LE SAVIEZ-VOUS ?



LE MÉTRONOME, L’HISTOIRE D’UN OUTIL RÉVOLUTIONNAIRE

Pratiquement tous les musiciens ont été confrontés un jour avec un métronome. Déprécié pour la seule raison que sa fonction principale est de le suivre dans sa rigueur exemplaire, le métronome était pourtant attendu par un grand nombre de compositeurs à une époque où les écritures manquaient de repères…


LE MÉTRONOME OU LE « CADRAGE » DU MOUVEMENT

Idéal pour répondre aux exigences d’un Mozart ou d’un Beethoven, le métronome n’était pas perçu de la même façon qu’aujourd’hui. Si l’appareil a toujours permis de régulariser la cadence rythmique, il était censé apporter au compositeur une réponse satisfaisante pour que sa musique soit toujours exécutée à la bonne vitesse (jusqu’à la Renaissance, les compositeurs n’apportaient aucune indication concernant la vitesse ou le caractère de l’œuvre). Par la suite, la mise en place d’une échelle de valeurs fera foi, au point de devenir une règle immuable servant à « cadrer » le tempo de toutes les musiques écrites, présentes et futures.

© R. Chanesa - Métronome mécanique

Située au début des partitions, l’indication du mouvement est généralement écrite en italien et précède l’indication métronomique (1). Les termes Adagio pour « à l’aise », Moderato pour « modéré » ou encore Allegro pour « allègre » apportaient déjà au musicien une indication de mouvement, un sentiment d’exécution. Ensuite, des indications supplémentaires vont être apportées comme Ma non troppo pour « mais pas trop » ou Mosso pour « agité » afin d'affiner le mouvement. Ces nouvelles annotations répondaient à une demande expresse des musiciens du romantisme qui, au cours du 19e siècle, étaient désireux d’apporter encore plus de précision quant à la façon de faire exécuter leurs œuvres.

1 - L’utilisation de la langue italienne trouve son origine du temps de la musique baroque, quand celle-ci, dans son ensemble, provenait des compositeurs de ce pays.


LE MÉTRONOME DE WINKEL

L’idée de créer un métronome date de la fin du 17e siècle. C’est à cette époque qu’une première tentative est réalisée par un certain Étienne Loulié. Malheureusement cet ancêtre du métronome souffrait de plusieurs défauts, dont celui de mesurer près de 2 mètres de haut et de ne pouvoir émettre aucun son. Il faudra attendre plus d’un siècle pour que le métronome muni d’un balancier voit le jour.

De petite taille et de forme à l'allure pyramidale, le principe de base du métronome mécanique a finalement peu évolué depuis qu'il a été mis au point par l'inventeur hollandais Dietrich Nikolaus Winkel en 1812. L’idée première était de réaliser un pendule capable d’émettre des battements réguliers en utilisant un pivot muni d’un curseur. Malheureusement, n’ayant pas eu le réflexe de protéger son idée, celle-ci fût reprise et attribuée à bon compte à Johann Maelzel en 1816 qui donna alors son nom à l’instrument.

Depuis, la technologie est passée par là. Les modèles mécaniques actuels sont certes précis, fiables, et dotés d'une graduation plus fine que les premiers modèles, mais face à l’arrivée des modèles électroniques dont certains sont dotés de fonctions intermédiaires (branchement à une amplification, graduation élaborée...), le modèle cher à Maetzel a été mis au placard manu militari sans avoir résolu sa principale faiblesse, à savoir sa tendance à ralentir quand le ressort est trop détendu !


Si le métronome a su « accorder » les musiciens autour d’une même valeur, il leur a fait prendre conscience qu’un changement de tempo influençait également le caractère d’une œuvre. Toutefois la régularité métronomique apportée par l’instrument est aussi son principal défaut ; d’abord parce qu’il est préférable qu’une musique se vive et s’exécute comme une respiration naturelle non contraignante, ensuite parce qu’il existe à l’intérieur de nombreuses œuvres des changements de tempo pour lequel le métronome n’est pas adapté : Accelerando pour « En accélérant », Più mosso pour « plus animé » jusqu’à A tempo pour indiquer au musicien le « retour au tempo ». De fait, l’emploi du métronome doit être mesuré et pas systématique - du moins dans l'apprentissage de la musique classique. C’est avant tout un indicateur de tempo utile, un repère, pas nécessairement un outil conçu pour comprendre ou « domestiquer » des figures rythmiques complexes... il va s'en dire !

par ELIAN JOUGLA

À CONSULTER

LE MÉTRONOME, FONCTIONNEMENT ET UTILISATION

L'ORIGINE DU TEMPO ET LA NOTION DU TEMPS EN MUSIQUE