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HISTOIRE DE LA MUSIQUE ET DES INSTRUMENTS



LES MODÈLES D'ORGUES HAMMOND ET SES CABINES LESLIE

Pour ceux qui, de près ou de loin, connaissent l’univers de l'orgue Hammond, l’éminent spécialiste Stephane Bredel avait réalisé, il y a quelques années, une étude approfondie sur l’histoire de la marque, dont une partie – présentée ici – avait été consacrée aux différents modèles qui avaient vu le jour depuis 1935 ; un véritable labyrinthe d'appellations qui justifie aujourd’hui encore quelques explications pour les nouveaux adeptes de la marque légendaire. Baptisé ‘Hammondologie’ par son auteur, l’article se décompose en deux parties : les appellations des modèles nés entre 1935 et 1959, et celles après 1959, c'est-à-dire après l’introduction d’un nouveau système électronique inauguré par la série A-100.


LES MODÈLES HAMMOND DE 1935 à 1959

Durant cette période, les appellations se font suivant une famille générique, qui décrit le lieu - ou la cible commerciale - pour lequel chaque modèle a été initialement pensé : la maison, l'église, en concert etc. La première lettre de l’appellation symbolise la famille générique :

  • A et B pour "Home Model"
  • C et D pour "Church Model"
  • etc.

Puis un deuxième caractère, chiffre ou lettre, renseigne sur une évolution technique :

  • V pour "Vibrato Scanner"
  • 3 pour "Percussion"
  • etc.

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D'un point de vue commercial, les appellations types BV, B-2, RT etc. sont rarement mises en avant. Les modèles évoluent au sein de chaque famille, et ce qui importe pour Hammond, c'est d'insister sur la nouveauté (chorus, scanner, percussions etc.) plutôt que sur l'appellation. Par ailleurs, le Modèle de chaque famille est facilement reconnaissable : type de meuble, pédalier 25 ou 32 notes, console ou spinet.

Détail important : les différents modèles reçoivent les mêmes évolutions technologiques en même temps ou avec seulement quelques mois de décalage. Ainsi, par exemple, quand les percussions apparaissent en 1955, le B-2 devient B3, le C-2 devient C-3, le RT-2 devient RT-3, et le M-2 devient M-3.

© Tribute to Hammond

La plupart des ces modèles étaient disponibles avec plusieurs finitions de bois. Par exemple, le B-3 était disponible en noyer, en cerisier, et même sur commande en ébène ou laqué blanc. Mais dans tous les cas, il s'agit d'un B-3, et l'appellation ne renseigne pas sur la finition.

Nota : nous passons ici sous silence les modèles B-A (Hammond-Aeolian), Novachord, Solovox et Chord Organ, qui ne sont pas représentatifs de cette étude.

Une multitude de modèles vont apparaître au sein d'une même famille, dont les différences essentielles concernent l'ébénisterie (style et finition), ceci afin d'offrir à moindre coût un large choix. L'appellation des modèles change, on parle alors de "Séries", tandis que style et finition sont codifiés. Très rapidement, les séries se sont multipliées : A-100, L-100, M-100, puis D-100, E-100, H-100, N-100, R-100, T-100, J-100 etc.

Pratiquement 100% de ces séries répondent à la "logique des digits" décrite plus loin, sauf les premières séries (A100, L-100 et M-100) qui comportent quelques exceptions ou anomalies. Par ailleurs, il faut souligner que la Série A100 est véritablement celle qui marque la transition entre les familles génériques et les appellations à digits type x-100. En effet, non seulement il s'agit de la première série de consoles avec système d'amplification et réverbération intégrés, mais à sa sortie, Hammond lui attribue également un nom de famille générique : "Self-Contained Organs", sous-entendant qu'ils sont autonomes et n'ont pas besoin de cabines d'amplifications externes pour fonctionner. En contrepartie, cette série est celle qui présente le plus d'anomalies dans ses appellations. Mais soyons tolérants, Hammond mettaient en place un nouveau système, et comme toute nouveauté, il y a forcément une période de balbutiements.

Les principales règles du système d'appellation digits sont :

  • 1. Pour une série donnée, nous avons un ou plusieurs modèles avec des styles de meuble et des finitions de bois différents.
  • 2. La série commence toujours par une lettre, puis est suivie d'un tiret, d'un chiffre (1, 2, 3, 4 ou 5) et de deux 0. Exemple : H-100, L-200, E-300, T-500 etc.
  • 3. Une série de type x-100 est la série de base pour une série dérivée de type x-200. Exemple : la série L-200 est dérivée de la série L-100 à laquelle on a intégré une Leslie ou une boite à rythme.
  • 4. Chaque modèle d'une série est caractérisé par les 2 derniers chiffres, ou digits, suivant le tableau ci-dessous :
  • Exemples :

    • H-182 : Modèle de la série H-100, de style ‘Province Italienne’ et en finition noyer.
    • E-311 : Modèle de la Série E-300, de style traditionnel et en finition acajou.

