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ÉVEIL MUSICAL : LES PRÉLUDES DE CLAUDE DEBUSSY

Au début du 19e siècle, le piano n’avait absolument pas intéressé les compositeurs français, mais vers sa fin, on assiste à une véritable renaissance dans un langage neuf. Fauré et Debussy sont les premiers à montrer les voies de l’école moderne qui tourne nettement le dos à la conception du piano romantique décrit par Beethoven, puis ensuite par Liszt.


LE PIANO DU RENOUVEAU FRANÇAIS

Dans la musique « impressionniste », l’influence de Chopin n’est pas négligeable. Déjà son langage n’avait rien du romantisme fougueux de Beethoven ou inquiet de Schumann. Chopin avait délaissé les grandes formes pour les pièces brèves. Debussy s'en saisira, mais ajoutera à son discours musical les nuances fugitives du temps qui passe, alliant « le rêve au rêve et la flûte au cor » dans ses Préludes, ses Estampes ou ses Petites Suites.


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Chez Debussy la mélodie est vaporeuse, étirée, donnant naissance à un impressionnisme sans équivoque. Chez lui, la mélodie française est en opposition à la poésie romantique, dont on se lassait en France. Debussy mais aussi Fauré ou Duparc pénètreront le mystère des choses, leurs correspondances secrètes, et appelleront la musique d’une voix discrète et rêveuse. Ainsi, tel un fil conducteur, Verlaine, Baudelaire ou Samain seront les poètes de Fauré, Duparc et Debussy.


CLAUDE DEBUSSY : LE COMPOSITEUR

Claude Debussy traduit dans l’ensemble de son œuvre des impressions, des couleurs que l’on retrouve dans ses préludes. Il peint avec pureté. À l’écoute, sa musique semble échapper à toute construction, alors que la rigueur existe. Le rythme est en suspension. Il n'est pas cadencé. Debussy a retrouvé, comme les luthistes dans leurs improvisations, le goût de la sonorité chatoyante. Chez lui le ton s’apaise. Nous sommes aux antipodes d’un Liszt démonstratif.

CLAUDE DEBUSSY

La seule écoute des deux préludes qui suivent ou du Prélude à l’après-midi d’un faune suffisent amplement pour s’apercevoir que le compositeur a rompu avec un passé musical qui l’étouffait. Le renouveau est peut-être plus difficile quand il s’agit d’un opéra. Pourtant, là-aussi, Claude Debussy imprime une approche toute différence…

Dans Pelléas et Mélisande (1902), c’est l’opéra du 20e siècle qui pointe le bout de son nez. À ses yeux, la clarté du récitatif doit permettre à tout spectateur de saisir parfaitement les paroles et de se passer du livret. Pour les voix, il bannit sans faiblesses les airs, les trilles et autres vocalises tout en réduisant les tessitures. De plus, l’orchestre ne les couvre jamais, mais dialogue plutôt avec elles, laissant souvent le texte à découvert. On ne court plus après la performance, et après quelques minutes d’audition, on a la nette impression d’un grand naturel. Une page est tournée. Adieu Wagner et Puccini !

La puissance évocatrice de sa musique rejaillit encore de nos jours sous différentes formes : orchestrale, harmonique et mélodique. On entend l’âme musicale de Debussy à travers certaines musiques de films. Quelques pianistes de jazz contemporain s’en délectent en s'inspirant des développements harmoniques que le compositeur a laissé sur sa route. On ne peut ignorer l’importance de Debussy. Sans lui, tout un pan de l’histoire musicale du 20e siècle n’aurait pu exister. Ravel, Schmitt et Roussel seront portés par l’élan de ce renouveau.


LES PRÉLUDES

LA FILLE AUX CHEVEUX DE LIN
(ext. partition)



AGRANDIR
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Ils forment deux livres de douze pièces chacun. Chaque pièce est un petit poème dont le titre n’est donné qu’à la fin ou à la table des matières. Ainsi, le titre n’apparaît-il que comme un prétexte qui mit en mouvement l’inspiration créatrice du compositeur.


LA FILLE AUX CHEVEUX DE LIN
(issue du Ier livre)

Debussy n’a pas voulu décrire. Soyez attentif à cela en écoutant le thème principal et à l’accompagnement qui l’enrobe, et qui s’étire sur une grande partie de la tessiture du piano.

Après une seconde idée, le premier thème revient, prolongeant la poésie, et tout se perd comme dans un rêve.

Mais dans un rêve, les mêmes idées fugitives ne reviennent-elles pas souvent sous des aspects divers ? C’est ce qui se passe ici. Trois fois le thème principal revient. Chaque fois nous le retrouvons identique mélodiquement, mais avec l’impression d’un changement : c’est l’accompagnement, la robe sonore qui se renouvelle.

C’est toujours la même fille aux cheveux de lin, mais les visions poétiques passent…


LA FILLE AUX CHEVEUX DE LIN (Francois-Joel Thiollier, piano)


LA CATHÉDRALE ENGLOUTIE (issue du Ier livre)

D'un prélude à l'autre, Claude Debussy développe de nouveaux climats. Plus sombre et nuancé que La fille aux cheveux de lin, La cathédrale engloutie évoque la légende de la ville d’Ys, cité bretonne noyée par les flots il y a quinze siècles. Les marins racontent que, par grandes tempêtes, les cloches de la cathédrale se faisaient entendre.

Pour traduire cette légende, le prélude est composé d’une approche musicale essentiellement verticale (abondance d’accords). La pédale forte, omniprésente, devient le trait d’union des différentes harmonies jusqu’au passage forte où de puissants accords évoquent le son des cloches. Ensuite, tout redevient calme.

Une fois de plus, Debussy exploite toute l’étendue du clavier. Retenu et silence jouent un rôle aussi essentiel que le choix des notes.


LA CATHÉDRALE ENGLOUTIE (Krystian Zimerman, piano)


À PROPOS DE CLAUDE DEBUSSY

Né au foyer d’un boutiquier de Saint-Germain-en-Laye, près de Paris, Claude Debussy, après d’excellentes études musicales, obtint le Grand Prix de Rome avec sa cantate « L’enfant prodigue ».

Ses principales œuvres sont : Pelléas et Mélisande (opéra), La demoiselle Elue (cantate), Le martyre de Saint-Sébastien (musique de scène), Prélude à l’après-midi d’un faune, La mer (poèmes symphoniques), des mélodies, des pièces pour piano, dont les préludes, un quatuor à cordes, etc.

Il mourut en 1918, dans un paris endeuillé par la guerre, après une existence recluse consacrée au travail.

  par PATRICK MARTIAL