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ANALYSE MUSICALE



LA SONATE "CLAIR DE LUNE" DE BEETHOVEN

La sonate pour piano n°14 en do dièse mineur composée par Ludwig van Beethoven, plus connue sous l’appellation de Sonate « Clair de Lune », est l’une des plus célèbres œuvres du répertoire pianistique, notamment son ‘Adagio’ qui lui sert d’ouverture. L’histoire raconte que c’est par amour envers une de ses élèves, la comtesse Giulietta Guicciardi, que celle-ci a vu le jour…


LES PARTICULARITÉS DE LA SONATE

Écrite en 1801, au cœur de l'ascension napoléonienne, la Sonate « Clair de lune » annonce les mutations artistiques qui se feront jour tout au long du 19e siècle. C’est le début de la période dite ‘romantique’.

Le passage du gravicembalo (piano forte) au « piano moderne » permettre à Beethoven de vivre plusieurs révolutions techniques dont l’avènement de la grande virtuosité pianistique (Liszt, Chopin…). Toutefois, c’est avec un pianoforte que Beethoven va composer sa célèbre sonate en tenant compte des aléas et des limites de l’instrument, notamment son amplitude à reproduire les différentes nuances et en recherchant un équilibre correct dans une tessiture moins large que le « piano moderne ».


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En 1801, Beethoven est un pianiste et compositeur fort célèbre que Vienne s’arrache. Sans qu’il prenne totalement conscience de son cas, les débuts de sa surdité s’installent... Même en pleine période de crise morale, rien ne semble vouloir contrarier ses ambitions musicales. De 1783 à 1822, Beethoven écrira pas moins de 35 sonates pour piano, certaines portant des noms prédestinés : « Grande sonate » (n°4 - 1797), « Pathétique » (n°8 - 1798), « Marche funèbre » (n°12 –1801) ou encore « La tempête » (n°17 – 1802) et « Les adieux » (n°26 – 1810).

En tant que forme et d’une façon générale, la sonate se déroule suivant une structure tripartite : 1 - l’exposition, 2 - le développement et 3 - la réexposition. La première partie comprend généralement deux thèmes, tout à la fois complémentaires et antagonistes, reliés par un pont. La seconde partie développe librement les motifs de l'exposition, notamment celles du premier thème. Quant à la partie finale, elle reprend le volet initial mais en le variant légèrement. Or, Beethoven se pose en réformateur et espère faire bouger les lignes. Sa révolution pianistique à lui va se dérouler à l’intérieur des genres musicaux qu’il aborde...

Alors que la sonate pour piano seul est déjà pratiqué abondamment depuis des années sous sa forme classique par Haydn ou Mozart à travers ces trois mouvements : vif, lent et vif, la sonate « Clair de Lune » va déroger à cette règle immuable en débutant par un mouvement lent : le célèbre ‘Adagio’. À sa suite, on découvre un mouvement bien plus joyeux, un ‘Allegretto’. Quant au 3e mouvement, ‘Presto agitato’, il délivre sur un tempo rapide un véritable déluge d’arpèges et de notes. À la façon de sa 13e sonate, qui verra le jour la même année, Beethoven réitère sa volonté de s’éloigner des schémas établis par ses aînés, Haydn et Mozart.


L’ADAGIO DE LA « SONATE AU CLAIR DE LUNE »

L'adagio de la Sonate « Clair de lune » (titre dû au poète Ludwig Rellstab, en 1832) est le mouvement de sonate le plus connu de tout le répertoire beethovénien. Visiblement agacé par son succès immédiat - ou peut-être simplement par le résultat musical obtenu - Beethoven n’estimait pas sa sonate « Clair de Lune ». Certes, c’est une œuvre de jeunesse. Peut-être est-elle trop dans le ton de la fantaisie (« Sonata quasi una fantasia », a écrit le compositeur en tête de sa partition), synonyme à l’époque d’improvisation ; ou peut-être est-ce à cause de cet 'Adagio', proche d’une marche funèbre, et qui laisse mourir chaque note de sa mélodie à la façon d’une lamentation dans les profondeurs des harmonies qui l’accompagnent. Beethoven respecte pourtant scrupuleusement la structure de la « forme sonate » tout au long de ses 69 mesures, même s’il y adjoint une mélodie réduite à sa simple expression.

VOIR/TÉLÉCHARGER LA PARTITION DE LA SONATE "CLAIR DE LUNE"


Le mouvement est lent (tempo Adagio sostenuto). Chaque note mélodique est lourde de sens, influencée en cela par l’utilisation de longues basses profondes à la main gauche et à la partie médiane par des triolets continues qui décomposent les accords du tissu harmonique.

L'exposition s'ouvre par une introduction de quatre mesures qui fixe l'extraordinaire climat sonore de la pièce, suivi par quatre autres mesures qui ancre la répétition de la première note mélodique, le sol dièse ; elle-même détachée de l'accompagnement par la cellule rythmique des triolets.

Sobre à l’extrême, dépouillée de toutes notes et artifices inutiles, le schéma de l’écriture de l’Adagio se poursuit ainsi avec cette constante du « pp » pour ‘sempre PP e senza sordino’.


LA SONATE N°14, DITE "CLAIR DE LUNE", piano : Paul Pitman
Successivement : Adagio sostenuto, Allegretto et Presto agitato


LES DIFFÉRENTES MODULATIONS DE L’ADAGIO

Pour son 'Adagio', Beethoven n'a pas été avare de modulations...

Pour le premier thème.

Le premier motif mélodique débute en 'Do dièse mineur' et conduit l’interprète vers les modulations de 'Mi majeur' puis de 'Si mineur'. Le second commence en 'Si majeur' puis transite vers le 'Fa dièse mineur'. Retour ensuite au premier motif, mais cette fois en 'Fa dièse mineur', avant de se diriger vers le troisième en 'Do dièse mineur' sur une pédale de sol dièse. Ouf !

Pour le second thème.

Premier et second motif en 'Do dièse mineur', puis premier motif joué avec une basse superposée aux arpèges du troisième motif.

NB : le second thème réduit l'invention mélodique à la note « si », revenant sur elle-même après des glissements aux demi-tons voisins et procédant par répétition immédiate. Le thème, ici, ne s'identifie plus comme une succession de notes mais comme un plan sonore à peine mouvant. (source : Guide de la musique - ED. Larousse)

À CONSULTER

ÉVEIL MUSICAL : L'ADAGIO DE LA SONATE "CLAIR DE LUNE"

  par PATRICK MARTIAL


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