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Portail sur la musique et les claviers modernes : piano, synthétiseur et orgue.

HISTOIRE DE LA MUSIQUE ET DES INSTRUMENTS



LE PIANO RAGTIME... UNE HISTOIRE, UN STYLE

Le ragtime est un genre musical d'origine américaine, né vers 1890/1895 (années où furent publiées plusieurs compositions importantes dans ce style). Celui-ci est reconnu comme étant une des sources majeures des débuts de l'histoire du jazz, se perpétuant à ses côtés pendant pas mal d'années, mais sans se confondre avec lui (si l'on exclu le style stride). C'est une musique essentiellement pianistique, bien que des compositeurs noirs (Joplin) ou blancs (Stravinski) l'ont adaptée ou orchestrée pour des ensembles de cuivres et de bois.


Les premiers à recueillir et à composer des thèmes, à leur donner une forme seront des pianistes noirs cultivés et connaissant la musique classique. Comme la pratique du piano demande une culture musicale plus poussée et que son utilisation, contrairement aux musiciens des fanfares, leur offrent davantage d'engagements, ils deviendront pour la plupart des compositeurs féconds.


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Le ragtime, d'abord jouée dans les milieux populaires du Middle West (Missouri), se développe rapidement dans les grandes villes américaines (Saint-Louis, Kansas City et la Nouvelle-Orléans, puis Chicago et New York), avant de conquérir l'Europe au début du 20e siècle. Parfois, le piano cède sa place à l'accordéon et au banjo, devenant ainsi une musique d'orchestre où se mélangent les musiciens blancs et noirs.

LE PREMIER RAGTIME

En 1895, le pianiste Tom Turpin fait éditer un morceau intitulé "Harlem Rag" et un an plus tard, un autre pianiste noir, Scott Joplin, fera publier "Maple Leaf Rag". Ces premiers rags, construit sur l'opposition de rythmes (main droite/main gauche), font déjà entendre un jeu enthousiaste et spontanée. Les notes et les rythmes syncopés sont devenus si populaires que les éditeurs de partitions de l'époque utilisèrent le mot "syncopé" comme slogan publicitaire.



LE STYLE RAGTIME



Le ragtime emprunte ses éléments à diverses musiques : musique de danse, musique européenne, africaine et antillaise et par son côté carré, aux fanfares militaires. Le terme ragtime, provenant de l'anglais rag, signifiant "haillon, déchet, mis en chiffon", est composé sur des mesures en 2/4, 3/4 et 4/4 (marches, valses, chansons traditionnelles). Il se caractérise par une main gauche régulière et une main droite marquant un rythme le plus souvent syncopé. Il s'interprète sur un tempo moyen, bien que des rags rapides et lents existent.

La main droite expose la mélodie en apportant quelques broderies, tandis que la main gauche, très mobile, place un accord de basse sur les temps forts et un accord plus aigu sur les temps faibles.

Le ragtime est une musique riche en développement mélodique. Chaque rag peut se découper en trois ou mème quatre thèmes distincts, le plus souvent de 16 mesures, eux-mêmes séparés par des interludes de quelques mesures (4 mesures, le plus souvent). Ce sont soit des cassures (breaks) et parfois des unissons facilement identifiables d'un rag à un autre. Ils servent de liaison entre les différents développements mélodiques.

La "musique européenne" est bien présente dans les courbes mélodiques des rags et par l'accompagnement harmonique (le plus souvent consonant : accords majeurs, mineurs, septièmes de dominante). Son allure générale en fait son originalité et sa singularité. L'interprétation de ragtime est souvent technique, même si l'on suit aveuglément la partition. Toutefois, il existe, pour les pianistes débutants, des partitions simplifiées où les écarts et la consistance des accords sont réduits à leurs plus simples expressions.


SCOTT JOPLIN AND Co



Si Scott Joplin est le plus célèbre compositeur de ragtime, il n’est pas le seul, d’autres compositeurs ont souhaité à leur manière apporter leur contribution à cette musique entraînante et parfois langoureuse.

Le premier d’entre eux est un de ses élèves, James Scott qui comme Scott Joplin est né d’anciens esclaves affranchis. Après avoir écrit quelques ragtimes (Kansas City Rag, Pegasus…) édités par John Stark, le même éditeur que Scott Joplin, il compose quelques musiques pour le cinéma muet naissant.

Dans ce cercle intime des « ragtimers », citons également : Scott Hayden, Joseph Lamb, remarqué par Scott Joplin (il l’aide à publier ses premières œuvres : Ethopia, Patricia…) ; Charles Johnson, un pianiste de Kansas City qui a écrit de nombreux rags pour petites formations ; le pianiste Artie Matthews, auteur de la série de ragtimes intitulée “Pastime” (il est à l’origine du premier conservatoire pour les Noirs en 1918), et enfin Tom Turpin (The Saint Louis Rag, Harlem Rag…), porté par un sens aigu des affaires, ouvre un café-spectacle à Saint Louis le « Rosebud » qui devient rapidement le rendez-vous des pianistes de ragtime.

Si les plus grands créateurs de ragtime furent des musiciens noirs, n'oublions pas les quelques musiciens blancs qui s'illustrèrent dans ce style : Joseph Lamb, William Krell et Percy Wennicks.

D'autres musiciens venus du jazz ont également bien servi cette musique : Fats Wallers, Willie Smith "the Lion" (style "stide Harlem"), Louis Chauvin (style "St Louis"), James P. Johnson, Eubie Blake, Jelly Roll Morton (style "Nouvelle Orléans") et Joe Turner… sans oublier Claude Bolling.



LE PIANO STRIDE



Apparu dans les années 1920 et proche du ragtime, le piano stride (signifiant "enjambée") consiste en un jeu de piano alternant les basses sur les temps forts et les accords à l'octave supérieure sur les temps faibles. Après l'exposition du thème, la main droite improvise sur la grille et enchaîne des variations tandis que la gauche fournit un accompagnement carré et stable en alternant la basse et l'accord (bien souvent, la basse est jouée en dixième - tierce reportée à l'octave supérieure - pour épanouir la sonorité).

Ce style s'affranchit des contraintes de l'écriture du ragtime et fait appel à l'improvisation et au swing. Il sera utilisé jusqu'à la veille de la seconde guerre mondiale par les grands orchestres de jazz (Fletcher Henderson, Duke Ellington) qui n'auront pour objectif, que de parfaire cette pulsion rythmique.


  par PATRICK MARTIAL

À VOIR : Ragtime, un film de Milos Forman (1981)

À CONSULTER : DU PIANO RAG AU PIANO STRIDE