© Tribute to Hammond

  • 5. Les séries répondant complètement à cette logique sont les séries : D-100, E-100, E-200, E-300, G-100, H-100, H-200, J- 100,J-200, J-300, K-100, N-100, N-200, N-300, T-100, T-200, T-300, T-400, T-500 et V-100.
  • 6. Les modèles pré-1963 des séries A-100, F-100, L-100, M-100 et S-100 ne répondent pas parfaitement à cette appellation. Ceci concerne en particulier les modèles A-100, A-101, A-102, A-105, F-100, L-101, L-102, L-103, M-101, M-102, M-103, M-111 et S-101. Mais les modèles produits après 63 y répondent : A-122, A-143, A-162, L-111, L-112, L-122, L-133, L-143, M-143, M-162, M-165, S-112 et S-133. Attention, cette liste ne se veut pas exhaustive !
  • 7. La série A-100 présente plusieurs singularités : il existe à la fois une Série A-100 et un modèle A-100 ; de plus, ce modèle était disponible en acajou ou en noyer, sans aucune distinction dans l'appellation ; il y a eu deux modèles de A-122 avec deux styles de meubles différents, l'un américain, l'autre belge (il y eut même deux L-102 différents : l'un américain, et l'autre anglais dans un meuble de M-102 !)

Fait étrange, à partir de cette époque, on voit apparaître la notion de série B-3, série C-3 et série RT-3. L'explication la plus probable est certainement pour signifier que ces modèles sont disponibles suivant plusieurs finitions. Si Hammond avait poussé la logique jusqu'au bout, il aurait fallu les rebaptiser, et on peut s'amuser à imaginer par exemple que le C-3 serait devenu C-152 (Tudor, Noyer) et C-155 (Tudor, Chêne). Mais il aurait été très risqué d'un point de vue commercial de renommer les mythiques B-3, C-3 et RT-3 !

À propos du style ‘French Provincial’, il est étonnant de constater que la traduction utilisée au Québec et en France était ‘Chippendale’, caractéristique d'un style… anglais ! Décidément, chacun se renvoyait la balle concernant ce style d'ébénisterie, considéré par certains comme « le plus laid de la gamme Hammond ». C'est un peu sévère, car les A-102 French Provincial (ou Chippendale, c'est selon) ont fait le bonheur de milliers d'organistes.


VERS ENCORE D’AUTRES MODÈLES

Dès la fin des années 60, puis au cours des années 70 et après, les appellations Hammond ne répondent pas toujours à la logique des digits, mais à une logique de marketing. On peut citer plusieurs exemples :

  • X-66 et X-77 : certainement les appellations de projets d'usine, qui auront été finalement conservées pour la commercialisation.
  • Aurora, Concorde, Colonnade… : appellations de marketing, dont on retrouve encore parfois la logique des séries. Par exemple la série 300 regroupe les modèles Commodore.
  • Il y eut des séries à la durée de vie assez éphémère, qui reprenaient la logique des digits. Par exemple, on trouve la série 125XL, qui comportait deux modèles : 125422XL Contemporain/Noyer (on retrouve bien dans l'appellation les digits "22"), et 125414XL Traditionnel/Pécan (on retrouve bien dans l'appellation les digits "14").
  • B-3000, Super B, XB-3, XK-3, New B-3 : à l'évidence, le but est d'interpeller directement ou indirectement notre inconscient par rapport à la mythique appellation "B-3" !

LES CABINES HAMMOND

On ne peut évoquer les orgues Hammond sans mentionner les cabines d'amplification. Si la PR-40 est le modèle le plus connu chez nous, il y eut une multitude de modèles produits dès 1935, que l'on trouve parfois en Europe.

Le système d'appellation est très simple :

  • 1. Une première lettre, qui caractérise un modèle : A, B, C, D, F, P, Q etc.
  • 2. Éventuellement une deuxième lettre, un R, qui indique si la cabine est équipée d'une réverbération. Si la cabine était équipée d'un rotor de trémulant (voir point suivant), alors le R se retrouvait en troisième position.
  • 3. Dans de rares cas, on trouve un X, qui indique que la cabine est équipée d'un rotor de trémulant. Ce X prenait toujours place en deuxième position, après la lettre qui désigne le modèle (pour anecdote, lorsque la guerre avec Leslie fit rage, Laurens Hammond exigeât qu'on arrête immédiatement la production de ce trémulant mécanique !).
  • 4. Un tiret "-" séparateur, suivi d'un nombre à deux chiffres indiquant la puissance en Watt.

Nota : Ces cabines étaient disponibles avec des finitions différentes (noyer, acajou, chêne etc.), en accord avec l'orgue associé. Mais la désignation ne permet pas de connaître la finition.

À la fin des années 60, Hammond produisit au moins un modèle qui répondait au système d'appellation à digits, avec lequel le style et la finition de l'ébénisterie était codifiée. Il s'agit de de la série 10, et on trouve par exemple le modèle 10-12 (Traditionnel, noyer), le modèle 10-33 (Chippendale, cerisier), le modèle 10-95 (Méditerranéen, chêne) etc. Ces cabines multicanaux avaient été conçues pour les séries E-100, H-100, K-100 et J-100.

En guise de conclusion, il est bien évident que cette étude ne se veut en rien exhaustive, mais il nous a semblé intéressant d'apporter quelques éclaircissements sur ce sujet, afin de mieux comprendre les disparités notables dans les appellations, créant parfois de véritables interrogations dans la (grande) petite communauté Hammond !

Par Stéphane Bredel (origine doc. 04/2001)


À CONSULTER

FONCTIONNEMENT DE L'ORGUE HAMMOND

HISTOIRE DE L'ORGUE HAMMOND (2 volets)

LA CABINE LESLIE, FONCTIONNEMENT ET ÉVOLUTION


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