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LES MOUVEMENTS HARMONIQUES ET MÉLODIQUES EN MUSIQUE CLASSIQUE

On rencontre les mouvements harmoniques dans de nombreuses formes musicales, des plus anciennes jusqu'aux plus récentes. Parfois improvisés ou savamment calculés, les mouvements harmoniques sont, pour le compositeur comme pour le musicien arrangeur, absolument indispensables. Ils sont utilisés dans l'écriture des instruments polyphoniques (instruments à clavier), des instruments monophoniques en section (cordes, vent) ou bien encore dans le chant polyphonique (chœur, chorale).


QU'EST-CE QU'UN MOUVEMENT HARMONIQUE ?

Attention à ne pas confondre MOUVEMENT MUSICAL et MOUVEMENT HARMONIQUE  !

En musique classique, le mouvement musical constitue une partie d'une œuvre, comme la symphonie, qui se divise en quatre mouvement : Allegro, Andante, Scherzo et Rondo. La construction des messes et des oratorios est également constituée de plusieurs mouvements musicaux. Le mouvement musical signifie alors chapitre, partie, extrait, etc. Quant au mouvement harmonique, il relève de notions d'écritures spécifiques, généralement utilisées pour éviter l'appauvrissement de la mélodie. Par exemple, l'utilisation du mouvement contraire, en mettant en opposition les mélodies de la voix principale et de la voix secondaire, insuffle une plus grande énergie sonore. Le principal intérêt des mouvements harmoniques est donc d'enrichir les mélodies et à travers elles, la musique.


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Si, en musique jazz, il arrive assez souvent que les mouvements harmoniques soient conduits de façon intuitive, à la limite de l'improvisation, en musique classique, leurs utilisations sont plus strictes et cadrées. Chaque mouvement harmonique est alors divisé en consonance et en dissonance (ce qui exige une préparation suivie d'une résolution).

Pour créer un mouvement harmonique, un minimum de deux voix mélodiques simultanées est nécessaire : celui de la voix mélodique supérieure et celui de la voix mélodique inférieure. C'est à partir du second intervalle harmonique que l'on peut déterminer le type de mouvement utilisé.

Il existe quatre cas de mouvements harmoniques :

  • Le mouvement oblique
  • Le mouvement parallèle
  • Le mouvement direct
  • Le mouvement contraire

LE MOUVEMENT OBLIQUE

Il est constitué d'une mélodie qui reste à une même hauteur tandis que l'autre se déplace en montant ou en descendant. C'est le cas dans une phrase musicale à deux voix ou plus, quand une ou plusieurs voix font une pause pendant qu'une autre voix s'élève de façon indépendante.

Le mouvement oblique est fondamental. Il caractérise la musique ancienne. Les bourdons de quelques instruments traditionnels comme la vielle à roue ou la cornemuse reposent sur cette utilisation harmonique. Le bourdon constitue alors la note statique. Le mouvement oblique permet tous les audaces, jusqu'à la dissonance !


LE MOUVEMENT PARALLÈLE

Un mouvement parallèle est un mouvement harmonique basé sur deux parties (ou plus) qui se déplacent dans le même sens, soit en montant, soit en descendant et en gardant un intervalle harmonique identique. En principe, ce mouvement ne convient qu'aux consonances imparfaites.

Dans un mouvement strict, progressions interdites des voix. Deux voix peuvent évoluer de trois manières :

1. En mouvement droit, motus rectus : les deux voix évoluent vers le haut ou vers le bas.

2. En mouvement contraire, motus contrarius : les voix s'attirent ou se repoussent.

3. En mouvement de côté, motus obliquus : une voix s'arrête alors que l'autre continue.

Le mouvement droit conjure le danger quand les voix se meuvent à intervalles égaux, quand elles sont "parallèles". Les parallèles de tierces et de sixtes sont autorisées. Elles ne donnent rien dans les accumulations de quartes et sont interdites dans les quintes et octaves. Les progressions en octaves parallèles, depuis le 13e siècle, et en quintes parallèles depuis le 14e siècle, sont considérées comme irrecevables. Pour les éviter, on utilise les mouvements contraires et obliques.

