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TECHNIQUE ET MAO



LES FONCTIONS DU CLAVIERS ÉLECTRONIQUE À ACCOMPAGNEMENT AUTOMATIQUE

Cette page fait suite à LE CLAVIER ÉLECTRONIQUE À ACCOMPAGNEMENT AUTOMATIQUE : UTILISATION


Seconde partie du dossier abordant le b.a.-ba des claviers électroniques à accompagnement automatique. Cette seconde partie aborde l'utilisation de la boîte à rythme et les fonctions 'Single Finger Chords', 'Fingered Chords' qui permettent de gérer les possibilités de l'accompagnement automatisé. Tout est expliqué simplement avec de nombreux conseils.


UN PEU D’HISTOIRE…

Il faut se souvenir que les premiers claviers à accompagnement automatisé disposaient sur la façade de tous les renseignements utiles à leur usage. Un nombre important de boutons de commandes était présent. Pour piloter le clavier, il suffisait de lire la description qui accompagnait chacun d’eux. C’était simple et ludique.

Quelques années plus tard, avec l’arrivée des premiers claviers digitaux, suivi des premiers claviers à échantillonnage, tout allait devenir différent. Le synthétiseur n’est alors plus considéré comme un gadget et le piano numérique commence à se répandre. Cette révolution technologique majeure a surtout entraîné un changement dans la façon de manipuler et de programmer. Outre l’accroissement des possibilités (banque de sons, séquenceur incorporé, effets…), le claviériste va être confronté à la présence des premiers écrans de commande LCD. Un changement d’habitude qui se résume par la subite disparition des boutons de contrôles.


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Dans le langage courant, le mot « navigation » venait de remplacer le mot « programmation ». Une page qui appelle une fonction, qui elle-même appelle une autre page, etc. Un « + » et un «- » qui bataille, et un gros potentiomètre rotatif 'dial' pour aller plus vite. C’était dit : un pas décisif venait d’être franchi ! Manipuler un clavier électronique devenait d’une telle complexité que les sons s’échangeaient, circulaient d’un appareil à l’autre au lieu d’être purement créer.

Presque toutes les marques vont suivre le mouvement, et les claviers à accompagnement automatisé également. Cette façon d’appréhender la manipulation des claviers électroniques, plus « scientifique » et moins instinctive, s’est poursuivi jusqu’aux années 90/2000, jusqu’à l’arrivée massive de la musique électro et du retour des claviers vintages sur le devant de la scène. Depuis, les constructeurs ont réagi, et sur certains claviers un retour aux boutons de commandes a vu le jour, sans toutefois éradiquer la conception de la miniaturisation et de l’inflation de nouvelles possibilités parfois improbables.


UTILISATION BASIQUE DES FONCTIONS DU CLAVIER À ACCOMPAGNEMENT AUTOMATIQUE

Bien que chaque marque propose sa propre ergonomie et sa propre « philosophie », elles s’accordent généralement pour offrir une nomenclature en langue anglaise quand les instruments sont exportés. Pour faciliter la prise en main, chaque grande fonction est compartimentée grâce à l’emploi d’une sérigraphie colorée. Ainsi, en un rapide coup d’œil, le claviériste dispose d’un tableau de commande convivial où il peut piloter chaque fonction.

À présent, partons à leur découverte…


LA BOITE À RYTHME

Le principe de la boite à rythme est de mettre à votre disposition un batteur virtuel. Dans le cadre du clavier à accompagnement automatisé, il n’est pas nécessaire de la programmer, car les rythmes sont déjà installés en mémoire.

Une palette importante de rythmes est présente. Il suffit de sélectionner l’un d’eux et d’appuyer sur le bouton « play » pour qu’il démarre. Il vous appartient, ensuite, de régler le tempo à votre convenance.

MIS EN MARCHE

  • 1. Sélectionner le rythme. Appuyez sur le rythme de votre choix (ou glisser le potentiomètre linéaire jusqu’à obtenir le rythme désiré). Les rythmes sont généralement classés par style. Cela va des rythmes classiques de la valse, du tango jusqu’aux ceux plus modernes du rock, du latin, du jazz ou de l’électro. Aujourd’hui, il n’est pas rare d’avoir plusieurs centaines de rythmes différents dans un clavier de bas de gamme.
  • 2. Réglez le « tempo ». Le changement de rythme s’opère généralement grâce à un bouton rotatif, mais aussi par pression successive en utilisant deux boutons de commande « + » et « - » (chantez la mélodie pour apprécier la bonne vitesse).
  • 3. Appuyer sur le bouton « Synchro » ou « Synchro Start ». Cela signifie que le rythme est prêt à fonctionner. Généralement, une diode clignote. Le déclenchement du rythme peut se produire de deux façons, soit en appuyant sur le bouton poussoir du rythme désigné, soit en utilisant n’importe quelle touche du clavier de la partie réservée à l’accompagnement automatique (à gauche du clavier).

