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Portail sur la musique et les claviers modernes : piano, synthétiseur et orgue.

HISTOIRE DE LA MUSIQUE ET DES INSTRUMENTS



HISTOIRE DE L'ORGUE HAMMOND (part 2) : VERS UN DÉCLIN ANNONCÉ

Cette page fait suite à Histoire de l'orgue Hammond (part 1)

En 1960, l'arrivée des transistors va modifier considérablement la conception et le mode de fabrication de l'orgue Hammond. Des raisons économiques poussent la production à se diversifier : apparition sur certains modèles de boîte à rythmes, création d'orgues portables, comme le Spinet L-100 en 1969. Bien que la marque remporte encore un succès considérable, les instruments souffrent de nombreux défauts. Petit à petit la qualité du matériel diminue.



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L'arrivée du modèle Piper (1970) marque un tournant dans le monde de l'orgue électrique avec l'accompagnement automatique sur un seul doigt (la nature des accords sont préréglés), une rythmique et des sonorités essayant d'imiter autant que faire se peut les instruments traditionnels. Les drawbars ont disparu de l'orgue pour laisser place à la technologie LSI et le modèle ne ressemble en rien au célèbre B3. La firme Hammond doit s'adapter à l'évolution d'un marché qui évolue avec l'arrivée de marques italiennes et japonaises (Farfisa, Yamaha, Elka). Les orgues Hammond sont chers et les sons ne sont plus inimitables.

Les années 1970 marquent l'arrivée des orgues purement électroniques, infiniment plus légers (un Hammond B3 + cabine leslie pèse plus qu'un piano droit) et moins coûteux. La firme est obligée de viser une clientèle de musiciens amateurs et c'est aussi le début de l'explosion des écoles d'orgue. Les modèles se multiplient, la concurrence devient extrêmement active et la firme Hammond n'est plus à son avantage, la marque subit dès lors de grosses difficultés (fermeture d'usines, licenciement).

Après avoir été rachetée en 1972 par The Marton Group, la marque Hammond arrête la fabrication des roues phoniques en 1975, rachats et ventes se mélangent et les stocks de pièces détachés sont dispersés en peu partout. La marque Hammond n'est plus sur le devant de la scène, mais le modèle B3 reste toujours le modèle préféré des musiciens professionnels.


LA RENAISSANCE DE L'ORGUE HAMMOND

Au milieu des années 1970, la sonorité de l'orgue Hammond reste toujours une référence, aussi, de nombreux fabricants d'instruments de musique essayent, mais sans grand succès, de reproduire de manière digitale, le son du B3. Il faut attendre le milieu des années 1980, pour que la firme Suzuki, qui prend en charge la recherche, le développement et la fabrication, trouve le modèle qui succède au B3, le Hammond New B3 (Super B). A cette époque, Suzuki travaille déjà en sous-traitance pour d'autres marques (Ensoniq, Young Chang). Grâce à son savoir-faire et à l'arrivée des dernières technologies d'échantillonnage (sampling), la magie s'opère et l'instrument retrouve ses sonorités d'antan.

Les tirettes harmoniques sont réincorporées et s'appellent à présent Tonebars. Les qualités sonores sont bien là, mais les défauts intrinsèques qui faisait le son Hammond ont disparu. Les sonorités sont trop "propre" et la polyphonie restreinte. La modélisation n'existe pas encore !

En 1991 sont présentés les modèles Hammond XB-2 et XB-3 qui s'inspirent encore du B3, la référence dont vraiment on ne peut s'éloigner ! D'ailleurs, il est difficile de ne pas faire le parallèle avec le synthétiseur Minimoog, qui est devenu, lui aussi, un modèle de référence dans le monde de la synthèse analogique, apportant à de nombreux musiciens un swing communicatif et inimitable.



