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ÉVEIL MUSICAL : LA SONATE AU CLAIR DE LUNE DE BEETHOVEN

PRÉSENTATION

Tout aussi immortel que l’Ode à la joie ou La lettre à Elise, la sonate pour piano « Au clair de lune » et son fameux Adagio a survécu aux assauts du temps pour devenir une œuvre incontournable, une œuvre tellement célèbre qu’il suffit d’entendre les premières notes du premier mouvement pour la reconnaître aussitôt.

Ses traits méditatifs, comme sa construction originale à la fois sobre et mélodieuse se prête parfaitement à une leçon dédiée à l’éveil musical.


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Même si les deux mouvements suivants sont ignorés dans cette leçon, je vous recommande plus tard de les écouter attentivement, car ils jouent un rôle complémentaire dans le développement de la sonate et sa compréhension. Alors que le premier mouvement baigne dans une sorte de sérénité et de retenu, l’Allegretto (2e mouvement) engage la fièvre avec son menuet à la tonalité bavaroise. Quant au Presto (3e mouvement) qui conduit au tumulte, il est traité avec de l’entrain, de la fantaisie grâce à ses envolées lyriques.


SONATE, GÉNÉRALITÉ

Alors que la symphonie est une œuvre pour orchestre, la sonate est destinée à un ou plusieurs instruments. La sonate est généralement constituée de quatre mouvements : Allegro – Adagio - Menuet – Allegro. Parfois, elle se décline en trois mouvements comme pour la sonate « Au clair de lune ».

Beethoven va donner à la sonate une unité. Avant lui, l'œuvre était composée de mouvements assez indépendants, ayant seulement entre eux un lien tonal. Avec Beethoven, l’œuvre devient un tout. Chaque symphonie par exemple correspond à un événement important ou à un moment particulier de la vie du compositeur : elle chante un état d’âme ; d’où une certaine parenté dans les thèmes des différents mouvements (Sonate op. 57).

Le compositeur va jusqu’à bousculer le cadre général par l’inversion des mouvements ou la suppression de certains mouvements (dans la Sonate « Au clair de lune », l’Allegro disparaît). Il fait éclater le menuet qu’il transforme en scherzo (le cadre dansant du menuet ne répondant plus au tempérament et aux besoins du compositeur). Aujourd'hui, on mesure toute l’importance qu'auront ces changements dans les années suivantes, et on comprend qu’on ne peut écouter de la même façon ses sonates et celles de Mozart.

Si le jugement qu’on lui prête « d’avoir élever la musique au siège de la conscience » est exagéré, cela nous aide à mieux saisir en quoi consiste ce bouleversement musical de ce début du 18e siècle. Beethoven est le compositeur du climat romantique, mais ce n’est pas encore du romantisme ; celui de Chopin. Il a été la charnière entre l'ère classique et l'ère du romantisme. Il a été surtout capable de traduire musicalement les conflits, les tourments de l’être en prise avec son destin. Sa musique incarne une suite de combat sans concession. D'ailleurs, il était fasciné par les idées révolutionnaires et par la personnalité de Bonaparte. La 3e symphonie lui est dédiée.



L’ADAGIO DE LA SONATE « AU CLAIR DE LUNE »

La sonate a été composée en 1801. Son nom est dû à la fantaisie d’un éditeur, qui contribua sans doute beaucoup au succès de l’œuvre, même si celle-ci s’imposa par sa valeur musicale.

À cette époque, Beethoven commence à se dégager de l’emprise du classicisme, sa période de « créations personnelles » commence… L’Adagio sostenuto est une page méditative comptant parmi les plus romantiques que Beethoven ait écrit.

En y regardant d’un peu plus prés, on s’aperçoit que c’est une mélodie accompagnée, dans un ton mineur. La main droite joue à la fois les harmonies en triolet et le chant, selon un principe très ‘pré-Chopin’ (Étude en Mi Majeur).