ALLER PLUS LOIN

La fonction « Fill-In ». Présente sur certains claviers, elle permet en cours de jeu de produire une cassure rythmique synchronisée (break).

Synchronisé ? Cela signifie que si vous lancez le « Fill-in » au mauvais moment, c’est-à-dire en cours de mesure, le programme est ainsi fait qu’il ajuste et modifie le rythme en conséquence pour que celui-ci se termine correctement.

À quoi sert la fonction « Fill-In » ? Dans un jeu live, elle permet de rompre la monotonie de la boucle rythmique produite par l’accompagnement automatisé. Dans les purs claviers à accompagnement automatisé, et contrairement aux claviers workstations où il peut être programmé, le « Fill-In » est toujours appelé manuellement, de façon « live ».

Les fonctions « Intro » et « Ending ». Ces fonctions présentes sur certains claviers permettent :

  • De lancer le morceau (« Intro ») sur une ou deux mesures avant que l’accompagnement automatique (orchestration) n’intervienne.
  • De finir (« Ending ») l’interprétation du morceau proprement, avec un roulement de toms par exemple. Pour exécuter le « Ending », celui-ci doit intervenir simplement en appuyant sur le bouton concerné après avoir joué la dernière note de la mélodie.

Si votre clavier ne dispose pas de ce dispositif, et si vous souhaitez terminer proprement votre morceau, il vous suffira de compter les temps de l’ultime mesure, mais en vous arrêtant sur le premier temps de la mesure virtuelle suivante, de cette façon :

1, 2, 3, 4 - 1.


JOUER AVEC LA BOITE À RYTHME

La priorité est de veiller à ce que le rythme choisi corresponde à la signature de la mesure. Par exemple : une marche, un tango, c’est à 2 temps, une valse à 3 temps, et un rock à 4 temps. Sachez qu’un rythme inadapté empêchera de jouer correctement la partition.

Si l’indication du style n’est pas portée en début du morceau (valse, rock, etc.), vous aurez toujours la signature de la mesure qui sera obligatoirement mentionnée (4/4, 6/8, etc.).


UTILISER LA BOITE À RYTHME

Vous manquez de pratique ? Je vous conseille d’utiliser un tempo à une vitesse nettement inférieure. Pourquoi cela ? Parce que dès que l’on utilise une boîte à rythme, vous devenez son esclave et que, dans ce cas, vous ne pouvez pas vous permettre le moindre relâchement, la moindre erreur.

Je vous rassure, l’utilisation de la boîte à rythme offre aussi quelques avantages, dont celui de travailler avec une plus grande précision la mise en place des rythmes écrits sur la partition, et ainsi d’apporter à votre interprétation un résultat sonore encore plus authentique et plus flatteur pour vos fans.

Une fois que vous arrivez à jouer un morceau dans sa totalité, sans commettre d’erreur et sans hésitation, alors c’est que vous avez atteint le niveau optimal pour poursuivre. La boîte à rythme sert aussi à cela, à servir d’indicateur et de révélateur pour le musicien débutant.

Conseil : si vous commettez une erreur, ce n’est pas bien grave, car vous êtes là aussi pour apprendre… Surtout n’arrêtez pas de jouer ! Au contraire, laissez le rythme tourner et essayait de reprendre le morceau en cours de route. Cette pratique, qui relève aussi d’un aspect pédagogique, est une bonne pratique, car elle permet d’être plus en phase avec la réalité. C’est comme si vous étiez sur scène. Vous imaginez un instant le ou les musiciens s’arrêter pour tout reprendre ?


LE MODE « SINGLE FINGER CHORDS »

Baptisée « Single Finger Chords », cette fonction permet de jouer des accords en n'utilisant qu'un seul doigt. Vraiment simple à utiliser, le « Single Finger Chords » a toujours eu ses adversaires, et à juste titre, car la fonction est limitée. Si elle permet de produire des accords rythmés et des lignes de basse, ce type d’accompagnement est très satisfaisant tant que l’on joue des accords simples à 3 notes, voire exceptionnellement à 4 notes (7e).