DESCRIPTION ET FICHE TECHNIQUE DU CX-3 DE KORG


L'ORGUE HAMMOND ET LE JAZZ


AUX ÉTATS-UNIS

Utilisé au départ pour remplacer les orgues à tuyaux fort coûteux, l'orgue Hammond ne mit pas longtemps à être adopté par des musiciens d'origines diverses : George Gershwin ou Fats Wallers. Mais le premier à populariser l'orgue Hammond au niveau du jazz, c'est bien Jimmy Smith. C'est le premier organiste à apporter dans ses bagages le modernisme, à explorer les nombreuses possibilités sonores de l'instrument. Dans les années 1950, c'est "l'incrédible" Jimmy Smith qui sévit ! Grâce à lui, les orgues Hammond connaissent un fantastique essor et devant ce succès, Hammond ressort le B3.

Avant Jimmy Smith, l'orgue n'est qu'un instrument d'église ou d'animation de stade de base ball, alors que les capacités de l'instrument sont tout autre. Il peut hurler et être agressif quand le musicien le souhaite. Par la suite, le son de l'orgue va changer pour arriver à une sorte de paroxysme avec les musiciens rock, comme Keith Emerson malmenant physiquement l'orgue, le bousculant, le renversant pour obtenir des sonorités cataclysmiques.

Aux Etats-Unis, la cote de l'orgue Hammond dans le jazz est due également à la leslie, cet amplificateur à haut-parleurs rotatifs, donnant tantôt à l'orgue un son velouté ou déchirant. La plupart des musiciens de jazz l'ont rapidement adoptée et ils arrivèrent à l'imposer à Laurens Hammond, malgré sa réticence à ce mariage de marques.

Au début des années 1960, de nombreux artistes ont joué et enregistré des disques parmi les meilleurs que le jazz ait produit : Jimmy McGriff, Larry Young, Wild Bill Davis, Lonnie Smith, Shirley Scott, Jack McDuff, Rhoda Scott, Eddy Louiss... Au début des années 1990, le regain de popularité pour l'orgue a propulsé au cœur des musiques actuelles une nouvelle génération d'organistes : Barbara Dennerlein, Joey DeFrancesco, Larry Goldings et John Medeski.


ET EN FRANCE ?

A la fin de la seconde guerre mondiale, les Américains apportent dans leurs bagages le jazz, mais aussi l'orgue Hammond… il y en avait un dans la plupart des bases installées en France. Bien plus tard en 1960, ayant décidé de résider en France, l'organiste américain Lou Bennett contribue à faire connaître cet instrument magique sur le vieux continent : Le Lou Bennett Quartet avec Kenny Clarke à la batterie, Jimmy Gourley à la guitare et Jean-Marie Ingrand à la contrebasse fait un tabac à Saint-Germain. Mais l'orgue, à cette époque, est encore un instrument connu seulement des passionnés de musique jazz.

Au milieu des années 1960, les apparitions régulières à la télévision française de Rhoda Scott et de ses pieds nus jouant sur le pédalier permettent enfin à l'orgue Hammond de toucher un large public, donnant à cet instrument l'importance qui lui revient.

Pendant les années 1990, comme aux Etats-Unis, un vif intérêt pour l'orgue est apparu, porté par les courants de musiques actuelles, comme l'acid-jazz. De nouveaux noms ont apparu : Emmanuel Bex, Didier Mouret, Benoît Sourisse, Stefan Patry, tandis que d'autres sont revenus sur le devant de la scène : Eddy Louiss, Rhoda Scott.

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L'AVIS DES INTERNAUTES

nom : Argi Michel
message : Merci infiniment pour ce bel historique depuis l'origine à nos jours sur l'orgue Hammond très enrichissant.
Merci également aux grands interprètes cités et particulièrement à Rhoda Scott qui m'a décidé à pratiquer l'instrument depuis 1970.
Bien cordialement. (posté le 20/11/2017)

nom : André Hamel
message : Tres beau reportage sur les orgues Hammond dans notre langue. Merci (11/10/2013)