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INFO



BRUNO LEONARDO GELBER, PIANISTE CONCERTISTE

BRUNO LEONARDO GELBER, LE PIANISTE CONCERTISTE ARGENTIN

LES MOMENTS FORT DE SA VIE :

  • Pianiste argentin d’origine franco-italo-autrichienne, né le 19 mars 1941 à Buenos Aires.
  • A l’âge de 3 ans, il est initié au piano par sa mère.
  • Devient à 6 ans l’élève de Vincenzo Scaramuzza.
  • A l’âge de 7 ans, il subit une sévère attaque de poliomyélite.
  • A 15 ans, il obtient une bourse pour étudier à Paris.
  • Il devient le dernier élève de Marguerite Long et obtient le 3e prix à son concours international.
  • L’enregistrement de l’intégrale des Sonates de Beethoven.

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Homme élégant et de son époque, le pianiste concertiste Bruno Leonardo Gelber est un homme qui n’hésite pas à porter le costume trois pièces davantage par goût que par convention. “Je suis de l’époque des choses élégantes, du glamour.” aime à répéter le musicien, et de rajouter… “Celui qui renie son époque se met dans une situation difficile. C’est vrai qu’il y a beaucoup de choses que je n’apprécie pas et en particulier la vulgarité et la violence.“ Reprochant aux jeunes gens leur impatience à obtenir des résultats, Leonardo Gelber regrette que leur éducation et leurs valeurs ne soient plus les mêmes qu’à l’époque où il passait ses nuits à refaire le monde jusqu’à cinq heures du matin. Un de ses grands regrets est la disparition des formules de politesse qui rendaient la vie plus belle.



LE COMBAT FACE À LA MALADIE

Né en Argentine avec des origines autrichienne et franco-italienne, Leonardo Gelber grandit dans une famille de musiciens. Sa mère l’initie au piano à un âge où les enfants ne connaissent pas encore les bancs de l’école. ”Je n’existe pas dans ma mémoire sans un piano devant moi. Il paraît que je répétais avec un doigt les thèmes des morceaux que jouaient les élèves de ma mère. Je réclamais des leçons. Je criais que je voulais être pianiste en me jetant par terre.” Une attaque de poliomyélite à l’âge de 7 ans a bien failli interrompre ses espoirs de pianiste. Il restera cloué au lit pendant une longue année. “La vérité, c’est que la musique m’a aidé à supporter la polio, ce n’est absolument pas la polio qui m’a fait devenir musicien.” A la maison familiale, on fait en sorte que le jeune Leonardo, même alité, continue le piano. On démonte la lyre de l’instrument pour rapprocher le lit du clavier. Ainsi, le piano devient pour Leonardo Gelber le compagnon de tous les jours. “Comme me l’a enseigné mon professeur Vincenzo Scaramuzza, je traite mon piano avec respect. Il me le rend bien car quand je sens qu’il communique des émotions pures au public, c’est l’une de mes plus grandes joies.

A l’âge de 15 ans, le pianiste interprète sous la direction du chef d’orchestre Lorin Maazel, un concerto de Schumann et à 19 ans, il s’envole pour Paris pour se perfectionner, avec en poche une bourse gracieusement offerte par le ministère français de la culture. “Quand je suis arrivé à la Cité U avec mon père, tout était nouveau, je regardais partout ! Au début, c’était dur. Nous étions relativement aisés en Argentine, c’était l’époque où quand les deux parents travaillaient, on vivait bien. Je n’étais donc pas habitué à trouver des vers dans ma salade et j’ai dû apprendre à me servir de mon balcon comme d’un frigidaire… Je travaillais mon piano à la cave, à côté de la chaudière et quand mon père est reparti, j’ai ressenti la solitude.



DES COURS AVEC MARGUERITE LONG

La rencontre avec Marguerite Long bouscule son existence. Elle le prend sous son aile pour lui transmettre, entre autres, sa science pédagogique et sa connaissance du milieu musical. “Elle m’emmenait partout. J’ai goûté à l’élégance, aux voitures avec chauffeur et aux dîners dans les hôtels particuliers.” C’est avec Marguerite Long que Leonardo Gelber a développé son penchant pour les belles choses. Aussi, pour que le courant passe entre la vieille dame et le jeune pianiste, il ne fallait pas décevoir et donner le meilleur de soi-même : “J’avais reçu une formation très orthodoxe et elle a su enlever un à un tous les tuteurs qui me retenaient… Elle se tenait debout derrière moi, posait sa main sur mon épaule et me disait simplement : c’est beau. Elle ne m’a jamais fait payer une seule leçon !“.

Marguerite Long ne se contentera pas de ces quelques cours ; saluant ses qualités pianistiques, elle le poussera à se présenter à son concours… “En principe, elle n’avait pas le droit de présenter un de ses élèves à ce concours. Grâce à Dieu on ne m’a pas remis le premier prix, car qu’est-ce qu’on aurait dit !” Le public, comme la presse, pensaient le contraire, regrettant à tort que le jeune pianiste méritait de remporter le premier prix.




LA CARRIÈRE INTERNATIONALE

Malgré sa jeunesse et son manque d’expérience, le public se trompe rarement quand il entend un pianiste talentueux. Pour Bruno Leonardo Gelber, c’est le commencement d’une carrière internationale. Parrainé à ses débuts par des noms aussi célèbres qu’Antal Dorati, Rudolf Kempe et Ernest Ansermet, il se produit rapidement avec les plus grands orchestres : l’Orchestre de la Suisse Romande, la Philharmonie de Berlin, le Royal Philharmonic Orchestra, l’Orchestre de Cleveland, l’Orchestre de Montréal et de Paris ou l’Orchestre Philharmonique de Saint-Pétersbourg. Qu’il se présente seul, face à son piano, ou avec un orchestre, le monde entier l’accueille à bras ouvert.

Bruno Leonardo Gelber

Aujourd’hui, l’artiste sexagénaire a fait le tour du monde et a joué sur les plus belles scènes artistiques. Il conserve en mémoire, après des milliers de concerts, des dizaines et des dizaines de souvenirs exceptionnels, comme ses rencontres avec Ferdinand Leitner, Sergiu Celibidache et Erich Leinsdorf… mais parfois, l’émotion submerge l’artiste… “Je me souviens d’un jeune garçon en Argentine qui me demandait s’il pouvait me serrer dans ses bras… Et il est tombé en larmes ! C’est parfois difficile de répondre à ce que l’on éveille. Généralement les gens viennent vers moi pour prendre… pas pour donner.

Il n’en reste pas moins que le pianiste Leonardo Gelber se transforme parfois en star capricieuse, pour se faire remarquer ou pour souligner sa différence lorsqu’il est avec ses amis. C’est le moindre des paradoxes pour cet ancien enfant prodige qui, doté d’une énergie féroce, a su vaincre la maladie et franchir les océans.

  par PATRICK MARTIAL (08/2010)


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