La plupart des claviers à accompagnement automatisé possèdent cette section appelée aussi « Auto Chord » ou « Auto Bass Chord ». Il est évident que lorsqu’on « bidouille » quelques notes sur le clavier avec la main droite, et qu’un seul doigt de la main opposée suffit à déclencher toute une orchestration, on comprend tout de suite l’intérêt de cette fonction !

Le « Single Finger Chords » est présent à gauche du clavier et occupe généralement une à deux octaves de celui-ci. La partie réservée est repérable grâce aux noms des notes alphabétiques (A, B, C, D, E, F, G – notation anglo-saxonne voir : apprendre à lire les notes ) écrite juste au-dessus des touches concernées.


MISE EN MARCHE ET UTILISATION

  • 1. Sélectionnez le rythme de votre choix.
  • 2. Réglez le tempo de la boîte à rythme.
  • 3. Repérez la commande « Single Finger Chords » ou assimilé et mettez-la en position marche.
  • 4. Appuyez sur le bouton « Syncho Start » ou « Play ». Votre clavier est prêt à démarrer. Il doit vous offrir un accompagnement d’accords rythmés avec une ligne de basse qui s’accorde aux harmonies (accords) et en synchronisation avec le tempo de la boîte à rythme.
  • 5. Positionnez votre main à hauteur des touches concernées. Important ! À ce stade des explications, vous devez comprendre que jouer avec un seul doigt ne signifie pas jouer toujours avec le même doigt ! Pour une meilleure efficacité de jeu, votre main gauche devra choisir chaque touche concernée, comme s’il s’agissait de jouer une mélodie. Partez du principe que le meilleur angle d’attaque est de positionner le pouce sur la touche du do. Avec un peu d’extension, et sans déplacer la main, vous aurez ainsi le contrôle sur toute une octave, soit 12 accords différents.

À présent, il vous suffit de suivre la partition. Avec la main droite vous jouez la mélodie, tandis que la main gauche suit les harmonies (chiffrage des accords) indiquées en lettre capitale. Vous devez surtout veiller à respecter le changement des accords conformément à la partition ; généralement sur le 1er temps (1 accord par mesure), le 1er et 3e temps (2 accords par mesure).Comptez chaque temps si nécessaire comme ci-dessous.

Pour Info : quand l’accompagnement automatique est lancé, il ne s’arrête plus. Il produit une boucle à l’infini. Généralement, quand une touche de la partie « Single Finger Chords » est jouée, le clavier fait entendre le même accord rythmé tant que vous n’enfoncez pas une autre touche, et ce même si vous relâchez la touche en question.


JOUER DES ACCORDS MINEURS

Pour exécuter un accord mineur, les touches que l’on doit enfoncer (ou la manipulation que l’on doit exercer) varient d’une marque de clavier à l’autre. Référez-vous au manuel d’instruction pour savoir comment basculer de l’accord majeur à l’accord mineur.

Trois manières de jouer un accord de la mineur, avec à gauche la façon Yamaha PSR et à droite la façon Casio.

Quelques exercices préalables sont nécessaires, comme de passer du majeur au mineur et inversement.

  • Pour info : si vous devez utiliser deux touches pour obtenir un accord mineur, vous devrez les enfoncer et les relâcher en même temps.


    UTILISATION DES ACCORDS DE SEPTIÈME

    Il existe sur un grand nombre de clavier à accompagnement automatisé, la possibilité d’employer l’accord de 7e de dominante. Cet accord à 4 notes est courant dans de nombreuses musiques. On le reconnaît au chiffre 7 (ex. C7).

    Comme pour l’accord mineur, le passage à l’accord de 7e est sujet à une manipulation particulière qui diffère suivant les marques Voir l'exemple ci-dessous.

    Trois manières de jouer un accord de do septième, avec à gauche la façon Yamaha PSR et à droite la façon Casio avec 3 toucges.

    Plus rarement, on trouve avec la fonction « Single Finger Chords » la possibilité d’utiliser l’accord mineur 7 (ex. m7 ou min7).

  • Pour info : si sur la partition, vous voyez un accord de septième mis entre parenthèse, cela signifie que vous n’êtes pas dans l’obligation de le jouer. Vous produirez alors un classique accord majeur ou mineur à 3 notes.


