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VIDÉOS PÉDAGOGIQUES



LA SPIRALE DU PIANISTE, UN PRÉLUDE DE DEBUSSY - ANALYSE HAGUENAUER

PÉDAGOGIE : "LA SPIRALE DU PIANISTE" est un documentaire de la réalisatrice Judith Abitbol consacré au pianiste concertiste Jean-Louis Haguenauer. Pendant quelques jours par mois, sur une durée de huit mois, la réalisatrice a posé sa caméra au domicile du concertiste pour saisir l'élaboration de son travail sur les 24 préludes de Debussy.


LE PIANISTE HAGUENAUER ANALYSE DEBUSSY


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Le documentaire met en avant les différentes difficultés que rencontre tout concertiste lorsqu'il est confronté à une œuvre difficile et écrasante ; les tâtonnements, les doutes comme les réussites sont commentés par Haguenauer, lui-même. Avant de se faire une opinion et sans donner l'impression d'une quelconque lassitude, il joue et rejoue certains traits techniques et commente ce qui va ou ne va pas. Il travaille et travaille encore, prenant tout le temps nécessaire pour que la réflexion et la réussite se conjuguent parfaitement. C'est ce long processus qui lui permet de construire son interprétation. Les mains doivent acquérir des réflexes conditionnés pour que le pianiste limite le risque de défaillance au moment de l'exécution.

Le court extrait proposé ici explique la difficulté de lier des tierces en utilisant les deux mains sans donner l'impression que les deux mains sont utilisés. En s'unissant ou en se rejetant, les deux mains deviennent les outils du "metteur en scène" Haguenauer. Main droite dessus ou main droite dessous ? Main gauche plus puissante ou bien le contraire ?



Effet de la résonance sans que le son ne soit rompu, position d'une main l'une sur l'autre (*) et vitesse d'exécution sont commentés simplement par Haguenauer. Le cadrage de l'image, très calculé par la réalisatrice, permet de saisir parfaitement la difficulté de la tâche.

(*) : ce genre de position où les mains s'effleurent, se rencontre souvent dans les pièces à quatre mains. Dans ce cas, la mise en place rythmique est identique à celle d'un jeu en orchestre. Pour que naissent une cohésion sonore parfaite et une parfaite coordination des mouvements des mains de chaque pianiste, une concertation est bien sûr nécessaire.


LA SPIRALE DU PIANISTE... LE POURQUOI DU DOCUMENTAIRE

Ce film est destiné avant tout aux professeurs et à des pianistes qui s'engagent dans l'interprétation. Les réflexions, l'approche technique, les choix d'interprétation relèvent de la musique classique. Pour le pianiste autodidacte ou venant d'autres horizons, c'est un bon moyen de mieux comprendre les subtilités appartenant au monde de la musique classique : comment aborder une œuvre, gérer le tempo et étudier le développement des différents plans sonores, comprendre la pensée du compositeur ou bien encore, comment partir du déchiffrage jusqu'à une interprétation libérée de toute entrave technique.

Le titre du film La spirale du pianiste est tout à fait justifié. Comme décrit dans la page (Réflexions pédagogiques : l'aisance), le concertiste est comme un sportif de haut niveau, avec un entraînement quotidien de plusieurs heures par jour, pour justifier et se justifier qu'il faut toujours aller plus loin, comme entraîné dans une spirale sans fin.

Le concertiste plongé dans son travail oublie la présence de la caméra. Il livre par petites touches ses angoisses et ses réflexions sur tel ou tel passage. La spirale du pianiste n'est pas un documentaire pédagogique sur la technique pianistique. Le spectateur n'est qu'un observateur, un contemplateur d'une création artistique où le son qui joue pour l'occasion un rôle central, guide les commentaires de l'interprète.

Pendant presque toute la durée du film, Haguenauer, tout en jouant du piano, ne cesse de se questionner sur la difficulté d'un passage, sur les nuances à apporter. En choisissant d'interpréter un motif de différentes manières, parfois en jouant d'une seule main, Haguenauer cherche à mieux comprendre son interaction avec les passages précédents et suivants. Ce travail plus réfléchi que spontané favorise la compréhension des différents plans sonores (très nombreux chez Claude Debussy) et donne au jeu une plus grande transparence. Par moment, le pianiste concertiste Haguenauer se transforme en M. le professeur Haguenauer. Nous avons alors, la vague impression d'assister à une master class (la caméra reste en plan fixe comme pour donner plus de poids aux commentaires).

De temps en temps la voix de la cinéaste se fait entendre, interrogeant le pianiste sur les différents aspects de sa préparation. La proximité entre la réalisatrice et le pianiste sur une aussi période longue laisse échapper de temps en temps des images insolites, comme quand il pose ses pieds nus sur la table de sa cuisine tout en fredonnant les partitions ou comme celles où il s'imprègne de l'œuvre en agitant les mains tout en écoutant des interprétations enregistrées par d'autres pianistes. Pour nourrir son imaginaire, Haguenauer ira jusqu'à jouer debout, les jambes dansantes et les bras étirés comme pour saisir des sons imaginaires.

En mettant en scène un pianiste qui, à la manière d'un héros affronte des passages périlleux, le piano devient l'objet de toute les attentions, un outil hautement cinématographique. Depuis quelques années, l'instrument a été l'élément théâtral de nombreux films (Le pianiste, La pianiste, La leçon de piano, etc.), mais ce documentaire là, nous démontre que sous ses aspects de convivialité, l'instrument regorge de difficultés techniques que seul les grands maîtres apprennent à surmonter comme pour mieux nous les communiquer.

  par ELIAN JOUGLA



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