bande. Lors de l'enregistrement sur une bande magnétique vous effacez automatiquement tout ce qui s'y trouvait précédemment. Dans ce contexte, on ne sait jamais si la dernière prise est la bonne et le choix de conserver ou d'effacer est d'autant plus cornélien quand il ne reste plus à votre disposition aucune piste de libre. On est toujours tenté de se dire que la prochaine prise sera meilleure. Tout ceux qui ont travaillé avec de petits magnétophones multipistes (4 ou 8 pistes) me comprendront.


LA MÉTHODE NON-DESTRUCTIVE

Avec le DtD c'est l'explosion du nombre de pistes ! Il y a donc fort peu de chance que le scénario décrit ci-dessus ne vous arrive. Il est possible de faire autant de prises que l'on désire pour chacune des pistes définies par le logiciel : il est possible de réenregistrer la rythmique en la calant de façon parfaite avec le reste des instruments. Le DtD conserve tous les avantages du magnétophone multipiste sans ses inconvénients. L'utilisation du direct-to-disk vous offre la possibilité d'être le maître d'œuvre d'un bout à l'autre de la chaîne de la production musicale. Quand on a goûté au DtD, il est difficile de revenir aux systèmes à bande... sauf pour le grain de son, plus rond.

Le magnétophone enregistre l'audio sur une bande tandis que le DtD stocke l'audio sur un disque dur. Pour enregistrer et écouter avec un magnétophone, celui-ci utilise physiquement des têtes à cette fin. Si vous souhaitez enregistrer une partie proche du début du morceau, puis la même partie à la fin du morceau, vous aller utiliser l'avance rapide et arrière pour vous déplacer (et user la bande). Avec le direct-to-disk, rien de tout cela, il vous est possible d'atteindre n'importe quel point du morceau sans attendre, car l'audio n'est pas enregistré de façon linéaire. Le logiciel présente les pistes audio de façon similaires à un magnétophone, mais il va chercher ceux-ci sur le disque dur au moment où il en a besoin. Les fichiers sont stockés de façon désordonnée, en fonction de l'espace disponible sur le disque dur. Ils indiquent à l'ordinateur où et quand jouer et cela de manière totalement transparente pour l'utilisateur.


ÉVOLUTION

Avec le système DtD, vous pouvez ajouter un disque dur à votre système. Cela vous octroie davantage de temps d'enregistrement, mais aussi la possibilité de disposer de plus de pistes. Ainsi, le logiciel pourra accéder simultanément à un plus grand nombre de fichiers audio, ce qui équivaut (toutes proportions gardées) à un plus grand nombre de pistes sur un magnétophone de type traditionnel.


L'EXPLOITATION DES PISTES

Le fait de pouvoir déplacer, lire un même fichier audio plusieurs fois de suite est l'avantage le plus flagrant de l'utilisation du DtD. Pour déplacer un fichier audio, il vous suffit de faire un copier/coller. L'ordinateur le lira autant de fois que vous le spécifiez, sans utiliser d'espace disque supplémentaire. Copiez des chœurs, un refrain devient enfantin. Pour utiliser les fichiers, il n'est pas nécessaire que ceux-ci soit dans un certains ordre sur le disque dur. Leur emplacement n'a pas d'importance, puisque c'est vous qui contrôlez de A à Z leurs manipulations. Ils peuvent être lus dans n'importe quel ordre. Le logiciel gère les instructions que vous lui donnez sans modification des fichiers, sauf, évidemment, intervention de votre part.

Ce principe de fonctionnement explique que le nombre de pistes disponibles simultanément ne soit pas une limite absolue aux enregistrements que vous pouvez faire. Une fois que vous avez enregistré une première prise d'un solo sur la dernière piste disponible, rien ne vous empêche de faire d'autres prises. Vous pourrez choisir la meilleure sans risque d'effacer les prises au fur et à mesure. En poussant plus loin, il est possible de créer un composite à partir des passages les plus intéressant de chaque prise et créer un solo dépassant la maîtrise technique de votre instrument. Cette technique, par le passé, était réservé aux gros studios qui droppaient des sections de différentes pistes pour créer un composite pas toujours parfait. Avec le DtD, tout devient impeccable, peut-être même trop !


UTILISATION DE LA POLYPHONIE

C'est le nombre de pistes exploitables à la fois par le mixeur et l'enregistreur. En DtD, il est plus exact de parler de tranches de pistes et de console. Il est plus utile d'avoir plus de tranches de console que de pistes, afin de traiter différemment les couplets ou les refrains (des effets différents à chaque couplet, par exemple). On ne définit pas un nombre de pistes maximum dans un système DtD, mais un nombre de voix maximum, comme pour les synthétiseurs ; avec la différence que sur un système DtD il s'agit du nombre de fichiers qui peuvent être lus simultanément sur le disque dur. On peut attribuer la même voix à plusieurs pistes et bénéficier de plusieurs tranches de console différente. Le solo qui occuperait une piste sur un magnétophone analogique, peut utiliser plusieurs pistes du DtD, en ne monopolisant qu'une seule voix. Sur le même principe que le séquenceur, tant que les fichiers ne se chevauchent pas, des pistes peuvent partager la même voix. Le nombre de pistes de la partie enregistreur est appelée le "nombre de voix disponibles", alors que le terme "piste" concernera plutôt le mixeur.

Sur un système DtD, tout peut être réglé d'avance. Vous définissez d'abord le nombre de voix de votre système, en fonction de la puissance de votre installation et vous pouvez ensuite, créer autant de pistes que vous le voulez dans la page principale du logiciel… c'est ça le DtD.



