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Portail sur la musique et les claviers modernes : piano, synthétiseur et orgue.

LE SAVIEZ-VOUS ?



LE POURQUOI DES NOTES ‘DO, RÉ, MI, FA, SOL, LA, SI’

La quasi-unanimité des gens voit dans le son l'élément premier et essentiel à jouer de la musique. Oui, mais quels sons ? C'est ici que commence l'arbitraire. On fait de la musique partout sur la Terre, naturellement depuis les oiseaux jusqu'aux hommes, mais pas avec les mêmes sons. Pour nous, en Occident, nous chantons communément « do, ré, mi, fa, soi, la, si, do ». Mais, qu'est-ce qui nous autorise à le faire ? Essayons de répondre à cette question essentielle.


LA MUSIQUE, UNE HISTOIRE DE BRUITS OU DE SONS ?

La musique repose-t-elle sur des sons ? Pas exactement. Il serait plus judicieux de dire que la musique repose sur des bruits organisés : tout son étant bruit, mais tout bruit n'étant pas forcément un son selon l'idée que nous nous faisons de la musique, et il y a musique dès que le bruit se positionne dans le temps et l'espace, par la répartition de ses durées et de ses hauteurs. Ces notions-là, nous les retrouvons disséminées à travers l’étude de la théorie musicale qui essaye de les cadrer avec des règles à base de mathématique.

Pour comprendre le pourquoi de l’établissement des sept notes (do, ré, mi, fa, sol, la, si), l’explication ne doit pas être formulée en laissant traîner ici ou là quelques allégations fantaisistes. Expliquer la musique et ses fondamentaux demandent de la précision, tout en faisant remarquer que ses principes reposent aussi sur la qualité auditive – mais limitée – de nos chères oreilles !



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Partant de là, il existe une donnée d'expérience que l'oreille la moins exercée ressent comme une certitude, c’est l’intervalle d’octave. Tout le monde est en mesure d’identifier à l’oreille cet intervalle qui se reproduit « mécaniquement » vers l'aigu ou vers le grave. Le doute n’étant pas permis, l’octave ne pouvait que devenir l’étalon de l’organisation des sons.

Tout son est un bruit, mais tout bruit n'est pas forcément un son !


QUAND L’OCTAVE RÉPOND : PRÉSENT !

Cette certitude étant établie, l’octave permet de déduire que tous les sons avec lesquels il sera possible de faire de la musique devront se situer à l'intérieur de son intervalle ; étant bien entendu que chaque intervalle créé se reproduira à son tour, d'octave en octave, vers l'aigu ou vers le grave.

Sur le papier, le principe semble très simple. L'octave nous étant ainsi donnée par la nature, il s'agit de savoir à présent quels sons choisir et par là même en quelle quantité les loger dans cette limite.

Or, une fois de plus l’arbitraire reprend ses droits… Et face à ce problème, les Hindous donnent des réponses qui ne sont pas les nôtres, lesquelles ne sont pas celles des Chinois ou des Polynésiens, et ainsi de suite. Cela signifie que suivant les cultures, la musique s’exprime avec un nombre différent de notes. Par exemple, la gamme pentatonique qui possède 5 notes (penta signifiant cinq) provient de la Chine.

La musique occidentale, quant à elle, répond par les sept notes de la gamme dite majeure : do, ré, mi, fa, soi, la, si, auxquelles il faut en ajouter cinq autres. Donc, douze en tout. Ce faisant, la musique classique s'appuie sur les expériences faites jadis par Pythagore avec une corde tendue et vibrante qu'il divisait, selon des principes arithmétiques rigoureux, par moitié, par tiers, par quart, etc. Qu'il y eût ainsi une justification scientifique à l'échelle des sons dont elle a fait son alphabet, c'est là ce dont la musique classique a tiré son orgueil et le principe de son extraordinaire développement.

Les notes fournies par les expériences de Pythagore semblent, d'autre part, trouver leur vérification dans le phénomène de la résonance, puisqu'on les retrouve dans la succession des harmoniques naturelles qui baignent de leur halo, de façon plus ou moins distincte à l'oreille ; un son fondamental dont elles déterminent le timbre par leur nombre et leur richesse.

Malheureusement, les choses n’étant pas toujours aussi simples que nous voudrions, la musique a quelque peu triché, pour ses commodités personnelles, avec ces données naturelles.

