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DÉMOS SYNTHÉTISEURS, CARTES SONS...



LE CLAVINET D6 HOHNER, LE CLAVIER FUNK PAR EXCELLENCE - DESCRIPTION ET DÉMO

Même si certains musiciens y ont vu une descendance du clavecin ou de l’épinette, le Clavinet D6 Hohner est resté un instrument à la marge dans l'histoire des claviers électriques. Sa mécanique très sensible au toucher s'accompagne d'une sonorité extrêmement véloce, capable de passer d’un son doux et rond à un autre aiguisé comme une lame de rasoir. Le Clavinet D6 a eu surtout sa période de gloire dans les années 70, époque où l’instrument était devenu la coqueluche des musiques funky.


LE D6 DE HOHNER DANS L’HISTOIRE…

Pour comprendre les origines et le concept de l’instrument, il faut remonter à l’entre-deux-guerres, une période qui avait connu un grand nombre d’applications liées à l’électricité...

En octobre 1929, le guitariste et arrangeur Eddie Duhram a l’audace de placer un micro à l’intérieur de la caisse de sa guitare. Ce geste anodin venait – d’une certaine façon – d’engendrer la guitare électrique. A la même époque, Maurice Martenot présente à l’Opéra de Paris l’instrument de musique qu’il a mis au point : les ondes Martenot, tandis qu’en Allemagne, un certain Trautwein vante les sonorités de son trautonium pour lequel le compositeur Hindemith écrira un « concertino ». D’autres instruments vont suivre tout aussi personnel : le mélochord, le thérémine et l’ondioline de G. Jenny.

C’est dans cette lignée, à mi-chemin entre la guitare électrique et les claviers purement électroniques, que surgira un instrument modeste, simple, mais qui va faire grand bruit au contact des musiciens professionnels : le Clavinet Hohner.



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PARTONS DES BASES POUR COMPRENDRE…

Mise au point par le professeur Zachiarias, qui est également le père du Pianet T, le Clavinet est un instrument qui a vécu de nombreuses transformations d’abord à travers les modèles 1 et 2, puis L, puis D, avant d'arriver au modèle qui nous intéresse ici, le D6. Ces diverses évolutions n’ont fondamentalement pas modifié le principe de base de son fonctionnement, c’est-à-dire d’adapter le principe de la guitare électrique au jeu du clavier. Le clavinet n’est donc pas un instrument purement électronique comme peut l’être le synthétiseur analogique (dont le son est généré par des oscillateurs), mais un instrument électro-mécanique où le son d’origine acoustique est immédiatement capté, puis amplifié après d’éventuels traitements.

Les entrailles du Clavinet D6 sont très accessibles et laissent voir un ensemble de soixante cordes métalliques de type guitare, tendues sur un robuste cadre en métal. La tension de ses cordes est réglable à l’aide d’un simple tournevis, de manière à permettre son accordage.

Une fois le clavier soulevé, le D6 laisse entrevoir ses cordes et à droite sa sourdine (photo : source Sono Magazine)

L’action des touches du clavier fait entrer les cordes en vibration par percussion comme sur un piano acoustique. Toutefois, l’enfoncement de la touche qui entraîne le mécanisme est beaucoup plus simple que sur le piano. Ici, ce n’est pas un marteau feutré qui vient frapper la corde, mais un petit tampon de gomme. Plus la frappe est puissante et plus l’amplitude de la vibration de la corde est grande, et inversement ; ce qui signifie que le Clavinet D6, au rebours de la plupart des claviers électroniques produit à l’époque (années 60), une dynamique à l’attaque qui lui est propre.

Le Clavinet D6 de Hohner possède donc dès sa sortie une qualité que ne possède ni l’orgue électrique ni le synthétiseur, celui de pouvoir autoriser des nuances de jeu. En outre, une sourdine mécanique est présente et permet de commander par un curseur situé à main droite un étouffement graduel de la vibration des cordes, un peu comme la « pédale douce » du piano acoustique.


LE CÔTÉ ÉLECTRONIQUE DU CLAVINET D6

Les cordes surmontées des cinq barrettes supérieures (photo : source Sono Magazine)

L’instrument est très simple d’emploi. Pour autant, comme l'instrument ne possède pas d’une caisse de résonance digne de la lutherie traditionnelle, c’est l’électronique qui va en quelque sorte la remplacer. Pour cela, des barrettes de micros sont disposées sur la droite des cordes et ont pour mission de capter, dès son origine, le son produit par leurs vibrations (qui sera ultérieurement amplifié).

