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ÉVEIL MUSICAL : FRÉDÉRIC CHOPIN
15e PRÉLUDE – 7e POLONAISE - GRANDE VALSE BRILLANTE

Toute l’œuvre de Chopin est consacrée au piano. Ses Nocturnes, ses Valses, ses Préludes, ses Impromptus ou ses Polonaises représentent les sommets d’un style caractéristique. Véritables poèmes pour piano, toutes ces pièces sont d’authentiques études, chacune étant attachée à une difficulté pianistique précise.


CHOPIN, UN COMPOSITEUR SANS PRÉCURSEUR

Chopin pense en pianiste, alors que Beethoven voit le piano à travers l’orchestre, et Schubert à travers la voix. Pour le compositeur polonais, c’est l’unique moyen d’expression. Sans abandonner les grandes formes, Chopin s’est surtout dirigé vers des modes d'expression plus libres dans lesquelles il a pu, sans entraves, donner libre cours à son génie.


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Son tempérament musical est le fruit d’une inspiration spontanée, mais aussi d’un travail acharné. Chopin travaillait beaucoup pour discipliner les mélodies qui jaillissaient chez lui un peu comme chez Schubert, afin de les maîtriser dans une forme marquée du sceau du classicisme.

L’apport technique de Chopin au langage pianistique est considérable, mais c’est sans doute le climat qu’il sut créer autour du piano qui influença le plus ses contemporains et ses successeurs (les échos de son langage s’en retrouvent dans maintes pièces de Debussy).

Ses mélodies sont souples, ornées, elles planent avant de mourir à regret. Ses harmonies délicates, souvent chromatiques, laissent toute liberté à la « mélodie-reine ». Son romantisme exalte sa patrie. On pourrait résumer la magnificence de l’œuvre de Chopin par les différentes émotions humaines qu’il a su traduire musicalement, de la joie à la souffrance, de la résignation à la colère, de la tendresse à la mélancolie. Le pianiste et pédagogue Georges Mathias dira de lui : « La virtuosité chez Chopin est consubstantielle à la création poétique, elle est l’expression naturelle de son génie parce que chez lui le pianiste et compositeur ne font qu’un. »


QUINZIEME PRÉLUDE

La « petite histoire » donne à ce Prélude un titre : La Goutte d’eau. Lors du séjour qu’il fit à l’île de Majorque, où il logeait dans une ancienne chartreuse abandonnée, Chopin, resté seul un soir à veiller tandis qu’en montagne grondaient l’orage et la tempête, aurait entendu les gouttes d’eau résonner sur les tuiles.

La répétition des notes dans le 15e Prélude peut effectivement faire penser aux gouttes de pluie, bien que le 6e puisse également donner la même impression. Il ne faut donc pas s’attacher à ce détail, mais suivre avant tout le développement de l’œuvre, d’autant plus que Chopin s’est toujours défendu d’avoir voulu faire de la musique imitative. « Il protestait de toutes ses forces, écrira George Sand, contre les puérilités de ces imitations pour l’oreille. ».

Trois parties sont présentes dans ce Prélude.

1 – Un chant nostalgique exposé à la main droite et soutenu par les notes répétées et régulières de la main gauche.

2 – Une partie plus animée où, à la main gauche, dans le grave du piano, gronde un thème expressif.

3 – Le retour du chant premier. Dans la partie précédente on sentait l’âme tourmentée du musicien, son angoisse. Cette dernière partie apporte l’apaisement souhaité.

15e PRÉLUDE DE FREDERIC CHOPIN
(Vladimir Horowitz, piano)

Chez Chopin, et contrairement aux « Préludes et fugues » de J. S. Bach, chaque Prélude est indépendant. Le pianiste polonais a composé 24 Préludes, des pièces courtes dans toutes les tonalités, de véritables petits bijoux bien ciselés pour le piano


SEPTIÈME POLONAISE

La Polonaise est une danse à 3 temps. « Selon le rite traditionnel, l’allure n’en est point rapide ; autant qu’une danse c’était un cortège, une sorte de marche d’apparat. Dans un bal, le maître de maison ouvrait la fête en dansant la polonaise avec celle des dames présentes à qui il voulait faire honneur. » (C. Aguettant).

Chopin lui a donné une allure martiale, héroïque même. De son exil, il voyait à travers elle sa patrie perdue ; son imagination transcendait les cortèges en marches orgueilleuses. Peut-être voyait-il dans cette danse le cortège de la résurrection, le chant de l’espérance.

Dans la 7e, dite « Grande Polonaise », en La bémol, le « trio » se présente comme une véritable chevauchée animée par un crescendo irrésistible. Un court épisode plus détendu ramène le thème héroïque initial.

7e POLONAISE DE FREDERIC CHOPIN
(Vladimir Horowitz, piano)

Le Thème initial suivi du Trio :

GRANDE VALSE BRILLANTE (VALSE n°1)

La Grande Valse brillante en mi bémol majeur, op. 18 a été composée en 1833. Elle est la valse la plus célèbre du compositeur. S’annonçant à la façon d’un galop et basée sur l’importance d’une mélodie basée sur la répétition de mêmes notes, cette valse est très démonstrative techniquement. Dédiée au piano et portée par une mélodie aussi légère qu’éclatante, elle sera pourtant transposée par Igor Stravinsky pour grand orchestre en 1909 (ballet les Sylphides) et même chantée.

GRANDE VALSE BRILLANTE DE FREDERIC CHOPIN
(Arthur Rubinstein, piano)

POINT D’ORGUE À PROPOS DE CHOPIN

Vie curieuse que celle de ce créateur ardemment patriotique, qui chanta sa Pologne natale dans ses Mazurkas, ses Valses, ses Polonaises. Né près de Varsovie, il finira par s’établir en 1830 à Paris, au hasard d’un voyage qui aurait dû le conduire à Londres. C’est là qu’il va passer les 18 dernières années de sa vie dans un climat de sympathie, entouré d’amis qui le consoleront de sa Pologne perdue. D'une santé fragile et délicate, il mourut fort jeune, à l'âge de 39 ans. Depuis 1945 son corps repose à Varsovie selon son propre vœu : « Pologne qui chante et qui pleure, pauvre pays, mon cœur est à toi… il reposera sur ta poitrine. »

  par PATRICK MARTIAL