L’accompagnement, comme dans de nombreuses mélodies, s’installe seul pendant quelques mesures (4 mesures pour l’Adagio). Une basse calme supporte des harmonies sous formes d’arpèges en triolet qui maintiennent un rythme continu tout au long de l’œuvre. Cette courte description résume à elle seule l’ossature de l’Adagio. Il n’y aura pas de rupture venant troubler cette méditation.

LES PREMIÈRES MESURES DE L'ADAGIO

Puis commence le chant, simple mais profond, uniquement en blanche et noire, à l’exception de la cellule initiale au rythme caractéristique basée sur l’assemblage croche pointée/double-croche.

Le rythme ‘croche pointée/double-croche/noire’ est bien connu, c’est celui de la marche, qui ici, dans un mouvement lent, revêt un caractère très expressif et nous fait totalement oublier le pas cadencé traditionnel. Il est à remarquer que dans l'interprétation qui suit, le pianiste Daniel Barenboim marque à plusieurs reprises un ralentissement marqué à l'approche de la cellule ‘croche pointée/double-croche'. Cette forme d'interprétation a été souvent calquée par de nombreux autres pianistes.

LES PREMIÈRES NOTES DE LA MÉLODIE

Un plan clair apparaît : le chant est exposé, puis, après un développement dans d’autres tonalités, réexposé pour conclure. Les arpèges l’enlacent sans interruption. À la fin, sa cellule rythmique initiale revient en écho à la partie grave, tandis que courent les arpèges. La grande difficulté d'interprétation réside dans le poids apporté à chaque note et dans leur détachement. De la retenue, toujours de la retenue, C'est ça qui est difficile !


ADAGIO - SONATE 'AU CLAIR DE LUNE'
Daniel Barenboim, piano


À PROPOS DU COMPOSITEUR BEETHOVEN

Son père voulut en faire un autre petit Mozart (Mozart qui n’avait que 14 ans à la naissance de Beethoven, était alors l’enfant prodige du monde musical), malheureusement, égaré par l’alcool et pédagogue médiocre, il ne put mener à bien son projet. Il en résulta pour le petit Ludwig une enfance dure, chargée d’un travail souvent stupide. Cependant, l’enfant apprit correctement son métier de musicien, et à 13 ans il publiait ses premières sonates.

Ses maîtres lui donnèrent tour à tour le goût de la culture, le sens de la construction musicale bien charpentée (Haydn, avec lequel il ne s’entendit pas) et celui de l’écriture vocale (Salieri).

Alors qu’il n’a que 17 ans, la mort de sa mère sera la seule affection de son enfance. La surdité contre laquelle il lutta dès l’âge de 30 ans, les soucis que lui causa son neveu Carl qu’il eut la charge d’élever et des amours malheureuses aigrirent peu à peu le musicien. Cependant, il mourut dans une grande sérénité religieuse. À ses obsèques, ils étaient plus de 20.000, comme s’il s’agissait de l’enterrement d’un empereur ou d’un roi.

Si les premières œuvres de Beethoven sont profondément marquées par la tradition classique - on y sent le style et le langage de Mozart et de Haydn – les œuvres de la fin de sa vie sont l’expression d’un homme qui, à travers des sons, exprime ses joies, ses douleurs et ses espérances. Son langage a changé tant du point de vue harmonique qu’orchestral.

C’est à travers le langage qu’il s’est formé que Beethoven chante son drame, celui d’un homme atteint par une surdité qui le révolte mais qui, en le soustrayant aux influences du monde extérieur, mûrit en lui ce romantisme qui gagne plus lentement les autres musiciens qui suivront.

Beethoven a écrit une œuvre considérable. Citons notamment ses 9 symphonies, le concerto pour violon et les 5 concertos pour piano, les 32 sonates pour piano, son opéra Fidélio et ses 2 messes.

  par PATRICK MARTIAL