Tout les pianistes ou presque ont eu vent des célèbres cahiers composés par J.-S. Bach et intitulés ‘Le Clavier bien tempéré’. Que signifient ces mots : bien tempéré ? Ils signifient qu'à cette époque, à ce point de l'évolution du langage musical tel qu'il s'était fixé dans le système tonal et pour permettre à ce système d'aller jusqu'à l'extrême de ses possibilités, on a arbitrairement divisé l'octave en douze segments rigoureusement égaux. Ainsi obtenu, cette segmentation a produit la gamme dite « tempérée », dont les sons ne correspondent plus que de façon approximative à ceux qui découlent des expériences de Pythagore ou des observations faites sur la résonance.

Donc, depuis des siècles, nous faisons de la musique en Occident avec douze notes situées à l'intérieur de l'octave. Ces douze intervalles égaux s'appellent des demi-tons. Mais le système tonal, sur lequel la musique classique a vécu durant plus de trois siècles, ne traite pas tous ces sons et tous ces intervalles de la même manière...

La musique classique en retient sept et bâtit avec eux la gamme dite de Do majeur : do, ré, mi, fa, sol, la, si. Et Puisque ces sept sons ont été détachés de douze sons qui remplissaient exactement l'octave avec des intervalles égaux, il est évident qu'ils ne peuvent avoir entre eux des intervalles égaux, le nombre sept n'étant pas un sous-multiple de douze !

Les intervalles entre ces sept sons ont deux aspects différents. Les plus petits sont des demi-tons (mi-fa et si-do supérieur) alors que les plus grands sont des tons, faits comme on s'en doute de l'addition de deux demi-tons. La gamme tonale de sept sons comporte ainsi, à l'intérieur de l'octave, cinq intervalles d'un ton et deux intervalles d'un demi-ton.

© pixabay.com


AU FIL DES EXPÉRIENCES ET DES NOTES

Dans l’histoire de la musique, la gamme majeure a vécu des ajustements d’accord, et un piano qui nous paraît juste aujourd’hui aurait semblé faux au 17e siècle et inversement. Une question d’accoutumance, certainement ! En réalité, dès que les musiciens ont utilisé des instruments polyphoniques à hauteur arbitraire, donc capable de superposer en même temps plusieurs sons (sans être confrontés pour des raisons techniques à des sons fixes et préétablies comme le violon), des érudits et des mathématiciens se sont penchés sur les problèmes liés à l’acoustique et notamment à l’accord (le Français Marin Mersenne – 1588-1648 – sera par exemple l’un des premiers à rédiger des lois en acoustique).

On imagine très bien que la curiosité ait incité l’homme à vouloir rechercher différentes possibilités de division à l’intérieur de l’octave. Cependant, augmenter le nombre d’intervalles à l’intérieur de l’octave ne préfigure rien de bon – du moins pour nos oreilles...

Des intervalles en plus grand nombre impliquent des intervalles inférieurs au-demi-ton. Malgré des expériences conduites en musique contemporaine, il ne faut pas perdre de vue que l’usage de la polyphonie en musique dite « tempérée » engendre déjà de la dissonance, et que celle-ci peut être plus ou moins tolérée en fonction de l'éducation musicale de chacun, de la culture et de la perception à juger le juste du faux.

La presque totalité de la musique existante à ce jour est construite sur des notes « combinables », c’est-à-dire consonantes entre-elles ou du moins estimées comme telles. De plus, l’autre paramètre important et nécessaire (si l’on adopte toujours le même mode opératoire en écriture) est celui de la transposition ; ce qui implique que l’octave soit divisée de façon régulière pour ne pas créer des chevauchements sonores impossibles à traiter en cas de changement de hauteur.

Dans la musique occidentale, nous pouvons retenir trois types de gammes particulières : les gammes « naturelles », basées sur des rapports de fréquences harmoniques ; la gamme tempérée à intervalles égaux et l'accord pythagoricien, basé sur le cycle des quintes. Ces trois gammes ont en commun de posséder 12 demi-tons par octave et un seuil d’accord suffisamment voisin pour permettre l’exécution d’œuvres de diverses époques sans générer trop de contraintes pour nos chères oreilles.

Pour conclure cette page et pour les plus curieux d’entre vous, voici ce que donne un piano accordé au quart de ton sur une tessiture réduite


PIANO QUART DE TON

VOIR LA VIDÉO

Piano Web (05/2021)

À CONSULTER

ACCORDER UN PIANO EN TEMPÉRAMENT ÉGAL

LA COULEUR ET LE TIMBRE DES ACCORDS AU PIANO

MUSIQUE ET MATHÉMATIQUES À TRAVERS L’HISTOIRE

LE TEMPÉRAMENT À QUINTES JUSTES DE SERGE CORDIER


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