En outre il existe des octaves et quintes dites "recouvertes" : les voix se résolvent en octave ou en quintes.

De telles progressions sont-elles à proscrire, et dans quelles conditions, voilà qui a fait l'objet de discussions entre théoriciens, souvent avec âpreté. Dans la phrase pure, on enseigne encore aujourd'hui cette interdiction. Dans des phrases moins strictement travaillées ces interdictions sont très discutées. Même Bach et d'autres créateurs de haut niveau s'y sont parfois confrontés.

Dans l'Impressionnisme, les quintes parallèles étaient même très souvent employées :

En fait, il ne s'agit pas ici de progressions vocales mais du renforcement des sons mêlés, qui correspond à l'amour de l'Impressionnisme pour l'harmonique parallèle.


UN PEU D'HISTOIRE...

Le mouvement parallèle est généralement considéré comme une polyphonie primitive. Il vient s'ajouter au mouvement contraire entre le 9e et le 11e siècle.

À la différence du mouvement oblique, le mouvement parallèle ne brille pas du même éclat. Tel une ombre bienveillante, l'enrichissement mélodique ne fait qu'épouser la mélodie principale à une certaine distance toujours constante.

Au début de son utilisation, notamment dans les chants médiévaux, l'intervalle séparant les deux mélodies est tout d'abord la quinte et la quarte, mais à partir du 11e siècle, cet intervalle deviendra une tierce ou une sixte (procédé du faux-bourdon).

LE MOUVEMENT DIRECT

Il reprend le même principe que le mouvement parallèle, sauf qu'ici, l'intervalle harmonique entre les deux parties évolue dans le temps. Il ne repose donc pas sur un intervalle constant. Son utilisation est postérieure au mouvement parallèle.

Le mouvement direct peut faire naître aussi bien des consonances parfaites que des dissonances, donc une plus grande indépendance des voix. Par exemple, un intervalle de quarte peut se poursuivre aux notes suivantes par une sixte ou un intervalle de quinte par une tierce. Les exemples sont nombreux et variés.


LE MOUVEMENT CONTRAIRE

Le mouvement contraire désigne le renversement. Cependant, le mouvement contraire est utilisé dans un autre sens pour désigner la conduite des voix. Deux voix ou plus peuvent être développées.


LE MOUVEMENT EN HARMONIE :

LE MOUVEMENT EN PARALLÈLE :

LE MOUVEMENT LATÉRAL :

LE MOUVEMENT CONTRAIRE :

Le mouvement contraire crée un sentiment d'ouverture, d'expansion sonore. Le sens de la mélodie s'oppose à la seconde voix dans un sens inverse. Si la mélodie monte, la seconde voix descend (et inversement). Ce mouvement convient à tous les intervalles harmoniques sauf aux consonances parfaites consécutives.

UN PEU D'HISTOIRE

À la fin du 12e siècle, l'utilisation du mouvement contraire produit différentes voix totalement indépendantes. Le mouvement contraire est à la source de ce qu'on appelle en harmonie le contrepoint (véritable ancêtre de l'harmonie tonale) et qu'étudient aujourd'hui la plupart des élèves de conservatoire.

Cas particulier : il peut arriver de temps en temps que deux intervalles successifs soient de même valeur (par exemple deux quintes successives). Le mouvement peut être soit parallèle, soit contraire. Pour qu'il devienne contraire, il est alors obligatoire que l'un des deux intervalles harmonique soit redoublé.

Le cas de l'échange : cas particulier du mouvement contraire dans lequel chaque partie tend à rejoindre la note de l'autre partie. L'échange peut se réaliser avec des notes communes ou sans notes communes. Exemple d'un échange avec notes communes : main droite (mi, , do, en descendant) et main gauche (do, , mi en montant).

  par PATRICK MARTIAL (10-2008)