4) FLEXIBILITÉ DU SYSTÈME



Certains systèmes DtD proposent également des "sous-pistes", appelées "pistes virtuelles" ou "prise" pour chaque piste. Vous pouvez faire plusieurs prises d'un instrument sans occuper d'autres pistes inutilement. Vous ne voyez et n'entendez qu'une seule piste à la fois mais dans les exemples suivants les possibilités offertes par les "prises" sont tout à fait adaptées au travail de prise de son.

  • 1er exemple : enregistrement d'un soliste. On réalise autant de prises nécessaires sans autre limite que l'espace disponible sur le disque dur.

  • 2e exemple : prendre les meilleurs passages de chaque prise pour créer un "composite". Les portions de phrase de la mélodie ou du solo sont copiées et misent bout à bout sur une piste définitive. La transition des parties peut être rendue translucide grâce à l'utilisation du crossfader.

  • 3e exemple : la possibilité d'essayer plusieurs variantes de montage pour chaque piste. Le point fort de cette fonction réside dans la liberté de l'utiliser indépendamment pour chaque piste de son morceau. On peut toujours revenir à la version d'origine.


5) LA CONNECTIQUE, LA TABLE DE MIX ET LES EFFETS

LA CONNECTIQUE

Les entrées/sorties disponibles dépendent du choix de la carte audio associée à votre logiciel. Cela va de l'entrée/sortie en stéréo (2 canaux) à 4, 6, 8 sorties séparées, en analogique comme en numérique. Il vaut mieux, pour une meilleure intégration du système DtD, posséder un maximum d'entrées/sorties, pour, par exemple, insérer des processeurs d'effets. La carte devient une sorte de patchbay (sorte de boîtier de raccordement multiprises) par lequel votre ordinateur et votre matériel périphérique peuvent communiquer. Il vous faut acquérir une bonne carte son, dont la latence sera faible et un ordinateur récent et rapide. Ainsi, vous pourrez intégrer un effet externe ou des plug-ins sans retard de signal.


LA TABLE DE MIXAGE

Outre les tranches de console qui servent à relire les fichiers audio, la console virtuelle dispose de départ et d'insert d'effets, d'un master pour la sortie stéréo. Les plus flexibles intégrant un système de bus permettant de raccorder librement les départs d'effets aux retours. Déjà présent sur certains séquenceurs (Cubase, Protools), la console dispose également d'une automation, de boutons mute, de solo.

Pour celui qui n'est pas hostile au maniement de la souris ou du clavier, le principe de console modulaire entièrement pilotée par microprocesseur offre une économie substantielle : l'achat d'une table de mixage externe. Dans le cas ou vous avez déjà une table de mixage externe, elle peut être associée à la table virtuelle. Vous profitez ainsi du toucher manuel des boutons de la table externe et utilisez la table virtuelle uniquement pour l'automation et les plug-ins (*). L'achat d'une console automatisée externe devient inutile et ferait double emploi.


LES EFFETS DE LA CARTE

Les effets virtuels rivalisent en qualité avec les meilleurs multi-effets. Ils offrent l'avantage par rapport aux expandeurs de n'être limité que par la puissance de calcul de votre ordinateur. Vous pouvez en temps réel, utiliser plusieurs types de réverbération (room, small, hall...) avec une seule unité. C'est là, un des grands avantages des effets virtuels. En fonction de la puissance de votre ordinateur, vous pouvez utiliser en temps réel, plusieurs plug-ins : une réverbération, un enhancer, etc. Comme pour la console, ces derniers coûtent beaucoup moins que les expandeurs d'effets qu'ils remplacent.

* : Les plug-ins sont de petits logiciels crées par des sociétés spécialisées qui proposent des algorithmes de haute qualité. Les plug-ins fonctionnant en temps réel (VST, MAS…) sont utilisés comme des expandeurs, c'est-à-dire qu'ils ne modifient pas l'enregistrement d'origine et qu'ils sont généralement raccordés à la table de mixage du studio, soit en insert sur la console, soit en départ d'effet pour permettre de partager l'effet entre plusieurs pistes. On retrouve ces mêmes principes de manière virtuelle avec la table de mixage du DtD.


Il existe également des "file-based", ce sont des plug-ins de recalcul. Ils ne fonctionnent pas en temps réel. Le plug-in traite le son d'un secteur audio (sélectionné au préalable) et crée un nouveau fichier contenant le son traité. Le nouveau fichier vient se substituer à l'original, sans que celui-ci ne soit effacé.

Aujourd'hui, les plug-ins traitent le son de façon interne à un niveau égalant 32 bits, voire plus. Ils sont capable de régénérer des fichiers audio 16 ou 24 bits sans aucune perte due aux conversions numérique/analogique.

Le processeur de l'ordinateur est le principal critère déterminant la puissance de votre environnement de mixage. Ensuite viennent : le choix du logiciel, la taille du disque dur, la carte audio. A part le système Pro Tools TDM de Digidesign qui utilise des processeurs dédiés (il est le système de référence dans les studios professionnels), toutes les autres cartes audio doivent être perçues comme des cartes d'entrées/sorties audio qui n'amènent pas d'autres éléments au système de mixage que la possibilité d'enregistrer plusieurs instruments à la fois et de séparer les pistes audio du DtD en vue d'un mixage sur une console traditionnelle. Elles peuvent servir également aux transferts de plusieurs pistes simultanées entre l'ordinateur et un magnétophone multipiste. Aujourd'hui, la fiabilité et la stabilité du système DtD est éprouvées depuis plus de 20 ans. Les constructeurs comme les utilisateurs ont trouvé leurs marques par rapport aux nouvelles méthodes de travail.