    LE MODE « FINGERED CHORDS »

    Si la fonction « Single Finger Chords » vous semble limitée (ce qui est le cas), alors utilisez celle appelée « Fingered Chords ». Grâce à elle, vous allez conserver l’accompagnement automatisé, harmonique et rythmique du « Single Finger Chords », la seule petite/grande nuance se situant dans l’exploitation des harmonies.

    Avec le « Fingered Chords », c’est vous qui jouez les accords et non le programme. Vous n'avez aucune limite concernant les familles d’accords, qu’ils soient à 4 sons ou plus (9e, 11e, 13e). Bien sûr, pour exploiter correctement cette fonction, il vous sera nécessaire de connaître les différentes familles d’accords. (Voir cours harmonie en ligne) Personnellement, je conseille vivement de choisir cette approche, d’autant plus si votre objectif est un jour d’utiliser un synthétiseur ou un piano.

    L’intérêt d’utiliser le « Fingered Chords » est multiple. Outre le fait qu’il permet d’élargir la palette des harmonies, vous pouvez jouer sur les renversements d’accords pour obtenir des couleurs sonores différentes. Cette dernière possibilité est d’autant plus intéressante quand un même accord se poursuit consécutivement sur plusieurs mesures. Cela évite l’aspect cyclique et identique de l’accompagnement automatisé. À partir du moment où vous réaliserez un renversement d’accord (ex en C : do/mi/sol, devenant mi/sol/do), la ligne de basse bougera et les autres instruments harmoniques également (guitare, cuivres, etc.).


    MISE EN MARCHE ET UTILISATION

    • 1. Enfoncez ou glissez le sélecteur d’accords automatiques de façon à mettre votre clavier en mode « Fingered Chords ».
    • 2. Sélectionnez le rythme de votre choix.
    • 3. Réglez le tempo de la boîte à rythme.
    • 4. Repérez la commande « Fingered Chords » ou assimilé et mettez-la en position marche.
    • 5. Appuyez sur le bouton « Syncho Start » ou « Play ». Votre clavier est prêt à démarrer avec boîte à rythme, la ligne de basse et, éventuellement d’autres instruments.
    • 6. Positionnez votre main à hauteur des touches concernées.

    QUELQUES EFFETS UTILES…

    LA FONCTION « DUET »

    Le « Duet », également appelé « Auto Harmonize » ou « Counter Melody » permet d’enrichir l’harmonie en donnant l’impression que 2 instruments jouent en semble. Cependant, dans certains cas, il arrive que cela réduise la polyphonie de l’instrument.

    LA FONCTION « CHORUS »

    C’est un effet que l’on rencontre sur de nombreux synthétiseurs. Il permet d’enrichir certaines harmoniques et donne la sensation d’un son plus riche.

    LA FONCTION « REVERB »

    C’est un effet également présent sur les synthétiseurs, mais dont le dosage sur les claviers à accompagnement automatique sont rarement paramétrables. Toutefois, en fonction de son intensité, la « reverb » permettra à une mélodie d’avoir plus de profondeur, une plus grande ampleur sonore.

    LA FONCTION « STEREO CHORUS »

    La fonction recrée une sensation de son stéréophonique en partant d’un son monophonique. À l’écoute, via les haut-parleurs incorporés, le son est artificiellement plus large.


    EN FORME DE CONCLUSION

    Un clavier à accompagnement automatique peut se révéler fort agréable pour jouer des morceaux orchestrés sans se préoccuper de les programmer. C’est là, sa grande utilité. Cependant, j’attire votre attention sur un aspect qui, du point de vue compositeur, peut se révéler instructif. Imaginons un exemple…

    Vous avez trouvé une mélodie qui vous trotte dans l’oreille accompagnée de deux ou trois accords. À ce stade d’ébauche l’idée est construite, mais possède-t-elle une véritable identité, un style auquel on puisse la rattacher ? Pas sûr ! C’est à ce moment-là que l’accompagnement automatisé entre en action…

    Avec un peu d’expérience et du doigté, vous allez pouvoir tester différents types d’accompagnement et jauger de la qualité de votre idée en la mariant par exemple à une orchestration rock, latine, jazz ou slow.

    Le fait de tester votre morceau à travers différents accompagnements risque fort de donner suite à autre chose, à d’autres idées, même si vous ne conservez pas au final ce qui l’a motivée. Vous pouvez même en adaptant le rythme de la mélodie, essayer votre musique en changeant la signature, comme de passer de 4/4 en 3/4 ou l’inverse. Ce simple changement peut tout changer et vous apporter encore d’autres pistes.

      par ELIAN JOUGLA