Dans le détail, chaque barrette recueille l’étendue d’une octave ; chaque octave est captée deux fois, une fois par au-dessus et une fois en dessous. Ce positionnement a été calculé de façon à justifier les harmoniques indésirables d’origine et principalement mécanique. Et puisque le clavier du Hohner D6 s’étend sur cinq octaves, il a en tout et pour tout dix capteurs.

Les caractéristiques de ces micros peuvent être modifiées par l’interprète grâce à une série de quatre interrupteurs à bascule. Nous avons : « brillant », « treble », « medium » et « soft ». Onze combinaisons sont possibles, ce qui autorisent diverses sonorités plus ou moins brillantes et plus ou moins riches harmoniquement.

Le signal est conduit à une batterie de deux filtres commandés par deux bascules marquées A/B d’une part et C/D de l’autre, et qui agissent comme atténuateurs soit sur les graves, soit sur les aigus du clavier. Ces commandes sont d’une grande utilité pour offrir au musicien la possibilité de donner une coloration harmonique différente dans le jeu main droite/main gauche. Enfin, le signal est pris en charge par un préamplificateur alimenté par une pile 9 volts. Son gain est commandé par un bouton (ou commandé par une pédale en option).

A présent, il ne reste plus qu’à amplifier correctement le clavier pour entendre le son jaillir des enceintes...


LE SON DU CLAVINET D6 HOHNER

Le paradoxe de ce clavier est d'avoir fait le tour de la planète tout en étant un clavier d'appoint, c’est-à-dire souvent utilisé en complément d’un piano acoustique ou électrique, voire d’un orgue. Son grain est souvent comparé à celui de l’épinette, mais une épinette qui aurait gagné en puissance et en nuance. Le son du D6 est cristallin, mais piquant si on attaque ses touches sèchement, car l’instrument est très sensible au toucher et demande du doigté. Un jeu pesant, lourd, ne lui convient pas et il perd de sa superbe.

Sa sonorité pure est exempte de bruit mécanique, exempt de vibrations sympathiques des cordes non sollicitées (ce qui n’est pas le cas du piano). Il a tout pour séduire l’amateur de clavier vintage. Ses autres atouts sont ses onze registres, sa relative légèreté (40 kg tout de même !) et ses pieds vissables et qui se rangent à l’intérieur de sa caisse en bois. Un couvercle robuste permet de le mettre à l’abri de chocs éventuels ou de manipulations brutales. Le Clavinet D6 est visiblement un clavier qui a été conçu dès le départ pour vivre son existence sur les routes.


LE CLAVINET D6 HOHNER À L’USAGE

Dans pratiquement tous les cas de figures, le Clavinet D6 Hohner est avant tout un instrument d’accompagnement, mais certainement pas un instrument de substitution comme l'ont été parfois/souvent les pianos électriques Wurlitzer et Fender Rhodes envers le piano acoustique. Même si l’on peut y brancher des pédales d’effets comme sur une guitare électrique, l’instrument n’a pas été conçu pour se lancer dans des solos de haute voltige. Le piano et l’orgue s'y prêtent bien mieux. C’est peut-être pour cette raison que ce clavier-là n’est jamais arrivé à jouer d'égal à égal avec ces deux ténors. Cependant, pour la marque Hohner, le D6 sera une affaire rentable, puisqu’il s’en vendra environ plus de deux mille par an jusqu’à la fin des années 70.

Il faut bien reconnaître que presque tous les claviéristes de la scène pop et jazz des années 60/70 ont eu de l’estime pour ce clavier dont la réputation n’a jamais été usurpée : fiable, robuste, pratique… Toutefois, il est bien difficile d’établir avec certitude qui a été le premier à l'utiliser sur scène. Le clavier Hohner a eu surtout la faveur des musiciens pop. Brian Augier, Billy Preston, The Aphrodite’s Childs, Chicago. Sa présence sera aussi remarquée dans la musique soul grâce à Stevie Wonder qui le placera au premier plan et à de multiples occasions au début des années 70. Même le jazz ne sera pas à l’abri. Sun Ra, Dave Brubeck, Siegfried Kessler l’ont employé, mais c’est surtout Herbie Hancock avec son groupe d’électro-funk The Headhunters qui saura exploité au mieux sa sonorité typique en l’intégrant parfaitement dans son armada de claviers électroniques.

Côte occasion constatée : 1 500 à 3 000 € (2017)


DÉMO HOHNER CLAVINET D6

Basée sur l'accompagnement de Superstition de Stevie Wonder, cette démo passe en revue les différentes combinaisons et possibilités offertes par le Clavient D6.

Source : reverb.com